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	<title>CEDREA - Dynamiques sociales et recherche-action</title>
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	<description>Site du r&#233;seau CEDREA, publications scientifiques de sciences humaines, working papers et retours d'exp&#233;riences autour de la d&#233;marche de recherche-action d'inspiration lewinienne.</description>
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		<title>CEDREA - Dynamiques sociales et recherche-action</title>
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		<title>Internet et la d&#233;professionnalisation</title>
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		<dc:date>2009-01-16T21:16:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin GRASSINEAU</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Questions-et-debats-">Questions et d&#233;bats</category>

		<dc:subject>R&#233;seaux coop&#233;ratifs</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233; d'expression</dc:subject>
		<dc:subject>Convivialit&#233; (Illich)</dc:subject>
		<dc:subject>Wikipedia</dc:subject>
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		<dc:subject>Logiciels libres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'article porte sur les relations entre le d&#233;veloppement d'Internet et le processus de d&#233;professionnalisation.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.cedrea.net/IMG/arton64.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='116' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:116px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Internet est aujourd'hui consid&#233;r&#233; comme un outil de communication convivial, au sens d'Ivan Illich. Libre et ouvert, il est cens&#233; renforcer la transparence au sein des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques, assurer la production et la diffusion en r&#233;seau d'informations citoyennes et scientifiques et permettre aux citoyens de se prot&#233;ger du contr&#244;le qu'exercent les institutions politiques et marchandes &#224; leur endroit [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour Illich, &#171; l'outil est convivial dans la mesure o&#249; chacun peut (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Il rejoint donc de pr&#232;s l'utopie des Lumi&#232;res qui voulait d&#233;mocratiser la science pour en faire un contre-pouvoir citoyen. Mais cette vision concorde-t-elle avec les faits ? Sommes-nous en passe de r&#233;aliser l'utopie ? Peut-on par exemple r&#233;ellement affirmer que le d&#233;veloppement massif d'Internet conduit &#224; un accroissement de l'autonomie des citoyens vis-&#224;-vis des professions &#233;tablies, au d&#233;veloppement de &lt;i&gt;r&#233;seaux du savoir&lt;/i&gt; et &#224; l'&#233;mergence d'une &lt;i&gt;recherche conviviale&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon Ivan Illich, la &#171; recherche conviviale &#187; est une activit&#233; de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Internet comme outil convivial.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Essentiellement, quatre propri&#233;t&#233;s d'Internet font de lui un outil convivial qui favorise le rel&#226;chement du contr&#244;le, voire du monopole, qu'exercent les professions &#233;tablies sur les &#171; outils &#187;, au sens g&#233;n&#233;ral du terme.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Tout d'abord, Internet peut offrir un &lt;i&gt;surplus d'autonomie&lt;/i&gt; &#224; ceux qui y ont acc&#232;s. Il facilite en effet l'acc&#232;s aux informations n&#233;cessaires (recettes, manuels, entraide, etc.) &#224; l'utilisation des outils (outils m&#233;caniques, outils &#233;lectroniques, etc.). En ce sens, il permet de s'affranchir, au moins partiellement, de la mainmise des professions sur l'usage de certains outils, ou sur le contr&#244;le des informations relatives &#224; cet usage.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; N&#233;anmoins, cela n'est vrai que si l'information demeure en libre-acc&#232;s, &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; si l'information pertinente peut &#234;tre &#171; trouv&#233;e &#187; et interpr&#233;t&#233;e facilement. Or, pour cela, il faut que les informations sur un sujet donn&#233; soient diverses et vari&#233;es, afin de pouvoir &#234;tre adapt&#233;es &#224; la personne qui d&#233;sire les acqu&#233;rir. Ceci nous am&#232;ne au deuxi&#232;me aspect. L'accessibilit&#233; &#224; des informations vari&#233;es et contradictoires, n'est garantie pleinement que s'il y a une &lt;i&gt;ouverture de la publication&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Rappelons que la publication ouverte ne concerne pas l'acc&#232;s aux (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Mais, de ce point de vue, Internet offre au citoyen un potentiel jamais &#233;gal&#233; auparavant. Il laisse par exemple un espace d'expression complet &#224; des courants politiques, id&#233;ologiques, religieux, jusqu'alors quasiment ignor&#233;s. Les forums, les blogs, les sites personnels sont donc autant d'outils communicatifs pouvant &#234;tre dits conviviaux, dans la mesure o&#249; ils offrent &#224; n'importe quel individu la possibilit&#233; de s'exprimer et de confronter ses id&#233;es sur les sujets les plus divers. Ils peuvent &#234;tre facilement appropri&#233;s par les acteurs sociaux. La cons&#233;quence en est qu'Internet est devenu une mine d'informations pr&#233;cieuses pour un nombre consid&#233;rable de sujets &#8211; des plus anodins aux plus s&#233;rieux, et aux plus utiles. Et surtout, il permet d'aborder certains sujets, comme les sujets scientifiques, de mani&#232;re interactive et ouverte, selon des finalit&#233;s et des modalit&#233;s que les internautes choisissent eux-m&#234;me.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;me propri&#233;t&#233;, Internet favorise la &lt;i&gt;d&#233;sinterm&#233;diation dans l'&#233;change de biens immat&#233;riels&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Mais aussi de plus en plus des biens mat&#233;riels, puisqu'il favorise la (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]. En effet, l'&#233;change de fichiers musicaux, d'informations, de recettes, de photos, se fait de plus en plus ind&#233;pendamment des interm&#233;diaires professionnels. Ou du moins, si ces interm&#233;diaires existent, ils n'influent pas sur l'horizontalit&#233; de l'&#233;change. Dans le &#171; WEB 2.0 &#187; par exemple, m&#234;me si les internautes s'appuient sur des outils ou des structures qui sont souvent professionnelles, celles-ci n'ont qu'une influence limit&#233;e sur la nature de l'&#233;change, la valeur des biens &#233;chang&#233;es, le choix des personnes qui entrent dans l'&#233;change, la valeur des personnes qui &#233;changent, etc. Le plus souvent, ce sont les internautes eux-m&#234;mes qui d&#233;terminent collectivement ces param&#232;tres.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quatri&#232;me propri&#233;t&#233;, Internet, dans sa structure, est, ou du moins &#233;tait jusqu'&#224; une date r&#233;cente, un &lt;i&gt;outil pouvant facilement &#234;tre appropri&#233;, construit et g&#233;r&#233; par les utilisateurs eux-m&#234;mes&lt;/i&gt;. Les standards ouverts, les logiciels libres, l'architecture ouverte du r&#233;seau, avec notamment la possibilit&#233; de se connecter facilement au r&#233;seau, et l'ouverture relative des instances de r&#233;gulation d'Internet, facilitent la prise en main de cet outil par les internautes, et offrent une large libert&#233; en ce qui concerne la circulation des contenus sur le r&#233;seau. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, le d&#233;veloppement d'Internet a donc conduit &#224; l'&#233;mergence de &lt;i&gt;r&#233;seaux du savoir&lt;/i&gt; qui,&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; sont caract&#233;ris&#233;s par un effacement des hi&#233;rarchies,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; demeurent ouverts aux nouveaux entrants, sans discrimination,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; att&#233;nuent le contr&#244;le des professions sur les outils et assurent, gr&#226;ce &#224; la transmission libre et horizontale de l'information, une lib&#233;ration du partage des comp&#233;tences,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; permettent aux individus de s'exprimer librement sur divers sujets gr&#226;ce &#224; la publication ouverte, &lt;/li&gt;&lt;li&gt; permettent aux individus de s'agr&#233;ger et de se mettre en relation en fonction de leurs affinit&#233;s, pour construire ainsi une finalit&#233; &#224; leur action, et se soutenir mutuellement pour entreprendre des actions collectives et civiles&lt;/li&gt;&lt;li&gt; laissent aux individus la possibilit&#233; de choisir et de ma&#238;triser, de mani&#232;re assez d&#233;mocratique, l'architecture technique sur laquelle ils vont mat&#233;rialiser le r&#233;seau.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Sous ces aspects-l&#224;, Internet est donc un moteur de la d&#233;professionnalisation. D&#233;professionnalisation des activit&#233;s immat&#233;rielles : il permet de court-circuiter les interm&#233;diaires professionnels dans l'&#233;change de biens immat&#233;riels. D&#233;professionnalisation des &#171; activit&#233;s mat&#233;rielles &#187; : il att&#233;nue le contr&#244;le que les professions exerce sur l'information n&#233;cessaire &#224; l'usage et &#224; l'&#233;change des biens et des outils par les citoyens. Ce qui implique que le &#171; mod&#232;le Internet &#187; constitue l'antith&#232;se du &#171; mod&#232;le scolaire / professionnel &#187; qui forme la base communicative, r&#233;gulative et productive de la soci&#233;t&#233; industrielle. [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce qui rejoint les r&#233;flexions d'Ivan Illich qui a soulign&#233;, tout au (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'exemple de la recherche conviviale.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Pour prendre un exemple, certaines exp&#233;rimentations sociales apparues r&#233;cemment sur Internet, ouvrent des perspectives in&#233;dites en mati&#232;re de recherche conviviale. En effet, les exp&#233;riences communautaires sur Internet, ont g&#233;n&#233;r&#233; des proc&#233;dures de filtrage, d'&#233;valuation, d'acquisition et de production de la connaissance, qui sont fond&#233;es en partie sur les principes d'une recherche conviviale. C'est le cas d'exp&#233;riences collaboratives comme le projet d'encyclop&#233;die libre et ouverte Wikip&#233;dia ou le projet d'une universit&#233; libre, collaborative et ouverte &lt;a href='http://fr.wikiversity.org/wiki/Accueil' class='spip_out'&gt;Wikiversit&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notons que ces exp&#233;riences ont &#233;t&#233; rendues possibles, d'une part par la diffusion de certaines innovations technologiques, et d'autre part, par l'appropriation et le contr&#244;le de ces innovations par les citoyens - et non par les institutions marchandes ou &#233;tatiques. En effet,&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Le cout de l'acquisition, de la publication et de la diffusion de la connaissance a &#233;t&#233; consid&#233;rablement r&#233;duit au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. Il est devenu aujourd'hui peu couteux de stocker et diffuser de l'information &#224; grande &#233;chelle.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Certains outils de traitement de l'information sont aujourd'hui accessibles au plus grand nombre &#8211; logiciels statistiques par exemple. Ce faisant, il est m&#234;me possible d'envisager un partage accru d'outils r&#233;els, avec par exemple des syst&#232;mes de pilotage d'outils scientifique &#224; distance.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des outils permettant l'&#233;valuation, la production et la diffusion des connaissances de mani&#232;re conviviale et collaborative, ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; du logiciel libre. Tels les wikis. Ces outils ont le potentiel n&#233;cessaire pour demeurer conviviaux au sens strict, puisqu'ils peuvent &#234;tre utilis&#233;s par les acteurs pour leur usage personnel et de mani&#232;re autonome, et aussi pour un partage collaboratif et &#233;galitaire des informations.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;C'est donc tout un ensemble d'outils, de pratiques, qui se sont d&#233;velopp&#233;s au cours des derni&#232;res ann&#233;es, et qui peuvent apparaitre pr&#233;cieux pour le d&#233;veloppement de la recherche conviviale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, on notera ici que, dans la sph&#232;re virtuelle, le mouvement n'a eu jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'un impact limit&#233;. Les plate-formes wiki permettant un travail scientifique collectif, collaboratif et horizontal, n'en sont par exemple qu'&#224; un stade tr&#232;s embryonnaire. Pire, ce qui s'est principalement d&#233;velopp&#233;, ce sont les syst&#232;mes de publication en libre-acc&#232;s et non les syst&#232;mes de publication scientifique ouverte. Il existe certes des plateformes d'archives ouvertes. Mais elles sont r&#233;serv&#233;es aux scientifiques professionnels qui souhaitent diffuser gratuitement leurs travaux. De plus, ces syst&#232;mes de publication en libre-acc&#232;s ou d'archivage, n'ont pas grand chose &#224; voir avec de v&#233;ritables outils conviviaux de publication ouverte. En fait, ils tendent m&#234;me &#224; servir d'outils de classement hi&#233;rarchique. Ils se positionnent alors en bas du classement des revues universitaires, et les professionnels les utilisent pour &#171; prot&#233;ger &#187; leurs travaux, avant de les proposer &#224; des revues plus prestigieuses, qu'elles soient en libre acc&#232;s ou non. Autant dire qu'il n'y a donc rien de convivial dans de tels outils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, s'agissant de la &#171; sph&#232;re r&#233;elle &#187; et des institutions existantes, il n'y a pas de changements notables allant dans le sens d'une ouverture. Certes, il y a une intrusion r&#233;cente dans le d&#233;bat politique d'organisations id&#233;ologiques pr&#244;nant le contr&#244;le d&#233;mocratique sur la science et les institutions existantes (le mouvement pour la science citoyenne). Mais il ne s'agit pas &#224; proprement parler de mouvements visant au d&#233;veloppement d'une recherche conviviale. Car ces organisations militent seulement pour la prise en compte de principes &#233;thiques. Et il n'est nullement question de d&#233;velopper, par exemple, des outils facilitant la recherche et la diffusion de la science effectu&#233;e par des amateurs. Ou de d&#233;velopper une v&#233;ritable recherche conviviale qui assurerait un libre acc&#232;s aux instruments de l'enseignement et de la recherche (production, diffusion et acquisition) et un partage &#233;galitaire et non contraignant des connaissances et des croyances.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;appropriation de l'outil Internet par les acteurs &#233;conomiques et politiques traditionnels et les nouveaux interm&#233;diaires.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Ce constat mitig&#233; montre que le le mouvement de d&#233;professionnalisation, initi&#233; par l'essor spectaculaire d'Internet et des NTIC, est aujourd'hui contrebalanc&#233; par plusieurs tendances contraires. Trois semblent aujourd'hui d&#233;terminantes.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Premi&#232;re tendance, la d&#233;professionnalisation se heurte &#224; un encadrement r&#233;glementaire contraignant et &#224; l'influence croissante du march&#233; et des institutions sur les nouveaux espaces d'&#233;change et de publication&lt;/i&gt;. Trois vecteurs de contr&#244;le et d'influence sont utilis&#233;s. &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;Juridique&lt;/i&gt;. Un cas fr&#233;quent concerne les situations o&#249;, m&#234;me quand l'information n&#233;cessaire &#224; l'accomplissement d'une activit&#233; est librement accessible, il n'est pas possible, d'un point de vue l&#233;gal, d'accomplir cette activit&#233; sans recourir &#224; des professionnels (distillation d'alcool, services m&#233;dicaux, fabrication d'armes, fabrication et usage de produits m&#233;dicaux, construction, r&#232;glements de litiges, etc.).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;M&#233;diatique&lt;/i&gt;. Les professionnels pratiquent aujourd'hui une publicit&#233; plus ou moins &#171; agressive &#187; pour dissuader les individus de produire leurs biens et services eux-m&#234;mes, et de b&#233;n&#233;ficier de biens et services issus de l'&#233;conomie non-marchande et donc de se passer des services professionnels [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Agressive dans le sens o&#249; cette publicit&#233; cherche &#224; influencer directement (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]. D&#232;s lors, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t qu'il y a &#224; recourir &#224; des services ou biens non-marchands, &#224; qualit&#233; &#233;gale on constate que le recours aux biens et services marchands est nettement plus important. Par exemple, l'utilisation du syst&#232;me d'exploitation Linux, qui est pourtant gratuit, de tr&#232;s bonne qualit&#233; et qui est un outil convivial, est extr&#234;mement basse, par rapport &#224; celle des syst&#232;mes d'exploitation propri&#233;taires. &lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;Scolaire et culturelle&lt;/i&gt;. Il y a de bonnes raisons de penser qu'il existe aujourd'hui un vide &#233;ducatif et des barri&#232;res culturelles limitant la d&#233;professionnalisation. En effet, l'apprentissage de savoirs-faire &#171; manuels &#187;, essentiels pour pratiquer certaines activit&#233;s, ou bien d'un esprit et d'une attitude critique vis &#224; vis des institutions, et des professions et des firmes dispensant des biens et services marchands, sont incontestablement d&#233;faillants dans le syst&#232;me &#233;ducatif actuel. Par ailleurs, des freins culturels peuvent aussi intervenir, puisque le recours aux professionnels et &#224; l'&#233;change marchand s'appuie sur un ensemble de pr&#233;dispositions culturelles, tels par exemple, le d&#233;ni de l'&#233;conomie non-marchande (l'adage populaire dit par exemple &#171; &#224; tout travail m&#233;rite salaire &#187;) ; les croyances relatives &#224; la division du travail et au prestige du m&#233;tier, rendant plus ou moins incongrue la pratique de certaines professions en amateur et rendant presque obligatoire le recours &#224; des professionnels ; le classement hi&#233;rarchique qui peut exister entre les diff&#233;rentes activit&#233;s (certains travaux apparaissent d&#233;gradants), etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Deuxi&#232;me tendance, dans le domaine de la diffusion et de la production des biens immat&#233;riels, les professions tentent de plus en plus de se r&#233;approprier les outils existants&lt;/i&gt;. C'est frappant notamment dans l'informatique libre, qui est sans cesse menac&#233;e par l'informatique propri&#233;taire [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='L'informatique propri&#233;taire est l'informatique fond&#233;e sur des (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]. Les professions employant des mesures l&#233;gislatives pour prot&#233;ger leur monopole sur certains outils &#8211; les brevets logiciels par exemple. Mais c'est vrai &#233;galement dans la publication scientifique, dans la Recherche sur Internet, dans la diffusion de divers contenus culturels (photos, musique&#8230;), et dans d'autres domaines. Certes, on observe des r&#233;actions de &#171; d&#233;fense &#187;, par exemple le projet GNU, les &lt;a href='http://www.fdn.fr/' class='spip_out'&gt;FAI associatifs et coop&#233;ratifs&lt;/a&gt;, les r&#233;seaux &lt;a href='http://www.wireless-fr.org/' class='spip_out'&gt;sans fil communautaires libres et gratuits&lt;/a&gt;, les licences libres et les licences Creative Commons, les sites de publication ouverte, les moteurs de recherche collaboratifs, etc. Mais dans certains domaines, ce &#171; Web alternatif &#187; est de plus en plus cantonn&#233; &#224; la &#171; marginalit&#233; &#187;, l&#224; o&#249;, autrefois, il occupait une position pr&#233;pond&#233;rante.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Troisi&#232;me tendance, ces outils conviviaux peuvent &#234;tre rattrap&#233;s par une institutionnalisation &#171; interne &#187;&lt;/i&gt;. De plus en plus, en effet, des forums, des sites de publication ouverte, des projets open source &#171; ferment leurs portes &#187;, se hi&#233;rarchisent et se calquent sur des mod&#232;les institutionnels traditionnels. Les principes d'ouverture, d'&#233;galit&#233; et de libre-acc&#232;s, signifiants chez les premiers acteurs d'Internet, semblent donc c&#233;der du terrain au profit de formes d'appropriation des outils plus &#171; classiques &#187;, et ind&#233;niablement moins conviviales.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Ces trois tendances conduisent &#224; l'&#233;mergence et &#224; l'affirmation de trois principaux acteurs dans les activit&#233;s immat&#233;rielles.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Les anciennes professions et institutions, fonctionnant selon une logique de contr&#244;le, de monopole et d'expansion, qui tentent de conqu&#233;rir ces nouveaux espaces d'&#233;change (les pouvoirs publics, les anciens monopoles de la communication, les majors, les revues scientifiques classiques, etc.).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des citoyens et les membres de mouvements plus ou moins &#224; la marge, qui profitent de ces outils conviviaux et tentent de les maintenir conviviaux (le mouvement pour le logiciel libre, par exemple).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Enfin, &#171; entre les deux &#187;, une classe de nouveaux interm&#233;diaires qui bouscule les pouvoirs des institutions et des professions &#233;tablies, et constitue ind&#233;niablement une nouvelle force active de l'&#233;conomie des biens immat&#233;riels (les acteurs marchands du Web 2.0, par exemple, ou encore, les Think-Thank).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;On peut se demander, pour conclure, si ces nouveaux interm&#233;diaires seront r&#233;ellement une &#171; chance &#187; pour l'expression et l'autonomie des citoyens. Ne risquent-ils pas de creuser encore davantage le foss&#233; entre les citoyens et les institutions &#233;tablies ? On peut h&#233;las le craindre. Car d'une part, ces nouveaux interm&#233;diaires peuvent se ranger, en fonction de leurs int&#233;r&#234;ts, aussi bien du c&#244;t&#233; d'une soci&#233;t&#233; conviviale que du c&#244;t&#233; des professions &#233;tablies. Et d'autre part, on voit mal pourquoi ils se transformeraient spontan&#233;ment en organisations &#233;thiques valorisant l'ouverture, la parole &#233;galitaire, la transparence et la parole d&#233;mocratique ; surtout dans la mesure o&#249; ils sont astreints &#224; de lourdes contraintes de survie dans un march&#233; de la publication de plus en plus concurrentiel, o&#249; l'expertise scientifique, les dipl&#244;mes, la r&#233;putation (voire le Web Ranking), deviennent les seuls gages de cr&#233;dibilit&#233; vis &#224; vis des institutions politiques ou &#233;conomiques &#233;tablies - notamment les institutions qui les financent ? Il para&#238;t donc fort probable que le d&#233;veloppement de ces nouveaux interm&#233;diaires ait pour principal effet d'accro&#238;tre la marchandisation de certaines &#171; activit&#233;s politiques &#187; (telles que la prise de d&#233;cision, la r&#233;flexion sociale, l'&#233;valuation, la recherche d'id&#233;es, la th&#233;orisation), jusqu'ici davantage fond&#233;es sur un mod&#232;le bureaucratique. Ce qui ne fera donc que renforcer, ou &#224; d&#233;faut, d&#233;placer, les in&#233;galit&#233;s au sein de la soci&#233;t&#233; industrielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Texte de Benjamin Grassineau&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Copyright &lt;a href='http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/fr/' class='spip_out'&gt;Creative Commons Licence BY (Paternit&#233;).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Pour Illich, &#171; &lt;i&gt;l'outil est convivial dans la mesure o&#249; chacun peut l'utiliser, sans difficult&#233;, aussi souvent ou aussi rarement qu'il le d&#233;sire, &#224; des fins qu'il d&#233;termine lui-m&#234;me. L'usage que chacun en fait n'empi&#232;te pas sur la libert&#233; d'autrui d'en faire autant. Personne n'a besoin d'un dipl&#244;me pour avoir le droit de s'en servir ; on peut le prendre ou non. Entre l'homme et le monde, il est conducteur de sens, traducteur d'intentionnalit&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Selon Ivan Illich, la &#171; recherche conviviale &#187; est une activit&#233; de recherche libre, et donc inscrite dans des r&#233;seaux du savoir qui r&#233;pondent &#224; quatre exigences. 1. &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer l'acc&#232;s aux choses en abolissant le contr&#244;le que des personnes priv&#233;es et les institutions exercent sur leur valeur &#233;ducative&lt;/i&gt; &#187;, 2. lib&#233;rer le partage des comp&#233;tences. 3. redonner &#224; &#171; &lt;i&gt;la personne individuelle le pouvoir d'appeler &#224; des r&#233;unions ou &#224; les tenir&lt;/i&gt; &#187;. 4. &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer l'individu de l'obligation de modeler ses esp&#233;rances conform&#233;ment aux services que peuvent lui offrir les professions &#233;tablies&lt;/i&gt; &#187;. Cette recherche conviviale devrait donner naissance &#224; une &lt;i&gt;&#171; science par l'homme, et non plus pour l'homme &#187;&lt;/i&gt;. C'est &#224; dire une science ouverte &#224; tous, accomplie par ceux qui le souhaitent, et dont les finalit&#233;s ne sont pas syst&#233;matiquement &#233;loign&#233;es des situations concr&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Rappelons que la publication ouverte ne concerne pas l'acc&#232;s aux informations, mais l'acc&#232;s aux outils permettant la publication individuelle ou collective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Mais aussi de plus en plus des biens mat&#233;riels, puisqu'il favorise la rencontre de personnes partageant les m&#234;mes centres d'int&#233;r&#234;t, l'&#233;change horizontal de biens mat&#233;riels sans contre-partie, etc. Voir sur ce sujet le site &lt;a href='http://http:/fr.freecycle.org/accueil/' class='spip_out'&gt;Freecycle&lt;/a&gt;, qui permet &#224; des personnes d'&#233;changer ou de donner des biens gratuitement sans contre-partie, et sans obligation de recevoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Ce qui rejoint les r&#233;flexions d'Ivan Illich qui a soulign&#233;, tout au long de son &#339;uvre, le r&#244;le central de la professionnalisation des activit&#233;s immat&#233;rielles et des institutions qui contr&#244;lent l'information dans la gen&#232;se, le maintien et l'expansion de la soci&#233;t&#233; industrielle. C'est le cas notamment de l'&#201;cole, qui, selon lui, &#171; &lt;i&gt;dissimule un programme par lequel il s'agit d'initier le citoyen au mythe de l'efficacit&#233; bienveillante des bureaucraties &#233;clair&#233;es par le savoir scientifique. Et, partant, l'&#233;l&#232;ve en vient &#224; croire qu'une production accrue est seule capable de conduire &#224; une vie meilleure. Ainsi s'installe l'habitude de la consommation des biens et des services qui va &#224; l'encontre de l'expression individuelle, qui ali&#232;ne, qui conduit &#224; reconna&#238;tre les classements et les hi&#233;rarchies impos&#233;es par les institutions.&lt;/i&gt; &#187;. C'est aussi le cas de la Recherche et D&#233;veloppement qui &#171; &lt;i&gt;mutile l'imagination&lt;/i&gt; &#187;, et contraint le citoyen &#224; abdiquer &#171; &lt;i&gt;tout pouvoir en faveur de l'expert, seul comp&#233;tent&lt;/i&gt; &#187;. Ou encore du Droit, qui fait des organes l&#233;gislatifs, des tribunaux et de la police, &#171; &lt;i&gt;un outillage au service de l'Etat industriel&lt;/i&gt; &#187;, et qui g&#232;le le jeu d&#233;mocratique en emp&#234;chant les citoyens de s'approprier leurs &#171; &lt;i&gt;outils&lt;/i&gt; &#187;, d'assurer leur autonomie et de s'investir pleinement dans les d&#233;cisions politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Agressive dans le sens o&#249; cette publicit&#233; cherche &#224; influencer directement le consommateur, sans qu'il ait demand&#233; &#224; recevoir l'information (c'est donc une consommation obligatoire), et/ou cherche &#224; d&#233;nigrer les produits concurrents non-marchands&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] L'informatique propri&#233;taire est l'informatique fond&#233;e sur des licences propri&#233;taires, par opposition &#224; celle qui est fond&#233; sur des licences libres. Pour une d&#233;finition de la licence libre, voir &lt;a href='http://gnu.org/' class='spip_out'&gt;http://gnu.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les effets de la p&#233;riurbanisation sur la gendarmerie fran&#231;aise</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge RUMIN</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-">Recherches et r&#233;sultats acquis</category>


		<description>Les effets de la pr&#233;riurbanisation sur la gendarmerie fran&#231;aise T&#233;l&#233;chargez le m&#233;moire au format PDF Il s'agit ici de rendre compte d'une dynamique qui traverse la Gendarmerie Nationale, r&#233;sultat combin&#233; d'une volont&#233; de valoriser des acquis th&#233;oriques dans l'exp&#233;rimentation de la recherche et de l'&#233;volution de la r&#233;flexion sur le fond d'un domaine d'&#233;tude initialement identifi&#233;. En priorit&#233;, cet exercice vise un niveau de compr&#233;hension, de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_62 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cedrea.net/IMG/pdf/Memoire-Gendarme_et_periurbain_final-srumin.pdf&quot; title='PDF - 712.5 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 712.5 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Les effets de la pr&#233;riurbanisation sur la gendarmerie fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:120px;'&gt;T&#233;l&#233;chargez le m&#233;moire au format PDF
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;Il s'agit ici de rendre compte d'une dynamique qui traverse la Gendarmerie Nationale, r&#233;sultat combin&#233; d'une volont&#233; de valoriser des acquis th&#233;oriques dans l'exp&#233;rimentation de la recherche et de l'&#233;volution de la r&#233;flexion sur le fond d'un domaine d'&#233;tude initialement identifi&#233;. En priorit&#233;, cet exercice vise un niveau de compr&#233;hension, de ma&#238;trise de th&#233;ories sociologiques et de la recherche. Il a &#233;t&#233; choisi volontairement de ne pas aborder un sujet trop li&#233; aux champs de comp&#233;tences professionnelles de l'auteur afin de privil&#233;gier les acquis m&#233;thodologiques. Il est surtout question, &#224; travers ce choix, d'&#233;viter l'&#233;cueil du d&#233;tournement d'une m&#233;thode qui servirait une d&#233;monstration d'id&#233;es, forg&#233;es par l'exp&#233;rience, ant&#233;rieures aux acquis en sociologie, et non bas&#233;es sur une approche scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a donc &#233;t&#233; choisi d'aborder la transformation de la Gendarmerie Nationale. Le choix s'est port&#233; sur cette institution &#224; la suite d'une situation professionnelle qui a mis en contact l'auteur avec des gendarmes fran&#231;ais en op&#233;ration ext&#233;rieure en Bosnie-Herz&#233;govine [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, lors de cette situation de travail l'auteur (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. La d&#233;cision a ensuite &#233;t&#233; orient&#233;e par la m&#233;diatisation de la &#171; grogne des gendarmes &#187; qui est survenue &#224; la p&#233;riode m&#234;me o&#249; la d&#233;cision d'un sujet de m&#233;moire devait s'op&#233;rer. En effet, le coup de projecteur m&#233;diatique montrait au grand public un ph&#233;nom&#232;ne in&#233;dit, par le biais des reportages sur les milliers de gendarmes en uniforme manifestant dans diverses villes de France. Il r&#233;v&#233;lait aussi une dynamique institutionnelle innovante, un th&#232;me pertinent pour un chercheur novice en sociologie des organisations, plus particuli&#232;rement centr&#233; sur les dynamiques des organisations et les mutations sociales. Notons au passage, et nous y reviendrons plus tard, que la Gendarmerie Nationale comme objet d'&#233;tude, en sciences sociales, n'ayant pas donn&#233; lieu &#224; une grande bibliographie, le terrain offrait l'attrait de la d&#233;couverte, de sortir des sentiers battus. Cet avantage porte intrins&#232;quement les inconv&#233;nients d'un terrain peu d&#233;frich&#233; parce qu'aussi peu accessible et d&#233;fiant vis-&#224;-vis des regards exog&#232;nes. F. Dieu fait d'ailleurs remarquer &lt;i&gt;&#171; L'auteur des lignes est toutefois bien plac&#233; pour souligner combien la gendarmerie a &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent quelque peu r&#233;tive, r&#233;serv&#233;e vis-&#224;-vis de toutes formes d'expertise, de r&#233;flexions analytiques et prospectives ext&#233;rieures &#224; l'institution. &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='L'essor de la gendarmerie &#171; Sp&#233;cial crise &#187; , n&#176;332 - janvier (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, la grogne des gendarmes, dans sa version 2001 (il y a eu aussi une vague de m&#233;contentement en 1989 au sein de la gendarmerie nationale), ne jouissait pas du recul n&#233;cessaire au sociologue pour une &#233;tude du ph&#233;nom&#232;ne. Ceci s'est aussi vite traduit par un acc&#232;s difficile &#224; l'information, une r&#233;ticence de l'institution et des acteurs concern&#233;s &#224; communiquer sur ces &#233;v&#233;nements trop frais et trop sensibles. Les r&#233;flexions qui ont suivis les quelques entretiens informels et les diverses lectures sur le sujet ont permis d'entrevoir une dynamique, certes plus restreinte, mais tout aussi int&#233;ressante du point de vue du sociologue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, les pr&#233;-entretiens de cadrage et les articles parcourus sur cette question &#233;voquaient les probl&#232;mes de la gendarmerie nationale, des gendarmes et de leur famille face &#224; l'extension des zones p&#233;riurbaines. La gendarmerie nationale a une tradition et une vocation &#224; exercer sa mission de s&#233;curit&#233; publique sur les zones rurales, dont certaines sont aujourd'hui absorb&#233;es par l'extension des grandes villes. Par ailleurs, ces m&#234;mes sources font des r&#233;f&#233;rences claires (sans forc&#233;ment le conna&#238;tre ou le d&#233;signer) au concept d'institution totale telle que l'a d&#233;fini Erving Goffman. Lors de recherches men&#233;es sur un asile psychiatrique, Goffman a montr&#233; qu'au sein des institutions pour lesquelles les espaces de vie, de repos et de travail sont confondus en un unique espace et plac&#233;s sous une m&#234;me autorit&#233;, &#233;mergent des propri&#233;t&#233;s qui sont communes et sp&#233;cifiques &#224; toutes ces institutions dont les casernes militaires. L'int&#233;r&#234;t pour la grogne s'est donc peu &#224; peu d&#233;plac&#233; pour se focaliser d'une part sur les transformations qu'apporte la p&#233;riurbanisation des zones sous responsabilit&#233; de la gendarmerie nationale, et d'autre part sur le caract&#232;re total que pourrait pr&#233;senter la gendarmerie nationale, sa place dans l'identit&#233; institutionnelle, son &#233;volution et son r&#244;le &#233;ventuel dans les dynamiques institutionnelles &#224; l'&#339;uvre dans la gestion de ce ph&#233;nom&#232;ne de p&#233;riurbanisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, lors de cette situation de travail l'auteur (civil) &#233;tait sous l'autorit&#233; d'un g&#233;n&#233;ral de
gendarmerie tandis que certains gendarmes &#233;taient eux-m&#234;mes sous l'autorit&#233; de l'auteur dans le cadre d'une mission
de maintien de la paix, qui m&#234;lait des civils et des policiers d'environ 50 pays dans le cadre des Nations Unies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] L'essor de la gendarmerie &#171; Sp&#233;cial crise &#187; , n&#176;332 - janvier 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand le March&#233; finance la r&#233;sistance au March&#233;</title>
		<link>http://www.cedrea.net/Quand-le-Marche-finance-la</link>
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		<dc:date>2007-04-11T19:35:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin GRASSINEAU</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-">Recherches en cours </category>


		<description>Cet article tente de mieux cerner les causes du d&#233;veloppement et du maintien du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres dans l'activit&#233; informatique. S'agissant du d&#233;veloppement, nous mettons en avant le r&#244;le d&#233;cisif des facteurs culturels. En ce qui concerne le maintien, deux facteurs principaux sont &#233;tudi&#233;s : le transfert des ressources du March&#233; et des Appareils vers le R&#233;seau Coop&#233;ratif, et les strat&#233;gies politiques et juridiques des acteurs du R&#233;seau Coop&#233;ratif pour prot&#233;ger (...)

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-" rel="directory"&gt;Recherches en cours &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article tente de mieux cerner les causes du d&#233;veloppement et du maintien du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres dans l'activit&#233; informatique. S'agissant du d&#233;veloppement, nous mettons en avant le r&#244;le d&#233;cisif des facteurs culturels. En ce qui concerne le maintien, deux facteurs principaux sont &#233;tudi&#233;s : le transfert des ressources du March&#233; et des Appareils vers le R&#233;seau Coop&#233;ratif, et les strat&#233;gies politiques et juridiques des acteurs du R&#233;seau Coop&#233;ratif pour prot&#233;ger leur Cadre Organisationnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sein de l'activit&#233; informatique, est apparu depuis bient&#244;t une trentaine d'ann&#233;es, un ensemble de pratiques b&#233;n&#233;voles, collaboratives et d&#233;mocratiques qui ont &#233;t&#233; regroup&#233;es sous l'appellation d'informatique libre ou de mouvement hacker. La communaut&#233; de passionn&#233;s qui pratique ces activit&#233;s forme aujourd'hui un vaste R&#233;seau Coop&#233;ratif qui concurrence efficacement le March&#233; des softwares [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Quatre Cadres Organisationnels sont d&#233;finis : le March&#233; (liens marchands, (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Cette situation en apparence in&#233;dite am&#232;ne &#224; se poser trois questions. 1. Comment le mouvement hacker s'est-il d&#233;velopp&#233; au sein de l'activit&#233; informatique et comment a-t-il pu engendrer un R&#233;seau Coop&#233;ratif de grande taille ? 2. Pourquoi ce R&#233;seau Coop&#233;ratif a-t-il r&#233;ussi &#224; se maintenir en place, l&#224; o&#249; dans d'autres activit&#233;s, les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs sont g&#233;n&#233;ralement minoritaires ? 3. Est-ce li&#233; &#224; des caract&#233;ristiques propres &#224; l'activit&#233; informatique ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. L'&#233;mergence du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres dans l'activit&#233; informatique.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Pour expliquer l'&#233;mergence, l'expansion et le maintien du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres dans l'activit&#233; informatique, plusieurs th&#232;ses ont &#233;t&#233; avanc&#233;es. Nous les pr&#233;sentons bri&#232;vement, avant de les &#233;tudier plus en profondeur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1.1 Survol des principales th&#232;ses.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Certaines th&#232;ses s'inscrivent dans la continuit&#233; d'une &#171; &lt;i&gt;histoire reconstruite &#224; posteriori par les hackers&lt;/i&gt; &#187;. Et, de ce point de vue, les &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/hackers' class='spip_glossaire'&gt;hackers&lt;/a&gt;, et certains &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/hacktivistes' class='spip_glossaire'&gt;hacktivistes&lt;/a&gt;, sont assez unanimes sur plusieurs points.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; L'activit&#233; de programmation informatique a &#233;t&#233; pratiqu&#233;e &#224; ses d&#233;buts dans une ambiance de travail collaborative, peu hi&#233;rarchique et &#171; anarchisante &#187; (Flannery, 2000 ; Levy, 1984).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'activit&#233; de programmation est int&#233;ressante &#171; en soi &#187;, elle ne n&#233;cessite donc pas forc&#233;ment d'incitations mon&#233;taires pour &#234;tre r&#233;alis&#233;e (Torvalds et Diamond, 2001).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les ressources utilis&#233;es dans la programmation, et plus g&#233;n&#233;ralement l'information, doivent rester publiques. Il faut donc rester m&#233;fiant vis &#224; vis des acteurs priv&#233;s qui tentent de privatiser les r&#233;seaux et mettre en place des outils juridiques pour s'assurer que l'information reste publique (Berners-Lee, 1999 ; Latrive, 2004 ; L&#233;vy, 2002 ; Stallman, 1998 ; Wiener, 1952).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Les causes de l'&#233;mergence du R&#233;seau Coop&#233;ratif sont alors &#224; rechercher dans la sp&#233;cificit&#233; de la culture et de l'&#233;thique hacker, et dans la r&#233;sistance active des hackers contre le March&#233; (Chance, 2005 ; Himanen, 2001 ; Moglen, 1999). Les hackers ayant eu une conscience aig&#252;e des enjeux politiques du libre et de la d&#233;tention des outils de circulation de l'information, ils ont mis en place des outils politiques et juridiques garantissant l'ouverture de l'information. Pour Raymond (1999) par exemple, les hackers ont tent&#233; de prendre leur propre d&#233;fense, et ils y sont parvenus. L'histoire qu'ils ont forg&#233;e est assez coh&#233;rente et elle fait autorit&#233; dans certains milieux du libre et dans certains milieux universitaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de cela, on trouve des &#171; &lt;i&gt;th&#232;ses id&#233;ologiques&lt;/i&gt; &#187;. Sans remettre n&#233;cessairement en question l'histoire hacker, elles affirment que ce sont des d&#233;terminants culturels qui expliquent l'expansion du R&#233;seau Coop&#233;ratif dans l'activit&#233; informatique (Flichy, 2001). Divers facteurs sont avanc&#233;s : la contre-culture, le mythe de la soci&#233;t&#233; en r&#233;seau, l'aspect quasi-religieux des communaut&#233;s virtuelles, etc. (Boyer, 2003 ; Breton, 2001). Ces th&#232;ses n'accordent qu'une place limit&#233;e aux facteurs technologiques et politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233;, il existe tout un ensemble de &#171; &lt;i&gt;th&#232;ses sceptiques&lt;/i&gt; &#187; qui affirment que l'histoire des hackers n'est rien d'autre qu'un mythe. La progression du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres n'aurait rien &#224; voir avec le milieu hacker, et serait li&#233;e &#224; un contexte politique et technologique particulier. La mythologie hacker masquerait, de ce fait, les v&#233;ritables enjeux qui se cachent derri&#232;re le contr&#244;le d'Internet (Mounier, 2002). Ces th&#232;ses sont d&#233;fendues par une partie des acteurs de terrain qui voient dans l'histoire du mouvement hacker une histoire &#171; magnifi&#233;e &#187;. Notamment celle que d&#233;veloppe Raymond (1999), qui suscite de vives critiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, il existe des &#171; &lt;i&gt;th&#232;ses &#233;conomiques&lt;/i&gt; &#187;, soutenues principalement par des &#233;conomistes, qui tentent de d&#233;mystifier l'id&#233;e selon laquelle les hackers auraient agi par altruisme, par plaisir de la programmation et/ou par conviction id&#233;ologique. Les hackers seraient en fait bien plus int&#233;ress&#233;s qu'il n'y parait. Et c'est ce qui permet d'expliquer la viabilit&#233; du mod&#232;le &#233;conomique de l'Open Source. Divers m&#233;canismes sont &#233;voqu&#233;s : darwinisme social, externalit&#233;s de r&#233;seau (Lecoq et Demil, 2002), effets d'apprentissage et r&#233;putation (Lerner et Tirole, 2002), biens non-rivaux (Gensollen, 2004&lt;i&gt;a&lt;/i&gt;, 2004&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;), etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les trois derni&#232;res th&#232;ses ont plusieurs caract&#233;ristiques communes : a) elles sont sceptiques ou indiff&#233;rentes envers le discours profane (celui des hackers), b) elles inscrivent leurs r&#233;flexions dans des probl&#233;matiques &#171; s&#233;rieuses &#187; (enjeux de pouvoir, technologies, r&#233;putation, etc.), alors que les hackers mettent plut&#244;t en avant l'aspect &#171; fun &#187; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Luthiger (2005).' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;], &#171; addictif &#187; et ludique du hacking et de la contribution, c) elles surestiment toutes &#224; leur mani&#232;re un facteur au d&#233;triment des autres. Les th&#232;ses id&#233;ologiques surestiment en effet l'aspect culturel et sociologique en n&#233;gligeant certaines r&#233;alit&#233;s techniques de l'activit&#233; informatique. Les th&#232;ses sceptiques sous-estiment au contraire, les facteurs socio-culturels. Quant aux th&#232;ses &#233;conomiques, elles n&#233;gligent le fait que les effets d'apprentissage et les ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;putation sont inh&#233;rents &#224; n'importe quelle activit&#233;. Elle n'explique donc en rien l'&#233;mergence et le maintien du R&#233;seau Coop&#233;ratif dans l'activit&#233; informatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; ce morc&#232;lement th&#233;orique, il nous parait n&#233;cessaire d'ins&#233;rer la probl&#233;matique dans une approche pluridisciplinaire. Pour ce faire, nous mettons en avant quatre facteurs : les facteurs socio-techniques, les facteurs culturels, les facteurs &#233;conomiques et les relations entre les diff&#233;rents Cadres Organisationnels au sein de l'activit&#233; informatique.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. 2 Les facteurs &#171; socio-techniques &#187;.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;D'un point de vue technologique, l'activit&#233; informatique pr&#233;sente cinq caract&#233;ristiques.&lt;/p&gt; &lt;ol class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;Un programme fonctionne ou ne fonctionne pas. Certes, il existe des niveaux de qualit&#233; diff&#233;rents entre les programmes, et des finesses dans la programmation que seuls des d&#233;veloppeurs sont capables de percevoir (une &#171; philosophie du code &#187;), mais en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, lorsqu'un &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Bogue_(informatique)' class='spip_out'&gt;bug&lt;/a&gt; dans un programme est d&#233;tect&#233;, il n'y a pas d'ambig&#252;it&#233;. &lt;i&gt;L'&#233;valuation des biens n'a donc pas besoin d'&#234;tre supervis&#233;e par une autorit&#233; humaine.&lt;/i&gt; L'arbitrage du r&#233;el est d&#233;nu&#233; d'ambig&#252;it&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Le bien est perfectible. Une fois l'architecture conceptuelle arr&#234;t&#233;e, le d&#233;veloppeur peut am&#233;liorer, perfectionner, peaufiner son programme presque ind&#233;finiment. La cons&#233;quence en est que le d&#233;veloppeur va rapidement entrer dans une activit&#233; finalis&#233;e qui s'inscrit dans le long terme. Ce qui va constituer une puissante motivation intrins&#232;que.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La programmation utilise des langages et des concepts, pouvant &#234;tre organis&#233;s pour former des morceaux de programmes, qui peuvent eux-m&#234;mes &#234;tre combin&#233;s avec d'autres morceaux de programmes. En ce sens la programmation informatique suppose n&#233;cessairement de r&#233;utiliser le travail des autres, ou d'utiliser les mots et les concepts qu'ils emploient. Si bien que la programmation s'appuie sur un bien non-rival, et n&#233;cessite &lt;i&gt;d&#232;s le d&#233;part un processus collaboratif.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;L'activit&#233; informatique est complexe et bien qu'elle n&#233;cessite un travail individuel relativement autonome (on ne peut, comme dans le taylorisme, d&#233;composer le travail en unit&#233;s de travail dont la r&#233;alisation est parfaitement d&#233;crite, anticip&#233;e et supervis&#233;e), &lt;i&gt;elle n&#233;cessite un travail d'&#233;quipe, ou tout au moins un travail de contr&#244;le collectif&lt;/i&gt; (Flichy, 2001).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Au d&#233;but de l'informatique, et de l'informatique en r&#233;seau, il &#233;tait difficile de contr&#244;ler l'entr&#233;e dans l'activit&#233; informatique. D'une part, elle &#233;tait r&#233;alis&#233;e en grande partie par des amateurs et des autodidactes (Bonvin et Faguer, 2000). D'autre part, la configuration technique d'Internet rend difficile la concentration et l'application des pouvoirs d'exclusion ou d'obligation [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='On distingue ici cinq types de pouvoir : pouvoir d'influence (pouvoir (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Les acteurs ayant la possibilit&#233; de contourner les mesures d'exclusion et de coercition. Par exemple, sur Internet, ils peuvent changer de pseudonymes ou d'&lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/adresse_IP' class='spip_glossaire'&gt;adresse IP&lt;/a&gt;, la tra&#231;abilit&#233; des actions est mal assur&#233;e, ils ne sont pas soumis &#224; des menaces physiques, ils peuvent cr&#233;er un site ind&#233;pendant relativement facilement, etc. Ces caract&#233;ristiques sont essentielles &#224; la mise en place et au maintien d'un r&#233;seau ouvert et pluraliste.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt; &lt;p&gt;Tous ces facteurs technologiques ont eu un impact sur l'organisation des &#233;quipes scientifiques de pointe et par inclusion, des &#233;quipes de travail en informatique qui ont forg&#233;es l'&#233;thique hacker - les fameux groupes de travail du MIT dans les ann&#233;es 1970. L'autorit&#233; d'&#233;valuation se devait d'&#234;tre peu arbitraire, pour ne pas fausser les d&#233;cisions. De plus, l'ajustement mutuel, la n&#233;cessit&#233; de collaborer et de tenir compte de toutes sortes de critiques pour permettre la progression d'un projet, l'existence d'incitations &#171; internes &#224; la programmation &#187;, l&#233;gitimaient l'absence de hi&#233;rarchie. C'est pourquoi ce travail de groupe collaboratif, effectu&#233; dans une ambiance laxiste a conduit au d&#233;veloppement d'une mentalit&#233; et de pratiques communautaires, ou autrement dit, d'une &lt;i&gt;micro-culture&lt;/i&gt; au sens de Liu (1981), qui s'est ensuite diffus&#233;e dans toute l'activit&#233; par imitation (Tarde, 1902).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. 3 Les facteurs &#171; macro-culturels &#187;.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Cela dit, le facteur technologique n'est pas le seul &#224; prendre en compte. Des facteurs culturels peuvent aussi &#234;tre invoqu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier r&#233;flexe pour expliquer l'&#233;mergence du mouvement hacker est d'invoquer le r&#244;le de la culture universitaire. Mais cette id&#233;e d'une ressemblance entre l'universit&#233;, fond&#233;e sur le mod&#232;le du &#171; monast&#232;re &#187; (Himanen, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 77), et le milieu hacker, ne r&#233;siste pas &#224; l'analyse des faits. Bien s&#251;r, il y a des points communs, mais des diff&#233;rences significatives persistent (&lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 84-86). Tout d'abord, le milieu universitaire est hi&#233;rarchis&#233; et institutionnalis&#233;, quand il n'est pas marchandis&#233;. Si bien que la circulation libre de l'information dans le milieu universitaire et la structuration &#233;galitaire du travail universitaire, rel&#232;vent d'avantage du mythe que du fait &#233;tabli (Mounier, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 25 ; Latour, 2001). Une &#233;tude m&#234;me superficielle laisse plut&#244;t apparaitre des enjeux et contraintes consid&#233;rables relatifs &#224; la circulation et &#224; la production des id&#233;es. L'un d'entre eux &#233;tant que l'information est monnayable : elle permet, comme le remarque Latour (&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;), de publier, et indirectement, d'obtenir des financements. Ajoutons que le milieu universitaire est fond&#233; sur l'obligation de publier, sur l'exclusion par l'erreur et la perte de r&#233;putation. La publication d'un article faux, ou pr&#233;sentant des id&#233;es marginales et anti-conformistes, est souvent suivie d'un rejet de la communaut&#233; scientifique. Elle induit une perte de prestige et peut conduire &#224; une exclusion informelle de la communaut&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement hacker s'appuie sur une logique oppos&#233;e. Car si la publication d'un code-source exempt de &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Bogue_(informatique)' class='spip_out'&gt;bugs&lt;/a&gt; et bien construit peut s'av&#233;rer &#234;tre une source de prestige, d&#232;s lors que le hacker fait preuve de bonne volont&#233;, la &#171; publication &#187; d'un code faux ne conduit pas &#224; une exclusion. Elle signifie juste que le travail est en cours de r&#233;alisation, qu'il peut &#234;tre am&#233;lior&#233;, et que d'autres peuvent s'y joindre (Flichy, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 81 ; Himanen, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 86). De plus, un hacker qui souhaite travailler sur un domaine peu courant ne rencontre pas de barri&#232;res : il est libre de se lancer dans des projets marginaux. Ajoutons en outre que le hacking a longtemps &#233;t&#233; pratiqu&#233; par des amateurs et continue &#224; l'&#234;tre de nos jours (Flichy, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 95-98), si bien que &lt;i&gt;la publication ne vise pas &#224; r&#233;colter des fonds, mais c'est la r&#233;colte de fonds qui vise &#224; produire les conditions n&#233;cessaires &#224; la publication&lt;/i&gt;. Enfin, une diff&#233;rence fondamentale entre l'activit&#233; scientifique et l'activit&#233; des hackers, r&#233;side dans la place qui est accord&#233;e au ludisme. Par comparaison, le &#171; s&#233;rieux &#187; occupe une place quasi-exclusive dans le milieu acad&#233;mique (Feyerabend, 1988). Or, il est clair que pour les hackers, cette contrainte est malvenue, dans la mesure o&#249; il faut en effet laisser une large place au ludisme pour que se d&#233;veloppe la cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un facteur culturel qui appara&#238;t plus probant, est le r&#244;le de la contre-culture. L'&#233;mergence de la culture hacker s'est en effet produite dans le contexte de la contre-culture qui s'enracine aux &#201;tats-unis dans les ann&#233;es 1960 et 1970, et qui tend &#224; l&#233;gitimer certaines valeurs anti-autoritaires et anarchisantes (voir aussi Flichy, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 85-111) [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Attention toutefois &#224; ne pas assimiler la tradition anarchiste europ&#233;enne (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Toutefois, il ne faut pas voir le mouvement hacker comme un prolongement direct de la contre-culture, mais comme un mouvement capable de r&#233;sorber une contradiction. Car d'un c&#244;t&#233;, la contre-culture &#233;merge sur les bases d'une croyance in&#233;branlable dans les &#171; bienfaits &#187; de la science et du progr&#232;s, cens&#233;s &#234;tre les garants du r&#233;gime d&#233;mocratique. De l'autre, elle trahit l'&#233;veil d'une nation rong&#233;e par plusieurs ann&#233;es de guerre froide, prenant conscience du contr&#244;le des masses qui, en s'aidant de la science moderne, s'est dangereusement amplifi&#233;. D&#233;mocratie et science, utopies scientifiques et utopies issues de la contre-culture, sont donc d&#233;sunies. Or, la culture hacker, sans annihiler totalement cette contradiction, suscite l'espoir d'une &#171; r&#233;conciliation &#187;. D&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, en effet, la croyance se d&#233;veloppe &#224; l'ombre de la fracture num&#233;rique naissante, que l'informatique individuelle est peu polluante - ce qui est bien s&#251;r faux -, qu'elle permet &#224; n'importe qui d'utiliser les technologies de pointe o&#249; qu'il se trouve, et qu'elle assure la d&#233;centralisation de l'information. Elle rejoint donc l'utopie de la science d&#233;mocratique de Wiener (1952) o&#249; le savoir est distribu&#233; &#224; tous, mais aussi celle de l'auto-production (le &#171; &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Do_It_Yourself' class='spip_glossaire'&gt;Do It Yourself&lt;/a&gt; &#187;), du retour &#224; la nature et du nomadisme (celui des beatniks par exemple) - utopies qu'on retrouve d'ailleurs encore aujourd'hui dans divers milieux artistiques et alternatifs qui m&#233;langent les technologies modernes de l'information et l'hacktivisme, avec un discours radical contre la technologie de masse&#8230; C'est donc sur le terreau d'une utopie positive, qui r&#233;unit diverses utopies, que le mouvement hacker s'enracine : a) utopie du progr&#232;s scientifique - une des premi&#232;res hi&#233;rarchies sur Usenet &#233;tait consacr&#233;e &#224; la science-fiction (voir aussi Flichy, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 137-162), b) utopie de l'information libre, issue des travaux des premiers th&#233;oriciens du r&#233;seau comme Wiener, c) utopie politique, issue tr&#232;s largement des mouvements libertaires et libertariens am&#233;ricains - c'est une utopie de la &#171; non-coercition &#187; (&#171; il est interdit d'obliger &#187;), d) utopie du nomadisme, du retour &#224; la nature et de l'auto-production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, comme le soulignent Imhorst (2005) et Mounier (&lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;), il ne faut pas en conclure que les hackers &#233;taient des &#171; hippies &#187;. Ce serait contre-factuel. Mais ne doutons pas non plus qu'il r&#233;gnait une forte diversit&#233; dans le milieu hacker et que les changements qui affectaient la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine ne pouvaient les laisser indiff&#233;rents. Autre fait d'importance : les hackers &#233;taient assez jeunes. Et on le sait, la contre-culture &#224; principalement &#233;t&#233; relay&#233;e par les milieux &#233;tudiants. Il parait donc r&#233;ellement peu probable, &#233;tant donn&#233; leur connivence avec le milieu universitaire, qu'ils n'aient pas &#233;t&#233; impr&#233;gn&#233;s de l'atmosph&#232;re anarchisante de cette &#233;poque. Or, la contre-culture apportait des &#233;l&#233;ments de changement, une conception diff&#233;rente de la science, qui l&#233;gitimaient, ou rendaient possibles certaines pratiques horizontales. Si bien qu'ils &#233;taient &#171; d&#233;complex&#233;s &#187; pour s'inspirer dans leur organisation de certaines utopies qui &#233;taient dans l'air du temps. Celles-ci devenaient dans la perspective de D'iribarne (1989), des mod&#232;les d'organisation l&#233;gitimes. C'est pour cette raison que l'&#233;thique hacker qui se d&#233;veloppe durant cette p&#233;riode int&#232;gre de nombreux aspects de la contre-culture am&#233;ricaine : rejet radical de l'autorit&#233;, de la hi&#233;rarchie et de la bureaucratie, esprit communautaire, ludisme, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ajoutons encore trois facteurs. &lt;i&gt;Premi&#232;rement&lt;/i&gt;, la vague de contre-culture s'accompagne d'une remise en cause des technologies &#233;ducatives et organisationnelles traditionnelles. L'introduction du management participatif change radicalement le rapport au savoir et &#224; sa transmission. Sans de telles mutations, l'id&#233;e d'un pouvoir critique &#233;quitablement r&#233;parti aurait probablement &#233;t&#233; impossible. Cette source d'inspiration va se transmettre jusqu'&#224; nos jours et il est remarquable que dans un projet comme &lt;i&gt;Wikiversity&lt;/i&gt;, il soit fait explicitement r&#233;f&#233;rence &#224; des fondateurs de l'&#233;ducation nouvelle, comme source d'inspiration de la version anglophone [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir : http://en.wikiversity.org/wiki/Wiki&#8230;' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]. &lt;i&gt;Deuxi&#232;mement&lt;/i&gt;, la contre-culture prend naissance dans un milieu compos&#233; d'une grande partie de jeunes. Or, l'aspect ludique est souvent plus pr&#233;gnant dans les groupes de jeunes. On retrouve &#224; divers endroits cet aspect dans le milieu hacker, avec par exemple, le gout pour les jeux de r&#244;les et la programmation des jeux. De plus, la hi&#233;rarchie y est souvent peu marqu&#233;e. Du moins se manifeste-t-elle sous une forme diff&#233;rente de celle des organisations formelles. Car s'il est vrai qu'il peut y avoir des hi&#233;rarchies informelles, en fonction des affinit&#233;s et des comp&#233;tences, dans les groupes de jeunes, il n'y a pas forc&#233;ment de &#171; chefs &#187; clairement d&#233;sign&#233;s. Il peut exister des leaders, des personnalit&#233;s fortes qui par leur habilet&#233; ou leur inventivit&#233; entrainent les autres, mais ils varient souvent au cours du temps et en fonction des contextes. Et ce serait une erreur de pr&#233;tendre &#224; l'existence &lt;i&gt;d'une et une seule hi&#233;rarchie fixe et formelle&lt;/i&gt; dans ces groupes informels. De ce fait, les premiers hackers ayant peu de contraintes hi&#233;rarchique - et marchandes - &#224; supporter, ils &#233;taient relativement libres de s'organiser comme ils le voulaient. L'&#233;thique et l'organisation du milieu hacker sont fortement redevables &#224; cette &#171; culture de jeunes &#187;. Tout comme le d&#233;tachement vis &#224; vis des besoins mat&#233;riels [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Le d&#233;tachement des hackers envers les besoins mat&#233;riels a plusieurs sources (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]. &lt;i&gt;Troisi&#232;mement&lt;/i&gt;, l'activit&#233; informatique s'inscrit dans une tradition culturelle s&#233;culaire qui s&#233;pare le travail manuel du travail intellectuel, et condamne moralement le commerce des activit&#233;s intellectuelles (Le Goff, 1997, p. 182). Or, cela a jou&#233; un r&#244;le dans le d&#233;veloppement du mouvement des Logiciels Libres, qui a plus ou moins instrumentalis&#233; cette utopie de l'information libre et ouverte &#224; tous. On peut y voir &#233;galement une confirmation de la th&#232;se de Breton (2000, p. 67-74) selon laquelle le culte de l'Internet, dans lequel le mouvement hacker prend naissance, aurait en partie pour origine &#171; le privil&#232;ge donn&#233; &#224; l'esprit et le refus du corps &#187;, voir l'influence des drogues, du psych&#233;d&#233;lisme (&lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 47), des religions orientales et du New Age (&lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, p. 80-82).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Les facteurs ayant conduit au maintien du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Ces th&#232;ses pr&#233;sentent toutefois une limite de taille. Pourquoi des activit&#233;s pr&#233;sentant des caract&#233;ristiques socio-techniques presque similaires &#224; celles de l'activit&#233; informatique n'ont-elles pas connu la m&#234;me &#233;volution ? Ind&#233;niablement, ces th&#232;ses permettent de mieux saisir le d&#233;veloppement initial du R&#233;seau Coop&#233;ratif dans l'activit&#233; informatique. Mais, elles ne permettent pas de comprendre &lt;i&gt;son maintien&lt;/i&gt;. Car la plupart des arguments &#233;voqu&#233;s ici pourraient &#234;tre appliqu&#233;s &#224; d'autres activit&#233;s qui, lorsqu'elles commencent &#224; se structurer, &#224; d&#233;velopper des finalit&#233;s, des pratiques et des mythes, connaissent une &#233;volution &#224; peu pr&#232;s semblable. Elles commencent au stade du R&#233;seau Coop&#233;ratif, souvent chez des jeunes et des amateurs, avant de s'institutionnaliser, de se professionnaliser et de se marchandiser progressivement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En somme, il n'y a pas de sp&#233;cificit&#233; de l'activit&#233; informatique permettant d'expliquer cette r&#233;partition anormale des Cadres Organisationnels au sein de l'activit&#233; informatique. En outre, la plupart des travaux examin&#233;s ci-dessus commettent une m&#234;me erreur, ils partent du pr&#233;suppos&#233; que l'existence du R&#233;seau Coop&#233;ratif dans l'activit&#233; informatique est une anomalie. Pourtant, un bref survol d'autres activit&#233;s montre que les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs, m&#234;me s'ils sont parfois de faible envergure, sont loin d'&#234;tre absents. Dans les activit&#233;s artistiques, ils sont de loin les plus actifs en terme d'innovation, et sont une source d'inspiration in&#233;puisable pour les acteurs du secteur marchand. Que dire, par ailleurs, des r&#233;seaux d'amateurs dans les disciplines sportives et scientifiques (Leadbeater et Miller, 2004) ? Il existe en outre des milliers, voire des centaines de milliers de forums, d'associations &#224; but non lucratif, de regroupements informels, qui peuplent les r&#233;seaux num&#233;riques. Certaines sont de petite taille, d'autres constituent de gigantesques r&#233;seaux, comme les r&#233;seaux de blogs. Certes, on pourra nous r&#233;torquer que le R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres a pour particularit&#233; de produire une ressource libre, de concurrencer les acteurs priv&#233;s de l'informatique, de produire des externalit&#233;s positives. Mais est-ce si diff&#233;rent dans d'autres activit&#233;s ? Non. Seulement, la concurrence est g&#233;n&#233;ralement plus favorable au March&#233;. Et il en irait de m&#234;me si nous examinions des activit&#233;s de production de biens mat&#233;riels (&lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/S.E.L' class='spip_glossaire'&gt;S.E.L&lt;/a&gt; par exemple [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur cet aspect, voir Mance (2003).' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]). En conclusion, les th&#232;ses ne permettent pas d'expliquer pourquoi le R&#233;seau Coop&#233;ratif dans le monde informatique est &#224; ce point d&#233;velopp&#233; et productif, et pourquoi il est p&#233;renne. Nous allons voir qu'il y a en fait deux raisons principales. Elles ont trait &#224; la nature du syst&#232;me d'activit&#233;s et aux relations entre les diff&#233;rents Cadres Organisationnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Premi&#232;re raison&lt;/i&gt;, les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs rencontrent diverses pressions qui sont li&#233;es &#224; la confrontation avec les Cadres Organisationnels concurrents (Grassineau, 2005).&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Des pressions internes&lt;/i&gt;. Ils peuvent se marchandiser et s'institutionnaliser. Les acteurs sont en effet constamment soumis &#224; la tentation de privatiser leurs ressources. De plus, ils peuvent fermer l'entr&#233;e dans le R&#233;seau Coop&#233;ratif et imposer des r&#232;gles de plus en plus contraignantes pour r&#233;aliser l'activit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Des pressions externes&lt;/i&gt;. Ils peuvent subir divers assauts strat&#233;giques du March&#233; et des Appareils (juridiques, captation des ressources, mise en place d'un monopole, etc.). Dans ce cas, les ressources qu'ils utilisent sont privatis&#233;es ou contr&#244;l&#233;es par une autorit&#233;. Ou bien, le March&#233; int&#232;gre les acteurs du R&#233;seau Coop&#233;ratif en son sein. Notons qu'il en fait de m&#234;me avec les acteurs qui pratiquent l'auto-production.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&#192; ce stade, une explication unidimensionnelle et m&#233;caniste pourrait laisser croire que des facteurs fixes, tels les couts de transaction, d&#233;limitent clairement les fronti&#232;res de chaque Cadre Organisationnel. C'est par exemple l'explication avanc&#233;e par Williamson [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour un aper&#231;u synth&#233;tique de cette question, voir Lefebvre (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]. Mais cette explication omet que le processus est dynamique, qu'il est syst&#233;mique : l'accroissement d'un Cadre Organisationnel provoque des r&#233;actions dans les autres Cadres Organisationnels. Les acteurs int&#233;gr&#233;s dans un Cadre Organisationnel vont effet r&#233;agir &#224; la croissance des Cadres Organisationnels concurrents. Certaines raisons sont &#233;videntes : cela &#233;rode leurs b&#233;n&#233;fices, cela constitue potentiellement des barri&#232;res &#224; leurs activit&#233;s (il n'ont plus acc&#232;s aux ressources), etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L'autre raison&lt;/i&gt; est que les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs sont constamment soumis au probl&#232;me du financement. En effet, un R&#233;seau Coop&#233;ratif ne peut perdurer que si les couts n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation de l'activit&#233; sont assum&#233;s par les acteurs, collectivement ou individuellement (achat du mat&#233;riel, ressources-temps). Or, il existe diff&#233;rentes formes de financement des R&#233;seaux Coop&#233;ratifs dans l'activit&#233; informatique qui sont relativement originaux.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; La plupart des acteurs peuvent assumer eux-m&#234;mes les couts d'achat et d'entretien des outils de production, de diffusion et d'utilisation, n&#233;cessaires pour r&#233;aliser l'activit&#233;. Certes, il faudrait tenir compte de la fracture num&#233;rique, mais cela ne change pas le fond du probl&#232;me. Ce qui importe, c'est qu'il existe une quantit&#233; importante d'acteurs qui disposent des ressources (temps et argent) pour d&#233;velopper ou contribuer. Il s'agit l&#224; d'un premier transfert de ressources - souvent des autres activit&#233;s vers l'activit&#233; informatique - dont l'origine est assez variable.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La popularit&#233; du Logiciel Libre fait que les acteurs qui accomplissent des activit&#233;s informatiques ou d'autres activit&#233;s sont facilement dispos&#233;s &#224; offrir leur ressources pour permettre le d&#233;veloppement des Logiciels Libres. Il y a donc un autre transfert de ressources, dont la source provient des ressources collect&#233;es au sein de l'activit&#233; informatique, ou dans d'autres activit&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;On peut alors d&#233;sormais pr&#233;ciser quel a &#233;t&#233; le principal d&#233;terminant dans le d&#233;veloppement du R&#233;seau Coop&#233;ratif au sein de l'activit&#233; informatique.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Proposition 1&lt;/i&gt;. Le maintien du R&#233;seau Coop&#233;ratif dans l'activit&#233; informatique a &#233;t&#233; rendu possible par le transfert des ressources au sein de l'activit&#233;, du March&#233; et des Appareils vers le R&#233;seau Coop&#233;ratif.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Transferts de technologies, avec la pratiques des clones [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Le clone d'un logiciel est un logiciel dont les fonctionnalit&#233;s sont (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;] et avec le transfert des comp&#233;tences du secteur marchand et universitaire (Appareil) vers le R&#233;seau Coop&#233;ratif.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Transferts de main d'oeuvre et de ressources financi&#232;res, de la part des entreprises qui ont investi massivement dans le Logiciel Libre pour contrer la domination de &lt;i&gt;Microsoft&lt;/i&gt; (G&#246;rling, 2004).&lt;/blockquote&gt;
&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;C'est ici, et seulement ici, qu'on a pu observer un ph&#233;nom&#232;ne in&#233;dit. C'est la principale originalit&#233; du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres. Et nous pouvons rejeter &#224; l'arri&#232;re-plan les explications technologiques qui d&#233;battent sans fin sur les particularit&#233;s des biens immat&#233;riels (faible cout de diffusion, valeur qui cro&#238;t avec la diffusion, bien public, bien non-rival, etc.). Les facteurs technologiques ont effectivement jou&#233; un r&#244;le initialement. Ils ont facilit&#233; l'&#233;mergence du R&#233;seau Coop&#233;ratif. Mais ils ne permettent pas d'expliquer pourquoi le R&#233;seau Coop&#233;ratif ne s'est pas institutionnalis&#233; ou n'a pas &#233;t&#233; accapar&#233; par le March&#233; comme dans les autres activit&#233;s ayant des conditions socio-techniques similaires. En effet, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, m&#234;me dans ces activit&#233;s, les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs croulent sous le poids des pressions externes et internes qui les fragilisent par rapport au March&#233;. Et leur principale probl&#232;me r&#233;side dans la recherche du financement, qui est essentiel &#224; leur d&#233;veloppement et leur maintien. Si un tel d&#233;veloppement est possible&#8230; Car il peut exister un &#171; lobbying &#187; de la part des acteurs du March&#233; pour produire une r&#233;gulation politique qui emp&#234;che l'existence m&#234;me du R&#233;seau Coop&#233;ratif (brevets logiciels, r&#232;glements limitant l'&#233;change hors-march&#233;, etc.). Les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs sont alors &#171; frein&#233;s &#187; ou &#171; r&#233;cup&#233;r&#233;s &#187; par les March&#233;s ou les Appareils qui accaparent l'essentiel des ressources.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, dans l'activit&#233; informatique immat&#233;rielle, une conjoncture particuli&#232;re a enclench&#233; le processus inverse : il y a eu un transfert des ressources du March&#233; et des Appareils (notamment de l'Appareil universitaire) vers le R&#233;seau Coop&#233;ratif. Transfert qui a pu se produire, par exemple, quand les &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/SSLL' class='spip_glossaire'&gt;SSLL&lt;/a&gt; [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Soci&#233;t&#233;s de Services en Logiciels Libres' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;] ou les &#233;diteurs informatiques ont r&#233;tribu&#233; des d&#233;veloppeurs pour certains projets (G&#246;rling, 2004). Ou encore, quand les informaticiens embauch&#233;s dans des entreprises ont acquis des outils ouverts parce qu'ils &#233;taient plus performants et plus modulables, facilitant ainsi l'expansion du R&#233;seau Coop&#233;ratif. Transfert &#233;galement quand des grandes multinationales de l'informatique ont lib&#233;r&#233; certains de leurs produits pour contrer le monopole de Microsoft (G&#246;rling, 2004). Transfert aussi li&#233; au d&#233;veloppement de la &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/bulle_Internet' class='spip_glossaire'&gt;bulle Internet&lt;/a&gt; d&#232;s la fin des ann&#233;es 1990, qui a conduit &#224; la naissance de nombreuses start-up dans le Logiciel Libre (dans ce cas, le financement est fourni par les &#233;pargnants, et non par les consommateurs, c'est en quelque sorte une &#171; subvention &#187;). Transfert &#233;galement avec les donations, qui sont aujourd'hui une ressource importante dans les projets libres. Ph&#233;nom&#232;ne in&#233;dit. &lt;i&gt;Le R&#233;seau Coop&#233;ratif a donc &#233;t&#233; largement irrigu&#233; par le March&#233;. Les fonds et ressources, au lieu de migrer vers le March&#233;, ont migr&#233; vers le R&#233;seau Coop&#233;ratif.&lt;/i&gt; Et c'est ce qui explique le maintien et l'expansion &#171; peu commune &#187; du R&#233;seau Coop&#233;ratif dans le milieu informatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est donc inutile de rechercher des explications pour une hypoth&#233;tique &#171; nouvelle forme d'organisation &#187; li&#233;e &#224; des facteurs technologiques ou &#233;conomiques exceptionnels [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir pour une telle explication Gensollen (2004a, 2004b).' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;]. C'est inutile pour la simple raison que les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs existent dans d'autres secteurs d'activit&#233;s, et notamment dans des activit&#233;s de production de biens mat&#233;riels (Mance, 2003). Simplement, ils sont le plus souvent moins visibles, moins d&#233;velopp&#233;s et moins performants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Venons-en &#224; la deuxi&#232;me raison. Le R&#233;seau Coop&#233;ratif dans l'activit&#233; informatique a &#233;t&#233; le Cadre Organisationnel dominant au d&#233;but du d&#233;veloppement de l'activit&#233; informatique. Or, dans les ann&#233;es 1970 et 1980, la tendance s'inverse, et beaucoup d'acteurs du R&#233;seau Coop&#233;ratif rejoignent la sph&#232;re marchande. Les acteurs qui avaient particip&#233; au R&#233;seau Coop&#233;ratif &#224; ses d&#233;buts sont donc confront&#233;s au probl&#232;me de la p&#233;rennisation de leurs pratiques. C'est durant cette p&#233;riode qu'un contre-pouvoir &lt;i&gt;r&#233;actionnaire&lt;/i&gt; se d&#233;veloppe. Mais la particularit&#233; de ce contre-pouvoir, &lt;i&gt;c'est de ne pas &#234;tre marginal&lt;/i&gt;. Au contraire, comme le montre Mounier (2002), ceux qui le promeuvent sont souvent positionn&#233;s aux poste-cl&#233;s de l'activit&#233;, et impr&#233;gn&#233;s d'une id&#233;ologie professionnelle (l'&#233;thique hacker). C'est pour cette raison que les hackers ont r&#233;agi &lt;i&gt;de mani&#232;re conservatrice&lt;/i&gt; face au processus de marchandisation de l'activit&#233; informatique immat&#233;rielle qui a d&#233;marr&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1970. L&#224; encore, il s'agit d'une situation in&#233;dite. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les acteurs des R&#233;seaux Coop&#233;ratifs qui pratiquent une activit&#233; sont rapidement d&#233;class&#233;s. Mais pour diverses raisons, ce ne fut pas le cas dans l'activit&#233; informatique. Notamment parce que l'activit&#233; informatique &#233;tait alors per&#231;ue comme prestigieuse. D'o&#249; notre deuxi&#232;me proposition.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Proposition 2&lt;/i&gt;. Les acteurs du R&#233;seau Coop&#233;ratif disposaient d'une &#171; longueur d'avance &#187; sur les acteurs marchands. Ils ont donc pu infl&#233;chir, au moins en partie, l'orientation de l'activit&#233;. Et ils ont alors mis en place une strat&#233;gie fond&#233;e sur trois orientations principales.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; L'&#171; occupation &#187; des outils technologiques assurant la r&#233;alisation de l'activit&#233; informatique. En laissant la gestion du contenu et des services au March&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La mise en place d'un cadre juridique contraignant, assurant la protection du R&#233;seau Coop&#233;ratif, voire son expansion, et la libre circulation, production, consommation des informations, emp&#234;chant ainsi son appropriation par le March&#233;. C'est le r&#244;le principal des licences Open Source. L'information circule librement dans le R&#233;seau Coop&#233;ratif. Elle ne peut &#234;tre accapar&#233;e. Elle vient m&#234;me irriguer, &#224; l'occasion, le March&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'autonomisation du R&#233;seau Coop&#233;ratif. Les activit&#233;s du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres ne sont pas (trop) &#171; d&#233;pendantes &#187; d'autres activit&#233;s, ni (trop) &#171; responsables &#187; envers d'autres activit&#233;s. C'est encore une fois le r&#244;le des licences libres. Cette absence de d&#233;pendance permet d'&#233;viter que les acteurs du R&#233;seau Coop&#233;ratif deviennent d&#233;pendants des consommateurs, ou responsables envers eux par n&#233;cessit&#233;. Cela emp&#234;che la mise en place d'une relation marchande entre consommateurs et producteurs.&lt;/blockquote&gt;
&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Ce cadre juridique et id&#233;ologique a produit un cordon protecteur autour du R&#233;seau Coop&#233;ratif, et par la suite, les organisations marchandes ont pu investir dans celui-ci et transf&#233;rer massivement des ressources vers ce R&#233;seau Coop&#233;ratif, sans pouvoir toutefois se l'accaparer ou le r&#233;cup&#233;rer. Ce qui aurait en principe &#233;t&#233; le cas dans une autre activit&#233;. Dans le cas contraire, on aurait &#233;volu&#233; vers un r&#233;seau priv&#233; (comme le Minitel) et le monopole de Microsoft aurait perdur&#233;. Il y a dont eu une volont&#233; forte des acteurs du R&#233;seau Coop&#233;ratif de prot&#233;ger leur r&#233;seau de l'expansion du March&#233;. Volont&#233; qui pour une fois, a connu une &#233;volution favorable alors qu'habituellement, les R&#233;seaux Coop&#233;ratifs sont &#233;touff&#233;s par les March&#233;s et les Appareils. Les raisons en sont historiques et conjoncturelles. Les firmes ont investi massivement dans le R&#233;seau Coop&#233;ratif, le vide juridique d'Internet a ralenti la mise en place d'une r&#233;gulation d&#233;favorable au R&#233;seau Coop&#233;ratif, l'absence de responsabilit&#233; des producteurs envers les consommateurs a emp&#234;ch&#233; le d&#233;veloppement de liens marchands et l'information a pu circuler librement, permettant une libre diffusion des innovations. Par ailleurs, les faibles couts d'entr&#233;e, et l'innovation technologique constante dans l'activit&#233; informatique, ont emp&#234;ch&#233; une r&#233;elle institutionnalisation du R&#233;seau Coop&#233;ratif : des contre-pouvoirs, des projets concurrents, des technologies alternatives se sont mis en place d&#232;s que le processus d'institutionnalisation &#233;tait trop avanc&#233;. Le maintien du R&#233;seau Coop&#233;ratif a donc &#233;t&#233; rendu possible, du fait de l'incapacit&#233; du March&#233; et des Appareils, &#224; r&#233;ussir pleinement l'appropriation des ressources de l'activit&#233; et le contr&#244;le de l'acc&#232;s &#224; la production.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres nous montre que la r&#233;partition des Cadres Organisationnels au sein d'une activit&#233; n'est pas d&#233;termin&#233;e par des facteurs technologiques et &#233;conomiques. Les facteurs d&#233;terminants sont &#171; id&#233;ologiques &#187;, &#171; culturels &#187; et historiques. Ce sont eux qui infl&#233;chissent la nature du cadre juridique, des droits de propri&#233;t&#233;, des enjeux &#171; politiques &#187; - au sens de politique de l'activit&#233; -, des r&#232;gles qui restreindront ou rendront possible l'appropriation des biens par les acteurs. Par l&#224;, nous rejoignons finalement Illich, pour qui la technologie et l'&#233;conomie n'ont de sens que si elles restent sous le contr&#244;le des citoyens. Ce ne sont pas d'obscures forces qui d&#233;terminent la forme de l'organisation sociale et enferment les soci&#233;t&#233;s dans des lois historiques et &#233;conomiques, qui sont atemporelles et in&#233;luctables. Ce sont des outils dont l'utilit&#233;, la forme et l'utilisation d&#233;pendent de choix collectifs et d&#233;mocratiques. Et c'est par la prise de parole d&#233;mocratique que ces outils ne deviennent pas ali&#233;nants et qu'ils ne sont pas accapar&#233;s par le Marche ou les Appareils, mais demeurent au contraire conviviaux, humains, localement utiles, adapt&#233;s et ouverts &#224; tous. Et n'est-ce pas l&#224; finalement le propre de l'information, ou m&#234;me, n'est-ce pas l&#224; le propre de toute activit&#233; ? N'est-ce pas pour cela, finalement, que pour nombre de hackers, la programmation est un art ? Ind&#233;niablement, l'&#233;tude du R&#233;seau Coop&#233;ratif des Logiciels Libres plaide pour le repositionnement des activit&#233;s sociales dans leurs dimensions esth&#233;tiques et ludiques, et non plus seulement utilitaristes et rationnelles. Tarde (1902) en mettant l'esth&#233;tique, les croyances, les loisirs et la &#171; valeur-beaut&#233; &#187; au centre de l'&#233;conomie, l'avait compris d&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle. De toute &#233;vidence, son analyse demeure donc encore pr&#233;cieuse pour mieux comprendre les transformations majeures qui affectent aujourd'hui l'&#233;conomie des biens immat&#233;riels [&lt;a href='#nb2-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous renvoyons ici aux travaux de la revue Multitudes qui constituent &#224; (...)' id='nh2-12'&gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Berners-Lee Tim, 1999, &lt;i&gt;Weaving the Web : The Original Design and Ultimate Destiny of the World Wide Web by Its Inventor&lt;/i&gt;, New York, HarperCollins.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bonvin Fran&#231;ois et Faguer Jean-Pierre, Septembre 2000, &#171; Une g&#233;n&#233;ration d'autodidactes &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, n&#176;134, p. 76-81.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Boyer Antoine, 2003, &lt;i&gt;Etude du cyber-Mouvement du logiciel libre&lt;/i&gt;, M&#233;moire de science politique r&#233;alis&#233; sous la direction de Paul Alli&#232;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Breton Philippe, 2000, &lt;i&gt;Le culte de l'Internet : une menace pour le lien social ?&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions La D&#233;couverte &amp; Syros.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Chance Tom, 3 Ao&#251;t 2005, &lt;i&gt;The Hacker Ethic and Meaningful Work&lt;/i&gt;, MA Philosophy candidate, University of Reading. [En ligne] : &lt;a href='http://opensource.mit.edu/' class='spip_out'&gt;http://opensource.mit.edu/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D'Iribarne Philippe, 1989, &lt;i&gt;La logique de l'honneur, gestion des entreprises et traditions nationales&lt;/i&gt;, Paris, Seuil.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Feyerabend Paul, 1988, &lt;i&gt;Contre la m&#233;thode. Esquisse d'une th&#233;orie anarchiste de la connaissance&lt;/i&gt;, Paris, Seuil.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Flannery Sarah et Flannery David, 2000, &lt;i&gt;In Code : A Mathematical Journey&lt;/i&gt;, London, Profile Books.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Flichy Patrice, 2001, &lt;i&gt;L'imaginaire d'Internet&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de la d&#233;couverte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gensollen Michel, 2004a, &#171; Biens informationnels et communaut&#233;s m&#233;diat&#233;es &#187;, &lt;i&gt;Revue d'&#233;conomie politique&lt;/i&gt;, Num&#233;ro March&#233; en lignes et communaut&#233;s d'agent, n&#176;113, p. 9-40.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gensollen Michel, 2004b, &#171; &#201;conomie non-rivale et communaut&#233;s d'information &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt;, n&#176;124, p. 144-206.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ghosh Rishab Aiyer, mars 1998, &#171; Les march&#233;s &#171; marmite &#187; : un mod&#232;le &#233;conomique pour le commerce de biens et de services gratuits sur l'Internet &#187;, &lt;i&gt;First Monday&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; G&#246;rling Stefan, Juin 2003, &lt;i&gt;A critical approach to Open Source software&lt;/i&gt;, Master of Science. [En ligne] : &lt;a href='http://opensource.mit.edu/' class='spip_out'&gt;http://opensource.mit.edu/&lt;/a&gt;. Consult&#233; le 19 Octobre 2006.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Grassineau Benjamin, Septembre 2005, &#171; Dynamiques et cadres organisationnels dans les activit&#233;s sociales &#187;, Document du Cerso 04/05, Univ. Paris-Dauphine, &lt;i&gt;Rapport du sixi&#232;me congr&#232;s Europ&#233;en de Sciences des Syst&#232;mes&lt;/i&gt;, Paris, France.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Himanen Pekka, 2001, &lt;i&gt;L'&#201;thique hacker et l'esprit de l'&#232;re de l'information&lt;/i&gt;, Paris, Exils.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Illich Ivan, 1980, &lt;i&gt;Une soci&#233;t&#233; sans &#233;cole&lt;/i&gt;, Paris, Seuil.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Imhorst Christian, 12 Mars 2005, &lt;i&gt;Anarchy and Source Code - What does the Free Software Movement have to do with Anarchism ?&lt;/i&gt;, [En ligne] : &lt;a href='http://www.imhorst.net/pdfs/Anarchy_and_source_code.pdf' class='spip_out'&gt;http://www.imhorst.net/pdfs/Anarchy&#8230;&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Latour Bruno, 2001, &lt;i&gt;Le m&#233;tier de chercheur : regard d'un anthropologue&lt;/i&gt;, Paris, INRA &#233;ditions.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Latrive Florent, Octobre 2004, &lt;i&gt;Du bon usage de la piraterie. Culture libre, sciences ouvertes&lt;/i&gt;, Exils. [En ligne] : &lt;a href='http://www.freescape.eu.org/' class='spip_out'&gt;http://www.freescape.eu.org&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Leadbeater Charles et Miller Paul, 2004, &lt;i&gt;The Pro-Am Revolution. How enthusiasts are changing our economy and society&lt;/i&gt;, Demos.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lecocq Xavier et Demil Benoit, Juillet 2002, &lt;i&gt;Open standard : role of externalities and impact on the industry structure&lt;/i&gt;. [En ligne] : &lt;a href='http://opensource.mit.edu/' class='spip_out'&gt;http://opensource.mit.edu/&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lefebvre Philippe, 2003, &lt;i&gt;L'invention de la grande entreprise&lt;/i&gt;. Travail, hi&#233;rarchie, march&#233;. France, fin XVIIIe - d&#233;but XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Paris, Puf.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le Goff Jacques, 1997, &lt;i&gt;Pour un autre moyen &#226;ge&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lerner Josh et Tirole Jean, 2002, &#171; Some simple economics of Open Source &#187;, &lt;i&gt;Journal of Industrial Economics&lt;/i&gt;, n&#176;50, p. 197-234.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Levy Steven, 1984, &lt;i&gt;Hackers : Heroes of the Computer Revolution&lt;/i&gt;, New-York, Delta.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L&#233;vy Pierre, 2002, &lt;i&gt;Cyberd&#233;mocratie&lt;/i&gt;, Paris, Odile Jacob.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Liu Michel, 1981, &#171; Technologie, organisation du travail et comportement des salari&#233;s &#187;, &lt;i&gt;Revue Fran&#231;aise de Sociologie&lt;/i&gt;, n&#176;22, p. 205-221.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Luthiger Benno, 11-15 Juillet 2005, &#171; Fun and Software Development &#187;, &lt;i&gt;Proceedings of the First International Conference on Open Source Systems&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve. [En ligne] : &lt;a href='http://opensource.mit.edu/' class='spip_out'&gt;http://opensource.mit.edu/&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mance Euclides Andr&#233;, 2003, &lt;i&gt;La r&#233;volution des r&#233;seaux&lt;/i&gt;, Paris, Descartes et Cie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Moglen Eben, 1999, &lt;i&gt;L'anarchisme triomphant : Le logiciel libre et la mort du copyright&lt;/i&gt;. [En ligne] : &lt;a href='http://moglen.law.columbia.edu/' class='spip_out'&gt;http://moglen.law.columbia.edu/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mounier Pierre, 2002, &lt;i&gt;Les Ma&#238;tres du r&#233;seau. Les enjeux politiques d'Internet&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions La D&#233;couverte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Raymond Eric, 1999, &#171; Une br&#232;ve histoire des hackers &#187;, in DiBona, Ockman, et Stone, &lt;i&gt;Tribune Libre, T&#233;nors de l'informatique libre&lt;/i&gt;, Paris, O'reilly.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Stallman Richard, 10 Novembre 1998, &lt;i&gt;Conf&#233;rence de Richard Stallman donn&#233;e &#224; Paris VIII&lt;/i&gt;. [En ligne] : &lt;a href='http://www.april.org/actions/rms/19981110/texte.html' class='spip_out'&gt;http://www.april.org/actions/rms/19&#8230;&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tarde Gabriel, 1902, &lt;i&gt;Psychologie &#233;conomique&lt;/i&gt;, Paris, Alcan.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Torvalds Linus et Diamond David, 2001, &lt;i&gt;Linus Torvalds : Il &#233;tait une fois Linux&lt;/i&gt;, Paris, OEM.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Wiener Norbert, 1952, &lt;i&gt;Cybern&#233;tique et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Deux-Rives.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Quatre Cadres Organisationnels sont d&#233;finis : le March&#233; (liens marchands, blocage de l'acc&#232;s aux ressources), l'Appareil (liens hi&#233;rarchiques et coercitifs, &#201;cole, &#201;tat, police, Bureaucraties), le R&#233;seau Coop&#233;ratif (liens horizontaux et coop&#233;ratifs) et l'unit&#233; d'auto-production (Grassineau, 2005). Au sein d'une activit&#233;, les diff&#233;rents cadres peuvent coexister. Nous d&#233;finissons un Appareil, dans la continuit&#233; de l'analyse institutionnelle d'Illich (1980), comme une institution hi&#233;rarchique, coercitive et manipulatrice, qui r&#232;gne sur une activit&#233;. L'&#233;cole, l'universit&#233;, la police, la justice sont des exemples d'Appareils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Voir Luthiger (2005).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] On distingue ici cinq types de pouvoir : &lt;i&gt;pouvoir d'influence&lt;/i&gt; (pouvoir d'influencer autrui par la parole, par l'exemple, etc.), &lt;i&gt;pouvoir d'obligation&lt;/i&gt; (pouvoir de contraindre autrui &#224; r&#233;aliser une action), &lt;i&gt;pouvoir d'exclusion&lt;/i&gt; (pouvoir d'emp&#234;cher autrui de r&#233;aliser une action : par exemple, lui interdire d'acc&#233;der &#224; une ressource), &lt;i&gt;pouvoir de facilitation&lt;/i&gt; (pouvoir de rendre possible ou plus facile une action pour autrui), &lt;i&gt;pouvoir d'&#233;valuation&lt;/i&gt; (pouvoir de produire une &#233;valuation d'autrui, de son environnement, de ses actes). Une situation &#233;galitaire, donc d&#233;mocratique, est une situation o&#249; ces pouvoirs sont &#233;quitablement r&#233;partis entre les membres d'une communaut&#233;. Au contraire, il y a hi&#233;rarchie quand il existe un d&#233;s&#233;quilibre des pouvoirs entre les membres de la communaut&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Attention toutefois &#224; ne pas assimiler la tradition anarchiste europ&#233;enne avec la tradition am&#233;ricaine. Cette derni&#232;re penchant d'avantage vers l'anarchisme individualiste que l'anarchisme socialiste (voir Imhorst, 2005).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Voir : &lt;a href='http://en.wikiversity.org/wiki/Wikiversity:Learning' class='spip_out'&gt;http://en.wikiversity.org/wiki/Wiki&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-6' id='nb2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Le d&#233;tachement des hackers envers les besoins mat&#233;riels a plusieurs sources &#233;videntes. Les premiers hackers &#233;taient souvent des universitaires, ou encore des amateurs en informatique qui programmaient pour leur plaisir. Puis dans les ann&#233;es 1980-2000, les hackers &#233;taient souvent des jeunes ou des &#233;tudiants entretenus par leurs parents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-7' id='nb2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Sur cet aspect, voir Mance (2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-8' id='nb2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Pour un aper&#231;u synth&#233;tique de cette question, voir Lefebvre (2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-9' id='nb2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Le clone d'un logiciel est un logiciel dont les fonctionnalit&#233;s sont copi&#233;es d'un autre, sans n&#233;cessairement que le code-source soit copi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-10' id='nb2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Soci&#233;t&#233;s de Services en Logiciels Libres&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-11' id='nb2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Voir pour une telle explication Gensollen (2004&lt;i&gt;a&lt;/i&gt;, 2004&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-12' id='nb2-12' class='spip_note' title='Notes 2-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Nous renvoyons ici aux travaux de la revue &lt;i&gt;&lt;a href='http://multitudes.samizdat.net/' class='spip_out'&gt;Multitudes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; qui constituent &#224; l'heure actuelle la meilleure ouverture th&#233;orique sur le Logiciel Libre et ses enjeux politiques dans une perspective tardienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La f&#234;te, le feu, et les pyromanes</title>
		<link>http://www.cedrea.net/La-fete-le-feu-et-les-pyromanes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri VIEILLE-GROSJEAN</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-">Recherches et r&#233;sultats acquis</category>

		<dc:subject>Identit&#233; spacialis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Jeunes de cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Cit&#233;</dc:subject>

		<description>&#171; Si tout ce qui change lentement s'explique par la vie, tout ce qui change vite s'explique par le feu. &#187; [1] La recherche en &#233;ducation est interpell&#233;e depuis quelques ann&#233;es par un ph&#233;nom&#232;ne adjacent mais grossissant, et qui rassemble autour de lui les questions et les angoisses des professionnels de l'&#233;cole [Charlot B. ; Emin J.Cl. 1997]. Les cours de r&#233;cr&#233;ation, les couloirs et les classes sont en effet des lieux occup&#233;s par d'autres rapports que ceux (...)

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-" rel="directory"&gt;Recherches et r&#233;sultats acquis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Identite-spacialisee-+" rel="tag"&gt;Identit&#233; spacialis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Jeunes-de-cite-+" rel="tag"&gt;Jeunes de cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Crise-+" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Cite-+" rel="tag"&gt;Cit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si tout ce qui change lentement s'explique par la vie, tout ce qui change vite s'explique par le feu.&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Gaston BACHELARD, La psychanalyse du feu, p.19' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;La recherche en &#233;ducation est interpell&#233;e depuis quelques ann&#233;es par un ph&#233;nom&#232;ne adjacent mais grossissant, et qui rassemble autour de lui les questions et les angoisses des professionnels de l'&#233;cole [Charlot B. ; Emin J.Cl. 1997]. Les cours de r&#233;cr&#233;ation, les couloirs et les classes sont en effet des lieux occup&#233;s par d'autres rapports que ceux traditionnellement admis comme r&#233;parateurs ou &#233;ducatifs, et les s&#233;r&#233;nit&#233;s sont mises &#224; mal par une violence verbale et gestuelle qui &#233;tonne et blesse d'autant plus qu'elle appara&#238;t comme impr&#233;visible, incontr&#244;lable et r&#233;p&#233;titive. [BACHMANN et LEGUENNEC, 1996].&lt;br /&gt;
Cette violence scolaire fait l'objet de nombreuses mesures tendant &#224; renforcer les aspects r&#233;glementaires et &#224; garantir la s&#233;curit&#233; des personnes, elle permet &#233;galement de d&#233;signer les autorit&#233;s, d&#233;faillantes, et les individus, non d&#233;sirables [DEFRANCE, 1999] Elle autorise enfin la tenue de rassemblements porteurs de r&#233;flexions et d'initiatives orient&#233;es vers la cr&#233;ation d'espaces de dialogue et de pr&#233;vention [&lt;a href='#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='comme des colloques sur les relations parents - &#233;cole par ex., Charleville (...)' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;cole se prot&#232;ge, et le territoire qu'elle occupe n'est pourtant pas pour l'instant envahi par les instincts non retenus et d&#233;vastateurs de la barbarie. Cependant, si les espaces scolaires sont encore rep&#233;r&#233;s comme ceux bien ordonn&#233;s de l'instruction et des apprentissages, ses publics et les quartiers dans lesquelles certains groupes scolaires sont implant&#233;s, ne profitent pas des m&#234;mes avantages. Ils sont aujourd'hui aux prises avec des expressions peu orthodoxes et destructrices qui doivent mobiliser les attentions des &#233;ducateurs et de ceux dont le m&#233;tier et la mission est de garantir &#224; tous un juste et structurant acc&#232;s aux connaissances et &#224; la maturit&#233; sociale [DUBET et LAPEYRONNIE, 1992 ]. Il est donc du ressort du chercheur de s'int&#233;resser &#224; des ph&#233;nom&#232;nes qui, s'ils ne concernent pas directement l'int&#233;rieur des grilles ont des incidences fortes sur les relations, et les enseignements. Qui plus est, l'&#233;cole &#233;tant intimement li&#233;e, par ses acteurs, ses partenaires et ses contextes, &#224; la vie du dehors, l'importance grandissante que prennent certaines formes de refus des chemins de la socialisation devrait mobiliser les analyses et les &#233;nergies. .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous arr&#234;terons donc sur un aspect de cette violence, qui s'exerce dans certains quartiers &#224; l'encontre du mat&#233;riel automobile, pour montrer en quoi ce type de pratiques peut nous interroger, dans son rapport m&#234;me avec l'&#233;ducation. En effet, la d&#233;mesure exprim&#233;e par les deux formes de violence, insultes ou attaque physique du ma&#238;tre &#224; l'&#233;cole, et incendies de voitures, est probablement un appel &#224; repenser les contrats sociaux et leurs enjeux, en compl&#233;mentarit&#233; &#233;ducative et dans nos p&#233;dagogies [LEPOUTRE D.1997].&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Contextualisation : O tempora, o mores (autres temps, autres m&#339;urs)&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les diff&#233;rentes et r&#233;currentes questions pos&#233;es par les mouvements incontr&#244;lables de jeunes habitants dans certains quartiers suburbains trouvent un mode d'expression dramatique et angoiss&#233; lorsqu'elles interrogent les pratiques incendiaires qui s'attaquent aux v&#233;hicules depuis quelques ann&#233;es.&lt;br /&gt;
Ces comportements destructeurs semblent en effet d&#233;sob&#233;ir &#224; toute logique et &#224; toutes les traditions li&#233;es &#224; l'expression d'une jeunesse se lib&#233;rant de son enfance pour acc&#233;der &#224; l'&#226;ge adulte. Il ne s'agit plus seulement par exemple de rod&#233;os mettant en pr&#233;sence des conducteurs inattendus qui s'emparent de voitures emprunt&#233;es pour d&#233;fier les r&#232;gles de la bonne conduite, prouver l'inutilit&#233; d&#8216;un permis co&#251;teux et rivaliser de performances t&#233;m&#233;raires et dangereuses. Nous sommes loin &#233;galement des d&#233;fis &#224; la vitesse o&#249; se m&#234;lent bravades &#171; inconscientes &#187; et pugilats m&#233;canis&#233;s. Ces actes, les analyses des experts et les m&#233;dias les ont souvent interpr&#233;t&#233;s comme les suicides inavou&#233;s d'une g&#233;n&#233;ration en mal d'espoir et en recherche d'une impossible conqu&#234;te de la renomm&#233;e ou de l'immortalit&#233; [&lt;a href='#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='cf. La fureur de vivre et l'influence sur la g&#233;n&#233;ration des ann&#233;es (...)' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est plus seulement question d'autre part de gu&#233;rillas urbaines attaquant par les pierres les v&#233;hicules des repr&#233;sentants d'un ordre et d'une police de proximit&#233; interpell&#233;e dans sa mission et son statut de d&#233;fense de privil&#232;ges inaccessibles et consid&#233;r&#233;s comme indus. Il ne s'agit plus, enfin, de bris de vitre et de vol de voitures, prises dans des parcs et des rues habit&#233;es par une population mieux dot&#233;e et mieux prot&#233;g&#233;es. Le stade de la provocation est d&#233;pass&#233;, qui rappelait conjoncturellement &#224; ceux qui avaient le plus, que rien ne leur &#233;tait donn&#233; absolument et acquis d&#233;finitivement [JAZOULI, 1995]&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;R&#233;ponses et t&#226;tonnements&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le feu provoqu&#233; par ces incendies est-il, comme le dit G. BACHELARD, l'explication d'un autre changement, rapide celui-ci, et dont la vitesse n'a pas permis aux radars des acteurs, et des observateurs de l'identifier et de le ma&#238;triser ? Il semblerait que ce soit le cas, puisque aucune des mesures prises jusqu'&#224; pr&#233;sent, elles furent nombreuses, et adress&#233;es &#224; diff&#233;rents sujets, n'a r&#233;ussi &#224; limiter ou &#224; endiguer ce qu'il faut bien appeler un ph&#233;nom&#232;ne non ma&#238;tris&#233;, puisque son apparition, sa visibilit&#233; aveuglante et sa fulgurance &#233;chappe encore aux cat&#233;gorisations et aux rem&#233;diations.&lt;br /&gt;
Les r&#233;ponses successives et parfois coordonn&#233;es participent pourtant d'une r&#233;elle recherche de solution, et ceci, qu'elles s'inscrivent en terme de pr&#233;vention ou de r&#233;pression. En effort de pr&#233;vention tout d'abord, par la prise en compte d'un probl&#232;me social demandant &#224; &#234;tre r&#233;solu pour le bien de ceux qui semblent indiquer en le posant, leur souffrance et leur d&#233;sesp&#233;rance [&lt;a href='#nb1-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Il s'agit en effet de d&#233;t&#233;riorations d'autant plus surprenantes (...)' id='nh1-4'&gt;4&lt;/a&gt;]. En mesure de r&#233;pression &#233;galement, par la mise en place d'un outil d'&#233;vitement et de lutte contre un nouvel axe de dangerosit&#233; sociale mettant en p&#233;ril une assise g&#233;opolitique et sa l&#233;gitimit&#233;. Pour ce faire, l'ensemble des &#171; partenaires sociaux &#187;, auxquels pour une fois, ce qualificatif convenait, sont mobilis&#233;s. &lt;br /&gt;
Il fut d'abord question, par exemple, une fois le premier &#233;moi d&#233;pass&#233;, et les premi&#232;res condamnations prononc&#233;es, d'agir au-del&#224; de la r&#233;assurance sociale et de proposer une f&#234;te &#224; ceux dont on pensait que leur principale raison d'illuminer le ciel urbain &#233;tait de r&#233;pondre aux explosions festives artificielles organis&#233;es dans d'autres secteurs et par d'autres allumeurs. Cette pr&#233;occupation voulait t&#233;moigner d'un souci bienveillant de r&#233;duire pour un soir la distance &#233;conomique, et d'int&#233;grer sur un mode festif pr&#233;par&#233; &#224; leur mesure, les populations tenues &#224; l'&#233;cart des expressions d&#233;pensi&#232;res et consum&#233;ristes de diff&#233;rentes formes de loisirs et d'int&#233;r&#234;ts. Un appel fut lanc&#233; &#224; ceux des travailleurs sociaux, coutumiers du fait [&lt;a href='#nb1-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Comme les Centres sociaux par exemple.' id='nh1-5'&gt;5&lt;/a&gt;], qui pouvaient animer en p&#233;riph&#233;rie des f&#234;tes reproduisant &#224; moindre co&#251;t les espaces et les expressions culturelles occup&#233;es par le Centre et g&#233;r&#233;es par ses habitants.&lt;br /&gt;
Ces mesures pr&#233;ventives sont g&#233;n&#233;ralement accompagn&#233;es, pr&#233;c&#233;d&#233;es ou suivies de mesures r&#233;pressives, depuis le renforcement des rondes et des contr&#244;les, jusqu'&#224; l'embauche d'autres et divers veilleurs et surveillants de la tranquillit&#233; publique, en passant par la mise en &#233;vidence, par un traitement judiciaire rapide en flagrant d&#233;lit, des quelques arrestations effectu&#233;es dans le p&#233;rim&#232;tre incrimin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;De la d&#233;monstration&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s les d&#233;cisions interventionnistes, prises souvent dans l'urgence et dans un contexte de crise, vinrent les analyses, dont le r&#244;le premier fut de donner aux diff&#233;rentes dispositions prises un semblant de justification et d'adossement th&#233;orique. Les expertises permirent l'apparition d'experts, dont la l&#233;gitimit&#233; fut d'autant plus vite reconnue qu'ils surent r&#233;pondre aux attentes et aux besoins press&#233;s des responsables et des mandats.&lt;br /&gt;
Pour les plus optimistes des analyseurs, ces flammes allum&#233;es correspondent au d&#233;sir de faire monter aux cieux des &#233;tincelles et des flamboiements comparables &#224; ceux d&#233;clench&#233;s sur les balcons des places en vue, par les feux d'artifice, en se servant de l'instrument le plus disponible, le plus inflammable et le plus volatil et des moyens les moins dispendieux, &#224; la port&#233;e de la premi&#232;re envie et de la plus simple technique.&lt;br /&gt;
Pour d'autres, ces actes renverraient &#224; une provocation orchestr&#233;e par un esprit malin ou un collectif en bande et &#224; l'aff&#251;t d'une reconnaissance sociale interne, pour assurer une domination de voisinage et provoquer un pouvoir mal accept&#233;, trop pr&#233;gnant ou trop distant. Autre hypoth&#232;se, celle qui interroge le cri silencieux ou inaudible de revendications ou d'appels contre la mal vie, qui se transforme en d&#233;monstrations visibles dont la force symbolique s'accorderait mal d'un simple traitement parcellaire, de la c&#233;cit&#233; ou de la partialit&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;&#8230;Au tournoi.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Autre interpr&#233;tation, celle consid&#233;rant que les diff&#233;rents feux seraient allum&#233;s pour voir, se voir et se faire voir, dans l'obscurit&#233; malfaisante et anonymisante d'espaces b&#233;tonn&#233;s et aveugles, en arguant que les faiseurs de torches sont eux-m&#234;mes les antonymes des &#233;teigneurs de r&#233;verb&#232;res de nos antiques et premi&#232;res urbanit&#233;s. Cette derni&#232;re analyse semble &#234;tre assez en accord avec le d&#233;roulement &#233;v&#232;nementiel et son inscription dans le temps. En effet, a ces premiers instants de la recherche d'une autre visibilit&#233; sociale par le feu, vont succ&#233;der d'autres moments et d'autres b&#251;chers, allum&#233;s de cit&#233;s en cit&#233;s, en d&#233;monstrations concurrentielles et successives, de force et d'intensit&#233;. Une comp&#233;tition qui fut elle aussi interpr&#233;t&#233;e : Aux r&#233;putations locales fond&#233;es sur l'excellence d'une &#233;quipe de sport ou d'un champion, r&#233;pondraient les r&#233;f&#233;rences fond&#233;es sur le nombre de v&#233;hicules incendi&#233;s, et lanc&#233;es comme un d&#233;fi &#224; tous ceux qui se montreraient int&#233;ress&#233;s.&lt;br /&gt;
On pourrait ajouter foi &#224; ces pistes de travail, si les interpr&#233;tations qu'elles proposent avaient une quelconque valeur heuristique, c'est &#224; dire si leurs conclusions permettaient une avanc&#233;e compr&#233;hensive du ph&#233;nom&#232;ne ou l'&#233;bauche d'un premier traitement ; Il n'en est rien, &lt;i&gt;les discours se suivent, les feux continuent&lt;/i&gt;, et les principaux int&#233;ress&#233;s ne sont interrog&#233;s que dans l'enceinte d'un tribunal ou l'arri&#232;re salle d'un commissariat.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Du miroir renvers&#233;&#8230;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Or il semble que jusqu'&#224; pr&#233;sent on ait eu quelque difficult&#233; &#224; mesurer la valeur identificatoire et incantatoire de ce type d'actes, et leurs effets, dont la port&#233;e d&#233;passe la simple atteinte aux biens, et dont la gratuit&#233; ne peut s'expliquer par le simple d&#233;sir de destruction. De nombreuses enqu&#234;tes ont montr&#233; comment et pourquoi les jeunes habitants des quartiers situ&#233;s dans les alentours de nos villes, s'identifiaient &#224; leur barre, leur immeuble ou leur coin de rue, et quelle incidences pouvait avoir ce processus d'identification dans ses diff&#233;rentes &#233;tapes, et vis &#224; vis des diff&#233;rents protagonistes de l'habitat &#171; social &#187; amen&#233;s &#224; se rencontrer sur les lieux publics ou semi-publics.&lt;br /&gt;
Il est donc paradoxal, &#224; premi&#232;re vue, qu'en face d'une dynamique d'identification qui montre tous les jours son importance et son efficacit&#233;, &#224; priori lorsqu'il s'agit de d&#233;fendre un territoire ou de le valoriser par rapport &#224; l'ext&#233;rieur, on assiste &#224; une destruction d'automobiles. Elles repr&#233;sentent en effet les parties les plus marquantes et les plus revendiqu&#233;es de l'ext&#233;riorisation et de l'expression sociale, puisqu'elle sont &#224; la fois le seul moyen de diff&#233;renciation et les outils les plus &#224; m&#234;me de permettre &#224; ceux qui les poss&#232;dent, d'acc&#233;der &#224; la mobilit&#233; et &#224; la sortie d'une enclave non d&#233;sir&#233;e. Qui plus est, la voiture &#233;tant &#233;galement le seul lieu permettant individuation et intimit&#233;, on comprend mal pourquoi certains arrivent &#224; br&#251;ler ce qu'ils ont ador&#233; [&lt;a href='#nb1-6' class='spip_note' rel='footnote' title='cf.Roland BARTHES, Mythologies' id='nh1-6'&gt;6&lt;/a&gt;], en portant leur choix sur des v&#233;hicules appartenant au groupe auquel par ailleurs ils revendiquent appartenir, sans que puisse &#234;tre incrimin&#233;e une folie passag&#232;re, ou l'ivresse subs&#233;quente &#224; des consommations diverses et irraisonn&#233;es.&lt;br /&gt;
Comme le dit C. P&#201;TONNET, &#171; &lt;i&gt;nous sommes tous dans le brouillard &#187;&lt;/i&gt;, et aucune r&#233;ponse convaincante n'est encore apport&#233;e, qu'elle s'origine d'expertises commandit&#233;es, ou des paroles explicatives de ceux l&#224; m&#234;mes qui ont particip&#233; &#224; ce rituel si controvers&#233; .&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;&#8230;A la politique de la terre br&#251;l&#233;e&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Cependant, nous pouvons peut-&#234;tre progresser dans une autre et possible compr&#233;hension en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;criture de G. BACHELARD sur l'alchimie du feu, qui d&#233;vore et transforme, tel un animal insatiable dont l'app&#233;tit prend tour &#224; tour des allures de caresses et de morsures. Il semblerait en effet que l'attention qu'il porte aux &lt;i&gt;pyrom&#232;nes&lt;/i&gt;, ces ph&#233;nom&#232;nes produits par le feu, peut nous aider dans l'analyse difficile de ce fait social. Nous allons donc pour une fois, plut&#244;t nous int&#233;resser aux cons&#233;quences qu'&#224; la gen&#232;se, dans la mesure o&#249; existe une distance entre notre propos et la fabrication des faits et qu'il nous semble plus commode et plus pertinent d'appr&#233;hender les &#233;v&#233;nements produits, dans l'impossibilit&#233; que nous sommes de conna&#238;tre efficacement ceux qui les ont motiv&#233;s.&lt;br /&gt;
Notre questionnement s'organisera &#224; partir de trois hypoth&#232;ses qui exploreront chacune un espace interpr&#233;tatif, en utilisant la r&#233;f&#233;rence anthropologique et symbolique tout d'abord, puis l'observation factuelle, et enfin l'analyse sociologique. Il nous semble en effet que les ph&#233;nom&#232;nes en question doivent &#234;tre analys&#233;s comme des faits sociaux, dont l'importance exige qu'ils soient interpr&#233;t&#233;s par les atouts et les attributs de la &lt;i&gt;complexit&#233;&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb1-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. E. MORIN (1994), &#171; La complexit&#233; humaine &#187;, Paris, Flammarion J. (...)' id='nh1-7'&gt;7&lt;/a&gt;] .&lt;br /&gt;
Nous fonderons donc notre premi&#232;re hypoth&#232;se sur l'appel &#224; une premi&#232;re r&#233;f&#233;rence, la &lt;i&gt;culture sur br&#251;lis&lt;/i&gt;, pratiqu&#233;e par une paysannerie africaine manquant d'espace et de terre arable et que nous avons vu agir ainsi, pour lib&#233;rer un territoire des diff&#233;rents plants et arbustes qui l'encombrent, et le destiner &#224; des replants devant servir &#224; l'alimentation, c'est &#224; dire &#224; la survie du clan. La r&#233;sultante du br&#251;lis est une terre noircie, enrichie, et sur laquelle il va &#234;tre possible de planter et de r&#233;colter.&lt;br /&gt;
Les voitures occupant les devants des immeubles sont rang&#233;es sur des parkings que des d&#233;cideurs avertis ont &#233;tal&#233;s sur un sol pr&#233;c&#233;demment libre de tout emprunt et qui pouvait encore servir aux jeux et aux d&#233;couvertes [&lt;a href='#nb1-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. l'histoire de l'am&#233;nagement urbain en habitats &#171; sociaux &#187; (...)' id='nh1-8'&gt;8&lt;/a&gt;]. L'accumulation de b&#226;tis r&#233;sidentiels s &#8216;est donc conjugu&#233;e avec la r&#233;duction des espaces encore inoccup&#233;s et sur lesquels ont &#233;t&#233; d&#233;finis des axes et des enclos devant satisfaire &#224; des besoins d'ordonnancement et de confort, mais sans tenir compte d'une autre et premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, celle de bouger et de se rencontrer. &lt;br /&gt;
Nous sommes donc en pr&#233;sence d'un espace inutilisable et dont le caract&#232;re inextricable n'a d'&#233;gale que sa propension &#224; devenir impraticable et dangereux. Pas de renaissance attendue parmi &lt;i&gt;les auto-&lt;/i&gt; &lt;i&gt;immobiles&lt;/i&gt; dont les apparences font parfois davantage penser &#224; la m&#233;diocrit&#233; et &#224; la parcimonie qu'&#224; la r&#233;ussite, et qui sont qualifi&#233;es de &#171; caisses pourries &#187;, ou sont pos&#233;es l&#224; rutilantes et endormies, par des propri&#233;taires endett&#233;s, comme des incitations provocantes au vol ou &#224; la destruction. Inutilisables dans leur ind&#233;cente et injurieuse v&#233;tust&#233; ou inabordables et suspectes par leur confortable et co&#251;teuse nouveaut&#233;, &lt;i&gt;les voitures n'ont&lt;/i&gt; donc &lt;i&gt;aucun int&#233;r&#234;t&lt;/i&gt; directement appropriable ou identificatoire . De plus elles occupent ind&#251;ment un terrain sur lequel d'autres mobilit&#233;s et d'autres socialisations ne peuvent plus s'exprimer. Le feu est l&#224;, qui peut rendre &#224; l'espace une autre et plus indispensable utilit&#233;, en &#233;liminant les encombrants t&#233;moins d'occupations sauvages non domestiqu&#233;es [&lt;a href='#nb1-9' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut penser ici au d&#233;s&#233;quilibre financier occasionn&#233; par l'achat &#224; (...)' id='nh1-9'&gt;9&lt;/a&gt;]. De catharsis en prophylaxie, en combinatoire ou juxtaposition, la r&#233;alisation de ces actes destructeurs porte peut-&#234;tre en elle la m&#234;me logique que celle autorisant les feux de for&#234;ts et les r&#233;jouissances n&#233;es du rituel accompli sur la terre br&#251;l&#233;e.&lt;br /&gt;
Cette hypoth&#232;se explicative, qui s'apparente au d&#233;tour anthropologique, trouve &#233;galement son origine dans la m&#233;taphore du feu dont la chaleur et la nature chaude a des pouvoirs gu&#233;rissants et lib&#233;rateurs. M&#233;taphore largement utilis&#233;e par les religions et les alchimistes, qui associent l'image du feu &#224; celle de la vie et de la cr&#233;ation, et qui est aussi celle de la purification par le feu du sacrifice immolatoire ou de l'enfer. Ce cheminement &#224; travers les formes lib&#233;ratoires et recr&#233;atrices du foyer allum&#233;, auxquelles s'ajouterait sa puissance incantatoire et calorig&#232;ne, n'offre pas les m&#234;mes garanties &#224; priori que les affirmations interpr&#233;tatives pr&#233;c&#233;demment cit&#233;es. Il invite pourtant la r&#233;flexion &#224; s'aventurer dans un espace inconnu mais dont l'utopie pourrait &#234;tre fondatrice et gage d'un regard positif sur des comportements qui ne peuvent se satisfaire d'une interpr&#233;tation chagrine ou d&#233;sesp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Un jeu de risques&#8230;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Pour compl&#233;ter cette hasardeuse entreprise compr&#233;hensive, nous pouvons poser un autre constat et. nous rapprocher ainsi d'une autre analyse, plus pragmatique et plus en accord avec les premi&#232;res observations faites autour des b&#251;chers. Certains t&#233;moins de derri&#232;re les rideaux font &#233;tat de l'aspect ludique de ces rassemblements, dont le tragique r&#233;side surtout dans le traitement social et juridique qui leur est destin&#233;, et qui n'ont eu jusqu'&#224; pr&#233;sent d'autres cons&#233;quences que la destruction d'objets [&lt;a href='#nb1-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Des mises &#224; feu&#8230;sans mises &#224; sang.' id='nh1-10'&gt;10&lt;/a&gt;] assur&#233;s autour desquels se r&#233;unissent une population invitante et quelques invit&#233;s. Notre hypoth&#232;se pourrait donc &#234;tre la suivante : le jeu dont il est question, s'il inscrit comme tous les autres une proportion de risque, est une mise en sc&#232;ne plus mature et plus convaincue qu'elle n'y para&#238;t, de l'ensemble des sollicitations consum&#233;ristes et des dangers encourus par ceux qui s'y soumettent.&lt;br /&gt;
Ce jeu pourrait &#234;tre en particulier &lt;i&gt;l'expression d'une d&#233;rision [&lt;a href='#nb1-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Aristophane et Moli&#232;re conjugu&#233;s et r&#233;invent&#233;s' id='nh1-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt; qui se moque et fait fi des contraintes et des surench&#232;res mercantiles r&#233;f&#233;r&#233;es &#224; la possession et conduite d'un v&#233;hicule. Il semblerait en effet qu'un nombre significatif de voitures incendi&#233;es sont justement les &#171; caisses pourries &#187; auxquelles il &#233;tait fait allusion pr&#233;c&#233;demment, achet&#233;es pour quelques centaines de marks en R.F.A.. Ces voitures peuvent en effet rouler quatre mois en France sans nouvelle plaque d'immatriculation. Une fois les d&#233;lais pass&#233;s, il suffit d'une &#233;tincelle, d'une assurance, et le probl&#232;me est r&#233;gl&#233;. Les autres v&#233;hicules qui vont br&#251;ler donneront alors &#224; ce vandalisme une cr&#233;dibilit&#233; qui garantira son impunit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;&#8230;Ou le carnaval d&#233;masqu&#233; ? &lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous nous aventurerons pour en terminer dans une autre et derni&#232;re interpr&#233;tation, qui permettra de r&#233;activer certaines des analyses pr&#233;sent&#233;es en introduction. Notre troisi&#232;me hypoth&#232;se concernant les voitures &#233;clairantes sera celle d'une r&#233;ponse par la f&#234;te, ses flamboiements et ses cr&#233;pitements, qui est adress&#233;e aux lumi&#232;res du centre de la ville par des lieux oubli&#233;s, &#233;clair&#233;s aux n&#233;ons et aux &#233;crans t&#233;l&#233;vis&#233;s. Lumi&#232;res surprises, r&#233;pondant &#224; celles dont Strasbourg en particulier a su si bien s'&#233;clairer, capitale brillante de multiples et chatoyantes illuminations, joyau et &#233;crin &#224; la fois, et f&#234;te impromptue, absente des pesanteurs et des incertitudes du quotidien, mais qui les sublime ou qui les d&#233;fie. Car la f&#234;te est peut-&#234;tre l&#224;, cach&#233;e et renaissante, en des lieux o&#249; ne l'attendent ni les organisateurs officiels des rassemblements associatifs, sportifs et culturels, ni les adeptes de r&#233;unions plus intimes et plus feutr&#233;es, en carnavals d&#233;fiant les postures sociales et les masques de nos diurnes chim&#232;res. Elle institue sans doute de nouvelles relations et de nouvelles repr&#233;sentations que le mutisme actuel de ses acteurs et de ses animateurs, et la distance dans laquelle les instincts et les strat&#233;gies s&#233;curitaires les tiennent, emp&#234;chent qu'elles apparaissent et qu'elles soient d&#233;crypt&#233;es. Nous devons rester attentifs, modestes et disponibles, pour deviner au d&#233;tour de ces manifestations et de leurs signifiants, d'imperceptibles mais r&#233;els signifi&#233;s qui nous orienteront vers d'autres perceptions et pourquoi pas, vers d'autres interventions.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;L'&#233;cole impliqu&#233;e&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les m&#234;mes hypoth&#232;ses peuvent s'appliquer &#224; l'&#233;cole. Les diff&#233;rentes manifestation de la violence verbale, posturale et gestuelle semblent avoir pris depuis quelques ann&#233;es scolaires une telle vigueur qu'elles n&#233;cessitent des projets et des actes de pr&#233;vention et de r&#233;pression qui trouvent maintenant leurs modes les plus expressifs &#224; travers la pr&#233;sence de gardiens de l'ordre dans de nombreux corridors et lieux de d&#233;tente ou de passage. Il s'agit de r&#233;pondre &#224; ce qui est analys&#233; comme des comportements asociaux, irrespectueux et non citoyens. Les manifestations incrimin&#233;es &#233;tonnent et scandalisent, les paroles rel&#232;vent de l'injure, les postures, de la provocation, et les comportements, de la d&#233;gradation. Les sociologues appel&#233;s &#224; la rescousse interpr&#232;tent cet &#233;tat de fait comme un d&#233;calage entre les attendus et les perceptions des adultes qui s'affrontent aux expressions et aux intentions des jeunes [JAZOULI, 1999]. D'autres essayent de mettre &#224; jour les constructions des repr&#233;sentations des publics scolaris&#233;s sur leur &#233;cole, ou invitent &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les tendances lourdes d'une &#233;ventuelle anomie sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e [DUBET et LAPEYRONNIE, 2000]&lt;br /&gt;
Autre hypoth&#232;se largement invoqu&#233;e, les tentatives de d&#233;pravations renverraient &#224; des mouvements d'humeur qu'une &#233;coute persuasive peut calmer sinon conjurer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans contredire ces analyses qui ont le m&#233;rite de la distanciation ou de la r&#233;assurance, il nous semble possible d'y ajouter quelques constats et quelques questions : &lt;br /&gt;
Si nous en revenons &#224; la premi&#232;re hypoth&#232;se concernant les feux, &#224; savoir, la &lt;i&gt;culture sur br&#251;lis&lt;/i&gt;, pratiqu&#233;e par une paysannerie africaine manquant d'espace domestique et de terre arable, on pourrait s'accorder &#224; dire que les manifestations de d&#233;gradation ou de destruction du bien collectif renvoient &#224; la traduction d'un sentiment de d&#233;sappropriation et d'une volont&#233; de reconqu&#234;te : &lt;br /&gt;
Ces actes peuvent s'expliquer en effet par la frustration ressentie par les &#233;l&#232;ves, de vivre dans des lieux devenus tellement communs et &#233;clat&#233;s qu'ils n'appartiennent plus &#224; personne. Lieux communs et inhabitables, dont l'occupation pendant les heures de travail ou de d&#233;tente suppose qu'aucune trace de passage n'y soit laiss&#233; par ceux desquels on attend par ailleurs qu'ils s'y mobilisent dans des attitudes et des actes d'attention, d'&#233;coute, d'int&#233;r&#234;t, et de travail. Ce sont aussi les signes d'un investissement de lieux dans lesquels doivent se construire les savoirs, et donc les prises de risques li&#233;es &#224; l'apprentissage et aux d&#233;couvertes, et qui ne supportent que l'anonymat de mouvements ou de stations respectant l'intouchable et l'inviol&#233;. C'est enfin questionner la diff&#233;rence inexplicable entre les classes d&#233;cor&#233;es du primaire ou les signaux marquant les territoires individuels dans les bureaux et les armoires des chantiers, et tous les endroits fr&#233;quent&#233;s par ceux dont l'&#226;ge et la psychologie demandent justement qu'ils s'affirment dans des appartenances et des r&#233;f&#233;rences identitaires fortes [Bordet, 1998].&lt;br /&gt; Il s'agit donc de manifester &#171; clairement &#187; ce besoin d'indiquer un &#171; Dasein &#187; et un lieu de passage, par des traces, et de sp&#233;cifier aux suivants qu'avant a exist&#233; quelqu'un qui a emprunt&#233; ces m&#234;mes lieux pour y investir une conqu&#234;te, le principe d'Archim&#232;de par exemple, une recherche, celle de l'accord du participe pass&#233;, ou une question, une date ou un auteur. La destruction signifie le premier mouvement d'un d&#233;sir de recomposition des espaces, et derri&#232;re eux, des relations.&lt;br /&gt;
La deuxi&#232;me hypoth&#232;se voyait en l'aspect ludique de certains rassemblements autour des carcasses br&#251;l&#233;es, &lt;i&gt;l'expression d'une d&#233;rision &lt;/i&gt;qui se moque et fait fi des contraintes et des surench&#232;res mercantiles r&#233;f&#233;r&#233;es &#224; la possession et conduite d'un v&#233;hicule. Il n'est pas s&#251;re que les attitudes &#233;valuatives et administratives, qui d&#233;cident des passages et des orientations, dans des conseils ou des commissions, plus attentives aux visibilit&#233;s institutionnelles qu'aux attendus familiaux, et sur la foi de notations qui ne disent rien des contextes de vie et des aspirations des not&#233;s, ne soient pas &#224; prendre en compte dans les attitudes de provocation ou de d&#233;ni d'une autorit&#233;. Se sachant jug&#233;s sans appel et sans mise en commun des questionnements et des perspectives, mais en fonction de contraintes g&#233;n&#233;rales et d'une r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;fense de l'excellence - comme image l&#233;gitimante des enseignements et de l'organisation - , ceux qui sont exclus des pratiques de validation positive reviennent dans le cercle en perturbant le bon fonctionnement d'une autorit&#233; d&#233;cisionnelle &#224; laquelle ils ne reconnaissent qu'un droit, celui d'&#234;tre contest&#233;e et mise &#224; mal par quelques d&#233;fis irrespectueux, c'est &#224; dire de la m&#234;me nature que ceux auxquels ils doivent r&#233;pondre.&lt;br /&gt;
Notre troisi&#232;me hypoth&#232;se concernant les voitures &#233;clairantes &#233;tait celle d'une r&#233;ponse par la f&#234;te, ses flamboiements et ses cr&#233;pitements, adress&#233;e aux lumi&#232;res du centre de la ville par des lieux oubli&#233;s, &#233;clair&#233;s aux n&#233;ons et aux &#233;crans t&#233;l&#233;vis&#233;s.&lt;br /&gt;
Les injures blessent et &#233;tonnent par leur duret&#233; et leur abondance ceux pour lesquels elles ne peuvent &#234;tre que des &lt;i&gt;expressions-limites&lt;/i&gt;, utilis&#233;es lorsque tout a &#233;t&#233; dit, entendu, et qu'aucune construction discursive n'est parvenue &#224; ses fins, c'est &#224; dire &#224; convaincre ou expliciter. Elles atteignent &#224; la d&#233;sacralisation du sacr&#233; et sont l'anti-th&#232;se de la pri&#232;re et de l'invocation. Supplique retourn&#233;e, l'injure entra&#238;ne l'autre dans le m&#233;pris de soi et l'enferme dans le non-droit (in-jurium) et l'impossibilit&#233; d'une reconstruction de la relation autre que compl&#233;mentaire dans la salissure et le m&#233;pris.&lt;br /&gt;
La seule d&#233;fense tol&#233;r&#233;e para&#238;t &#234;tre le mutisme.&lt;br /&gt; Il s'agit alors de reconsid&#233;rer les niveaux de discours et les potentialit&#233;s. Sans refuser le droit &#224; un adulte d'exprimer son d&#233;sarroi face au mauvais traitement langagier qu'il subit, et auquel il ne peut r&#233;pondre que par le d&#233;tour d'une autre violence, introject&#233;e et d&#233;s&#233;quilibrante, il serait int&#233;ressant d'analyser les paroles dites comme participant &lt;i&gt;d'un illettrisme social&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb1-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Invitation &#224; d&#233;passer la conception de l'illettrisme comme seulement (...)' id='nh1-12'&gt;12&lt;/a&gt;]. Les phrases apprises &#224; l'&#233;cole n'ayant pas trouver o&#249; et comment s'appliquer dans le quotidien, disparaissent progressivement de l'argumentation ou de la d&#233;monstration, et sont remplac&#233;es par des bribes d'expression qui veulent aller &#224; l'essentiel, et sont dans leur simplicit&#233; et leur aspect r&#233;ducteur, &#224; distance d'une pens&#233;e qui ne trouve plus les mots pour le dire, pour trouver leur point culminant dans une expression, la plus courte et la plus intense, et donc la plus marquante, l'injure. Deux ph&#233;nom&#232;nes s'entrecroisent et se compl&#232;tent, l'amincissement continu du discours et son raidissement ; et le besoin imp&#233;rieux de dire, de se dire, dans le seul registre accessible, celui de l'&#233;motivit&#233;. Les lieux oubli&#233;s des &#233;clairages scolaires sont alors r&#233;investis en fulgurances dont la lumi&#232;re furtive est un appel comparable &#224; ceux qu'envoient au ciel les bateaux qui se noient. L'&#233;clat blessant est aussi ce qu'il reste de paroles &#224; ceux que seul un &#233;clair permet de sortir de la nuit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; la plus fr&#233;quente de ces injures, qui convoque le r&#233;f&#233;rent maternel, elle met &#224; jour diff&#233;rents ph&#233;nom&#232;nes qu'une analyse un peu attentive devrait pouvoir expliciter.&lt;br /&gt;
C'est d'abord la rel&#233;gation de la m&#232;re dans un adossement &#224; une maternit&#233; d&#233;chue. Expression d'un sentiment d'appartenance et de d&#233;pendance forte &#224; l'image sacralis&#233;e mais d&#233;truite par les contingences, entre vertiges et mutisme, indispositions et substitutions. C'est &#233;galement la r&#233;apparition de cette m&#232;re d&#233;chue qui permet &#224; l'insultant de la r&#233;-interpeller au nom d'un statut qu'elle doit retrouver, dans un processus cathartique et lib&#233;ratoire. C'est aussi la provocation dirig&#233;e vers l'insult&#233; auquel on attribue la m&#234;me repr&#233;sentation de la valeur maternelle, entre joyau et &#233;crin, pour briser ailleurs ce qui l'est d&#233;j&#224; au-dedans et &#224; travers quoi on se sent m&#233;pris&#233; et bafou&#233;.&lt;br /&gt;
Ces paroles et ces attitudes ont tendances &#224; s'exprimer dans les non-lieux qui n'offrent plus de rep&#232;res &#224; partir desquels construire et se construire, et qui projettent leurs habitu&#233;s du c&#244;t&#233; des affects et des frustrations, en face desquels la loi organique et symbolique n'a plus d'effet .&lt;br /&gt;
Il s'agit alors de prendre en compte ces comportements, non comme des nuisances sociales mais comme des appels, et des provocations &#224; r&#233;pondre sur le sens [&lt;a href='#nb1-13' class='spip_note' rel='footnote' title='La notion &#233;tant &#224; red&#233;couvrir dans ses trois dimensions, celle de (...)' id='nh1-13'&gt;13&lt;/a&gt;] donn&#233; aux exigences et aux attendus. L'&#233;cole devrait et peut r&#233;interroger ses pratiques et ses discours, et r&#233;apprendre &#224; g&#233;rer autrement ses missions de scolarisation et de socialisation. Avec l'&#233;cole, ce sont les investisseurs sociaux qui seront les partenaires indispensables d'une renaissance collective. Par un retour &#224; l'image de la m&#232;re &#233;ducatrice comme force d'inclusion et de renforcement des liens d'affiliation, ou &#224; des solidarit&#233;s de voisinage et de r&#233;seaux. Par un travail de facilitation du discours, &#233;clair&#233;e cette fois par d'autres feux, dans les lieux apprivois&#233;s des compl&#233;mentarit&#233;s et de la parole retrouv&#233;e. Par la recomposition des lieux et des temps de travail sur des bases contractuelles et des enseignements aux p&#233;dagogies plus adapt&#233;es.&lt;br /&gt;
Les diff&#233;rents exemples pr&#233;c&#233;dents montrent en fait la n&#233;cessit&#233; d'une rupture &#233;pist&#233;mologique dans la construction, la transmission et l'&#233;valuation des savoirs, que G. BACHELARD pr&#233;sentait comme essentielle et indispensable dans la longue &#233;laboration de la connaissance objective.&lt;/p&gt; &lt;H3&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;BACHMANN Ch., LEGUENNEC N.,&lt;/strong&gt; (1996), &lt;i&gt;Violences urbaines : ascension et chute des classes moyennes &#224; travers cinquante ans de politique de la ville&lt;/i&gt;, Albin Michel, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;BORDET J.,&lt;/strong&gt; (1998), &lt;i&gt;Les Jeunes de la cit&#233;&lt;/i&gt;, PUF, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;BOUVEAU P., ROCHEX J.-Y.&lt;/strong&gt;, (1997),&lt;i&gt; L'&#233;ducation prioritaires, Les ZEP, entre &#233;cole et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, CNDP/ Hachette &#201;ducation, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHARLOT B.&lt;/strong&gt;, (1999), &lt;i&gt;Le Rapport au savoir en milieu populaire : une recherche dans les lyc&#233;es professionnels de banlieue&lt;/i&gt;, Anthropos, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHARLOT B.&lt;/strong&gt; (dir.), (1999), &lt;i&gt;Les quartiers populaires, l'&#233;cole et les familles&lt;/i&gt;, in &#201;ducation prioritaire et politique de la ville, &lt;i&gt;Ville-&#201;cole-Int&#233;gration&lt;/i&gt;, n&#176; 117, juin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHARLOT B., BAUTIER E., ROCHEX J.-Y.&lt;/strong&gt;, (1993), &lt;i&gt;L'exp&#233;rience scolaire et les voies de la r&#233;ussite ; &#201;cole et savoir dans les banlieues&#8230; et ailleurs&lt;/i&gt;, Armand Colin, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHAUVEAU G., ROGOVAS-CHAUVEAU &#201;.&lt;/strong&gt; (dir.), (1995) &lt;i&gt;&#192; l'&#233;cole des banlieues&lt;/i&gt; , ESF, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;DEFRANCE B.,&lt;/strong&gt; (1999), &lt;i&gt;Sanctions et disciplines &#224; l'&#233;cole&lt;/i&gt;, Syros&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;DUBET F., LAPEYRONNIE D.&lt;/strong&gt;, (1992), &lt;i&gt;Les Quartiers d'exil&lt;/i&gt;, Le Seuil, Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;EMIN J.-C.&lt;/strong&gt; (dir.), (1997), &lt;i&gt;Violences &#224; l'&#233;cole : &#233;tat des savoirs&lt;/i&gt;, Armand Colin, Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;JAZOULI A.&lt;/strong&gt; ( dir. ), (1995), &lt;i&gt;Une saison en banlieue : courants et prospectives dans les quartiers populaires&lt;/i&gt;, Plon, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;LAHIRE B.&lt;/strong&gt;, (1995), &lt;i&gt;Tableaux de familles : heurs et malheurs scolaires en milieux populaires&lt;/i&gt;, Le Seuil/Gallimard, Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;LEPOUTRE D.&lt;/strong&gt;, (1997), &lt;i&gt;C&#339;ur de banlieue : codes, rites et langages&lt;/i&gt;, Odile Jacob, Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Familles et l'&#233;cole : une relation difficile,&lt;/i&gt; Ville-&#201;cole-Int&#233;gration, n&#176; 114, septembre 1998.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Migrants Formation &#171; Figures de l'autorit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, n&#176; 112, mars 1998.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Questions de langue&lt;/i&gt;, n&#176; 108, mars 1997&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;MOISAN C., SIMON J.,&lt;/strong&gt;, (1997),&lt;i&gt;Les D&#233;terminants de la r&#233;ussite scolaire en zone d'&#233;ducation prioritaire&lt;/i&gt;, Minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale (rapport en ligne)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;PAYET J.-P.&lt;/strong&gt;,(1995),&lt;i&gt;Coll&#232;ges de banlieue : ethnographie d'un monde scolaire&lt;/i&gt;, M&#233;ridiens Klincksieck.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;PAYET J.-P., Van Zanten, A.,&lt;/strong&gt; ( dir.), (1996), &lt;i&gt;L'&#201;cole et la question de l'immigration&lt;/i&gt;, Revue fran&#231;aise de p&#233;dagogie, n&#176; 117, oct. d&#233;c.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;ROCHEX J.Y.,&lt;/strong&gt; (1995), &lt;i&gt;Le sens de l'exp&#233;rience scolaire&lt;/i&gt; PUF, Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;VAN ZANTEN A.,&lt;/strong&gt; ( dir.), (1997), &lt;i&gt;La Scolarisation dans les milieux &#171; difficiles &#187; : politique, processus et pratiques&lt;/i&gt;, INRP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Gaston BACHELARD, &lt;i&gt;La psychanalyse du feu&lt;/i&gt;, p.19&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] comme des colloques sur les relations parents - &#233;cole par ex., Charleville Maizi&#232;res ou Reims, pour ne citer que les plus r&#233;cents (mars 2004)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] cf. La fureur de vivre et l'influence sur la g&#233;n&#233;ration des ann&#233;es 60/70 de James Dean&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-4' id='nb1-4' class='spip_note' title='Notes 1-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Il s'agit en effet de d&#233;t&#233;riorations d'autant plus surprenantes qu'elles concernent des v&#233;hicules gar&#233;s devant les habitations des incendiaires, et donc appartenant &#224; l'un des leurs ou &#224; leur voisin, et non attaqu&#233;s dans un autre quartier, au centre ville par exemple, attitude qui aurait pu s'expliquer par une autre raison que celle commun&#233;ment admise, d'une violence intravertie et &#171; auto &#187; destructrice, d&#233;lib&#233;r&#233;ment suicidaire, en projection impossible ou irr&#233;alisable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-5' id='nb1-5' class='spip_note' title='Notes 1-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Comme les Centres sociaux par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-6' id='nb1-6' class='spip_note' title='Notes 1-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] cf.Roland BARTHES, &lt;i&gt;Mythologies&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-7' id='nb1-7' class='spip_note' title='Notes 1-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Cf. E. MORIN (1994), &#171; La complexit&#233; humaine &#187;, Paris, Flammarion
J. DEMORGON (1996), &lt;i&gt;Complexit&#233; des cultures et de l'interculture&lt;/i&gt;l, Paris, Anthropos&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-8' id='nb1-8' class='spip_note' title='Notes 1-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Cf. l'histoire de l'am&#233;nagement urbain en habitats &#171; sociaux &#187; d'une partie du quartier Cronenbourg &#224; Strasbourg et l'&#233;talement des parkings venus se substituer aux terrains vagues situ&#233;s devant les immeubles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-9' id='nb1-9' class='spip_note' title='Notes 1-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] On peut penser ici au d&#233;s&#233;quilibre financier occasionn&#233; par l'achat &#224; cr&#233;dit d'un v&#233;hicule et au surendettement de certains foyers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-10' id='nb1-10' class='spip_note' title='Notes 1-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Des mises &#224; feu&#8230;sans mises &#224; sang.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-11' id='nb1-11' class='spip_note' title='Notes 1-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Aristophane et Moli&#232;re conjugu&#233;s et r&#233;invent&#233;s&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-12' id='nb1-12' class='spip_note' title='Notes 1-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Invitation &#224; d&#233;passer la conception de l'illettrisme comme seulement li&#233; aux d&#233;sapprentissages orthographiques et terminologiques, mais de le consid&#233;rer &#233;galement dans l'atrophie progressive du discours qui trop peu embrasse et mal &#233;treint, et dont la d&#233;g&#233;n&#233;rescence va r&#233;duire les formes et les champs de socialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-13' id='nb1-13' class='spip_note' title='Notes 1-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] La notion &#233;tant &#224; red&#233;couvrir dans ses trois dimensions, celle de l'&#233;ros qui fait r&#233;f&#233;rence aux perceptions sensitives, sensuelles et aux sentiments, celle du logos, qui regarde la logique et le discours de la raison, et celle du muthos, qui interroge la direction et le d&#233;part, l'origine et la finalit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;organisation du syst&#232;me hospitalier en p&#244;les d'activit&#233;</title>
		<link>http://www.cedrea.net/Reorganisation-du-systeme</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cedrea.net/Reorganisation-du-systeme</guid>
		<dc:date>2006-04-05T09:29:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Suzanne LUTZ</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-">Recherches et r&#233;sultats acquis</category>

		<dc:subject>Changement</dc:subject>
		<dc:subject>Institutionnalisation</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>

		<description>Le syst&#232;me hospitalier du XXIe si&#232;cle doit modifier ses structures organisationnelles afin de r&#233;pondre aux besoins des usagers &#171; clients &#187;, ainsi que sa conception du management, pour s'adapter aux attentes des professionnels. Sous la pression de contraintes &#233;conomiques, sociales et soci&#233;tales, dans un environnement &#233;volutif, le syst&#232;me hospitalier est dans l'obligation d'imaginer une organisation plus efficiente. Le plan &#171; h&#244;pital 2007 &#187; va dans le sens d'une (...)

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Gouvernance-+" rel="tag"&gt;Gouvernance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le syst&#232;me hospitalier du XXIe si&#232;cle doit modifier ses structures organisationnelles afin de r&#233;pondre aux besoins des usagers &#171; clients &#187;, ainsi que sa conception du management, pour s'adapter aux attentes des professionnels.
Sous la pression de contraintes &#233;conomiques, sociales et soci&#233;tales, dans un environnement &#233;volutif, le syst&#232;me hospitalier est dans l'obligation d'imaginer une organisation plus efficiente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plan &#171; h&#244;pital 2007 &#187; va dans le sens d'une gestion d&#233;concentr&#233;e, plus proche des contraintes du terrain. Les activit&#233;s m&#233;dicales sont regroup&#233;es dans de nouvelles structures, d&#233;nomm&#233;es p&#244;les d'activit&#233;, g&#233;r&#233;es sur le principe de subsidiarit&#233;. Ce nouveau mode de management entra&#238;ne une r&#233;elle capacit&#233; d'initiative, une autonomie certaine, mais aussi la culture du r&#233;sultat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le passage d'une gestion centralis&#233;e &#224; une gestion partag&#233;e suscite des interrogations des acteurs face &#224; ce qui peut &#234;tre ressenti comme une &#171; mutation culturelle &#187;. Effectivement, il s'agit de passer de la logique de &#171; pouvoir du territoire &#187; &#224; celle de &#171; pouvoir de projet &#187;.
Cela signifie &#233;galement passer d'une logique de statut, bas&#233;e sur une hi&#233;rarchie pyramidale, &#224; une logique de contractualisation, bas&#233;e sur la comp&#233;tence et les r&#233;sultats. Ce changement entra&#238;ne une modification des r&#244;les et des pouvoirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment cette organisation, qui se veut innovante, peut-elle offrir l'opportunit&#233; d'engager un v&#233;ritable dynamisme de changement, en permettant l'int&#233;gration des diff&#233;rentes logiques et le rapprochement des cultures professionnelles ?
Quels seront alors les enjeux et les perspectives pour les acteurs de l'organisation ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Afin d'analyser le contexte dans lequel se met en place la r&#233;organisation du syst&#232;me, nous avons d'abord retrac&#233; le mouvement d'&#233;volution du cadre r&#233;glementaire visant &#224; rationaliser l'organisation hospitali&#232;re, et compar&#233; le syst&#232;me de contractualisation mis en place dans plusieurs pays europ&#233;ens, pour analyser dans un second temps la posture des acteurs hospitaliers, l'appropriation de ces changements sur le terrain. Enfin, nous nous sommes pos&#233; des questions relatives &#224; la p&#233;rennit&#233; de cette nouvelle organisation.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;I. Modernisation de l'h&#244;pital : la nouvelle gouvernance&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'h&#244;pital est aujourd'hui &#224; un carrefour de son d&#233;veloppement. Sous la pression de contraintes de l'environnement : politiques, r&#233;glementaires, &#233;conomiques et soci&#233;tales, de nouveaux modes de management sont mis en oeuvre au sein de l'organisation.
La r&#233;am&#233;nagement des &#233;tablissements de sant&#233; en p&#244;les d'activit&#233; devant &#234;tre concr&#233;tis&#233; &#224; la date du 31 d&#233;cembre 2006, cela suppose non seulement leur d&#233;coupage en p&#244;les d'activit&#233;, mais &#233;galement la mise en oeuvre de la contractualisation interne de chaque p&#244;le &#224; cette date.
Le contrat d&#233;finit le p&#233;rim&#232;tre du p&#244;le, les objectifs, les moyens, les indicateurs de suivi, les modalit&#233;s d'int&#233;ressement aux r&#233;sultats de gestion, ainsi que les cons&#233;quences en cas d'inex&#233;cution du contrat.
La gestion administr&#233;e qui pr&#233;valait, laisse la place &#224; une gestion dynamique et autonome.
Ce changement impose une remise en cause profonde de l'organisation dans toutes ses composantes, m&#233;dicales, soignantes et administratives, et laisse la place &#224; l'innovation. De
fait, les r&#232;gles du jeu s'en trouvent modifi&#233;es, obligeant les acteurs &#224; cr&#233;er de nouvelles strat&#233;gies.
Le changement culturel induit par cette nouvelle organisation, pourtant attendue par les professionnels, fait na&#238;tre de multiples questionnements, des craintes et parfois des r&#233;sistances et des replis.
Les fondements de la nouvelle gouvernance :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; R&#233;agir face &#224; une organisation obsol&#232;te :
&lt;br /&gt;&#8212; Moderniser les structures hospitali&#232;res
&lt;br /&gt;&#8212; Lutter contre les lourdeurs administratives, le manque de r&#233;activit&#233; et d'autonomie (bureaucratie)
&lt;br /&gt;&#8212; Simplifier les lignes hi&#233;rarchiques (ligne pyramidale)
&lt;br /&gt;&#8212; D&#233;velopper une culture institutionnelle
&lt;br /&gt;&#8212; Promouvoir un nouveau management r&#233;pondant aux attentes des usagers &#171; clients &#187; et aux facteurs d&#233;mographiques et humains
&lt;br /&gt;&#8212; Renoncer &#224; la logique du &#171; pouvoir du territoire &#187;
&lt;br /&gt;&#8212; Conformer l'organisation aux imp&#233;ratifs financiers par la tarification &#224; l'activit&#233; (T2A)&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Cr&#233;er plus d'autonomie et de souplesse :
&lt;br /&gt;&#8212; Laisser &#224; chaque &#233;tablissement le soin de d&#233;finir ses organisations, dans le respect du dispositif r&#233;glementaire et l&#233;gislatif
&lt;br /&gt;&#8212; Remotiver et responsabiliser les professionnels, en leur donnant davantage d'autonomie et de capacit&#233;s d'initiative dans l'exercice de leurs responsabilit&#233;s
&lt;br /&gt;&#8212; Mettre en place des p&#244;les d'activit&#233; en accordant la confiance &#224; la capacit&#233; de gestion du directeur de p&#244;le d'activit&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Reconna&#238;tre le r&#244;le des professionnels dans les p&#244;les d'activit&#233; :
&lt;br /&gt;&#8212; Associer les professionnels au fonctionnement des p&#244;les d'activit&#233;
&lt;br /&gt;&#8212; Optimiser la collaboration entre m&#233;decins, soignants et administratifs
&lt;br /&gt;&#8212; D&#233;velopper les comp&#233;tences pour favoriser l'autonomie des professionnels
&lt;br /&gt;&#8212; Valoriser la fonction de responsable ainsi que la prise de responsabilit&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3&gt;II. La mise en place des p&#244;les d'activit&#233; et du dispositif de contractualisation interne&lt;/h3&gt;
&lt;h4&gt;1. Une &#233;volution d&#233;velopp&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es en Europe&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;La contractualisation et l'instauration des p&#244;les d'activit&#233; dans le secteur hospitalier fran&#231;ais tient compte des exp&#233;riences des pays europ&#233;ens, men&#233;es depuis plusieurs ann&#233;es, et qui selon les Etats, s'appuient sur la d&#233;concentration et la contractualisation en associant ou dissociant les deux approches.
Les exemples ont &#233;t&#233; retenus du fait de leur anciennet&#233;. Ils &#233;clairent les strat&#233;gies d&#233;velopp&#233;es, sans toutefois en mesurer la valeur ajout&#233;e en mati&#232;re de prise en charge des patients et de satisfaction des professionnels.&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;1.1. H&#244;pital Universitaire Cantonal de Gen&#232;ve&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;Des questions restent pos&#233;es concernant la taille critique des d&#233;partements, le cloisonnement persistant, le dispositif de l'int&#233;ressement, le niveau de d&#233;centralisation, l'allocation des ressources, l'accompagnement du changement &#171; culturel &#187;&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;1.2. H&#244;pital Karolinska de Stokholm&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;Probl&#232;mes survenus au fil des ans : (source : site Minist&#232;re de la sant&#233; et des solidarit&#233;s)&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; R&#233;ticence des chefs de service clinique &#224; endosser le r&#244;le de directeurs administratifs. Tendance de ceux-ci &#224; se focaliser sur leur domaine de pr&#233;dilection : la recherche, le progr&#232;s m&#233;dical.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tendance des chefs de service clinique &#224; la personnalit&#233; forte, &#224; n&#233;gliger les chefs de division et &#224; suivre leur propre voie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;rive salariale, puisque les salaires sont fix&#233;s localement, au sein des divisions.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&#233;partition du personnel non optimis&#233;e : exc&#232;s de personnel dans certains secteurs (informatique, administration)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;veloppement de projets informatiques locaux sans coordination avec le reste de l'h&#244;pital.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Situation des chefs de division d&#233;licate. Ils font partie de la Direction de l'h&#244;pital tout en devant d&#233;fendre la position de la division pour faire face aux exigences de leurs chefs de service clinique respectifs.
Cette exp&#233;rience a permis la prise de conscience d'un paradoxe selon lequel, une d&#233;centralisation r&#233;ussie n&#233;cessite un syst&#232;me de suivi solide et centralis&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h5&gt;1.3 . H&#244;pital Saint-Luc de Bruxelles&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;fice d'une telle organisation est, selon les acteurs, une bonne harmonie entre le monde m&#233;dical, infirmier et administratif, due &#224; l'implication permanente de ces professionnels.&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;1.4. Whipps Cross Hospital de Londres&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;Le &#171; car group &#187; (p&#244;le d'activit&#233;) a une grande autonomie de gestion dans le cadre d'un contrat, et conserve en principe les &#233;conomies r&#233;alis&#233;es.
Les exp&#233;riences d&#233;crites mettent en exergue :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; L'int&#233;gration de facteurs &#233;conomiques et la n&#233;cessaire &#233;volution du management.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La profonde modification des r&#244;les et des responsabilit&#233;s des diff&#233;rents acteurs.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'accent mis sur la responsabilisation des professionnels, des contrats formalisant souvent les engagements r&#233;ciproques.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le nombre d'interlocuteurs de la direction syst&#233;matiquement limit&#233;.
Des difficult&#233;s demeurent cependant : le cloisonnement, le positionnement des responsables, le niveau de d&#233;concentration et de segmentation.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h4&gt;2. Un cadre r&#233;glementaire - Une volont&#233; politique&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le l&#233;gislateur, par une succession de textes r&#233;glementaires, r&#233;affirme p&#233;riodiquement sa volont&#233; de mettre en place des organisations efficientes, de ma&#238;triser les co&#251;ts et d&#233;velopper la responsabilit&#233; des acteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un cadre r&#233;glementaire :&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;2.1. La loi n&#176; 91-748 du 31 juillet 1991&lt;/h5&gt;
La loi du 31 juillet 1991 introduit une certaine souplesse dans l'organisation, afin de permettre de :
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; recentrer les prestations autour du patient pour promouvoir des soins coordonn&#233;s,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; instaurer un r&#233;el dialogue et accro&#238;tre la communication entre les professionnels autour d'objectifs d&#233;finis en commun,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; associer les personnels &#224; la gestion et &#224; l'&#233;volution de l'&#233;tablissement&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h5&gt;2.2. L'ordonnance n&#176; 96-346 du 24 avril 1996&lt;/h5&gt;
Elle marque la volont&#233; du l&#233;gislateur d'associer plus &#233;troitement &#224; la gestion de moyens (moyens, co&#251;ts, activit&#233;s) ceux qui, au travers des responsabilit&#233;s qu'ils exercent, influencent directement les &#233;volutions des co&#251;ts et des activit&#233;s.
Elle institue un mode de contractualisation interne et facultatif, consistant en la cr&#233;ation de centres de responsabilit&#233;.
Si la ma&#238;trise des moyens reste un objectif majeur, l'accent est mis sur les initiatives des &#233;quipes hospitali&#232;res et sur la m&#233;dicalisation de la gestion, par le biais de n&#233;gociations d'objectifs de qualit&#233; des soins et d'activit&#233;s m&#233;dicales.
&lt;h5&gt;2.3. Le d&#233;cret 97-6347 du 18 avril 1997 relatif &#224; la d&#233;l&#233;gation de signature des directeurs d'&#233;tablissements publics de sant&#233;&lt;/h5&gt;
Possibilit&#233; pour le directeur de donner une d&#233;l&#233;gation de signature aux praticiens responsables de centres de responsabilit&#233; dans les conditions pr&#233;vues par le contrat de d&#233;l&#233;gation de gestion.
&lt;h5&gt;2.4. La circulaire DH/AF/AF 3 n&#176;97-304 du 21 avril 1997 relative &#224; la contractualisation interne dans les &#233;tablissements publics de sant&#233;&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;Les id&#233;es force :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; D&#233;concentrer les proc&#233;dures internes ; principe de subsidiarit&#233; des d&#233;cisions au plus pr&#232;s des personnes qu'elles concernent, l'accent est mis sur l'initiative des &#233;quipes&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;cliner les objectifs de qualit&#233; des soins et d'activit&#233;s m&#233;dicales&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;velopper le dialogue entre la direction et les &#233;quipes, dans le respect du projet d'&#233;tablissement et des moyens globaux.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elaborer un contrat n&#233;goci&#233; et la mise en oeuvre de d&#233;l&#233;gation de gestion. Ce contrat a pour but de fixer les objectifs et les moyens, et d'int&#233;resser les &#233;quipes &#224; la r&#233;alisation des objectifs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h5&gt;2.5. Plan h&#244;pital 2007- circulaire DHOS/E1 n&#176;200461 du 13 f&#233;vrier 2004 relative &#224; la mise en place par anticipation de la nouvelle gouvernance hospitali&#232;re&lt;/h5&gt;
La volont&#233; politique de faire &#233;voluer et de moderniser l'h&#244;pital public est inscrite, &#224; nouveau dans le plan H&#244;pital 2007.
Les orientations de la politique de sant&#233;, dans le deuxi&#232;me volet de mesures, concernent la modernisation de la gestion interne des h&#244;pitaux publics.
Ce plan propose entre autres, une refonte de l'organisation interne des &#233;tablissements hospitaliers par la g&#233;n&#233;ralisation de &#171; l'amendement libert&#233; &#187;.
Une nouvelle entit&#233; juridique : les p&#244;les d'activit&#233; structurent cette organisation. &lt;p&gt;L'&#233;volution de l'organisation en p&#244;les d'activit&#233; doit faciliter le d&#233;cloisonnement des organisations m&#233;dicales. Elle n&#233;cessite le d&#233;veloppement d'outils tels que la contractualisation interne et de fait, la mise en oeuvre de la subsidiarit&#233;.
Cette nouvelle organisation n&#233;cessitera &#233;galement de repenser l'organisation et les responsabilit&#233;s des &#233;quipes hospitali&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;2.6. Ordonnance n&#176;2005-406 du 2 mai 2005 simplifiant le r&#233;gime juridique des &#233;tablissements de sant&#233;&lt;h5&gt;
L'ordonnance du 2 mai 2005, pr&#233;cise dans les titres I et V, les dispositions relatives &#224; la r&#233;forme des r&#232;gles d'organisation et de fonctionnement des &#233;tablissements publics de sant&#233;, ainsi que les dispositions relatives &#224; certains personnels de la Fonction Publique Hospitali&#232;re.
&lt;h4&gt;3. Une composante &#233;conomique&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;L'optimisation de la gestion des services publics est une probl&#233;matique constante.
L'organisation en p&#244;les d'activit&#233; et la contractualisation interne doivent permettre, &#224; budget identique, de d&#233;gager de nouvelles marges de manoeuvres.
La d&#233;concentration de la gestion et la responsabilisation des acteurs directement concern&#233;s doivent permettrent de mieux r&#233;pondre aux enjeux.
Plusieurs textes r&#233;glementaires accompagnent cette mise en oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;4. Une &#233;volution manag&#233;riale&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Le &#171; Plan H&#244;pital 2007 &#187; propose une &#233;volution des responsabilit&#233;s des acteurs hospitaliers dans le cadre d'une r&#233;organisation en p&#244;les d'activit&#233; . Cette nouvelle organisation engendre une red&#233;finition des r&#232;gles du jeu, le d&#233;veloppement d'une logique de d&#233;concentration prenant en compte les r&#233;alit&#233;s du terrain.
La segmentation en p&#244;les d'activit&#233;, accompagn&#233;e de la contractualisation interne, cr&#233;e de profonds changements. Ce dispositif correspond &#224; une innovation en mati&#232;re de management.
Ce changement devrait induire un processus d'apprentissage organisationnel par l'interaction des acteurs avec leur environnement.
Ce nouveau mode de management devrait &#233;galement permettre d'op&#233;rer un rapprochement des diff&#233;rentes logiques professionnelles : administratives, m&#233;dicales et param&#233;dicales. La coop&#233;ration entre ces trois sous-ensembles aux cultures, comp&#233;tences et appartenances diff&#233;rentes, devrait progressivement &#233;voluer vers une identit&#233; collective.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;III. Un impact significatif sur l'organisation, en termes d'enjeux de pouvoirs et d'&#233;volution des responsabilit&#233;s&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Cette &#233;volution de l'organisation nous invite &#224; nous poser la question suivante :
Comment les acteurs de l'organisation, garants des priorit&#233;s de sant&#233; publique, int&#232;grent-ils ce changement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des attentes, des interrogations, des craintes et des r&#233;sistances se manifestent.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;1. Les p&#244;les d'activit&#233; / la contractualisation interne : une organisation en phase de construction, une approche novatrice.&lt;/h4&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Ind&#233;pendance et cloisonnement
&lt;br /&gt;&#8212; La crainte d'une tendance &#224; une forme d'ind&#233;pendance, avec un risque de cloisonnement et une division des p&#244;les &#224; partir d'une logique de territoire. Effectivement, des p&#244;les construits sur une logique territoriale peuvent d&#233;velopper des strat&#233;gies d'autonomisation.
&lt;br /&gt;&#8212; La crainte de l'instauration d'une concurrence entre les p&#244;les.
&lt;br /&gt;&#8212; La crainte de la difficult&#233; de gestion des interfaces, c'est &#224; dire le lien entre les p&#244;les.
&lt;br /&gt;&#8212; La communaut&#233; m&#233;dicale restant tr&#232;s attach&#233;e &#224; la notion de service, se posent alors les questions de comment regrouper les services ? A partir de quelle logique ? En sachant qu'il faut &#233;viter le syndrome du territoire, car le danger est grand que les p&#244;les deviennent des entit&#233;s ind&#233;pendantes avec un retour au mandarinat. Ce risque est proportionnel &#224; la reconnaissance du p&#244;le. Plus le p&#244;le b&#233;n&#233;ficie d'une reconnaissance et d'une notori&#233;t&#233;, plus le risque est grand qu'il devienne une structure ind&#233;pendante.
&lt;br /&gt;&#8212; Selon les &#233;tablissements, les regroupements n&#233;cessitent des suppressions de service (doublons) qui sont v&#233;cues de fa&#231;on tr&#232;s douloureuses par les &#233;quipes.
&lt;br /&gt;&#8212; Les acteurs souhaitent que la segmentation des p&#244;les d'activit&#233; soit revue tous les cinq ans, pour &#233;viter l'&#233;mergence de nouveaux territoires, de nouveaux bastions et finalement un nouveau cloisonnement.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une complexit&#233; croissante de l'organisation
La coexistence de diff&#233;rents modes de gestion (centralis&#233;e et d&#233;concentr&#233;e), tend &#224; aboutir &#224; une complexit&#233; croissante de l'organisation interne de l'&#233;tablissement.
Les acteurs consid&#232;rent que la mise en place des p&#244;les se traduit davantage par un niveau de d&#233;cision suppl&#233;mentaire, que par une simplification de la structure interne de l'h&#244;pital.
La cohabitation de deux circuits d&#233;cisionnels &#224; l'int&#233;rieur d'un m&#234;me p&#244;le est pour eux source d'incompr&#233;hensions et d'oppositions qui ralentissent les d&#233;cisions.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h4&gt;2. Les p&#244;les d'activit&#233; / la contractualisation interne : une &#233;volution notable des responsabilit&#233;s, une redistribution des pouvoirs.&lt;/h4&gt;
Dans le cadre de la nouvelle exp&#233;rimentation de la gouvernance, des acteurs s'interrogent sur le pouvoir de coh&#233;sion et la l&#233;gitimit&#233; du responsable du p&#244;le aupr&#232;s de ses coll&#232;gues. Le fait que le responsable de p&#244;le est nomm&#233; par une instance locale alors que les m&#233;decins chefs de service le sont par le minist&#232;re de la sant&#233;, laisse &#224; penser que la gestion en p&#244;les d'activit&#233; ne sera pas ais&#233;e &#224; mettre en oeuvre.
Les &#233;quipes m&#233;dicales ont le sentiment que de tels projets cherchent &#224; faire prendre aux m&#233;decins les d&#233;cisions de gestion, souvent difficiles, qui ne peuvent &#234;tre prises par l'&#233;quipe de direction.
La coexistence d'un ancien syst&#232;me tr&#232;s hi&#233;rarchis&#233; et centralis&#233; avec un syst&#232;me organisationnel d&#233;concentr&#233;, constitue une limite &#224; l'efficacit&#233; du dispositif. &lt;p&gt;Pour l'&#233;quipe de direction, l'&#233;crasement de la pyramide hi&#233;rarchique revient assez souvent. Une tension relationnelle entre les &#233;quipes de direction et les gestionnaires de p&#244;les, li&#233;e &#224; la sensation d'une forme de prise de pouvoir du corps m&#233;dical &#171; sur les administratifs &#187;.
Certains acteurs consid&#232;rent que, malgr&#233; leurs motivations pour cette fonction de responsabilit&#233;, ils n'ont pas toujours les connaissances suffisantes pour approfondir les probl&#233;matiques de gestion et d'encadrement des professionnels
D'autres consid&#232;rent que certaines fonctions ne sont plus adapt&#233;es &#224; la nouvelle organisation et sont en doublon
Les gestionnaires ont des craintes et des interrogations du fait de leurs missions qui se sont fortement d&#233;velopp&#233;es qualitativement et quantitativement. Il leur faut mettre &#224; l'oeuvre la polyvalence n&#233;cessaire pour s'adapter rapidement au r&#244;le requis dans ce nouveau dispositif.
La direction des soins est assez dubitative quand &#224; cette nouvelle organisation, notamment &#224; propos du positionnement et du nombre de cadres sup&#233;rieurs dans l'organisation en dehors de ceux affect&#233;s &#224; la t&#234;te des p&#244;les.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;3. Les p&#244;les d'activit&#233; / la contractualisation interne : un nouveau mode relationnel&lt;/h4&gt;
Les acteurs consid&#232;rent :
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; qu'ils arrivent &#224; mettre en place une meilleure ad&#233;quation entre charge de travail et effectifs gr&#226;ce &#224; un esprit communautaire, ce qui am&#233;liore la prise en charge des patients &#171; clients &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; que cette organisation permet la d&#233;mocratisation des relations sociales ainsi qu'une prise en compte au plus pr&#232;s, des pr&#233;occupations des acteurs du terrain&lt;/li&gt;&lt;li&gt; que des difficult&#233;s de communication, de manque de r&#233;activit&#233; et de clart&#233; subsistent dans les processus d&#233;cisionnels&lt;/li&gt;&lt;li&gt; que la formalisation d'un contrat entre la direction et le responsable de p&#244;le d'activit&#233; soude la confiance entre les interlocuteurs qui se renforce lorsque le contrat est respect&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3&gt;Conclusion&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'enjeu est important, et la r&#233;ussite, au del&#224; du changement culturel qu'elle pourra entra&#238;ner, est en partie li&#233;e &#224; l'articulation qui pourra &#234;tre trouv&#233;e entre des relations hi&#233;rarchiques pyramidales et des relations contractuelles bas&#233;es sur la d&#233;l&#233;gation et l'autonomie des acteurs des p&#244;les d'activit&#233;.
Ces changements prendront du temps, en raison des exigences d'une modification des attentes des usagers et des professionnels et de l'&#233;volution d'une structure complexe : l'h&#244;pital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les interrogations pour l'avenir pourraient se situer au niveau :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; de la logique de collaboration entre les p&#244;les d'activit&#233; pour &#233;viter la balkanisation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; du management centr&#233; sur des logiques de territoires plut&#244;t que de projets&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de la d&#233;finition de ce qui appartient au p&#244;le d'activit&#233; et ce qui rel&#232;ve de la direction g&#233;n&#233;rale&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de la taille critique des p&#244;les d'activit&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; du risque de comp&#233;tition entre les p&#244;les d'activit&#233;, plac&#233;s en situation de concurrence&lt;/li&gt;&lt;li&gt; du degr&#233; de d&#233;concentration, voire d'autonomie&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des cons&#233;quences de la redistribution des responsabilit&#233;s sur le positionnement des acteurs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; du risque que la tarification &#224; l'activit&#233; gouverne tout &#224; l'avenir, et fasse dispara&#238;tre la solidarit&#233; institutionnelle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;A la lumi&#232;re des enseignements tir&#233;s de la mise en place des r&#233;formes pr&#233;c&#233;dentes, il appara&#238;t que les succ&#232;s de ces r&#233;ponses passent obligatoirement par une appropriation de ces changements par tous les acteurs de l'organisation. Les &#233;volutions structurelles et organisationnelles que sont l'organisation en p&#244;les d'activit&#233; et la contractualisation interne modifient les r&#244;les, redessinent les champs de responsabilit&#233;s et redistribuent le pouvoir entre les diff&#233;rents acteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Etude syst&#233;mique du changement d'organisation du travail en entreprise.</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sandrine SOJECKI</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-">Recherches et r&#233;sultats acquis</category>

		<dc:subject>Sciences des syst&#232;mes</dc:subject>
		<dc:subject>Dynamiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Changement</dc:subject>

		<description>Face aux &#233;volutions de leur environnement, les entreprises s'adaptent en modifiant leur organisation du travail. Les mod&#232;les matriciels, les projets transversaux, les groupes semi-autonomes visent &#224; r&#233;pondre aux besoins de r&#233;activit&#233;, d'efficacit&#233; par un meilleur partage des ressources. Ces &#233;volutions reposent sur une multiplicit&#233;, dans le temps et dans l'espace, d'interfaces entre acteurs individuels ou collectifs qui induisent un d&#233;veloppement des &#233;changes (...)

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-" rel="directory"&gt;Recherches et r&#233;sultats acquis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Sciences-des-systemes-+" rel="tag"&gt;Sciences des syst&#232;mes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Dynamiques-sociales-+" rel="tag"&gt;Dynamiques sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Changement-+" rel="tag"&gt;Changement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face aux &#233;volutions de leur environnement, les entreprises s'adaptent en modifiant leur organisation du travail. Les mod&#232;les matriciels, les projets transversaux, les groupes semi-autonomes visent &#224; r&#233;pondre aux besoins de r&#233;activit&#233;, d'efficacit&#233; par un meilleur partage des ressources.&lt;br /&gt;
Ces &#233;volutions reposent sur une multiplicit&#233;, dans le temps et dans l'espace, d'interfaces entre acteurs individuels ou collectifs qui induisent un d&#233;veloppement des &#233;changes transversaux au d&#233;triment des rapports hi&#233;rarchiques.&lt;br /&gt;
L'analyse syst&#233;mique des relations entre groupes de travail fonctionnant comme des syst&#232;mes distincts et organis&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;renci&#233;e, l'un reposant sur une forte division verticale des t&#226;ches, l'autre s'apparentant plus un groupe semi-autonome, permet de mettre &#224; jour les attributs, vecteurs du changement et facilitateurs de leur diffusion temporaire ou permanente &#224; l'int&#233;rieur de chaque syst&#232;me concern&#233; et de l'entreprise dans son ensemble.
L'analyse de la dynamique fonctionnelle r&#233;sultant des fr&#233;quentes interactions entre les groupes, leur adaptation organisationnelle, l'autonomie croissante dans les prises de d&#233;cisions facilite l'identification de potentielles modifications au niveau des caract&#233;ristiques du syst&#232;me, notamment des r&#233;gulations et des modes de gouvernance&lt;/p&gt; &lt;p&gt;To answer the evolutions of their environment, the companies adapt by modifying their organization of work. The matrix structures, the transverse projects, the semi-autonomous groups aim at meeting the needs for reactivity, of effectiveness by a better sharing of the resources.&lt;br /&gt;
These evolutions rest on a multiplicity, in time and space, of interfaces between individual or collectives actors which induce a development of the transverse exchanges to the detriment of the hierarchy.&lt;br /&gt;
The systemic analysis of the relations between differentiated working groups, one with a strong vertical division of the tasks, the other like a semi-autonomous group, makes it possible to update the attributes, vectors of the change and facilitators of their temporary or permanent diffusion inside each system concerned and of the company as a whole.&lt;br /&gt;
The analysis of functional dynamics resulting from the frequent interactions between the groups, their organisational adaptation, increasing autonomy in the decision-makings facilitates the identification of potential modifications on the level of the characteristics of the system undertaken, in particular of the regulations and the modes of governance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3&gt;1 - Introduction :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La r&#233;activit&#233;, l'adaptabilit&#233; aux &#233;volutions toujours plus en attente de l'insertion du tableau, cf fichier pdf de la communication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un environnement &#224; fortes contraintes, de type bureaucratique, nous pouvons voir &#233;merger deux groupes aux caract&#233;ristiques diff&#233;renci&#233;es du reste de l'organisation.&lt;br /&gt;
Ces diff&#233;rences peuvent s'expliquer par les &#233;l&#233;ments suivants. ACP et SAI sont pr&#233;sents depuis peu dans l'organisation. Ils poss&#232;dent des comp&#233;tences que n'ont pas les autres groupes. Leurs produits sont atypiques. Les proc&#233;dures SA ne peuvent s'appliquer directement &#224; leurs activit&#233;s. ACP est localis&#233; sur le site de SA, pas ACL. Cela leur conf&#232;re une position d'&#233;lectron libre. Ces diff&#233;rences sont &#224; la fois des ressources mais aussi des contraintes. Les deux groupes et tout particuli&#232;rement ACP doivent &#234;tre l&#233;gitim&#233;s dans leur expertise. Mais ces diff&#233;rences leur permettent d'&#233;chapper &#224; la standardisation des proc&#233;d&#233;s de travail.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt; 2 - Interfaces entre groupes de travail :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous allons &#233;tudier les interactions de ces trois groupes de travail aux diff&#233;rents modes d'organisation (ACP, SAI s'apparentent aux groupes semi-autonomes, ACL &#224; une organisation bureaucratique), la nature des interfaces entre ces groupes, leurs effets sur leur propre organisation, sur le syst&#232;me en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Interfaces ACP/ACL :&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les missions n&#233;cessitant des comp&#233;tences localis&#233;es dans les deux entit&#233;s, les missions de grandes envergures sont pilot&#233;es par ACL. Les responsabilit&#233;s d'organisation, de planification, de r&#233;partition des r&#244;les en fonction du niveau de classification, de contr&#244;le rel&#232;vent du pouvoir du chef de mission qui est nomm&#233; par la direction de l'entit&#233; AC. Les r&#232;gles et proc&#233;dures en place sont celles de ACL. La participation d'ACP est requise pour apporter les comp&#233;tences manquantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons l'exemple d'une mission Hygi&#232;ne et S&#233;curit&#233; pour un grand groupe industriel. La mission est pilot&#233;e par ACL. Elle fait appel aux comp&#233;tences des ergonomes relevant de l'autorit&#233; d'ACP. En d&#233;but de mission, les ergonomes ont fait remonter au chef de mission des pr&#233; requis pour mener &#224; bien le diagnostic command&#233;. Certaines de ces remarques n&#233;cessitent une remise &#224; plat du protocole standard d'intervention. Face &#224; la pression des ergonomes, le chef de mission convoque tous les consultants de la mission pour une r&#233;union de cadrage dans les locaux d'ACP sous la direction des responsables de l'entit&#233; AC. Auparavant, aucune r&#233;union de cadrage n'avait lieu entre les deux groupes. Les remarques d'ordre technique ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es par le chef de mission dans le d&#233;roul&#233; de la mission, pas les remarques li&#233;es aux conditions d'intervention ou de gestion de la mission. Durant la mission, ACP se conforme aux proc&#233;dures formelles d'ACL. ACP entretient des nombreux contacts informels avec ACL notamment pour faire avancer la mission ou obtenir des informations suppl&#233;mentaires. Les d&#233;cisions et la validation des &#233;tapes sont centralis&#233;es par le chef de mission.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Interfaces ACP/SAI :&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les acteurs du groupe SAI ne poss&#232;dent pas les comp&#233;tences requises en ressources humaines et en organisation pour remplir une mission ARTT (am&#233;nagement et r&#233;duction du temps de travail) qui leur a &#233;t&#233; command&#233;e. Ils rentrent alors directement en contact avec ACP pour cr&#233;er un partenariat.
Le chef de mission &#224; l'initiative de cette coop&#233;ration spontan&#233;e a une faible anciennet&#233; dans l'entreprise. Il r&#233;alise une r&#233;union de cadrage avec les acteurs des deux groupes concern&#233;s. Une &#233;quipe projet voit le jour. Les r&#244;les sont r&#233;partis selon les champs de comp&#233;tences et non selon les niveaux de classification. Il n'y a pas de supervision directe du travail individuel mais des r&#233;unions de suivi r&#233;guli&#232;res. Les membres des deux groupes &#233;changent expertises, portefeuille clients, m&#233;thodes de travail&#8230; Les interactions sont spontan&#233;es. Celles li&#233;es au suivi de la mission sont formalis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt; 3 - Analyse de la dynamique fonctionnelle : passage d'un syst&#232;me pyramidal vers un syst&#232;me semi autonome&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous allons analyser les effets de ces interfaces sur les groupes concern&#233;s puis sur l'ensemble de l'organisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Au niveau local, les effets des changements sont les suivants :&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les effets du changement sont diff&#233;rents selon les normes et les r&#232;gles de fonctionnement de chacun des groupes. Les impacts diff&#232;rent eux aussi.&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Analyse des interfaces ACP/ACL :&lt;/strong&gt;&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;ACP et ACL sont deux groupes de travail diff&#233;renci&#233;s que ce soit au niveau g&#233;ographique, organisationnel et culturel. Le premier rel&#232;ve d'une logique de type semi-autonome, le second, reflet de la culture d'entreprise, est de type pyramidal.
Nous pouvons constater de prime abord l'influence de ACL sur ACP. Le poids des proc&#233;dures et des r&#232;gles en vigueur standardise les relations formelles de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;gulations sociales entre ces deux groupes sont de types contr&#244;le. [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='REYNAUD JD (1993), Les r&#232;gles du jeu, l'action collective et la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]
ACP s'adapte aux pratiques et r&#232;gles d'ACL. Mais cette adaptation est localis&#233;e dans le temps et dans l'espace. Elle est momentan&#233;e, relative aux &#233;changes formels de cette mission. Le groupe de travail ne les incorpore pas dans ses propres normes de fonctionnement. ACP entretenant d'autres interfaces avec d'autres groupes, notamment SAI avec lequel il applique ses propres normes.
Il ne s'agit pas d'un changement durable. Plut&#244;t d'une perturbation.
Si effet d'apprentissage il y a, il semblerait que ce soit d'ACP vers ACL.
ACP communique sur ses m&#233;thodes de fa&#231;on informelle par le biais des contacts r&#233;guliers et amicaux .Ces contacts sont bas&#233;s sur la confiance et le partage de l'expertise. Ils serviront de vecteurs et de facilitateurs du changement. Le suivi client, les r&#233;unions de pilotage, la mutualisation des expertises, les ajustements mutuels en cours de mission, l'autonomie sont des attributs du changement que les membres d'ACL suscitent aupr&#232;s de leur hi&#233;rarchie (chef de mission et responsable d'entit&#233;).&lt;br /&gt;
Malgr&#233; les r&#233;gulations de contr&#244;le, il y a un effet d'int&#233;gration de certaines caract&#233;ristiques d'ACP vers ACL qui viennent bouleverser l'&#233;quilibre ambiant et le syst&#232;me d'autorit&#233;. Ces modifications sont plut&#244;t bien accueillies. La direction AC nomme un animateur r&#233;seau dans chaque groupe pour favoriser et cadrer les prochaines missions transversales. Mais l'animateur ACP rencontre de nombreuses difficult&#233;s &#224; organiser des missions pilot&#233;es par son groupe.&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Analyse des interfaces ACP/SAI :&lt;/strong&gt;&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;SAI &#233;volue dans un univers tr&#232;s taylorien. Il se d&#233;marque des autres groupes par son expertise sectorielle, sa faible anciennet&#233;, le profil de ses salari&#233;s, la nature des missions qui sont diff&#233;rentes du reste de SA et n&#233;cessitent de nouvelles comp&#233;tences, son organisation de type semi-autonome. Ces caract&#233;ristiques intrins&#232;ques forment comme une sorte de bulle de protection face &#224; la standardisation massive des m&#233;thodes de travail.&lt;br /&gt;
Les interactions sont &#224; l'initiative des acteurs SAI, hors protocole op&#233;ratoire. SAI tisse des interfaces de type partenariat avec ACP. Ils s'organisent selon leurs besoins et non selon les proc&#233;dures en vigueur, les ordres hi&#233;rarchiques.
Le fonctionnement de ce groupe mixte reprend les caract&#233;ristiques des deux groupes. Les r&#233;gulations sociales entre ces deux groupes sont de type r&#233;gulations inter-groupes autonomes.&lt;br /&gt;
Les interfaces favorisent la construction commune. Par ce biais ACP transmet &#224; SAI ses normes de fonctionnement, ses valeurs culturelles, son expertise. Mais ACP s'adapte en m&#234;me temps aux r&#232;gles et proc&#233;dures de SA qui encadrent les productions de SAI.&lt;br /&gt;
Les r&#233;gulations inter-groupes autonomes sont de r&#233;els vecteurs du changement puisqu'elles permettent de co-construire de nouvelles normes de fonctionnement &#224; partir des caract&#233;ristiques des deux entit&#233;s en pr&#233;sence. L'autonomie, l'organisation du travail, la responsabilit&#233;, les valeurs culturelles, la confiance sont les attributs partag&#233;s des interactions.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Au niveau de l'organisation&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Nous pouvons faire les remarques suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dynamique fonctionnelle &#233;tudi&#233;e s'apparente &#224; la phase de d&#233;veloppement de l'organisation. Elle repose sur une &#233;tape d'adaptation des &#233;l&#233;ments du syst&#232;me &#224; l'&#233;volution de l'environnement gr&#226;ce aux multiples interactions. Ces interactions favorisent par leur occurrence l'apprentissage du changement.
Nous aurions pu &#233;mettre l'hypoth&#232;se que le poids des r&#233;gulations de contr&#244;le dans une organisation fortement centralis&#233;e pousse &#224; la standardisation des normes et pratiques de fonctionnement de tous les groupes. Mais des impacts non pr&#233;vus, des effets t&#233;l&#233;onomiques vont rejaillir sur la strat&#233;gie du syst&#232;me dans sa globalit&#233;.&lt;br /&gt;
En effet, les micro-innovations qui r&#233;sultent d'un ph&#233;nom&#232;ne d'adaptation &#224; l'&#233;volution de l'environnement du syst&#232;me ont une certaine port&#233;e sur le reste de l'entreprise.&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que les interactions transversales favorisent la transmission des pratiques d'ACP au reste de l'organisation, notamment par le biais de SAI qui fonctionne en marge du syst&#232;me mais qui a une position reconnue dans le syst&#232;me ainsi qu'une comp&#233;tence non ma&#238;tris&#233;e. Ces interactions servent de transmetteur, de vecteur du changement en direction des autres groupes aux pratiques standardis&#233;es.&lt;br /&gt;
Les modifications des caract&#233;ristiques des &#233;l&#233;ments du syst&#232;me d&#233;pendent de la position de ces &#233;l&#233;ments dans le syst&#232;me et du processus d'int&#233;gration, diff&#233;renciation dus aux interactions. ACP poss&#232;de une expertise m&#233;tier qui la place hors d'atteinte des proc&#233;dures SA.&lt;br /&gt;
Par les interfaces lat&#233;rales, les groupes d&#233;couvrent, partagent d'autres fa&#231;ons de travailler, d'autres valeurs et portent ces micro-innovations vers le reste de l'organisation. En les mettant &#224; leur tour en oeuvre, ils les l&#233;gitiment et par l&#224; m&#234;me l&#233;gitiment ACP.&lt;br /&gt;
Ces innovations se transmettent via les r&#233;gulations intergroupes autonomes, la coop&#233;ration, la confiance, l'autonomie. Les pratiques locales se transforment. Il y a apprentissage du changement.&lt;br /&gt;
Or, les r&#233;gulations intergroupes autonomes d&#233;rogent aux r&#232;gles qui structurent l'organisation. Et pourtant, elles g&#233;n&#232;rent des effets impr&#233;vus qui &#233;chappent au contr&#244;le avant d'&#234;tre r&#233;appropri&#233;s par la direction.&lt;br /&gt;
La direction de l'entreprise consciente des &#233;volutions d&#233;cide de lancer plusieurs projets de modernisation pour int&#233;grer certaines de ces pratiques &#224; l'ensemble du syst&#232;me. Elle met un place au niveau de la direction un groupe projet r&#233;unissant de nombreux acteurs d&#233;cisionnaires pour penser la r&#233;organisation de l'entreprise. A plus court terme, un projet ressources humaines vise &#224; red&#233;finir les r&#244;les et les responsabilit&#233;s de chacun non plus selon une logique pyramidale mais selon une logique comp&#233;tences.
Nous pouvons noter un effet d'encastrement des caract&#233;ristiques de fonctionnement des groupes semi-autonomes sur l'ensemble du syst&#232;me bureaucratique par le biais d'un tiers, SAI. Ses caract&#233;ristiques, appartenance &#224; SA qui lui octroie une l&#233;gitimit&#233;, organisation de type semi-autonome qui lui permet d'&#233;changer avec ACP pour ensuite afficher ses pratiques en font un facilitateur du changement.&lt;br /&gt;
Une organisation informelle existe en parall&#232;le de l'organisation prescrite. Elle remet en cause le principe de division verticale de l'organisation et la gouvernance classique au profit d'une organisation plus flexible bas&#233;e sur des interactions transversales et reposant sur un mode de gouvernance plus participative. Les r&#233;gulations transversales, autonomes mettent &#224; mal la subsidiarit&#233; en place. Il ne s'agit plus de se r&#233;f&#233;rer au niveau sup&#233;rieur en cas de difficult&#233;s mais de tisser des partenariats locaux pour r&#233;sorber les manques de comp&#233;tences. La division verticale du travail, le syst&#232;me d'autorit&#233;, de contr&#244;le s'en trouvent boulevers&#233;s. Les valeurs culturelles propres &#224; la culture de gestion de l'entreprise sont impact&#233;es. La subsidiarit&#233; active permise par le d&#233;veloppement des interfaces transversales de type r&#233;gulation autonome intergroupe permet alors de passer :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; d'une logique de moyens &#224; une logique de r&#233;sultat,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d'une organisation hi&#233;rarchique &#224; une organisation en r&#233;seau,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d'une logique d'autorit&#233; &#224; une logique de comp&#233;tence m&#233;tier.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;La gouvernance devient plus participative. Les groupes occupent une place plus importante dans le processus organisationnel.&lt;br /&gt;
Cependant le d&#233;veloppement des relations transverses ne pourra se g&#233;n&#233;rer &#224; l'ensemble de l'organisation, m&#234;me avec le soutien de la direction, que si le syst&#232;me de valeurs de l'organisation &#233;volue &#224; son tour.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;4 - Conclusion :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le passage d'une logique pyramidale o&#249; les groupes sont distincts et se juxtaposent vers une logique semi-autonome o&#249; les groupes coop&#232;rent, fonctionnent en r&#233;seau repose sur le d&#233;veloppement des r&#233;gulations autonomes intergroupes et du syst&#232;me de valeurs culturelles. Ces r&#233;gulations remettent en cause les principes de gouvernance classique au profit de l'autonomie, de la coop&#233;ration horizontale, propres &#224; la gouvernance participative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] REYNAUD JD (1993), Les r&#232;gles du jeu, l'action collective et la r&#233;gulation sociale, Paris, Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;sonance imaginaire entre le groupe et son environnement</title>
		<link>http://www.cedrea.net/Resonance-imaginaire-entre-le</link>
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		<dc:date>2006-04-03T15:53:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick OBERTELLI</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-">Recherches et r&#233;sultats acquis</category>

		<dc:subject>R&#233;sonnance &#233;motionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>Imaginaire</dc:subject>

		<description>Cette communication vise &#224; identifier et analyser des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance imaginaire entre des groupes et leur environnement. Deux exemples serviront de support &#224; l'amorce d'un approfondissement th&#233;orique, lequel sera d&#233;velopp&#233; en r&#233;f&#233;rence notamment aux travaux d'Elias CANETTI &#224; propos de ce qu'il a qualifi&#233; du d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre nom de &#171; masse &#187;, et articul&#233; avec ceux de Didier ANZIEU et al. relatifs au champ de l'imaginaire groupal. Je soulignerai (...)

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-" rel="directory"&gt;Recherches et r&#233;sultats acquis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Resonnance-emotionnelle-+" rel="tag"&gt;R&#233;sonnance &#233;motionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Imaginaire-+" rel="tag"&gt;Imaginaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette communication vise &#224; identifier et analyser des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance imaginaire entre des groupes et leur environnement. &lt;br /&gt;
Deux exemples serviront de support &#224; l'amorce d'un approfondissement th&#233;orique, lequel sera d&#233;velopp&#233; en r&#233;f&#233;rence notamment aux travaux d'Elias CANETTI &#224; propos de ce qu'il a qualifi&#233; du d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre nom de &#171; masse &#187;, et articul&#233; avec ceux de Didier ANZIEU et al. relatifs au champ de l'imaginaire groupal.&lt;br /&gt;
Je soulignerai &#233;galement les possibles effets de r&#233;gulation hom&#233;ostatique et d'inhibition de ces ph&#233;nom&#232;nes sur les groupes op&#233;rationnels. Nous nous interrogerons sur les variables permettant de restituer &#224; ces groupes leurs pleines capacit&#233;s d'actions, ce qui conduira &#224; d&#233;gager le r&#244;le essentiel de l'organisation du travail et du management.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;This communication aims to identify and analyse phenomena of imaginary resonance between groups and their environment.&lt;br /&gt;
Two examples will be the first basis of theoretical analysis, which will be developed referring notably to Elias CANETTI's research about what he called famously &#171; mass &#187;, and linked to with Didier ANZIEU's research related to &#171; imaginaire groupal &#187;.&lt;br /&gt;
I will also underline the possible effects of homeostatic regulation and inhibition of these phenomenons on the operational groups. We will ask ourselves about the variables allowing restituting the full ability of action to these groups ; this will lead to find out the essential role of work organization and management.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3&gt;Introduction&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Parmi les interactions entre un groupe et son environnement social et humain un ensemble particulier se dessine, celui des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance imaginaire. Ces ph&#233;nom&#232;nes, qui interviennent le plus souvent dans des groupes en milieu ouvert, sortent du cadre de la rationalit&#233; ordinaire prenant appui sur des interactions volontaires &#224; finalit&#233; op&#233;ratoire entre acteurs ou groupes d'acteurs sociaux. Ils s'expriment par mises en correspondance indirectes comportant des effets de similitude entre le groupe et l'environnement consid&#233;r&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces ph&#233;nom&#232;nes ne se laissent pas percevoir de fa&#231;on imm&#233;diate, pour des raisons que nous expliciterons ult&#233;rieurement. Soulignons toutefois que l'approche des rapports groupe - environnement dont il est ici question est peu usit&#233;e, et ne rel&#232;ve donc pas des mod&#232;les de compr&#233;hension habituels.
Voici tout d'abord deux situations de ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance imaginaire issues de recherches et de conseil que nous avons conduites, que nous caract&#233;riserons ensuite.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Deux situations de ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance imaginaire&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les deux exemples ont trait &#224; des travaux de recherche et de conseil sur le fonctionnement de groupes op&#233;rationnels ayant des missions de police et de maintien de l'ordre en milieu suburbain [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='OBERTELLI P. (2004), Habilitation &#224; diriger des recherches en sociologie, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Des entretiens individuels et collectifs ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s aupr&#232;s des personnels de ces groupes. L'analyse th&#233;matique des entretiens et l'approche dynamique des encha&#238;nements th&#233;matiques de chaque entretien ont permis de mettre en relief l'existence de repr&#233;sentations de la part du groupe op&#233;rationnel selon des formes qui par ailleurs caract&#233;risent le milieu externe constituant l'environnement de travail du groupe op&#233;rationnel.&lt;br /&gt;
Ce dont il est question ici est l'&#233;tude des processus psychiques individuels et collectifs relatifs aux repr&#233;sentations des situations et d'eux dans ces situations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Situation dite des &#171; flux indiff&#233;renci&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un groupe op&#233;rationnel op&#232;re dans une vaste r&#233;gion o&#249; se situe un axe de forts d&#233;placements de populations, et o&#249; les populations d&#233;linquantes elles-m&#234;mes ne sont pas fix&#233;es &#224; un &#171; territoire &#187; donn&#233;. Les personnels du groupe op&#233;rationnel et leur hi&#233;rarchie d&#233;crivent les d&#233;linquants comme un ensemble indiff&#233;renci&#233;, faisant preuve d'une grande mobilit&#233;. La connaissance de ces populations est floue. Peu de familles ou d'individus sont identifi&#233;s ; les hi&#233;rarchiques parlent de &#171; la d&#233;linquance &#187;.&lt;br /&gt;
Pour r&#233;pondre &#224; cette mobilit&#233; de la d&#233;linquance, le responsable hi&#233;rarchique de la r&#233;gion a instaur&#233; un mode de gestion centr&#233; sur la gestion des flux, notamment par la mise en place d'une organisation associant plusieurs groupes op&#233;rationnels. Les hi&#233;rarchiques du groupe op&#233;rationnel &#233;tudi&#233;, pour leur part, disent travailler sur la mati&#232;re et non sur les hommes.&lt;br /&gt;
Par ailleurs les activit&#233;s de ces groupes op&#233;rationnels sont articul&#233;es &#224; celles d'autres acteurs des forces de maintien de l'ordre, ce qui rend plus complexe la coordination des actions des diff&#233;rents acteurs sur la m&#234;me r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Se r&#233;f&#233;rer &#224; un environnement &#233;largi &#224; un ensemble de plusieurs groupes op&#233;rationnels rend plus difficile la perception d'un territoire propre &#224; l'unit&#233; op&#233;rationnelle. Selon son responsable, celle-ci est, &#171; noy&#233;e &#187;, les personnels se per&#231;oivent comme une partie d'un tout peu diff&#233;renci&#233; et comme interchangeables. Les probl&#233;matiques individuelles et collectives sont aiguis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, cette premi&#232;re situation appara&#238;t une m&#234;me forme o&#249; il est question de flou, &lt;i&gt;d'indiff&#233;renciation des personnes, de perception globale et non individualis&#233;e des personnes&lt;/i&gt;, caract&#233;risant la population d&#233;linquante, et la situation propre des membres de l'&#233;quipe op&#233;rationnelle.&lt;br /&gt;
Notons au passage que cette situation pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t tout particulier car elle interroge la fa&#231;on de penser l'organisation du travail afin que celle-ci soit &#224; la fois adapt&#233;e aux situations de d&#233;linquance rencontr&#233;e, mais &#233;galement permette d'&#233;viter ces sentiments d'indiff&#233;renciation rencontr&#233;s par les personnels qui &#233;trangement se situent en &#171; miroir &#187; de la perception de l'environnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Situation dite du &#171; lieu de l'oubli &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un autre groupe op&#233;rationnel, les repr&#233;sentations de soi-m&#234;me et de l'environnement se trouvent &#233;trangement m&#234;l&#233;es.&lt;br /&gt;
Dans ce milieu suburbain, la ville avait &#233;t&#233; con&#231;ue pour recevoir une population d'un effectif largement sup&#233;rieur &#224; ce qu'il est en r&#233;alit&#233;, les projets de d&#233;veloppement pr&#233;vus initialement n'ayant pu &#234;tre r&#233;alis&#233;s. Les logements vacants, en nombre compte tenu du surdimensionnement des constructions, ont servi &#224; reloger des populations en difficult&#233;s &#233;conomiques.&lt;br /&gt;
Le climat d&#233;pressif de la r&#233;gion s'appuie sur une architecture qui rappelle &#224; tout instant le d&#233;veloppement non r&#233;alis&#233; de la ville. La figure embl&#233;matique est la gare, situ&#233;e au milieu des champs de culture, alors qu'elle devait se trouver au centre ville. Ce climat est aussi en lien avec la situation d'une partie de la population rel&#233;gu&#233;e dans la r&#233;gion pour des raisons socio-&#233;conomiques.
Une repr&#233;sentation du milieu de travail prend une forme voisine dans le groupe op&#233;rationnel, dont les membres seraient en quelque sorte oubli&#233;s et d&#233;laiss&#233;s par l'institution. Bien s&#251;r, ce v&#233;cu &#224; dominante d&#233;pressive est surtout port&#233; par les personnels les plus en difficult&#233;, notamment des personnels affect&#233;s d'office ou nomm&#233;s depuis longtemps dans ce lieu, ce qui est alors interpr&#233;t&#233; dans le registre de l'abandon par les int&#233;ress&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette repr&#233;sentation de leur situation professionnelle se double d'une tendance &#224; d&#233;velopper une image d&#233;grad&#233;e de soi, contre laquelle les personnels luttent.&lt;br /&gt;
A titre d'exemple plusieurs professionnels se sont insurg&#233;s contre l'insalubrit&#233; des lieux de vie de certaines personnes, photos d'un appartement couvert d'immondices &#224; l'appui.&lt;br /&gt;
Au-del&#224; de la r&#233;alit&#233; objective des situations d&#233;crites, il nous est apparu que la violence exprim&#233;e par les personnes interview&#233;es et la focalisation sur des situations de d&#233;socialisation profonde sont significatives d'un ressenti qui les touche personnellement tr&#232;s profond&#233;ment. Nous faisons deux hypoth&#232;ses pour &#233;clairer ces attitudes.&lt;br /&gt;
La premi&#232;re se situe dans le registre de l'activit&#233; imaginaire. Ce que refusent ces personnes au travers des descriptions, c'est une repr&#233;sentation d&#233;pr&#233;ci&#233;e d'eux-m&#234;mes qui s'insinue progressivement et contre laquelle ils se d&#233;fendent.
La seconde hypoth&#232;se est que la perte de rep&#232;res sociaux de la part de personnes en forte marginalit&#233; sociale a des effets de fragilisation des professionnels. La confrontation r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; des comportements d&#233;viants de r&#232;gles sociales &#233;l&#233;mentaires (hygi&#232;ne, violence domestique, transgression de tabous sexuels,..) met &#224; rude &#233;preuve la stabilit&#233; personnelle.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Les caract&#233;ristiques du ph&#233;nom&#232;ne&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Venons en &#224; pr&#233;sent &#224; l'analyse de ces ph&#233;nom&#232;nes et leur compr&#233;hension. Les deux situations rapport&#233;es font &#233;tat de deux niveaux d'information. Pour reprendre les niveaux de d&#233;veloppement de la connaissance scientifique (LIU, 1997) [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='LIU M. (1997), Fondements et pratiques de la recherche-action, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], nous r&#233;servons &#224; la fin de la pr&#233;sentation l'&#233;vocation de pistes relatives &#224; la pr&#233;dictibilit&#233; d'apparition du ph&#233;nom&#232;ne et &#224; celui d'une influence possible sur celui-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier niveau d'information est celui des repr&#233;sentations de l'environnement et de celles de la situation des personnes. Ce qui frappe dans les deux cas, ce sont les correspondances des formes structurant la repr&#233;sentation de l'environnement d'une part, celles du groupe op&#233;rationnel et de soi-m&#234;me de l'autre :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; pour la premi&#232;re situation, le milieu de la d&#233;linquance est fluctuant, non stabilis&#233;, peu rep&#233;r&#233;. Les gendarmes, quant &#224; eux, vivent leur brigade noy&#233;e, les rep&#232;res sont perdus dans la nouvelle organisation, les personnes se vivent comme interchangeables.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour ce qui est de la seconde, &#224; une ville d&#233;laiss&#233;e, dans un avenir arr&#234;t&#233; net en cours de route, avec des personnes d&#233;munies se sentant exclues de la soci&#233;t&#233;, fait face un groupe op&#233;rationnel dont les caract&#233;ristiques d'isolement dominent, associ&#233;s &#224; un sentiment de d&#233;laissement, voire d'abandon.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Les repr&#233;sentations de l'environnement sont des construits collectifs au sein du groupe, et en liaison avec les autres acteurs de la r&#233;gion et ceux internes de l'institution. Celles-ci s'appuient au moins pour partie sur des &#233;l&#233;ments de r&#233;alit&#233; construite sur une connaissance historique de la r&#233;gion ; nous n'excluons en rien que ces repr&#233;sentations puissent pour partie &#234;tre &#233;galement imagin&#233;es. Remarquons de plus, et ce fait est essentiel, que dans les deux situations, les rep&#232;res organisationnels et de fonctionnement interne du groupe op&#233;rationnel sont alt&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le second niveau est celui de l'&#233;tat &#233;motionnel dans lequel se trouvent les gens du groupe. Il se caract&#233;rise dans les deux cas par une forte intensit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, nous pouvons identifier en l'&#233;tat actuel de nos connaissances certaines caract&#233;ristiques d'un ph&#233;nom&#232;ne de r&#233;sonance imaginaire :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Les membres du groupe identifient la situation qu'ils vivent par une ou des caract&#233;ristiques isomorphes &#224; certaines caract&#233;ristiques qu'ils rep&#232;rent dans leur environnement. Ces derni&#232;res peuvent &#234;tre objectivement observ&#233;es ou d'origine fantasmatique&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cette identification para&#238;t souvent associ&#233;e &#224; une image (ex : des flux indiff&#233;renci&#233;s, la ville oubli&#233;e)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les membres du groupe n'ont le plus souvent pas conscience de l'existence de la correspondance isomorphique entre les formes des repr&#233;sentations&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ces repr&#233;sentations sont associ&#233;es &#224; un &#233;tat affectif intense&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Il est &#224; pr&#233;sent temps d'avancer des hypoth&#232;ses de compr&#233;hension de ces ph&#233;nom&#232;nes.&lt;br /&gt;
Je souhaite ici envisager la r&#233;ponse &#224; deux types de questions :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; quelle est la nature de la correspondance entre les repr&#233;sentations de l'environnement et de leur propre milieu par les personnes du groupe ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; quel sens attribuer &#224; l'&#233;tat &#233;motionnel intense suscit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Ouvrons juste au pr&#233;alable une parenth&#232;se pour diff&#233;rencier ces ph&#233;nom&#232;nes d'autres types de ph&#233;nom&#232;nes &#233;tudi&#233;s &#224; propos des relations entre groupes et leur environnement social. Dans la litt&#233;rature scientifique, le fonctionnement d'un groupe est souvent consid&#233;r&#233; comme repr&#233;sentatif de celui de la soci&#233;t&#233; d'appartenance des membres du groupe. En formation et dans des pratiques d'accompagnement de changements, c'est m&#234;me un postulat de base, souvent non explicit&#233;, d'agir sur l'&#233;volution des conduites &#224; l'int&#233;rieur de petits groupes, de fa&#231;on &#224; tenter d'influencer par ce moyen la soci&#233;t&#233; dans son ensemble [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='OBERTELLI P. et Z&#196;H A. (novembre-d&#233;cembre 2000), &#171; Entretien Didier Anzieu (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] .&lt;br /&gt;
Cette analyse, que nous qualifierons de type &#171; m&#233;tonymique &#187;, a montr&#233; sa pertinence dans nombre de cas. Elle concerne des types de groupes dans des conditions sp&#233;cifiques. Il s'agit donc l&#224; d'un mode particulier et non g&#233;n&#233;ral de relations d'un groupe &#224; son environnement.&lt;br /&gt;
Les ph&#233;nom&#232;nes qui font l'objet de la pr&#233;sente communication sont de nature diff&#233;rente ; le postulat de reproduction du fonctionnement soci&#233;tal &#224; l'&#233;chelle du groupe est d'embl&#233;e invalid&#233; ne serait-ce que par le fait que &lt;i&gt;les groupes dont il est question ne constituent pas des sous-ensembles repr&#233;sentatifs des populations environnantes, et qu'ils ont des missions, r&#232;gles et modes de fonctionnement induisant des conduites sp&#233;cifiques&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
Revenons &#224; la premi&#232;re des deux questions &#233;nonc&#233;es pr&#233;c&#233;demment. Du point de vue cognitif, les repr&#233;sentations de l'environnement et du milieu propre de travail se r&#233;f&#232;rent &#224; une forme structurelle qui est suffisamment commune, une &#171; forme pr&#233;gnante &#187; pour reprendre le concept de Ren&#233; THOM [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='THOM Ren&#233; (1991), Saillance et pr&#233;gnance, pp. 64-82, L'inconscient et (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pr&#233;gnance de cette forme s'impose par des donn&#233;es objectives appartenant &#224; l'environnement ou &#224; la situation de personnels du groupe op&#233;rationnel. Dans l'une des situations, l'isolement de cette ville dont les projet sont arr&#234;t&#233;s en cours de route, un groupe op&#233;rationnel dont le responsable n'a pas encore &#233;t&#233; remplac&#233; depuis plusieurs mois, certains personnels non mut&#233;s depuis des ann&#233;es malgr&#233; leurs demandes r&#233;it&#233;r&#233;es sont des donn&#233;es qui convergent dans une m&#234;me forme d'isolement et d'absence de futur. On peut &#233;galement penser que cette forme devient d'autant plus pr&#233;sente qu'elle s'applique &#224; diff&#233;rents milieux, donc plus signifiante pour rendre compte de cette r&#233;alit&#233; v&#233;cue. Les professionnels se per&#231;oivent de plus en plus comme faisant partie contre leur volont&#233; d'une m&#234;me situation d'ensemble que celle qu'ils per&#231;oivent dans leur environnement. Pour reprendre la terminologie de Ren&#233; THOM, la perception interne du fonctionnement du groupe op&#233;rationnel sur un fond de tonalit&#233; voisine ne permet pas une saillance distinctive de la dite perception.&lt;br /&gt;
Cette analyse &#224; elle seule ne saurait suffire, loin s'en faut, pour rendre compte de l'apparition de formes semblables dans des milieux s&#233;par&#233;s et si diff&#233;rents. Il me semble que l&#224; est la question centrale : comment se fait-il que malgr&#233; les diff&#233;rences notoires entre le groupe et son environnement de telles forces se manifestent, tendent &#224; ramener au m&#234;me deux milieux aussi dissemblables ?&lt;br /&gt;
Paraissent ainsi s'exprimer des forces de r&#233;gulation hom&#233;ostatique qui s'op&#232;rent sur ces groupes op&#233;rationnels en milieu ouvert, qui tendent &#224; niveler les modes de repr&#233;sentations sur une base commune s'articulant &#224; des ressentis &#233;motionnels voisins. &lt;i&gt;Les personnes sont tir&#233;es vers cette tendance &#224; faire partie d'un tout avec leur environnement alors que les fonctions sociales, les r&#244;les diff&#232;rent profond&#233;ment. Sont ainsi en oeuvre des forces de liaisons qui s'expriment ind&#233;pendamment de la volont&#233; des personnes. Elles s'expriment au-del&#224; des diff&#233;rences majeures des populations concern&#233;es&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces forces internes, qui sont de v&#233;ritables lignes de fond du fonctionnement humain ont &#233;t&#233; clairement mises &#224; jour par Elias CANETTI. Un d&#233;tour par cet auteur mettra davantage en relief certaines facettes des ph&#233;nom&#232;nes dont nous tentons de rendre compte.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Ph&#233;nom&#232;nes de correspondance comportementale et &#233;motionnelle d&#233;crits par Elias CANETTI&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Elias CANETTI a analys&#233;, par une approche culturelle et anthropologique, les ph&#233;nom&#232;nes de conduites collectives &#224; l'int&#233;rieur des foules, et &#233;galement entre groupes sociaux.&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage &lt;i&gt;Masse et puissance&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='CANETTI E. (trad. 1966), Masse et puissance, Gallimard (Paris).' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;], il d&#233;veloppe le concept de masse double et fait &#233;tat de deux t&#233;moignages. Il cite Jean de Lery, jeune Huguenot fran&#231;ais qui fut t&#233;moin en 1557 d'une grande f&#234;te chez une tribu de topinambous du Br&#233;sil. Le groupe des hommes, celui des femmes et celui des enfants &#233;taient tous trois r&#233;partis dans des logis diff&#233;rents. Jean de Lery &#233;tait avec le groupe de femmes au nombre d'environ deux cents. A l'&#233;coute de cris rituels et de mouvements de la part des hommes, les femmes se sont mises &#233;galement &#224; sauter en rythme ensemble, &#224; crier.&lt;br /&gt;
Elias CANETTI :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p&gt;&#171; Les hommes et les femmes sont donc strictement s&#233;par&#233;s, dans des maisons diff&#233;rentes qui sont pourtant rapproch&#233;es. Ils ne peuvent pas se voir, mais chaque groupe n'en tend que mieux l'oreille au bruit fait par les autres. Ils poussent les m&#234;mes cris et s'exaltent gr&#226;ce &#224; eux &lt;i&gt;jusqu'&#224; un &#233;tat d'&#233;motion de masse qui leur est commun&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Un autre exemple &#233;difiant, qui t&#233;moigne de la concomitance de pens&#233;e entre groupes, date de la premi&#232;re partie du si&#232;cle dernier :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p&gt;&#171; On appelle &lt;i&gt;mirary&lt;/i&gt;, &#224; Madagascar, une ancienne danse des femmes, qui ne peut se danser qu'&#224; l'instant du combat. Quand une bataille &#233;tait annonc&#233;e, les femmes &#233;taient pr&#233;venues par des messagers. Elles d&#233;faisaient alors leurs cheveux et commen&#231;aient la danse, &#233;tablissant de cette mani&#232;re une communication avec les hommes. En 1914, lorsque les allemands march&#232;rent sur Paris, les femmes de Tananarive dans&#232;rent le mirary pour prot&#233;ger les soldats fran&#231;ais. Il semble avoir fait son effet en d&#233;pit de la distance. &#187;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Ces t&#233;moignages mettent l'accent sur le fait que les conduites sont effectu&#233;es au m&#234;me moment dans les deux groupes. Ce qui est recherch&#233;, c'est un &#233;tat &#233;motionnel commun, dans un contexte o&#249; les groupes sont non seulement physiquement s&#233;par&#233;s, mais compos&#233;s de personnes relevant de deux cat&#233;gories diff&#233;rentes, les hommes et les femmes. Malgr&#233; la s&#233;paration physique et identitaire des deux groupes, ces conduites permettent le maintien d'un &#233;prouv&#233; commun dans un temps commun. Qui plus est, elles affichent cette intentionnalit&#233; de vivre une exp&#233;rience commune. A mon sens, Elias CANETTI a mis &#224; jour un fondement majeur de r&#233;gulation sociale, l'expression de conduites qui tendent, au-del&#224; des singularit&#233;s groupales, &#224; favoriser l'appartenance &#224; un tout. Les relations humaines sont aussi affaire de correspondances &#233;motionnelles entre les individus, lesquelles op&#232;rent un facteur de lien social ind&#233;fectible.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;R&#233;sonance et investissements imaginaires&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les observations relat&#233;es par Elias CANETTI &#233;tayent ponctuellement la th&#233;matique d'&#233;tude plus globale de la dynamique de comportements de masse et des syst&#232;mes de repr&#233;sentations qui les sous-tendent, notamment les symboles. Je fais l'hypoth&#232;se que les ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance identifi&#233;s dans ces travaux sont pour partie l'expression de forces de cette nature. Celles-ci produisent des effets hom&#233;ostatiques &#224; l'insu de la conscience et de la volont&#233; des membres des groupes op&#233;rationnels.&lt;br /&gt;
En rester &#224; ce niveau d'analyse ne rend toutefois pas compte de l'intensit&#233; des affects en jeu. De fait, les membres des groupes op&#233;rationnels se repr&#233;sentent leur situation de fa&#231;on amplifi&#233;e, sous l'effet de cette mise au regard de leur environnement. D'un point de vue terminologique, j'ai choisi le terme de r&#233;sonance pour qualifier ce ph&#233;nom&#232;ne non pour faire r&#233;f&#233;rence &#224; la notion d'&#233;cho, mais pour l'acception qu'il d&#233;tient du fait de sa racine latine, &#224; savoir &#171; la propri&#233;t&#233; d'accro&#238;tre la dur&#233;e ou l'intensit&#233; du son que poss&#232;dent certains objets, certains milieux &#187; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Dictionnaires Le Robert (1992), Dictionnaire historique de la langue (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]. Utilis&#233; m&#233;taphoriquement dans le cas pr&#233;sent, je veux mettre l'accent sur l'effet d'amplification du ressenti associ&#233; aux repr&#233;sentations.&lt;br /&gt;
La force de la r&#233;sonance renvoie selon moi &#224; l'impact imaginaire de la situation sur les sujets et le collectif de travail. Si les objets de pens&#233;e sont &#233;labor&#233;s dans un environnement de repr&#233;sentations sociales, elles sont &#233;galement l'objet d'investissements imaginaires et fantasmatiques.&lt;br /&gt;
Didier ANZIEU et ses coll&#232;gues du CEFFRAP ont ouvert la voie de ce type d'approches et explor&#233; l'activit&#233; imaginaire des groupes [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple : ANZIEU D. (1984), Le groupe et l'inconscient : (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;], et en particulier en situation d'isolement. Dans un contexte o&#249; le groupe est centr&#233; sur sa dynamique interne, se d&#233;ploie une activit&#233; fantasmatique &#224; l'int&#233;rieur du groupe r&#233;sultant des fantasmatiques individuelles et donnant naissance &#224; des fantasmes groupaux qui sont de v&#233;ritables canalisateurs des &#233;nergies et conduites collectives. Sous l'effet de cette activit&#233; fantasmatique, les perceptions de l'environnent par le groupe, du fait de son isolement, peuvent se trouver tr&#232;s d&#233;cal&#233;es de la r&#233;alit&#233; de cet environnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ce qui est de nos travaux, les sc&#233;narios imaginaires g&#233;n&#233;r&#233;s par l'activit&#233; fantasmatique expriment des anxi&#233;t&#233;s et angoisses fortes chez les sujets, li&#233;es &#224; la d&#233;personnalisation (sentiment d'indiff&#233;renciation, perte d'identit&#233;) ou encore l'abandon. Dans les deux situations, l'expression des ressentiments et les d&#233;fenses t&#233;moignent de cette activit&#233; fantasmatique.&lt;br /&gt;
Les interactions psychiques &#224; l'int&#233;rieur du groupe op&#233;rationnel favorisent l'&#233;mergence de ces fantasmes de groupe, mais le mat&#233;riel que nous avons par ailleurs recueilli lors de ces recherches nous incite &#224; penser que d'autres personnes, issues de la r&#233;gion ou de l'institution d'appartenance du groupe, ont pu &#233;galement jouer un r&#244;le dans ces constructions psychiques.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Facteurs favorables &#224; l'apparition de ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance imaginaire&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous sommes peu en mesure dans le cadre des pr&#233;sents travaux d'explorer plus avant cette probl&#233;matique. Nous sommes en effet plus dans le cadre de l'identification d'une famille de ph&#233;nom&#232;nes et de d&#233;termination de premi&#232;res pistes d'analyse que d'&#233;tude exhaustive de ces ph&#233;nom&#232;nes. Rappelons que ceux-ci sont apparus dans nos champs de recherche de fa&#231;on fortuite. Il n'y avait pas a priori volont&#233; de les &#233;tudier puisque nous n'en connaissions pas l'existence pr&#233;alable, et le dispositif de recherche n'avait pas &#233;t&#233; pens&#233; pour &#233;tudier sp&#233;cifiquement ces types de ph&#233;nom&#232;nes.&lt;br /&gt;
Nous pouvons toutefois faire le constat majeur que l'affaiblissement des cadres structurants favorise l'apparition du ph&#233;nom&#232;ne, que ce soit une &#233;volution dans l'organisation dont les nouveaux rep&#232;res ne sont pas int&#233;gr&#233;s ou le fait que le groupe op&#233;rationnel n'ait plus son principal responsable pendant une dur&#233;e significative, sont des facteurs de d&#233;stabilisation de la dynamique collective et d'ouverture d'une activit&#233; imaginaire en d&#233;calage avec la r&#233;alit&#233;. Nous retrouvons en cela les travaux de Didier ANZIEU &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt;, l'activit&#233; imaginaire inconsciente des groupes se d&#233;veloppant dans le cadre d'un dispositif dont les r&#232;gles &#233;taient minimales. De plus, notons que les objectifs assign&#233;s aux groupes &#233;taient tourn&#233;es vers l'analyse du fonctionnement interne du groupe et non vers l'externe.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Sortir d'un ph&#233;nom&#232;ne de r&#233;sonance imaginaire&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il est clair qu'un groupe pris dans un ph&#233;nom&#232;ne de r&#233;sonance imaginaire aura tendance &#224; perdre une partie de ses capacit&#233;s d'actions sur le r&#233;el. D&#232;s lors se pose la question de la sortie d'une telle influence.&lt;br /&gt;
En l'&#233;tat actuel de nos r&#233;flexions, trois axes se dessinent. Le premier est celui de la prise de conscience par les personnels de l'activit&#233; imaginaire dans laquelle ils sont &#171; pris &#187;. La sensibilisation &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes peut aider &#224; les rep&#233;rer lorsqu'ils apparaissent ; une vision par un tiers externe &#224; l'&#233;quipe et apte &#224; les identifier &#233;galement. Cette personne peut &#234;tre externe &#224; l'institution ou y appartenir. La hi&#233;rarchie, pour peut qu'elle ait un recul suffisant - favoris&#233; par exemple par un comit&#233; de direction, sa hi&#233;rarchie ou autre - peut &#233;galement jouer ce r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notons que la prise de conscience de ce ph&#233;nom&#232;ne de r&#233;sonance imaginaire permet aux professionnels concern&#233;s de s'en d&#233;gager, pouvant ainsi induire des effets de m&#234;me nature sur les personnes en relation avec eux.
Le second axe est &#233;videmment la restauration d'une forme d'organisation du travail et d'un mode de management qui fixe &#224; la fois un cadre structurant pour les personnels et permette un fonctionnement adapt&#233; de l'&#233;quipe. L'enjeu, au-del&#224; de la recherche de l'efficacit&#233; op&#233;rationnelle du groupe, est de restaurer la capacit&#233; de l'institution &#224; contenir les anxi&#233;t&#233;s des individus, r&#244;le de l'institution initialement mis &#224; jour dans les travaux de recherche d'Elliott JACQUES [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='JAQUES E. (trad.1972), Intervention et changement dans l'entreprise, (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]. De plus, les micro-cultures [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='LIU M. (1981), &#171; Technologie, organisation du travail et comportement des (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;] de ces groupes op&#233;rationnels, dont pour nos exemples une fonction essentielle est d'aider &#224; g&#233;rer les risques, jouent &#233;galement un r&#244;le structurant contribuant &#224; la contenance des anxi&#233;t&#233;s. De fait, pour &#234;tre pertinente, l'animation de l'&#233;quipe doit d'ailleurs int&#233;grer ces micro-cultures comme une composante forte.&lt;br /&gt;
Notons, &#224; propos de la situation &#171; le lieu de l'oubli &#187;, que des mesures &#233;nergiques en mati&#232;re d'encadrement et d'organisation avaient &#233;t&#233; prises peu de temps apr&#232;s notre intervention. Lors de la restitution effectu&#233;e aupr&#232;s de ce groupe op&#233;rationnel environ huit mois apr&#232;s notre intervention, les effets sur la dynamique du groupe ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement sensibles. Les ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sonance ont c&#233;d&#233; face aux rep&#232;res solides mis en place et l'attention port&#233;e aux personnels. L'activation de ce type de variables sur le fonctionnement imaginaire &#171; irrationnel &#187; des groupes a montr&#233; ici toute sa pertinence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le troisi&#232;me axe est l'augmentation de la connaissance de l'environnement par le groupe op&#233;rationnel. De fait, des groupes exer&#231;ant des missions de police et de maintien de l'ordre en milieu suburbain sont peu ou prou isol&#233;s par rapport &#224; cet environnement. L'acquisition d'une meilleure connaissance du milieu et le d&#233;veloppement des capacit&#233;s d'action sont de nature &#224; att&#233;nuer ou supprimer des repr&#233;sentations imaginaires discordantes avec la situation r&#233;elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ce faire, l&#224; encore l'organisation du travail et le management de l'&#233;quipe jouent un r&#244;le premier.&lt;br /&gt;
En d&#233;finitive, les pistes d'actions induisent des principes &#224; la fois diff&#233;renciateurs, structurants et stabilisateurs des relations entre le groupe et son environnement, qui permettent aux personnes du groupe de se r&#233;approprier une fonction dynamique en rapport avec leurs r&#244;les et leurs missions. Nous noterons non sans int&#233;r&#234;t que les variables d'animation d'&#233;quipe et d'organisation agissent sur le d&#233;veloppement d'une repr&#233;sentation collective affirm&#233;e des dimensions du temps et de l'espace, ce qui est un facteur de coh&#233;rence fort. Dit en d'autres termes, la structuration spatio-temporelle collective est un axe essentiel d'identit&#233; et de dynamique collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] OBERTELLI P. (2004), &lt;i&gt;Habilitation &#224; diriger des recherches en sociologie&lt;/i&gt;, Annexe 3, Universit&#233; de Paris IX - Dauphine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] LIU M. (1997), &lt;i&gt;Fondements et pratiques de la recherche-action&lt;/i&gt;, L'Harmattan (Paris).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] OBERTELLI P. et Z&#196;H A. (novembre-d&#233;cembre 2000), &#171; Entretien Didier Anzieu &#224; propos d'une formation en milieu militaire &#187;, pp.779-786, &lt;i&gt;Bulletin de Psychologie&lt;/i&gt;, tome 53-6 (Paris).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] THOM Ren&#233; (1991), &lt;i&gt;Saillance et pr&#233;gnance&lt;/i&gt;, pp. 64-82, &lt;i&gt;L'inconscient et la science&lt;/i&gt;, Dunod (Paris).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] CANETTI E. (trad. 1966), &lt;i&gt;Masse et puissance&lt;/i&gt;, Gallimard (Paris).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Dictionnaires Le Robert (1992), &lt;i&gt;Dictionnaire historique de la langue fran&#231;aise&lt;/i&gt;, p.1783, (Paris).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Par exemple :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; ANZIEU D. (1984), &lt;i&gt;Le groupe et l'inconscient : l'imaginaire groupal&lt;/i&gt;, Dunod (Paris),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ANZIEU D. &lt;i&gt;et al&lt;/i&gt; (1976),&lt;i&gt;Le travail psychanalytique dans les groupes&lt;/i&gt;, Dunod (Paris).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] JAQUES E. (trad.1972), &lt;i&gt;Intervention et changement dans l'entreprise&lt;/i&gt;, Dunod (Paris).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] LIU M. (1981), &#171; Technologie, organisation du travail et comportement des salari&#233;s &#187;, pp. 205-222, &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de Sociologie&lt;/i&gt;, Editions du CNRS, XXII (Paris).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dynamiques et cadres organisationnels dans les activit&#233;s sociales</title>
		<link>http://www.cedrea.net/Dynamiques-et-cadres</link>
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		<dc:date>2006-03-26T16:34:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin GRASSINEAU</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-">Recherches en cours </category>

		<dc:subject>Dynamiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux coop&#233;ratifs</dc:subject>
		<dc:subject>Convivialit&#233; (Illich)</dc:subject>
		<dc:subject>Logiciels libres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une r&#233;flexion sociologique sur les dynamiques dans les activit&#233;s sociales, et notamment dans les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-" rel="directory"&gt;Recherches en cours &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Dynamiques-sociales-+" rel="tag"&gt;Dynamiques sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Reseaux-cooperatifs-+" rel="tag"&gt;R&#233;seaux coop&#233;ratifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Convivialite-Illich-+" rel="tag"&gt;Convivialit&#233; (Illich)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Logiciels-libres-+" rel="tag"&gt;Logiciels libres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : Partant de l'id&#233;e que les activit&#233;s sociales &#233;taient mues par un syst&#232;me de dynamiques, nous avons observ&#233; que les propri&#233;t&#233;s de ce syst&#232;me d&#233;terminaient la nature des cadres organisationnels dans lesquels une activit&#233; allait se d&#233;rouler. L'&#233;tude des activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels, nous a &#233;galement permis de montrer que ces propri&#233;t&#233;s d&#233;coulaient des interactions entre les acteurs qui cherchent &#224; influer sur le cours de ces dynamiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : Social activities take place in a complex collection of dynamics which are interplaying. Consequently, they are moved by a system of dynamics. Those system's dynamic properties are resulting of interplays between actors trying to influence their direction. While observing cooperatives networks, it appears that organisational pattern's in which activities are made, are determined by this system's dynamic properties.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La progression des r&#233;seaux coop&#233;ratifs dans des secteurs d'activit&#233;s traditionnellement domin&#233;s par la r&#233;gulation marchande ou institutionnelle a &#233;t&#233; l'un des faits marquants de ces derni&#232;res d&#233;cennies. &#192; l'oppos&#233;, certains secteurs d'activit&#233;s, autrefois r&#233;gul&#233;s sur le mode du r&#233;seau coop&#233;ratif, se sont profond&#233;ment marchandis&#233;s ou institutionnalis&#233;s. Cette &#233;volution dans le partage des activit&#233;s productives questionne le chercheur sur un sujet qui est longtemps demeur&#233; inexplor&#233; en sciences sociales. Comment est-il possible qu'au sein d'un m&#234;me contexte culturel et technologique, une activit&#233; puisse se pratiquer au sein de diff&#233;rents cadres organisationnels ? Et, questions qui se rattachent &#224; celle-ci. Comment se r&#233;partissent ces diff&#233;rents cadres ? Comment leurs fronti&#232;res fluctuent ? Comment se constituent-ils et comment interagissent-ils entre eux ? Nous allons proposer ici un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; ces questions, en montrant que la nature des dynamiques et des relations entre les dynamiques qui traversent une activit&#233;, d&#233;termine en partie les cadres organisationnels dans lesquels cette activit&#233; va se pratiquer.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Syst&#232;me de dynamiques&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Une organisation, un syst&#232;me ou un secteur d'activit&#233;, sont travers&#233;s en permanence par une multitude de dynamiques : dynamiques financi&#232;res, communautaires, d'innovation, de r&#233;gulation, d'observation, d'ouverture, de destruction, etc. Il y a donc potentiellement tout un champ d'exploration dans l'&#233;tude de ces dynamiques. Toutefois, il faut bien reconna&#238;tre que le sens du terme est relativement incertain. Pour le clarifier, nous avons &#233;tudi&#233; la fa&#231;on dont l'expression &#171; une dynamique &#187; est employ&#233;e dans son sens courant. Il appara&#238;t alors qu'une dynamique se caract&#233;rise de six mani&#232;res (les exemples sont tir&#233;s d'une recherche Internet) :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;le domaine dans lequel elle se d&#233;roule&lt;/i&gt;. On parle ainsi d'une dynamique fiscale, locale, mondiale, internationale, territoriale, spatio-temporelle, interne, externe, foresti&#232;re, scientifique&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;la nature des changements observ&#233;s ou vis&#233;s&lt;/i&gt;. Par exemple, une dynamique de progression, d'innovation, d'ouverture, de fermeture, de diversification, de paix, de recul, d'&#233;croulement, de fonctionnement&#8230; ; une dynamique de concertation, de r&#233;flexion, de n&#233;gociation&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;ses qualit&#233;s intrins&#232;ques&lt;/i&gt;. Une dynamique peut &#234;tre positive, forte, constructive, durable, in&#233;luctable, permanente, complexe, stochastique, pervertie, contraire, r&#233;versible, irr&#233;versible&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;l'&#233;tat du processus&lt;/i&gt;. Une dynamique se retrouve en panne, en &#233;chec, en cours, elle s'essouffle, est lanc&#233;e, relanc&#233;e, d&#233;butante, confirm&#233;e, se poursuit, s'&#233;tend, s'att&#233;nue, se r&#233;pand&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;son action et les effets qu'elle induit&lt;/i&gt;. Une dynamique peut en effet agir, soumettre, induire, cr&#233;er, modifier, obliger, d&#233;truire, avoir un impact sur&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;l'action ou l'attitude qu'on peut avoir envers elle&lt;/i&gt;. On va mettre en oeuvre, impulser, rechercher, s'inscrire dans, maintenir, subir, renforcer, &#234;tre pour, critiquer une dynamique&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de ces donn&#233;es, esquissons &lt;i&gt;la d&#233;finition d'une dynamique&lt;/i&gt;. Une dynamique est une succession de faits, d'actes ou de changements, qui affectent un syst&#232;me selon une certaine temporalit&#233;, et qui se d&#233;roulent sur un ou plusieurs &lt;i&gt;niveaux&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Individuel ou collectif, endog&#232;ne ou exog&#232;ne, local ou global, court-terme (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;] et &lt;i&gt;domaines&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Discours, pratiques, r&#232;gles d'organisation sociale, r&#232;gles de (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;] donn&#233;s. Elle suit en outre une &lt;i&gt;trajectoire&lt;/i&gt; : les faits s'encha&#238;nent d'une certaine mani&#232;re et peuvent &#234;tre ordonn&#233;s. Sa &lt;i&gt;fronti&#232;re&lt;/i&gt; d&#233;pend des niveaux, domaines ou syst&#232;mes o&#249; les changements ont lieu. Enfin, une dynamique produit des &lt;i&gt;effets&lt;/i&gt; sur le syst&#232;me, sur son environnement et sur d'autres dynamiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes alors en pr&#233;sence d'&#233;l&#233;ments (les dynamiques) qui interagissent entre eux, et qui concourent en s'appliquant &#224; un syst&#232;me social &#224; produire des effets sur lui. Pour &#233;tudier leurs &lt;i&gt;interactions&lt;/i&gt;, il est alors commode d'introduire la notion de &lt;i&gt;syst&#232;me de dynamiques&lt;/i&gt;. Les limites de ce syst&#232;me &#233;tant fix&#233;es par l'observateur qui s&#233;lectionne les dynamiques qui lui semblent pertinentes dans l'ensemble des dynamiques observables.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Influence et contr&#244;le des dynamiques&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Dans une situation donn&#233;e, il existe un ensemble de &lt;i&gt;trajectoires possibles&lt;/i&gt; dans lesquelles une dynamique peut s'engager. En outre, une m&#234;me trajectoire produit plusieurs effets qui sont les &lt;i&gt;effets d'une trajectoire&lt;/i&gt;. Toutes ces trajectoires r&#233;unies peuvent alors produire, avec une probabilit&#233; plus ou moins grande, un grand nombre d'effets qui forment en commun un &lt;i&gt;ensemble d'effets possibles&lt;/i&gt;. L'obtention de ces effets ob&#233;it &#224; certaines contraintes : un m&#234;me effet ne peut &#234;tre atteint que par certaines trajectoires qui composent ainsi un &lt;i&gt;ensemble d'alternatives&lt;/i&gt; ; une m&#234;me dynamique ne peut suivre simultan&#233;ment qu'une seule trajectoire (ce qui implique une contrainte de choix) ; certaines trajectoires et certains effets sont plus &#171; difficiles &#187; que d'autres &#224; suivre ou &#224; atteindre. &#192; partir de ces consid&#233;rations, nous d&#233;finissons &lt;i&gt;l'influence&lt;/i&gt; ainsi : une dynamique A influe sur une dynamique B lorsque les effets de A modifient, ou rendent plus, ou au contraire moins difficiles &#224; atteindre, la trajectoire effective, l'ensemble des effets possibles, ou l'ensemble des trajectoires possibles de B.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;cisons maintenant la &lt;i&gt;fa&#231;on&lt;/i&gt; dont les dynamiques interagissent. Les relations entre les dynamiques peuvent &#234;tre class&#233;es en fonction de diff&#233;rents crit&#232;res :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Signe de la relation&lt;/i&gt;. A et B sont dans des relations de convergence (ou congruence), de divergence (opposition) ou de neutralit&#233; (qui concernent par exemple les finalit&#233;s de A et B).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Relation quantitative ou qualitative&lt;/i&gt;. A peut influer sur la trajectoire de B de diff&#233;rentes mani&#232;res. Elle peut la ralentir, l'acc&#233;l&#233;rer, la modifier, la cr&#233;er&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Relation &#171; ensembliste. &#187;&lt;/i&gt; A est incluse dans B : les variations qui composent A entrent dans la composition de B. Une dynamique individuelle est ainsi incluse dans une dynamique collective.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Co-influence&lt;/i&gt; : c'est le cas o&#249; A influe sur B et B influe sur A. Ainsi, une relation de contr&#244;le de B par A est une relation de co-influence, car A modifie sa trajectoire en fonction de celle de B.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;D&#233;pendance&lt;/i&gt; : B d&#233;pend de A dans le cas suivant. Si A ne suit pas une certaine trajectoire alors B ne peut pas suivre une ou plusieurs trajectoires.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Exclusion/interdiction&lt;/i&gt; : les effets de A sur B font que B ne peut pas suivre une certaine trajectoire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Obligation&lt;/i&gt; : les effets de A sur B font que B ne peut pas ne pas suivre une certaine trajectoire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Facilitation&lt;/i&gt; : les effets de A font que B peut suivre une trajectoire plus facilement.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Infl&#233;chir sur le cours des dynamiques est l'une des pr&#233;occupations majeures des acteurs sociaux. Ceux-ci vont en effet sans arr&#234;t impulser des dynamiques pour modifier la trajectoire des dynamiques qui les entourent. Mais ces dynamiques vont &#233;galement les influencer. Supposons alors qu'un acteur X (individuel ou collectif) suive une dynamique A. Il y a trois situations distinctes.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;X &#171; porte &#187; la dynamique B&lt;/i&gt;. Sa dynamique A influe sur B (cr&#233;ation, modification, maintien, suppression de B), et ceci avec plus ou moins de r&#233;ussite.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;X &#171; est port&#233; &#187; par B&lt;/i&gt;. B influe sur A. X va alors accepter l'influence de B (r&#233;signation) ou s'y opposer : il suit alors une trajectoire alternative (retrait) ou une &#171; contre-dynamique &#187; (r&#233;sistance).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;X &#171; est ext&#233;rieur &#187; &#224; B&lt;/i&gt;. A n'influe pas sur B et r&#233;ciproquement, B n'influe pas sur A. X a alors deux alternatives : il reste ext&#233;rieur &#224; la dynamique, il tente de l'influencer [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Prenons quelques exemples. Cas 1 : X commande un groupe avec plus ou moins (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Notons que ces situations se compliquent si A est incluse dans B. Car m&#234;me si X est port&#233; par B, il porte &#233;galement B. Cependant, la relation est souvent asym&#233;trique. En ce sens que si l'influence de A sur B est quasi-nulle, celle de B sur A est en revanche particuli&#232;rement forte. Examinons alors les situations o&#249; un acteur X tente par la dynamique qu'il porte d'influencer la dynamique que porte un autre acteur Y. Il existe quatre configurations possibles.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1 : Types d'influence en fonction des interactions individuelles ou collectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_20 spip_documents'&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L500xH145/Tableau1-2-f8c13.png' width='500' height='145' alt=&quot;&quot; style='height:145px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;Lorsque les dynamiques prennent place dans un environnement social, il existe une difficult&#233; suppl&#233;mentaire : la subjectivit&#233; des acteurs va intervenir. Pour int&#233;grer d'une mani&#232;re pragmatique cette dimension dans l'analyse, nous allons &#234;tre oblig&#233;s d'adopter une hypoth&#232;se relativement forte. Nous allons admettre qu'il est possible de distinguer les &lt;i&gt;effets objectifs&lt;/i&gt; des &lt;i&gt;effets subjectifs&lt;/i&gt;. Les effets objectifs [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Il existe sommairement deux types d'effets objectifs. Les effets (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;] sont tous ceux qui peuvent &#234;tre th&#233;oriquement observ&#233;s par un observateur ext&#233;rieur &#224; la situation. Les effets subjectifs sont ceux qui concernent l'int&#233;riorit&#233; d'un acteur, ils ne peuvent &#234;tre observ&#233;s. Ces effets &#233;tant tr&#232;s complexes, il est commode de les scinder en plusieurs cat&#233;gories.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;. Le cas le plus simple est celui o&#249; la dynamique produit directement sur l'acteur, par l'interm&#233;diaire de la perception, une &#233;motion, une aversion, une g&#234;ne ou des effets plus complexes : une r&#233;flexion, une qu&#234;te, etc.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;. Ensuite, il faut aussi prendre en compte le fait que l'acteur est capable de se repr&#233;senter les effets objectifs d'une dynamique. Il peut les anticiper, les d&#233;crire et les attribuer &#224; une dynamique en d&#233;voilant un lien de causalit&#233;. Il y a alors deux difficult&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;. La repr&#233;sentation qu'il va se faire des effets objectifs, et du lien entre les effets objectifs et les dynamiques sera incompl&#232;te, et parfois m&#234;me biais&#233;e. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;b&lt;/strong&gt;. Malgr&#233; cela, une dynamique peut influencer le comportement d'un acteur par l'interm&#233;diaire de cette repr&#233;sentation. Par exemple, l'anticipation des effets de A par X suffit &#224; ce qu'il modifie la trajectoire de sa dynamique. Il ne tient donc pas compte des effets objectifs de la dynamique, mais des effets qui vont probablement advenir. Et il peut &#233;galement tenir compte d'effets qui ne se sont pas r&#233;ellement produits [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Un acteur ne conna&#238;t pas n&#233;cessairement tous les effets objectifs de ses (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Mais dans tous les cas, ce sont les effets subjectifs, et non les effets objectifs d'une dynamique que l'acteur prendra en compte. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;L'introduction des effets subjectifs dans l'analyse permet &#233;galement de tenir compte des diff&#233;rents vecteurs par lesquels une dynamique agit sur un autre : mati&#232;re, corps, r&#232;gles, langage, &#233;motions, que l'on peut classer par &lt;i&gt;niveaux de complexit&#233;&lt;/i&gt;, en adoptant par exemple, la classification de Boulding (1956). Suivant ces niveaux de complexit&#233;, l'influence n'aura pas le m&#234;me &lt;i&gt;niveau de coercition&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce niveau va mesurer dans quelle proportion les effets d'une (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;] et ne provoquera pas les m&#234;mes effets. On peut alors distinguer deux cas.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;X agit &#171; physiquement &#187; sur Y&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Directement&lt;/i&gt; : d&#233;placements forc&#233;s, exclusions, empoisonnements, mutilations&#8230; ; ou &lt;i&gt;indirectement&lt;/i&gt; en modifiant son environnement : fronti&#232;res territoriales, emprisonnements, canaux de circulation, subventions, gels des ressources, fermeture de l'acc&#232;s &#224; certains biens ou services, vols, &#233;puisement des ressources, impacts environnementaux, etc. Ces proc&#233;d&#233;s, loin d'&#234;tre secondaires, sont tr&#232;s r&#233;pandus. Notons qu'ils ne n&#233;cessitent pas l'intervention des effets subjectifs.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;X utilise des proc&#233;d&#233;s &#171; symboliques &#187;&lt;/i&gt;, qui eux, n&#233;cessitent les effets subjectifs. Il y a deux cas, soit &lt;i&gt;ils engagent implicitement des &#233;l&#233;ments physiques&lt;/i&gt; : menaces de sanctions physiques, promesses de gratification, consommation ostentatoire, contestation de la propri&#233;t&#233;&#8230; Soit &lt;i&gt;ils ne s'appuient que sur une influence psychologique&lt;/i&gt;. Celle-ci est alors &lt;i&gt;directe&lt;/i&gt; (elle tend &#224; obliger Y &#224; agir d'une certaine mani&#232;re) : ordres, persuasion, pression de la communaut&#233;, honte, jugements de valeur, harc&#232;lement moral, chantage affectif,&#8230; ; ou &lt;i&gt;indirecte&lt;/i&gt; : imitation, accord, adh&#233;sion de plein gr&#233;, acculturation, etc. Sur ce dernier point, remarquons que le simple fait d'agir d'une certaine mani&#232;re, de prof&#233;rer une id&#233;e, suffit souvent &#224; influencer autrui. Un acteur peut donc &#234;tre influenc&#233; par autrui simplement en l'observant. Ce qui implique que tout acte non dissimul&#233; engage la responsabilit&#233; de son auteur.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Motifs de l'influence et dynamiques de convergence&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sent&#233; comment les acteurs influaient sur les dynamiques, nous pouvons d&#233;sormais nous demander pourquoi ils vont chercher &#224; le faire. En fait, comme l'influence peut ob&#233;ir &#224; des motifs tr&#232;s divers, nous allons proc&#233;der &#224; quelques simplifications. La premi&#232;re va &#234;tre de supposer que les acteurs cherchent &#224; infl&#233;chir les dynamiques qui entrent en divergence avec les leurs. (divergence en terme de finalit&#233;, d'acc&#232;s aux ressources, etc.) Les acteurs essaient ainsi d'&#233;viter les &lt;i&gt;effets ind&#233;sirables&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Les effets sont jug&#233;s ind&#233;sirables pour diverses raisons : aversion morale, (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;] en s'opposant aux dynamiques qui les produisent, et favorisent au contraire les dynamiques qui produisent sur eux des effets d&#233;sirables. Prenons un exemple : un groupe de personnes joue aux cartes. Subitement, le joueur X, qui s'appr&#234;te &#224; perdre la partie, d&#233;cide d'arr&#234;ter. Comme il existe une relation de d&#233;pendance et d'inclusion entre sa dynamique individuelle et la dynamique collective, le cours de cette derni&#232;re est interrompu, ce qui provoque un effet ind&#233;sirable sur les comparses. Il y a alors divergence entre la dynamique collective et la dynamique individuelle. Et il est probable que les joueurs de cartes s'&#233;vertueront &#224; convaincre X de poursuivre la partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Supposons alors que nous soyons en pr&#233;sence de deux acteurs X et Y, qui sont des acteurs collectifs ou individuels. X, par la dynamique A qu'il porte, produit un effet sur Y et sur lui-m&#234;me (effet sur X). Nous avons indiqu&#233; dans le tableau 2 quelles pouvaient &#234;tre les diff&#233;rentes situations d'interaction qui en r&#233;sultent, et les cadres organisationnels apparaissant quand la m&#234;me configuration concerne deux ou plusieurs acteurs qui cherchent &#224; obtenir une convergence entre leurs dynamiques. L'id&#233;e est que les divergences, qu'elles soient anticip&#233;es ou en cours, g&#233;n&#232;rent des dynamiques de r&#233;gulation collective qui visent &#224; restaurer, &#224; maintenir ou &#224; cr&#233;er une convergence entre les dynamiques. Bien entendu, il se peut aussi que des acteurs restent dans des relations mutuellement ind&#233;sirables ou asym&#233;triques, ou cessent l'activit&#233; faute d'avoir r&#233;ussi &#224; trouver un accord.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2 : Quatre situations d'interaction dans le cas d'une dynamique &#224; deux effets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_21 spip_documents'&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L500xH144/Tableau2-e891d.png' width='500' height='144' alt=&quot;&quot; style='height:144px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;Pour &#233;clairer ces diff&#233;rentes configurations, nous allons les examiner dans le cas o&#249; la dynamique en question correspond &#224; la r&#233;alisation d'une activit&#233; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Une activit&#233; sociale est un ensemble d'actes et de pratiques que les (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation1&lt;/strong&gt;. Les acteurs sont dans une situation o&#249; ils accomplissent une activit&#233; qui les satisfait mutuellement. Ils &#233;tablissent alors un ensemble de &lt;i&gt;r&#232;gles constitutives&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour la d&#233;finition d'une r&#232;gle constitutive, voir Searle (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;] qui leur permettent de coordonner leurs actions, d'&#233;changer les produits de leurs activit&#233;s et leurs savoir-faire. L'application de ces r&#232;gles n'a pas besoin d'&#234;tre assur&#233;e par une autorit&#233; &lt;i&gt;centralis&#233;e&lt;/i&gt;, puisque les acteurs gagnent &#224; les respecter spontan&#233;ment et perdent &#224; ne pas le faire. Les acteurs doivent simplement conna&#238;tre ces r&#232;gles et &#234;tre capables de les appliquer. Il s'en suit que les relations interindividuelles sont peu &lt;i&gt;coercitives&lt;/i&gt; et que le contr&#244;le de l'activit&#233; peut &#234;tre &lt;i&gt;d&#233;centralis&#233;&lt;/i&gt;. C'est une situation de &lt;strong&gt;r&#233;seau coop&#233;ratif&lt;/strong&gt;. Une des caract&#233;ristiques de ces r&#233;seaux, est qu'ils gagnent &#224; avoir de plus en plus de participants, puisque par hypoth&#232;se, ils produisent des effets d&#233;sirables : il n'y a donc pas &#224; priori de &lt;i&gt;fermeture de la participation&lt;/i&gt; &#224; l'activit&#233; et de &lt;i&gt;fermeture de l'acc&#232;s aux produits&lt;/i&gt; de l'activit&#233;. En fait, cette ouverture ne peut se r&#233;aliser que sous trois conditions.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Premi&#232;rement, les co&#251;ts qui gr&#232;vent l'activit&#233; ne doivent pas cro&#238;tre avec le nombre de participants.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Deuxi&#232;mement, les ressources, en entr&#233;e et en sortie de l'activit&#233;, ne doivent pas &#234;tre des ressources rares. Dans le cas contraire, &#224; partir d'un certain seuil, les acteurs retombent dans la situation 2, car ceux qui pratiquent l'activit&#233; cr&#233;ent des effets ind&#233;sirables sur les autres en &#233;puisant les ressources disponibles. Dans les faits toutefois, les acteurs tenteront g&#233;n&#233;ralement d'accro&#238;tre le volume des ressources pour continuer &#224; exercer leur activit&#233; librement. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;mement, il faut distinguer deux types de r&#233;seaux coop&#233;ratifs, ceux o&#249; &lt;i&gt;les dynamiques individuelles doivent &#234;tre coordonn&#233;es pour produire une dynamique collective&lt;/i&gt; ayant des effets d&#233;sirables : il faut des &#233;changes nombreux et complexes entre les acteurs et il y a une forte d&#233;pendance entre les dynamiques individuelles ; &lt;i&gt;ceux o&#249; les effets collectifs sont plus ou moins &#233;mergents&lt;/i&gt; : les transferts de technologie ou de savoir dans le r&#233;seau se font principalement par imitation, et il y a peu de d&#233;pendance entre les dynamiques individuelles (c'est le cas dans la pratique du skate par exemple). Le deuxi&#232;me type de r&#233;seau ne pose pas de probl&#232;me particulier ; en revanche, le premier suppose qu'il y ait une structure assurant la coordination des activit&#233;s. Deux sous-cas sont alors envisageables. &lt;i&gt;Si la coordination est consentie par les acteurs&lt;/i&gt;, on reste dans un r&#233;seau coop&#233;ratif, mais une hi&#233;rarchie fonctionnelle se met en place. Dans le cas contraire, on &#233;volue vers une institution ou vers la situation 2 [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='footnote' title='En effet, il est peu probable que les orientations individuelles convergent (...)' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;]. Pour rem&#233;dier &#224; cela, les acteurs peuvent cr&#233;er des organisations alternatives pour exercer leur activit&#233; librement. Et les am&#233;liorations technologiques ou organisationnelles migreront alors sans restriction d'une organisation &#224; une autre. C'est cette dynamique &#171; concurrentielle &#187; qui assure la continuit&#233; du r&#233;seau coop&#233;ratif.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation2&lt;/strong&gt;. C'est une situation de domination, de concurrence ou de g&#234;ne. Il y a deux cas.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cas 1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;La situation est structurellement asym&#233;trique&lt;/i&gt;. Si X accomplit l'activit&#233; suivant une certaine trajectoire, il exclut Y de cette m&#234;me trajectoire, et c'est ce qui cr&#233;e les effets ind&#233;sirables : par exemple, si X occupe le poste qui est hi&#233;rarchiquement le plus &#233;lev&#233;, Y occupe un poste moins &#233;lev&#233;. C'est le cas pour une activit&#233; qui utilise une ressource rare avec rivalit&#233; d'usage (Laffont, 1988). Il n'y a alors pas de convergence possible, un des deux acteurs est forc&#233;ment l&#233;s&#233;. Cette situation asym&#233;trique est typique d'un classement hi&#233;rarchique. Elle peut d&#233;boucher sur une &lt;strong&gt;institution hi&#233;rarchis&#233;e&lt;/strong&gt;. Le groupe dominant X essayant de conserver son autorit&#233; sur le groupe domin&#233; Y, pour exercer l'activit&#233; au d&#233;triment de Y.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cas 2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;La situation est sym&#233;trique&lt;/i&gt;. Par exemple, X pollue Y et Y pollue X. Il y a deux possibilit&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans une situation d'influence interindividuelle&lt;/i&gt;, Y emp&#234;che X d'agir, et r&#233;ciproquement. Ils passent donc un contrat mutuel interdisant la pratique n&#233;faste. Mais en cas de fraude, une telle situation d&#233;g&#233;n&#232;re en conflit (situation 4). Une solution pour eux est alors de recourir &#224; un arbitre et donc de &lt;i&gt;centraliser&lt;/i&gt; le &lt;i&gt;contr&#244;le&lt;/i&gt; de l'activit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;b&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans la situation o&#249; Y est un acteur collectif&lt;/i&gt;, on d&#233;bouche sur une &lt;strong&gt;institution &#233;galitariste&lt;/strong&gt;. En effet, une situation sans contr&#244;le est instable : un acteur peut transgresser la r&#232;gle commune pour en retirer des effets d&#233;sirables, et les autres subissent alors les effets ind&#233;sirables sans pouvoir riposter, puisqu'ils respectent la r&#232;gle. Il faut donc imposer par un &lt;i&gt;moyen externe et coercitif&lt;/i&gt; (qui rel&#232;ve d'une autre activit&#233;), le respect de la r&#232;gle &#224; &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; les personnes concern&#233;es. G&#233;n&#233;ralement, pour &#233;viter les situations conflictuelles, il y a &lt;i&gt;centralisation&lt;/i&gt; des moyens de r&#233;gulation : les acteurs d&#233;l&#232;guent &#224; une autorit&#233; le pouvoir de r&#233;guler leurs activit&#233;s communes (agence de r&#233;gulation, planificateur, autorit&#233; intellectuelle&#8230;) Dernier point, les acteurs sont amen&#233;s &#224; fermer la participation &#224; l'activit&#233;. Pourquoi ? Car en limitant les entr&#233;es, ils &#233;vitent qu'un acteur ext&#233;rieur n'ait un comportement opportuniste. Nous avons l&#224; le rudiment de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e : pour &#233;viter le vandalisme ou des effets ind&#233;sirables caus&#233;s par une mauvaise pratique de l'activit&#233;, les acteurs ferment l'acc&#232;s &#224; l'activit&#233; ou aux ressources qui permettent de l'accomplir.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation3&lt;/strong&gt;. Plusieurs cas peuvent &#234;tre discut&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;Cas 1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans une situation d'influence interindividuelle&lt;/i&gt;, la convergence ne peut &#234;tre atteinte que par un &#233;change qui permet de compenser les d&#233;sagr&#233;ments li&#233;s aux effets de l'activit&#233;, et donc de la rendre d&#233;sirable. Pour comprendre la logique qui se cache derri&#232;re cet &#233;change, il faut remarquer qu'une activit&#233; se d&#233;compose g&#233;n&#233;ralement en plusieurs sous-activit&#233;s qui sont d&#233;pendantes entre elles et qui produisent des effets diff&#233;rents. Tr&#232;s souvent en effet, une activit&#233; inclut une sous-activit&#233; qui cr&#233;e des effets ind&#233;sirables, &lt;i&gt;la production ou la pr&#233;paration &#224; l'activit&#233;&lt;/i&gt;, et dont d&#233;pend la r&#233;alisation d'une autre sous-activit&#233;, parfois diff&#233;r&#233;e dans le temps, qui cr&#233;e des effets d&#233;sirables : &lt;i&gt;la consommation&lt;/i&gt;. Lorsque X supporte seul la charge de l'activit&#233; dans le cadre d'une activit&#233; hors-&#233;change, il n'y a pas lieu de faire une analyse sp&#233;cifique. En revanche, si Y peut profiter des effets de X, il y a deux cas polaires.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Si il y a possibilit&#233; d'exclusion d'usage&lt;/i&gt;, alors X est enclin &#224; prot&#233;ger les effets de sa production, ceci d'autant plus si il y a rivalit&#233; d'usage. Il instaure donc un contr&#244;le de l'acc&#232;s &#224; la consommation. Ce qui est une nouvelle source de propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Par cons&#233;quent, si Y veut b&#233;n&#233;ficier de la production de X (ce qui le d&#233;leste de la production), il doit le r&#233;tribuer. Nous sommes en pr&#233;sence d'un &lt;strong&gt;march&#233;&lt;/strong&gt; puisqu'il y a propri&#233;t&#233; priv&#233;e et &#233;change volontaire. Si le march&#233; est concurrentiel, il n'y a pas, th&#233;oriquement, besoin de r&#233;guler l'activit&#233;. La r&#233;gulation se fait par &lt;i&gt;la concurrence d&#233;centralis&#233;e&lt;/i&gt;, et par &lt;i&gt;l'accord entre le producteur et le consommateur&lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, pour &#233;viter les comportements opportunistes, une institution &#233;galitariste est g&#233;n&#233;ralement n&#233;cessaire au bon fonctionnement du march&#233;. Notamment parce que le respect des droits de propri&#233;t&#233; s'appuie sur un accord collectif.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;b&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Si il n'y a pas de possibilit&#233; d'exclusion d'usage&lt;/i&gt;, alors on est dans la situation d'un bien public et il y a un probl&#232;me de compensation. &#192; priori, l'activit&#233; ne peut se r&#233;aliser autrement que par un accord mutuel, par une subvention externe, ou par son rattachement &#224; une autre activit&#233; rentable. Mais pour faire respecter un accord, les acteurs doivent utiliser la contrainte. On tombe alors dans une situation institutionnelle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cas 2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans une situation o&#249; X est un acteur individuel et Y un acteur collectif&lt;/i&gt;. Trois probl&#232;mes vont se poser : le partage des produits de l'activit&#233; collective, le partage des t&#226;ches, la r&#233;gulation des activit&#233;s individuelles. Il se peut en effet que les acteurs n'arrivent pas &#224; mesurer l'impact respectif des dynamiques individuelles sur la dynamique collective. Comment alors effectuer un partage &#233;quitable ? En g&#233;n&#233;ral, ils adoptent une solution mutualiste ou collectiviste : Y prive les individus du fruit de leur activit&#233; et le redistribue. Mais il risque d'y avoir une in&#233;galit&#233; dans le partage et un probl&#232;me d'incitation qui est li&#233; au fait que X est d&#233;poss&#233;d&#233; des fruits de son activit&#233;. De plus, un acteur peut b&#233;n&#233;ficier du partage sans participer au travail (c'est le probl&#232;me du passager clandestin). Ce qui conduit &#224; une fermeture et &#224; un contr&#244;le de l'activit&#233;, car le partage des b&#233;n&#233;fices suppose qu'ils ne profitent qu'&#224; ceux qui ont particip&#233; &#224; l'effort collectif. Enfin, la r&#233;alisation de la dynamique collective n&#233;cessite que les dynamiques individuelles suivent une certaine trajectoire. Pour r&#233;tablir la convergence, les acteurs vont donc mettre en place un accord, des r&#232;gles communes, qui imposent aux dynamiques individuelles de conserver une trajectoire favorable &#224; la dynamique collective.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation4&lt;/strong&gt;. Il y a deux cas. Si les effets ind&#233;sirables sont li&#233;s au fait que les dynamiques de X et Y sont en co-influence, alors la convergence est possible par le retrait des parties. Par exemple, deux musiciens qui jouent ind&#233;pendamment l'un de l'autre au m&#234;me endroit, se g&#234;nent mutuellement. Pour que leurs dynamiques convergent, il suffit qu'ils s'&#233;loignent l'un de l'autre. A l'inverse, si les effets ind&#233;sirables sont produits quelque soit le lien entre les deux dynamiques, alors la convergence est impossible. L'activit&#233; cesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Une activit&#233; (A) est donc travers&#233;e par deux dynamiques fondamentales : la &lt;strong&gt;dynamique de marchandisation&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;dynamique d'institutionnalisation&lt;/strong&gt;. Cette derni&#232;re correspond &#224; un accroissement de la fermeture et du contr&#244;le de (A) qui s'inscrit dans trois dimensions : &lt;i&gt;1&lt;/i&gt;. L'acc&#232;s aux produits de (A). &lt;i&gt;2&lt;/i&gt;. L'acc&#232;s aux ressources qui entrent dans (A) : cr&#233;ation de droits d'exploitation. &lt;i&gt;3&lt;/i&gt;. La participation &#224; (A) : mise en place d'un syst&#232;me de statuts et de r&#244;les qui contr&#244;lent l'entr&#233;e de (A) et qui r&#233;gulent (A). &#192; cette dynamique d'institutionnalisation s'ajoute une dynamique de marchandisation. Elle tient en trois points : une dissociation de (A) en deux sous activit&#233;s, la &lt;i&gt;production&lt;/i&gt; (P) et la &lt;i&gt;consommation&lt;/i&gt; (c) ; une dynamique de convergence s'appuyant sur l'&#233;change ; un contr&#244;le externe de (P) par (c). Les deux dynamiques suivent des logiques expansionnistes et monopolistiques. En effet, comme une institution doit emp&#234;cher l'intrusion des tricheurs et des opportunistes, elle se m&#233;fie d'une institution concurrente qui pourrait l&#233;gitimer leurs actions. Elle est donc conduite &#224; &#233;tendre toujours plus son activit&#233; de r&#233;gulation. Quant &#224; la dynamique de marchandisation, la concurrence force les producteurs X &#224; trouver toujours plus de d&#233;bouch&#233;s pour assurer ou augmenter la rentabilit&#233; de (P). Les producteurs X vont par cons&#233;quent tenter d'accro&#238;tre (c) en influen&#231;ant les consommateurs Y ou en les excluant de (P). Le march&#233; conduit donc &#224; des comportements opportunistes. Il n'est alors pas exclu qu'une situation de r&#233;seau coop&#233;ratif &#233;volue en march&#233;. Dans ce cas, nous observerons que les dynamiques de marchandisation et d'institutionnalisation vont se soutenir l'une et l'autre. La fermeture de (P) par X emp&#234;che Y de profiter des effets d&#233;sirables de (P). Elle rend donc Y &lt;i&gt;d&#233;pendant&lt;/i&gt; de X : Y doit r&#233;tribuer X si il veut profiter des effets d&#233;sirables de (P). Notons qu'il faut alors tenir compte du co&#251;t que Y supporte en cessant (c). Si cela provoque des effets ind&#233;sirables sur lui, alors la d&#233;pendance est plus forte, et X a encore plus de chances de b&#233;n&#233;ficier d'une r&#233;tribution de Y.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Dynamique des effets subjectifs&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;	Mais l'analyse que nous venons de faire est incompl&#232;te, car elle n&#233;glige deux points essentiels (m&#234;me si le probl&#232;me est sugg&#233;r&#233; implicitement dans l'&#233;tude de la situation 4) : &lt;i&gt;les effets subjectifs ne sont pas n&#233;cessairement stables, et ils ne sont pas ind&#233;pendants d'un acteur &#224; un autre&lt;/i&gt;. En effet, d&#232;s lors que X entre en interaction avec Y, la fa&#231;on dont il per&#231;oit ou anticipe les effets de son activit&#233; va certainement &#234;tre modifi&#233;e. Ainsi, une t&#226;che p&#233;nible &#224; effectuer seul, sera accomplie avec plaisir en situation de co-influence. Par cons&#233;quent, la nature de la relation d'&#233;change entre diff&#233;rents acteurs a un impact notable sur l'appr&#233;ciation de l'activit&#233;. Et une activit&#233; n'aura pas les m&#234;mes effets sur une personne lorsqu'elle l'accomplit sous la contrainte, librement ou dans un but marchand. En d'autres termes, &lt;i&gt;l'incitation &#224; l'action et la r&#233;gulation sont interd&#233;pendantes&lt;/i&gt;. Une activit&#233; peut produire des effets d&#233;sirables sur une personne tant qu'elle l'accomplit librement, mais devenir ind&#233;sirable d&#232;s qu'elle la r&#233;alise sous le contr&#244;le d'une tierce personne, sous la contrainte, ou qu'elle est priv&#233;e des fruits de son activit&#233; (Bunge, 1986). Cette constatation, qui peut sembler triviale, a des cons&#233;quences th&#233;oriques importantes.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Premi&#232;rement, elle implique que les dynamiques de convergence institutionnelle ou marchande, ont parfois un effet contraire &#224; l'effet recherch&#233;. Elles accroissent la divergence au lieu de la r&#233;duire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Deuxi&#232;mement, elle remet en cause un postulat classique en micro-&#233;conomie qui voudrait que le travail soit une corv&#233;e. De toute &#233;vidence, cette th&#232;se est particuli&#232;rement fragile. D'une part, il est d&#233;sormais av&#233;r&#233; qu'une grande partie des acteurs appr&#233;cient leur activit&#233; professionnelle, d'autre part, la plupart des activit&#233;s r&#233;mun&#233;r&#233;es ont aujourd'hui leur &#233;quivalent dans le tissu associatif, et il existe toujours des individus qui les accomplissent par plaisir, sans en esp&#233;rer une quelconque compensation. En fait, l'appr&#233;ciation d'une activit&#233; d&#233;pend de nombreux facteurs culturels et biologiques, et du cadre organisationnel dans laquelle elle se d&#233;roule. Par cons&#233;quent, cette appr&#233;ciation varie d'un contexte et d'une personne &#224; l'autre. Soulignons que le rejet de la th&#232;se du travail-corv&#233;e n'entra&#238;ne nullement le rejet des th&#232;ses suivantes : la r&#233;mun&#233;ration est parfois une source de prestige et de reconnaissance, la pratique d'une activit&#233; a &lt;i&gt;toujours un co&#251;t d'opportunit&#233;&lt;/i&gt;, et par cons&#233;quent, &#224; &lt;i&gt;situations identiques&lt;/i&gt;, un acteur pr&#233;f&#233;rera en g&#233;n&#233;ral &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;mement, cette instabilit&#233; des effets subjectifs a aussi pour cons&#233;quence d'entra&#238;ner les acteurs dans des strat&#233;gies de n&#233;gociation ou de manipulation psychologique qui visent &#224; modifier l'attitude de leurs cong&#233;n&#232;res, et &#224; assurer ainsi une convergence des dynamiques. Plus g&#233;n&#233;ralement, la perception des effets d'une activit&#233; par un acteur est fortement affect&#233;e par celle de son voisin, car il existe une sorte de &#171; contagion &#187; des effets subjectifs. Par exemple, lorsqu'un acteur s'engage dans une activit&#233; qui produit certains effets qu'il juge d&#233;sirables, les autres sont enclins &#224; les trouver d&#233;sirables, et &#224; les produire &#224; leur tour. Un leader parvient ainsi &#224; dynamiser son entourage. Autre exemple, dans la situation 2, la connaissance des effets objectifs d'une dynamique est en principe imp&#233;rative pour qu'ils soient consid&#233;r&#233;s comme des effets ind&#233;sirables ; X est alors tent&#233; de les dissimuler. Dans la plupart des situations sociales, il y a donc une &lt;i&gt;dynamique des effets subjectifs&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les dynamiques dans les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La cons&#233;quence de cette dynamique des effets subjectifs est qu'elle rend les interactions entre les dynamiques individuelles et collectives suffisamment instables et diverses pour laisser la place, au sein d'une activit&#233; sociale, &#224; diff&#233;rents cadres organisationnels. Nous allons l'illustrer en analysant les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels : science, art, langage, musique, &#233;dition. L'int&#233;r&#234;t d'&#233;tudier sp&#233;cifiquement ces activit&#233;s, c'est que d'une part, on y trouve c&#244;te &#224; c&#244;te les quatre principaux cadres organisationnels (march&#233;, institution, r&#233;seau coop&#233;ratif, activit&#233; hors-&#233;change), avec m&#234;me une pr&#233;dominance des r&#233;seaux coop&#233;ratifs, et que d'autre part, les fronti&#232;res entre ces activit&#233;s sont plus ou moins poreuses : ce qui en affecte une, affecte souvent les autres. Quels facteurs assurent l'&#233;mergence des r&#233;seaux coop&#233;ratifs dans ces activit&#233;s ? Nous en avons retenu sept.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Ces activit&#233;s produisent des effets d&#233;sirables sur ceux qui les accomplissent de leur plein gr&#233;&lt;/i&gt;. &#192; la limite, certaines sont m&#234;me plus ou moins &#171; addictives. &#187; C'est particuli&#232;rement frappant dans la programmation logicielle et la cr&#233;ation encyclop&#233;dique dans Wikip&#233;dia (les wikip&#233;diens parlent de Wikip&#233;diholisme pour d&#233;signer cette addiction !) Par cons&#233;quent, il est normal que les acteurs ne r&#233;clament pas de r&#233;mun&#233;ration - m&#234;me si ils esp&#232;rent b&#233;n&#233;ficier de r&#233;mun&#233;rations indirectes ou directes qui compensent le co&#251;t d'opportunit&#233; - &#233;tant donn&#233; qu'il n'y a pas de probl&#232;mes d'incitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Ces activit&#233;s donnent lieu &#224; des liens communautaires et coop&#233;ratifs forts qui ont un r&#244;le dynamisant sur l'activit&#233;&lt;/i&gt;. Ces liens peuvent aussi &#234;tre comp&#233;titifs et donner lieu &#224; des classements (ce qui ne conduit pas forc&#233;ment &#224; une hi&#233;rarchie dans le contr&#244;le de l'activit&#233;), et la r&#233;putation dans ces r&#233;seaux joue alors un r&#244;le central. Cela implique des interactions horizontales tr&#232;s fr&#233;quentes, dont l'intensit&#233; cro&#238;t au fur et &#224; mesure qu'on progresse vers le &lt;i&gt;noyau&lt;/i&gt; de la communaut&#233;. Les acteurs prennent plaisir &#224; communiquer sur des sujets ou des th&#233;matiques qui les int&#233;ressent, &#224; se comparer et &#224; coop&#233;rer, de telle sorte que l'&#233;change est mutuellement avantageux. De plus, les dynamiques individuelles et les dynamiques collectives convergent puisque les contributions individuelles b&#233;n&#233;ficient &#224; la communaut&#233; (m&#234;me si ce b&#233;n&#233;fice n'est pas intentionnel).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Les co&#251;ts d'acc&#232;s &#224; l'activit&#233; sont relativement faibles, il n'y a donc pas lieu de fermer l'activit&#233;&lt;/i&gt;. Notons qu'il existe trois principaux co&#251;ts : &lt;i&gt;le co&#251;t d'opportunit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le co&#251;t d'apprentissage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;le co&#251;t de pratique de l'activit&#233;&lt;/i&gt; (les investissements fixes et courants). Dans la plupart de ces activit&#233;s, la charge du co&#251;t d'apprentissage revient aux individus ou &#224; des institutions et organisations qui sont ext&#233;rieures au r&#233;seau. Quant aux deux autres, ils sont souvent support&#233;s par les acteurs, dont les investissement fixes servent &#224; plusieurs emplois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;. Tant qu'il n'y a pas marchandisation, &lt;i&gt;ces activit&#233;s ne sont pas dans une relation de d&#233;pendance ou d'obligation vis &#224; vis d'autres activit&#233;s&lt;/i&gt;. Ceci implique notamment que la mauvaise pratique de ces activit&#233;s n'a pas de cons&#233;quences graves, ce qui all&#232;ge d'autant plus le contr&#244;le de l'activit&#233; qui peut alors &#234;tre souple et d&#233;centralis&#233; (l'erreur y est admise&#8230;) En fait, m&#234;me dans les situations o&#249; l'activit&#233; se scinde en activit&#233;s de consommation et de production, il y a convergence entre les dynamiques de production et de consommation. Par exemple, dans les projets de logiciels libres ou Open-Source, il y a une coop&#233;ration avantageuse entre les d&#233;veloppeurs et les utilisateurs qui, par leur rapports de bugs, signalent aux premiers des d&#233;faillances dans la conception des logiciels. Dans l'encyclop&#233;die Wikip&#233;dia, la dynamique d'ouverture de la production a eu un effet encore plus significatif gr&#226;ce aux pages Wiki, car l'activit&#233; de production co&#239;ncide d&#233;sormais avec l'activit&#233; de consommation. Le contr&#244;le du contenu &#233;ditorial est alors plus efficace que dans une encyclop&#233;die classique o&#249; consommation et production sont dissoci&#233;es et peinent &#224; entrer en ad&#233;quation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Les biens immat&#233;riels ont des propri&#233;t&#233;s particuli&#232;res&lt;/i&gt;. La plupart sont durables, reproductibles et &#233;changeables &#224; peu de frais, am&#233;liorables, parfois publics, et les techniques relatives &#224; leur fonctionnement, &#224; leur production, &#224; leur usage, et &#224; leur &#233;change sont disponibles (elles sont parfois &#171; incluses &#187; dans le bien), ce qui facilite le transfert des technologies et des innovations. Ces caract&#233;ristiques permettent aussi de b&#233;n&#233;ficier des effets externes d'autres activit&#233;s (dont certaines sont rentables) qui produisent ces biens immat&#233;riels : produits externes des SSLL, innovations organisationnelles et conceptuelles, innovations juridiques, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Le secteur est concurrentiel&lt;/i&gt;. Cela emp&#234;che une d&#233;rive institutionnelle. Si les conditions au sein d'un groupe d&#233;g&#233;n&#232;rent, les acteurs constituent ou int&#232;grent un autre groupe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Les dynamiques qui traversent les r&#233;seaux coop&#233;ratifs convergent entre elles et cr&#233;ent un cercle vertueux&lt;/i&gt;. En effet, outre la convergence entre les dynamiques individuelles et collectives que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, il existe une convergence assez marqu&#233;e entre les dynamiques internes et externes aux r&#233;seaux coop&#233;ratifs. Ainsi, une dynamique d'am&#233;lioration de la qualit&#233; des biens va, par ses effets sur l'activit&#233; en question et sur les autres activit&#233;s connexes, induire une dynamique du discours qui cr&#233;e une dynamique d'accroissement de la visibilit&#233; des biens (le bien devient connu et r&#233;put&#233;). Cette derni&#232;re provoque une dynamique positive de la diffusion du bien qui entra&#238;ne une dynamique de croissance des effectifs du r&#233;seau, l'utilisateur d'un bien immat&#233;riel &#233;tant potentiellement un producteur. Celle-ci a pour cons&#233;quence d'accro&#238;tre la qualit&#233; des biens, soit parce qu'elle augmente et am&#233;liore la main d'&#339;uvre, soit parce qu'elle accro&#238;t la diversification et l'adaptabilit&#233; du bien, soit parce qu'il se peut qu'un bien gagne en qualit&#233; lorsqu'il est utilis&#233; par d'avantage de personnes. Par exemple, plus une langue est parl&#233;e, plus elle autorise des &#233;changes nombreux et vari&#233;s. De m&#234;me, sur Wikip&#233;dia, plus les utilisateurs sont nombreux, plus le contr&#244;le du contenu &#233;ditorial est efficace. Autrement dit, plus les effectifs du r&#233;seau sont &#233;lev&#233;s, plus l'activit&#233; produit des effets d&#233;sirables sur ceux qui les accomplissent. La dynamique d'am&#233;lioration de la qualit&#233; des biens est en convergence avec la dynamique de croissance des effectifs du r&#233;seau. Dans le cas contraire, il risquerait d'y avoir une fermeture de l'activit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Nous voyons ici comment, en affectant les effets subjectifs ou l'ensemble des trajectoires possibles d'une activit&#233;, la nature du syst&#232;me de dynamiques influe sur celle des cadres organisationnels. Mais si cette th&#232;se s'av&#232;re exacte, pourquoi les r&#233;seaux coop&#233;ratifs n'occupent-ils pas l'int&#233;gralit&#233; du champ de ces activit&#233;s ? Il y a diff&#233;rentes raisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Tout d'abord, les cadres organisationnels une fois constitu&#233;s ont une forte inertie. Si bien que les dynamiques technologiques ou culturelles qui affectent un syst&#232;me d'activit&#233;s vont mettre un certain temps &#224; produire leurs effets, et ne vont pas se r&#233;pandre de fa&#231;on homog&#232;ne dans une activit&#233;. Les acteurs ne s'engageront pas tous avec autant de &#171; ferveur &#187; dans ces dynamiques. Ensuite, comme nous l'avons vu, l'appr&#233;ciation de l'activit&#233; varie en fonction des contextes, mais aussi en fonction des individus. Il se peut que certains acteurs appr&#233;cient l'activit&#233;, d'autres non. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e, il faut noter que l'&#233;volution des activit&#233;s s'inscrit toujours dans le prolongement d'une &lt;i&gt;histoire&lt;/i&gt;, o&#249; le contr&#244;le par les acteurs des dynamiques joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. Par exemple, l'ouverture des codes-sources au cours des ann&#233;es 90 dans le secteur de la programmation informatique, qui visait &#224; contre-balancer la pouss&#233;e de la dynamique de marchandisation, s'est faite &#224; la suite d'un long processus historique qui a engag&#233; des acteurs &#171; politiquement &#187; tr&#232;s actifs au sein de leur communaut&#233; (dans le sens o&#249; ils tentaient de contr&#244;ler ou de s'opposer aux institutions et organisations qui dominaient l'activit&#233;). Ces acteurs ont mis en place des contre-pouvoirs qui ont facilit&#233;s l'&#233;mergence des r&#233;seaux coop&#233;ratifs dans l'industrie des softwares. Mais cette ouverture qu'ils ont plus ou moins pilot&#233;e, s'inscrivait dans une temporalit&#233; donn&#233;e et se heurtait &#224; de nombreuses contraintes. Les dynamiques du discours, organisationnelles, juridiques &#233;taient assujetties &#224; des contraintes temporelles, physiques et culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La &lt;strong&gt;dynamique d'ouverture&lt;/strong&gt; d'un secteur d'activit&#233; progresse donc, &#224; l'instar des dynamiques de marchandisation et d'institutionnalisation, &#224; un rythme qui lui est propre, int&#233;grant progressivement des acteurs en son sein. Et c'est ce qui rend possible la coexistence de plusieurs cadres organisationnels au sein d'une activit&#233;. Enfin, nous remarquerons que les cadres organisationnels qui vont se constituer dans les activit&#233;s ne sont pas &#224; l'abri d'un changement d'&#233;tat. Ainsi, il peut arriver qu'un r&#233;seau coop&#233;ratif entre dans une dynamique d'institutionnalisation sous la pression d'une r&#233;gulation interne ou externe. Et au contraire, un secteur marchand peut s'affaiblir sous l'effet d'un choc technologique qui met en cause sa rentabilit&#233;. Il sera alors concurrenc&#233; par les r&#233;seaux coop&#233;ratifs. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui se produit aujourd'hui dans les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Boudon Raymond, (1977), &lt;i&gt;Effets pervers et ordre social&lt;/i&gt;, PUF (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Boulding Karl, (1956), &lt;i&gt;General Systems Theory - The Skeleton of Science&lt;/i&gt;, p. 197-208, Management Science, Vol 2.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bunge Mario, (1986), &lt;i&gt;Consid&#233;rations d'un philosophe sur l'&#233;conomique du n&#233;o-conservatisme (n&#233;o-lib&#233;ralisme)&lt;/i&gt;, p 7, Les classiques des sciences sociales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Laffont Jean-Jacques, (1988), &lt;i&gt;Fondements de l'&#233;conomie publique. Vol 1. cours de th&#233;orie micro-&#233;conomique&lt;/i&gt;, p. 40-42, Economica (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Searle John, (1998), &lt;i&gt;La construction de la r&#233;alit&#233; sociale&lt;/i&gt;, Gallimard (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Strauss Anselm, (1978), &lt;i&gt;A Social World Perspective&lt;/i&gt;, p. 119-128, Studies in Symbolic Interaction, Vol. 1, N. K. Denzin (Cambridge).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Individuel ou collectif, endog&#232;ne ou exog&#232;ne, local ou global, court-terme ou long-terme&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Discours, pratiques, r&#232;gles d'organisation sociale, r&#232;gles de production, d'&#233;change, et d'utilisation des biens, r&#232;gles de vie commune, r&#232;gles informelles, environnement physique, secteur, technologies, id&#233;es, affects, psychisme, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Prenons quelques exemples. Cas 1 : X commande un groupe avec plus ou moins de succ&#232;s. Cas 2 : X est contraint de suivre le mouvement d'une foule, un choc inflationniste d&#233;pr&#233;cie son &#233;pargne&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Il existe sommairement deux types d'effets objectifs. Les effets individuels, qui d&#233;coulent de dynamiques individuelles et uniquement d'elles, et les effets collectifs qui d&#233;coulent de l'agr&#233;gation de dynamiques individuelles. Parmi ces derniers, on &#233;tablit g&#233;n&#233;ralement une distinction entre les effets &#233;mergents qui r&#233;sultent de l'agr&#233;gation non-intentionnelle de dynamiques individuelles, et les effets r&#233;sultant de la coordination intentionnelle des dynamiques individuelles en vue d'obtenir ces effets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Un acteur ne conna&#238;t pas n&#233;cessairement tous les effets objectifs de ses actes et il peut se tromper sur leur compte (biais de mesure, surestimation&#8230;) Il peut &#233;galement m&#233;conna&#238;tre le lien entre les actes et les effets objectifs : il fait une erreur d'attribution, il n'est pas s&#251;r qu'un acte produise bien les effets voulus, il peut ignorer quel acte r&#233;aliser pour produire un effet donn&#233;, etc. Ceci s'explique par le fait que les actes ont des effets multiples, et produisent des dynamiques non anticip&#233;es et non ma&#238;tris&#233;es, comme les effets pervers (Boudon, 1977). De plus, certains effets peuvent &#234;tre contradictoires. Par exemple, un effet &#224; long terme (gain financier) peut diverger avec un effet &#224; court-terme (travail p&#233;nible). Enfin, si les acteurs modifient souvent le cours des dynamiques en fonction des effets subjectifs (ce qui caract&#233;rise l'intention), ce n'est pas toujours vrai (r&#233;flexe, acte irr&#233;fl&#233;chi, erreur, effet externe, etc.) Beaucoup d'actes sont donc accomplis alors que l'acteur ignore ou ne prend pas en consid&#233;ration leurs effets. Ou encore, il tient compte d'effets non objectifs. Ce qui est bien loin d'une conception rationaliste de l'action humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-6' id='nb2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Ce niveau va mesurer dans quelle proportion les effets d'une dynamique A r&#233;duisent (intentionnellement ou non) l'ensemble des trajectoires possibles d'une dynamique B, en l'infl&#233;chissant dans une trajectoire donn&#233;e (relation d'obligation), ou en lui emp&#234;chant de suivre certaines trajectoires (relation d'interdiction). Ainsi, si l'influence concerne tous les actes d'un acteur, ou tous les actes requis pour accomplir une t&#226;che donn&#233;e (elle d&#233;finit les actes et le r&#233;sultat), l'ensemble de ses opinions et une ou plusieurs conditions dans lesquels les actes doivent se d&#233;rouler (temps, qualit&#233;, style, rigueur, s&#233;quence&#8230;), le niveau de coercition sera tr&#232;s &#233;lev&#233;. &#192; l'oppos&#233;, si elle ne concerne qu'un projet (le r&#233;sultat doit &#234;tre atteint sans contrainte de quelque ordre), ce dernier sera nettement plus faible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-7' id='nb2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Les effets sont jug&#233;s ind&#233;sirables pour diverses raisons : aversion morale, douleur physique ou psychologique, atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; individuelle, aux droits de propri&#233;t&#233; (vol, crime, etc.), d&#233;g&#226;ts environnementaux, etc. La notion peut sembler simpliste mais elle est pourtant tr&#232;s intuitive et fait sens dans de nombreuses situations sociales. Notons qu'il va de soi que les effets d&#233;sirables ou ind&#233;sirables sont des effets subjectifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-8' id='nb2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Une activit&#233; sociale est un ensemble d'actes et de pratiques que les acteurs rangent sous une m&#234;me cat&#233;gorie : faire du surf, programmer, cuisiner, parler, vendre&#8230; Elles peuvent &#234;tre accomplies en diff&#233;rents lieux, par diff&#233;rentes personnes, individuellement ou collectivement, et de diff&#233;rentes mani&#232;res. Elles s'accomplissent au sein d'un secteur (lieux, ressources), utilisent certains outils et technologies, s'effectuent suivant certaines r&#233;gularit&#233;s et temporalit&#233;s, et produisent des effets sur leur environnement : d&#233;veloppement de techniques, production de biens mat&#233;riels, &#233;puisement des ressources environnementales, etc. La pratique commune d'une activit&#233; a aussi pour effet de cr&#233;er des liens communautaires. Il y a ainsi des communaut&#233;s de gens de mer, de collectionneurs, de d&#233;veloppeurs, etc. Dans ces communaut&#233;s se d&#233;veloppent et s'accumulent des pratiques, des rites, des technologies (qui sont selon Strauss (1978) des mani&#232;res h&#233;rit&#233;es d'accomplir une activit&#233;), des id&#233;es, des connaissances, des opinions, des classifications (ex : en skate, les figures de style), un langage, des mythes, une histoire officielle, des &#171; stars &#187; (personnalit&#233;s c&#233;l&#232;bres au sein de la communaut&#233;), des lieux de rencontre et de pratique, des r&#232;gles, des statuts, des organismes de contr&#244;le, etc., dont la somme forme un &lt;i&gt;patrimoine communautaire&lt;/i&gt;. D'autre part, les dynamiques qui traversent une activit&#233; influencent les autres activit&#233;s par divers vecteurs : observation par un tiers, biens mat&#233;riels, id&#233;es, information, technologies, pratiques communautaires, impacts sur le secteur&#8230; Les activit&#233;s ont alors entre elles diverses relations : fonctionnalit&#233;, d&#233;pendance, incompatibilit&#233;, compl&#233;mentarit&#233;, inclusion, ressemblance, domination, obligation, hi&#233;rarchie, opposition,&#8230; Par cons&#233;quent, ces activit&#233;s, lorsqu'elles interagissent entre elles, forment un &lt;i&gt;syst&#232;me d'activit&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-9' id='nb2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Pour la d&#233;finition d'une r&#232;gle constitutive, voir Searle (2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-10' id='nb2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] En effet, il est peu probable que les orientations individuelles convergent syst&#233;matiquement vers un m&#234;me objectif. La dynamique collective va donc diverger avec celle d'une partie des acteurs (il y a concurrence entre les minorit&#233;s et la majorit&#233; pour d&#233;terminer la direction de l'activit&#233;). De plus, le partage des t&#226;ches peut limiter l'acc&#232;s &#224; certaines places. Il y a alors exclusion d'usage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le potentiel d'adaptation et de r&#233;sistance au stress des organisations </title>
		<link>http://www.cedrea.net/Le-potentiel-d-adaptation-et-de</link>
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		<dc:date>2006-02-12T17:19:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc RIEDEL</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-">Recherches en cours </category>

		<dc:subject>Individuation</dc:subject>
		<dc:subject>Dynamiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Capacit&#233; tampon</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;silience sociale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Version mise &#224; jour de la communication faite au VI congr&#232;s europ&#233;en de sciences des syst&#232;mes. (Communication originale mise en t&#233;l&#233;chargement au format PDF)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-" rel="directory"&gt;Recherches en cours &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Individuation-+" rel="tag"&gt;Individuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Dynamiques-sociales-+" rel="tag"&gt;Dynamiques sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Capacite-tampon-+" rel="tag"&gt;Capacit&#233; tampon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Resilience-sociale-+" rel="tag"&gt;R&#233;silience sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre communication se voudra un r&#233;sum&#233; d'une &#233;tude de sociologie des organisations (relevant d'une d&#233;marche syst&#233;mique) men&#233;e par nos soins au sein de la &lt;strong&gt;F&lt;/strong&gt;&#233;d&#233;ration des &lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt;ssociations &lt;strong&gt;G&lt;/strong&gt;&#233;n&#233;rales &lt;strong&gt;E&lt;/strong&gt;tudiantes (&lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/FAGE' class='spip_glossaire'&gt;FAGE&lt;/a&gt;) [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette abr&#233;viation sera reprise tout au long de ce qui suivra.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Face &#224; la menace que repr&#233;sente le turn-over massif et rapide de ses cadres associatifs et au risque d'une perte de comp&#233;tences [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous retiendrons pour cette notion la d&#233;finition suivante (Le Boterf, (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;] et de culture associ&#233;, la FAGE a d&#233;velopp&#233; une politique de formation importante afin de maintenir sa propre &#171; hom&#233;ostasie &#187;. Lors de notre &#233;tude, nous avons pu observer quelques dispositifs faisant partie de ce qui nous semble &#234;tre au coeur de la &#171; physiologie &#187; des organisations : la mise en place, le maintien ou le d&#233;veloppement d'une ou plusieurs zones de tol&#233;rance. Ces zones tampons d&#233;finissent un &#171; espace temps &#187; sp&#233;cifique dans lequel une ou plusieurs variations des composantes de l'environnement sont &#171; amorties &#187;, soit par une r&#233;gulation de type structurel mettant en jeu la forme particuli&#232;re de l'organisation, soit par une r&#233;gulation m&#233;tabolique correspondant &#224; un maintien forc&#233; de l'hom&#233;ostasie de l'organisation, intervenant d&#232;s que la premi&#232;re est d&#233;pass&#233;e. Nous proposerons donc ici un essai de mod&#233;lisation inspir&#233; par certains m&#233;canismes issus des sciences biologiques, mais qui tient compte des niveaux de complexit&#233; syst&#233;mique, des &#233;mergences et autres particularit&#233;s relatives aux syst&#232;mes sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Our aim is to communicate a summary of our research in sociology of organizations deriving from a systemic approach) carried out within the French students' non-profit organizations national board (FAGE). Facing the threat made by the massive and quick turn-over of its executives and by the risk of a loss of skills and culture, the FAGE have developed important politics of training to maintain its own homeostasis. During our study, we were able to observe some devices being a part of what seem to us to be in the heart of the &#171; physiology &#187; of organizations : the installation, the preservation or the development of one or several buffer zones. These zones define a specific space-time in which one or several variations of the constituents of the environment are deadened, by a structural regulation involving the particular shape of the organization (example of the sociotechnic structures), or by a metabolic one corresponding to a sustained regulation of the organization's homeostasis despite the need for evolution (a short term solution), occurring when the first one is exceeded. We shall thus propose here an attempt of design, certainly inspired by biologic sciences, but which take care of complexity levels, emergences and the other particularities relative to social systems.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3&gt;Introduction : parler d'un syst&#232;me social comme d'un syst&#232;me vivant.&lt;/h3&gt;
Tout au long de notre &#233;tude, nous avons consid&#233;r&#233; la FAGE comme un syst&#232;me vivant. Pourtant le bon sens commun attribue plus commun&#233;ment le vivant aux biologistes ou aux m&#233;decins, alors pourquoi un doctorant en sociologie des organisations s'en m&#234;lerait-il ? &lt;p&gt;Tout d'abord car le support de l'organisation sociale est indissociable de l'&#234;tre humain, relevant lui-m&#234;me de ce statut de &#171; syst&#232;me vivant &#187;. Mais cela ne suffit pas &#224; expliquer cette d&#233;marche, car associer le biologique au social pourra sembler &#224; ceux qui passeront rapidement sur la question comme relativement &#171; r&#233;ductionniste &#187;, si ce n'est pas ill&#233;gitime, voir m&#234;me dangereux : l'alarme sonnera in&#233;vitablement lorsque l'on approchera des concepts d'&#233;volution et de s&#233;lection naturelle (les exemples malheureux de notre histoire l&#233;gitimant cette juste r&#233;action&#8230;). Nous pensons toutefois qu'il est possible d'int&#233;grer sans heurts les lois biologiques lorsque l'on sait y associer les &#233;mergences relatives aux syst&#232;mes sociaux et faire le lien entre les deux sans cons&#233;quences dommageables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les approches et interpr&#233;tations des niveaux de complexit&#233; syst&#233;miques ne manquent pas et c'est sans doute le c&#233;l&#232;bre article de Boulding (Boulding, 1956) qui nous viendra le plus facilement &#224; l'esprit. Qu'il s'agisse de &#171; niveaux d'organisation &#187; (Laborit, 1991) de &#171; holons &#187; (Koestler, 1968) ou encore de &#171; bulles fractales d'espace temps &#187; (De Rosnay, 2000), il existe une constante dans ces repr&#233;sentations : le fait que chaque niveau se distingue par des m&#233;canismes complexes, des formes ou mod&#232;les qui lui sont propres mais dont le but reste la conservation de l'&#233;nergie n&#233;cessaire &#224; la propagation de l'information [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Notre lecteur pourra en trouver une illustration int&#233;ressante dans (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque niveau sup&#233;rieur de complexit&#233; qui &#233;merge de diff&#233;rents niveaux subalternes contient les arrangements de ceux sur lesquels il s'est construit [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#8220;High level owns all the processes of all the lower levels. A higher (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;], les niveaux inf&#233;rieurs servant souvent &#171; d'archives &#233;volutives &#187; aux niveaux sup&#233;rieurs (Dawkins, 1989), tout en faisant leur synth&#232;se et en ajoutant leur propre fragrance d'&#233;mergence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en consid&#233;rant ces niveaux de complexit&#233; syst&#233;mique qu'il est possible de concevoir &#171; l'ouverture &#187; du syst&#232;me sur un plan informationnel [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='On le distinguera d'un syst&#232;me ouvert thermodynamique : (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Cette ouverture lui donne l'opportunit&#233; de s'adapter &#224; l'&#233;volution de son environnement [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous emploierons le mot &#171; environnement &#187; au sens large. Il s'agit (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;] par acquisition et traitement de l'information que lui procurent les niveaux sous (ex : informations endog&#232;nes) et sus-jacents (ex : informations exog&#232;nes).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette adaptation induite par l'ouverture du syst&#232;me n&#233;cessite tout de m&#234;me une relative stabilit&#233; de la structure ayant pour fonction le traitement de l'information. Le syst&#232;me cherchera donc &#224; maintenir de mani&#232;re simultan&#233;e, au mieux et le plus longtemps possible, son hom&#233;ostasie (du grec &lt;i&gt;homoios&lt;/i&gt; : similaire &lt;i&gt;stasis&lt;/i&gt; : position) [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Les &#234;tres vivants sup&#233;rieurs constituent un syst&#232;me ouvert pr&#233;sentant de (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui concerne notre approche, la notion d'hom&#233;ostasie est &#224; prendre au sens large : nous la d&#233;finirons comme la capacit&#233; qu'aura le syst&#232;me &#224; maintenir le plus longtemps possible son organisation dans le cadre d'un &#233;quilibre dynamique, son information-structure (Laborit, 1991 pp35-38), ou &#224; propager cette information &#224; des fins de r&#233;plication ou de reproduction. Cette capacit&#233; permet d'&#233;viter &#224; son identit&#233; informationnelle de se fondre totalement dans son environnement, et se faisant maintient son autonomie pour un temps (Dawkins, 1989, p25-6). C'est gr&#226;ce au flux d'informations qui le traverse, &#224; l'information circulante (Laborit, 1991) que le syst&#232;me vivant maintient sa propre organisation &#224; un niveau &#233;lev&#233;, ce qui revient &#224; dire que l'organisme de ce syst&#232;me se maintient (De Rosnay, 1977).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Vivre de mort, mourir de vie &#187; nous rappelle Edgar Morin en citant H&#233;raclite (Morin, 1977, pp297-8) ; l'ouverture du syst&#232;me est la cause m&#234;me de sa &#171; mortalit&#233; &#187; in fine, mais c'est elle &#233;galement qui lui permet de maintenir et propager son &#171; identit&#233; informationnelle &#187; dans le temps, l'information-structure et circulante qu'il a r&#233;uni &#224; partir d'&#233;l&#233;ments &#233;pars de son environnement et &#224; qui il attribue un sens, une forme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un syst&#232;me vivant est donc un syst&#232;me ouvert dans lequel il existe un &#233;quilibre entre forces constructrices et destructrices (on pourrait parler d'anabolisme et de catabolisme), &#233;quilibre dynamique qui a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence au niveau social par Georg Simmel lorsqu'il parle d'&#233;volution et de conservation des &#171; formes &#187; (Simmel, 1897). Nous sommes donc bien dans le cas ou o&#249; ces &#233;volutions se compensent [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='L'exemple classique de la baignoire qui se vide et se remplit (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;], et dans lequel la structure et la fonction du syst&#232;me se maintiennent temporairement dans un &#233;tat apparemment stable (la stabilit&#233;, l'&#171; &#233;quilibre &#187; est pour nous synonyme de disparition de la capacit&#233; de maintien de l'information structure, ce que l'on pourrait assimiler grossi&#232;rement &#224; la notion de Mort).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il semble donc opportun de consid&#233;rer un syst&#232;me social comme un syst&#232;me vivant et d'utiliser certains mod&#232;les biologiques comme bases afin d'imaginer des mod&#232;les similaires au niveau social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'oublions pas toutefois que, actionn&#233;es par l'homme et pour l'homme, les &#171; formes sociales &#187; sont plus pertinentes &#224; &#233;tudier au niveau des m&#233;canismes de nature sociale [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Citons ici Georg Simmel, qui dans son m&#233;moire &#171; Comment les formes sociales (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;] et que ces structures sociales doivent &#234;tre soumises &#224; la r&#232;gle bio&#233;thique fondamentale impliquant le respect de l'Homme et de la Nature dans leurs dimensions biologique, psycho-cognitive et affective sous peine de dispara&#238;tre (Nunez, 2002 ; Nunez, 1996). C'est en cela que leur &#233;tude en tant que syst&#232;me vivant rel&#232;ve de la sociologie (Simmel, 1897) et que notre doctorant en sociologie des organisations, au demeurant marginal s&#233;cant puisque privil&#233;giant une approche transdisciplinaire, trouve sa place au sein de ce paradigme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En se servant de cette &lt;i&gt;nouvelle grille&lt;/i&gt; dans le cadre de nos travaux, nous avons pu mettre en &#233;vidence l'existence de zones de tol&#233;rance au stress provoqu&#233; par le changement. L'exemple le plus frappant, car nous avons pu l'observer au cours d'un laps de temps relativement concis au sein d'une organisation de taille cons&#233;quente, est celui de la F&#233;d&#233;ration des Associations G&#233;n&#233;rales Etudiantes.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Le terrain d'observation :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La FAGE est depuis maintenant pr&#232;s de 16 ans, la premi&#232;re organisation &#233;tudiante ind&#233;pendante par la taille de son r&#233;seau et par l'&#233;tendue de ses activit&#233;s. Outre le maintien de la coh&#233;rence des organisations ind&#233;pendantes d'&#233;tudiants autour de valeurs fortes (ind&#233;pendance, solidarit&#233;, fraternit&#233;), elle repr&#233;sente les &#233;tudiants dans les instances pr&#233;vues &#224; cet effet et y d&#233;fend leurs int&#233;r&#234;ts aupr&#232;s des institutions. La FAGE s'est b&#226;tie suite &#224; la loi du 10 juillet 1989 dont l'article 13 pr&#233;cise que :&lt;br /&gt;
&#171; sont regard&#233;es comme repr&#233;sentatives les associations d'&#233;tudiants qui ont pour objet la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et moraux des &#233;tudiants, et &#224; ce titre, si&#232;gent au Conseil National de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche (CNESER) ou au conseil d'administration du Centre National des &#338;uvres Universitaires et Scolaires (CNOUS) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;rations de ville (anciennes AGE) et f&#233;d&#233;rations mono-disciplinaires nationales de l'&#233;poque se sont regroup&#233;es pour cr&#233;er une structure f&#233;d&#233;rative afin de demeurer repr&#233;sentatives des &#233;tudiants localement mais aussi au niveau national. La FAGE n'est donc pas une structure mont&#233;e autour d'un projet m&#251;ri, mais une organisation dont la constitution a &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;e par la contrainte de son environnement et le refus d'adh&#233;rer &#224; l'engagement politis&#233; et centralis&#233; des syndicats &#233;tudiants. Elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e &#224; ce titre comme une structure encore un petit peu instable (mais n&#233;anmoins efficace).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evoluant dans un environnement effervescent, ayant son r&#233;seau &#233;parpill&#233; sur tout le territoire fran&#231;ais, et soumise &#224; un tr&#232;s fort turn-over de ses membres d&#251; &#224; sa nature associative (structure et culture de type d&#233;mocratique), la FAGE est contrainte de mobiliser une grande partie de ses ressources dans le maintien de son identit&#233;, de la coh&#233;rence de son r&#233;seau, de sa culture et de ses valeurs (ce qui fait son identit&#233; organisationnelle, son information-structure) dans un d&#233;s&#233;quilibre qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, avait &#233;t&#233; compens&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dynamique acc&#233;l&#233;r&#233;e de cette jeune organisation de taille institutionnelle nous a permis d'observer des ph&#233;nom&#232;nes plus malais&#233;ment discernables au sein d'autres institutions plus rigides, aux dynamiques plus &#171; visqueuses &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Une structure de type d&#233;mocratique avec diff&#233;rents niveaux de complexit&#233; et d'autonomie : &lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Si nous &#233;tablissons une image simplifi&#233;e du fonctionnement interne du r&#233;seau (&lt;i&gt;Fig 1, infra&lt;/i&gt;), on constate qu'il existe diff&#233;rents niveaux de repr&#233;sentation et de participation en interne. C'est lors des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales (AG) et autres r&#233;unions de Conseils d'Administration (CA) que les diff&#233;rents &#171; niveau de complexit&#233; &#187; de l'organisation se rencontrent et peuvent partager de visu leurs savoirs-faire, et que la plupart voire la totalit&#233; des formations sont effectu&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_28 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L407xH375/fage-6081c.jpg' width='407' height='375' alt='JPEG - 120.9 ko' style='height:375px;width:407px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Figure 1&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Sch&#233;ma simplifi&#233; des niveaux de complexit&#233; et d'autonomie du r&#233;seau FAGE et de ses flux d'informations (synchronisation)
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si les contacts informels hors r&#233;unions sont nombreux, les Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales du r&#233;seau ou les conseils d'administration restent des moments privil&#233;gi&#233;s de partage de l'information car regroupant une grosse majorit&#233; des &#171; t&#234;tes de r&#233;seau &#187; des diff&#233;rentes f&#233;d&#233;rations &#233;parpill&#233;es sur tout le territoire fran&#231;ais. Ces regroupements sont &#233;galement un moment privil&#233;gi&#233; pour faire le point sur l'&#233;tat de r&#233;alisation des diff&#233;rentes missions et fonctions de structure au travers les rapports moraux des diff&#233;rents &#233;lus. Globalement, chaque f&#233;d&#233;ration r&#233;alise ce rapport &#224; son niveau, ce qui en affranchit les Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales de la FAGE qui peuvent se centrer alors sur ses propres actions de garant de l'hom&#233;ostasie du r&#233;seau. Ceci nous pousse &#233;galement &#224; consid&#233;rer la FAGE comme un syst&#232;me &#171; &#224; ouverture variable &#187; ; plus les f&#233;d&#233;rations sont autonomes, plus la FAGE doit faire d'efforts pour maintenir sa structure. Il existe donc un &#233;quilibre dynamique de gestion de l'organisation oscillant entre autonomie et r&#233;gulation institutionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci rapproche la FAGE d'une structure sociotechnique de type semi-autonome (dite aussi de &#171; d&#233;mocratie industrielle &#187;), structure ayant la capacit&#233; d'absorber les cons&#233;quences d'une variation, d'une erreur sans la propager dans tout le r&#233;seau (Liu, 1983, p43) [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Liu nous dit concernant le mod&#232;le des groupes semi-autonomes qu'&#224; (...)' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;] et &#224; filtrer l'information gr&#226;ce au &#171; tamis &#187; de ses diff&#233;rents niveaux de complexit&#233; (De Rosnay, 2000, pp242-3). Rien d&#233;tonnant &#224; cela si l'on consid&#232;re que les &#233;volutions de la culture et de la structure de l'organisation sont li&#233;es (Liu, 2002b).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette forme d'organisation est particuli&#232;rement bien adapt&#233;e &#224; l'acceptation et &#224; la ma&#238;trise du changement puisqu'elle donne &#171; le droit &#224; l'erreur &#187; et l'opportunit&#233; de fonctionner de mani&#232;re heuristique. Le groupe semi-autonome poss&#232;de en effet un syst&#232;me de r&#233;gulation qui lui est propre, ou chaque unit&#233; de travail traite de &#171; ses pr&#233;occupations locales &#187;. Ceci lui donne une opportunit&#233; d'autocorrection par apprentissage, de production sans contr&#244;le ext&#233;rieur, et globalement d'adaptation (Liu, 1983, p57).
Cet aspect met en &#233;vidence la capacit&#233; de r&#233;sistance que peut avoir la FAGE face aux agressions et aux variations de son environnement. Nous avons qualifi&#233; cette disposition de capacit&#233; tampon structurelle.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Le syst&#232;me de transfert et de renouvellement des comp&#233;tences&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Du fait de sa structure et de sa culture d&#233;mocratique, d'un environnement &#233;tendu et dynamique, et de la double implication associative et universitaire de ses acteurs, la FAGE a vu se succ&#233;der un bon nombre de g&#233;n&#233;rations d'&#233;lus &#233;tudiants en son sein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce renouvellement fait &#224; la fois la force et la faiblesse de la FAGE. Ce turn-over est non seulement un moyen de renouveler la vigueur de l'organisation, de contrer la &#171; d&#233;tresse &#187; ou la &#171; lassitude des acteurs &#187; (Alter, 2003, pp236-250 ; Selye, 1974, pp43-4) au niveau organisationnel. Il est &#233;galement un fort vecteur d'innovation (Alter, 2003) et d'adaptation (Selye, 1974) mais il peut repr&#233;senter un risque r&#233;el pour la stabilit&#233; de la structure s'il n'est pas suivi par un important dispositif de transmission de l'information, formel ou informel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le temps de chevauchement des g&#233;n&#233;rations y est extr&#234;mement r&#233;duit (entre un an et deux ans en moyenne) ce qui amoindrit la qualit&#233; de la transmission de l'information par la diminution du temps d'apprentissage, et par la m&#234;me le potentiel de r&#233;sistance de la forme sociale (Simmel, 1897).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors de l'analyse du syst&#232;me institutionnel d'apprentissage de la FAGE, les formations propos&#233;es (essentiellement des cours magistraux) nous avaient sembl&#233;es insuffisantes pour maintenir seules l'hom&#233;ostasie de toute l'organisation, d&#233;veloppant plus les ressources des individus isol&#233;s que la mani&#232;re de les utiliser, et ne privil&#233;giant ainsi qu'un aspect du processus permettant d'agir avec comp&#233;tence en situation de travail (Le Boterf, 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons donc suppos&#233; que la FAGE savait rep&#233;rer les comp&#233;tences d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;es chez ses adh&#233;rents afin de se les approprier. Il nous a alors &#233;t&#233; donn&#233; d'observer les m&#233;canismes d'un compagnonnage informel, emmenant vers les postes &#224; responsabilit&#233; les apprentis rep&#233;r&#233;s et reconnus par &#171; les anciens &#187; comme &#233;tant capables de conserver la structure et les valeurs de l'organisation. Ce dispositif met en jeu les forces vives de la FAGE et leur volont&#233; de sauvegarde de la forme sociale qui leur est attach&#233;e, mais il est pratiqu&#233; &#224; un niveau quasi-individuel et de mani&#232;re plutot isol&#233;e. Il ne tient donc pas compte de la globalit&#233; de l'information dont pourrait disposer la FAGE pour se faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le renouvellement des comp&#233;tences n&#233;cessaires au bon fonctionnement de la FAGE n'est donc pas favoris&#233; sur le long terme, meme si ce processus conserve pour un temps la capacit&#233; de l'organisation &#224; se maintenir et &#224; r&#233;sister aux changements de son environnement. Il n'intervient ni sur sa structure ni sur sa culture [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Ici par exemple, en effectuant la mise en place d'un dispositif (...)' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;], ce qui pourrait lui permettre de garder &#224; terme les comp&#233;tences qui lui sont n&#233;cessaire. Ce m&#233;canisme ne correspondrait donc pas &#224; une adaptation perenne, mais bien plus &#224; un &#171; sursis &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'observation de ce m&#233;canisme, de l'&#233;tude de certains mod&#232;les de compensation de d&#233;s&#233;quilibres biologiques (Davenport, 1970) nous avons assimil&#233; ce type de processus &#224; une capacit&#233; tampon &#171; m&#233;tabolique &#187; puisqu'il met en jeu au-del&#224; d'un certain seuil des suites d'actions et de d&#233;cisions usant &#171; l'&#233;nergie d'adaptation &#187; (Selye, 1974) des acteurs de l'organisation et introduisant la notion de fatigue du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Risques et pathologies associ&#233;s : une ali&#233;nation de l'organisation &#224; l'imaginaire.&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Lors de notre analyse, la FAGE venait de subir le plus grand revers &#233;lectoral de son histoire. Sous un aspect toujours convivial et souriant, chacun tire un peu la couverture &#224; soi, le r&#233;seau ne r&#233;pond plus vraiment aux sollicitations de la structure m&#232;re. L'identit&#233; de l'organisation est alors remis s&#233;rieusement en question (un audit sur l'image de l'organisation dans son propre r&#233;seau est alors en cours, les groupes de travail du conseil d'administration cherchent &#224; red&#233;finir des valeurs f&#233;d&#233;ratrices pour le r&#233;seau de la FAGE qui r&#233;pond mal aux appels de mobilisation).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; tampon de la structure a entra&#238;n&#233; ici la cr&#233;ation d'une &#171; bulle &#187; dans laquelle la repr&#233;sentation et la perception que les acteurs ont de l'&#233;tat de sant&#233; [&lt;a href='#nb2-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Un &#233;tat physiologique au sens ou l'entend Canguilhem pour (...)' id='nh2-12'&gt;12&lt;/a&gt;] de leur organisation, est alt&#233;r&#233;e et correspond &#224; une illusion ou une mauvaise interpr&#233;tation de l'information provenant du milieu externe [&lt;a href='#nb2-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette ali&#233;nation du syst&#232;me &#224; l'imaginaire rel&#232;ve d'un (...)' id='nh2-13'&gt;13&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Associ&#233; &#224; &#171; l'oubli &#187; progressif des comp&#233;tences, ce m&#233;canisme a induit un ralentissement de l'activit&#233; de maintien de l'hom&#233;ostasie de l'organisation. Les g&#233;n&#233;rations qui se sont succ&#233;d&#233;es n'ont pas ou peu r&#233;alis&#233; les changements n&#233;cessaires pour compenser l'accumulation des d&#233;s&#233;quilibres. La &#171; fermeture &#187; progressive du syst&#232;me bloque peu &#224; peu son adaptation et son d&#233;veloppement strat&#233;gique &#224; long terme. Il y a donc eu dissociation entre le rythme d'&#233;volution de la FAGE et celui de son environnement, entre la demande des membres en termes de valeurs, d'actions, et l'offre de la FAGE qui restait identique depuis quelques g&#233;n&#233;rations de cadres associatifs. Alors que le but de la FAGE est de repr&#233;senter son r&#233;seau et de le f&#233;d&#233;rer, ses actions commen&#231;aient progressivement &#224; produire l'effet inverse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'ayant conscience que du sympt&#244;me organisationnel et non pas de la cause relative &#224; sa gestion m&#234;me (Mayer, 1995), les dirigeants de la FAGE initient alors, sans s'en rendre compte, une cascade de r&#233;gulation tampon de type m&#233;tabolique, allant de plus en plus se r&#233;fugier dans l'action de court terme. En maintenant des rites rassurants pour l'organisation afin de gagner un peu de temps, ils cr&#233;ent ainsi un cercle vicieux. L'utilisation du temps et de l'&#233;nergie des acteurs de l'organisation &#224; des fins de sauvegarde des apparences ou de l'imaginaire et ce jusqu'aux &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales suivantes est assimilable &#224; un ph&#233;nom&#232;ne de &#171; contre productivit&#233; paradoxale &#187; (Illich, 1973).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fonctionnement est devenu pathologique (Canguilhem, 1962) : le rapport &#224; l'&#233;volution des normes de l'environnement est &#233;vanescent, la capacit&#233; de gestion d'information du syst&#232;me diminue, la capacit&#233; de tol&#233;rance aux changements et aux agressions se restreint &#233;galement.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Propositions pour l'&#233;tablissement d'un mod&#232;le utile &#224; la gestion du changement organisationnel.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;cisons ici tout d'abord que ce mod&#232;le ne pr&#233;tend pas &#234;tre exact, et qu'il continuera &#224; s'affiner chemin faisant au travers de l'&#233;volution de nos travaux universitaires.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Principes et fondements : &lt;/h4&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; d'un syst&#232;me &#224; maintenir dans le temps une information-structure inadapt&#233;e &#224; son environnement &#224; des fins d'adaptation est assimilable &#224; ce que nous appellerons la capacit&#233; tampon du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette derni&#232;re est la r&#233;sultante des diff&#233;rentes zones tampon composant le syst&#232;me, de leur organisation dans l'espace et dans le temps (de la synchronisation de leurs activations respectives). Chaque zone est relative &#224; une fonction particuli&#232;re intervenant dans le maintien de l'hom&#233;ostasie du syst&#232;me, due &#224; un (ou plusieurs) types de variation de l'environnement.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Deux types de capacit&#233;s tampons identifi&#233;es :&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Il existe &#224; notre sens deux grands types de capacit&#233;s tampons observables :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La capacit&#233; tampon structurelle&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; o&#249; l'on trouve une r&#233;gulation de l'information &#171; par la forme &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;c'est la structure du syst&#232;me elle-m&#234;me qui permet de &#171; filtrer &#187; les agressions auxquelles le syst&#232;me est soumis &#224; la mani&#232;re d'un tamis, et qui en &#171; neutralise &#187; de ce fait une partie. Elle ne met pas en jeu de m&#233;canismes utilisant directement de l'&#233;nergie. Cette capacit&#233; tampon est limit&#233;e par la facilit&#233; qu'aura la structure du syst&#232;me &#224; changer sa configuration en peu de temps, &#224; s'adapter aux exigences du contexte dans lequel elle &#233;volue. Si les variations stressantes pour le syst&#232;me sont trop fortes ou durables, qu'elles ne laissent pas le temps &#224; la structure de s'adapter alors la capacit&#233; du tampon structurel est d&#233;bord&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La capacit&#233; tampon &#171; m&#233;tabolique &#187;,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; correspondant &#224; un maintien forc&#233; de l'hom&#233;ostasie, prend le relais de la capacit&#233; structurelle lorsqu'elle est d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle autorise un sursis suppl&#233;mentaire permettant &#224; l'organisation de s'ajuster pour r&#233;pondre au mieux aux stimulations de son environnement. Pour cela elle utilise directement l'&#233;nergie propre du syst&#232;me via l'activation d'un ou plusieurs processus de r&#233;gulation. Son activation, son efficacit&#233; d&#233;pend de la capacit&#233; du syst&#232;me &#224; percevoir et &#224; traduire les informations que lui procure son environnement en fonction de ses actions sur ce dernier, plus particuli&#232;rement celles &#171; filtr&#233;es &#187; naturellement par sa structure et retransmises jusqu'au centre de prise de d&#233;cision de niveau de complexit&#233; &#233;quivalent. A titre d'exemple, ces m&#233;canismes sont &#224; rapprocher des principes de l'intelligence &#233;conomique appliqu&#233;e &#224; un syst&#232;me social. L'enjeu de ce type de r&#233;gulation est tel au niveau social que le risque d'une mauvaise transmission et/ou interpr&#233;tation peut conduire &#224; la crise ou au d&#233;sastre (Mayer, 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous assimilons l'activation d'une de ces zones tampons au niveau social &#224; une r&#233;action non sp&#233;cifique du type de celle mise en &#233;vidence au niveau individuel par Hans Selye (Selye, 1974). Ce syndrome organisationnel de l'adaptation peut &#234;tre assimilable &#224; un disfonctionnement des processus de gestion de l'organisation eux-m&#234;mes li&#233;s aux capacit&#233;s cognitives des acteurs dans le contexte donn&#233; (Mayer, 1995 et 2003), expliquant la non adaptation de cette derni&#232;re et son manque d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons donc que le seuil d'activation de la capacit&#233; tampon m&#233;tabolique vis-&#224;-vis de la capacit&#233; structurelle se fait en fonction du niveau d'efficacit&#233; requis pour &#171; survivre &#187; dans une situation donn&#233;e et donc d'une certaine mani&#232;re &#224; la &#171; comp&#233;tence &#187; du syst&#232;me et aux comp&#233;tences des individus qui le composent. Ceci positionne les activit&#233;s aff&#233;rentes &#224; l'organisation du travail, la gestion des ressources humaines et des comp&#233;tences comme &#233;minemment strat&#233;giques au c&#339;ur d'un syst&#232;me social intelligent.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Bornes d'une capacit&#233; tampon, chevauchement, synergie et potentialisation :&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; tampon serait donc born&#233;e, limitant l'adaptabilit&#233; du syst&#232;me &#224; une intensit&#233; de variation ou de complexit&#233; &#233;quivalente. Le spectre de variation tamponn&#233; peut &#234;tre assimil&#233; &#224; un ensemble de probabilit&#233;s : un &#233;v&#233;nement E se produisant va t-il faire partie de la variation tamponn&#233;e par la capacit&#233; observ&#233;e ? Comme I. Zadeh (Zadeh, 1965) nous supposons qu'il est int&#233;ressant de consid&#233;rer cet ensemble comme un ensemble flou. Rappelons &#224; cet &#233;gard qu'un ensemble flou est un ensemble pour lesquels il semble plus naturel de consid&#233;rer deux seuils de d&#233;cision s1&lt;s2 aux bornes du domaine pour consid&#233;rer l'appartenance &#224; celui-ci plut&#244;t qu'un seul, tel que la r&#232;gle d'appartenance s'applique parfaitement en de&#231;&#224; du seuil s&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; et ne s'applique plus du tout au-del&#224; de &lt;strong&gt;s2&lt;/strong&gt;. Entre ces deux bornes, les degr&#233;s d'appartenance sont donc interm&#233;diaires. Ceci &#233;vite les classifications disjointes et donne ainsi un autre droit &#224; l'erreur dans la r&#233;partition des appartenances, ceci permet &#233;galement de consid&#233;rer l'interp&#233;n&#233;tration des syst&#232;mes les uns dans les autres ainsi que le chevauchement des zones tampons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cadre d'un syst&#232;me complexe, plusieurs zones tampons peuvent agir de mani&#232;re synergique sur une m&#234;me variation. Parfois elles se potentialisent, se compl&#232;tent, se chevauchent, (parfois elles sont oppos&#233;es car elles sont elles-m&#234;mes encastr&#233;es dans diff&#233;rents autres syst&#232;mes de mani&#232;re parall&#232;le). Ce chevauchement permet d'affiner la r&#233;gulation en tamponnant une variation aux bornes d'activation de tampons m&#233;taboliques ou en permettant de faire le lien entre deux zones sans rupture ni d&#233;pense d'&#233;nergie dommageable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons que la qualit&#233; de cette synergie fait l'efficacit&#233; de la capacit&#233; tampon globale du syst&#232;me. Capacit&#233; d'autant plus efficace si les syst&#232;mes de r&#233;gulation structurels et m&#233;taboliques fonctionnent de mani&#232;re harmonieuse c'est-&#224;-dire que leurs seuils se chevauchent de mani&#232;re ad&#233;quate (or cela n'est pas tout le temps le cas).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la gestion de cette synergie&lt;/strong&gt; qui fait l'efficacit&#233; de la r&#233;gulation des &#233;quilibres dynamiques au sein d'un syst&#232;me et la p&#233;rennit&#233; de son hom&#233;ostasie. Le point central en est l'&#233;change d'informations. &lt;br /&gt;
Ici r&#233;side l'int&#233;r&#234;t de la diversit&#233; de ces zones tampons : bien synchronis&#233;es elles autorisent une r&#233;gulation plus fine. Elle augmente toutefois la complexit&#233; de la r&#233;gulation. Ce type de r&#233;gulation &#233;vite les ruptures brutales, et les adaptations qui &#171; tranchent un peu plus dans le vif &#187; car plus grossi&#232;res, et moins &#233;conomiques en terme d'&#233;nergies d&#233;pens&#233;e par le syst&#232;me. Elle permet de diminuer l'intensit&#233; des efforts &#224; fournir pour &#233;voluer en augmentant la fr&#233;quence des &#171; petites &#187; adaptations.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Conclusion :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il est bien rare qu'on admette obtenir un r&#233;sultat en laissant les choses se faire &#171; naturellement &#187;. Il n'est pas tr&#232;s valorisant de se dire que les choses se font toutes seules et qu'on ne sert pas &#224; grand-chose en fin de compte. Notre &#171; amour-propre &#187; n'est &#224; vrai dire pas vraiment confort&#233; par une telle proposition. Aussi sommes-nous plut&#244;t enclins &#224; penser que dans notre soci&#233;t&#233;, c'est le m&#233;decin qui induit la gu&#233;rison et que le chercheur invente de nouvelles th&#233;ories&#8230; Or le malade se gu&#233;rit &#171; seul &#187; dans de tr&#232;s nombreux cas : le m&#233;decin oriente et renforce des syst&#232;mes naturels pr&#233;existants, il potentialise et catalyse les m&#233;canismes de d&#233;fense et de r&#233;paration du corps humain. De m&#234;me le chercheur, le plus souvent, n'invente rien. Il collecte, trie, met en forme &#233;largie pour &#171; (re)d&#233;couvrir &#187; des informations importantes et lib&#233;rer la quintessence des choses. Il &#233;tablit des liens entre des informations &#233;parses, banales, et les transforme par croisements successifs en informations pr&#233;cieuses &#224; haute valeur ajout&#233;e, puis s'en sert &#233;ventuellement pour am&#233;liorer la transformation de l'existant. Nous pensons donc que les meilleurs r&#233;sultats s'obtiennent en essayant de r&#233;v&#233;ler les syst&#232;mes naturels de r&#233;gulation m&#251;ris par des milliers d'ann&#233;es d'&#233;volution et notre communication veut ici en faire l'&#233;cho.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; tampon que nous venons de mettre en valeur au niveau social permet de donner du temps afin de se pr&#233;parer aux changements &#224; venir, transmettre ses valeurs, ses comp&#233;tences. Exploit&#233;e dans ce but elle devient un v&#233;ritable potentiel d'adaptation pour l'organisation, et peut fournir des rep&#232;res dans le temps pour qui veut harmoniser sa gestion. Ce mod&#232;le place donc la question du temps et de la synchronisation des activit&#233;s du syst&#232;me social au centre de la probl&#233;matique du changement organisationnel, de la gestion des comp&#233;tences et de l'innovation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Cette abr&#233;viation sera reprise tout au long de ce qui suivra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Nous retiendrons pour cette notion la d&#233;finition suivante (Le Boterf, 2002). On reconna&#238;tra qu'une personne
sait agir avec comp&#233;tence si elle sait :
combiner et mobiliser un ensemble de ressources pertinentes (endog&#232;nes et exog&#232;nes telles que des connaissances, savoir-faire, qualit&#233;s, personnes et r&#233;seaux de ressources&#8230;)
pour r&#233;aliser, dans un contexte particulier, des activit&#233;s selon des modalit&#233;s d'exercice adapt&#233;es
et ce, afin produire des r&#233;sultats satisfaisants &#224; l'&#233;gard des crit&#232;res de performance de l'environnement dans lesquels elles sont exerc&#233;es.
TCette d&#233;finition sera reprise tout au long de ce qui suivra &#233;galement&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Notre lecteur pourra en trouver une illustration int&#233;ressante dans l'article de West, Brown et Enquist (West G.B., Brown J.H., Enquist B.J., 1997), article d&#233;crivant un syst&#232;me d'&#233;chelles de transfert de ressources &#233;nerg&#233;tiques et informationnelles chez les &#234;tres vivants&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &#8220;High level owns all the processes of all the lower levels. A higher level has more complex processes than a lower one&#8221; (Liu, 2002a)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] On le distinguera d'un syst&#232;me ouvert thermodynamique : l'information a besoin de la masse et de l'&#233;nergie comme support, mais ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; ces deux &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-6' id='nb2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Nous emploierons le mot &#171; environnement &#187; au sens large. Il s'agit pour nous du &#171; non soi &#187; du syst&#232;me, ce qui ne rel&#232;ve pas de son identit&#233; informationnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-7' id='nb2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &#171; Les &#234;tres vivants sup&#233;rieurs constituent un syst&#232;me ouvert pr&#233;sentant de nombreuses relations avec l'environnement. Les modifications de l'environnement d&#233;clanchent des r&#233;actions dans le syst&#232;me ou l'affectent directement, aboutissant &#224; des perturbations internes du syst&#232;me. De telles perturbations sont normalement maintenues dans des limites &#233;troites parce que des ajustements automatiques, &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me, entrent en action et que de cette fa&#231;on sont &#233;vit&#233;es des oscillations amples, les conditions internes &#233;tant maintenues &#224; peu pr&#232;s constantes. Les r&#233;actions physiologiques coordonn&#233;es qui maintiennent la plupart des &#233;quilibres dynamiques du corps sont si complexes et si particuli&#232;res aux organismes vivants qu'il a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; qu'une d&#233;signation particuli&#232;re soit employ&#233;e pour ces r&#233;actions : celle d'hom&#233;ostasie &#187;. (Cannon, 1946 cit&#233; par Baillet, 2003)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-8' id='nb2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] L'exemple classique de la baignoire qui se vide et se remplit simultan&#233;ment pour finalement garder un niveau d'eau stable&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-9' id='nb2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Citons ici Georg Simmel, qui dans son m&#233;moire &#171; Comment les formes sociales se maintiennent &#187; publi&#233; dans l'ann&#233;e sociologique (Simmel, 1897) nous rappelle que la force vitale et de r&#233;sistance que pr&#233;sentent les groupes sociaux est selon lui la cons&#233;quence ou la r&#233;sultante de ph&#233;nom&#232;nes de nature sociale. Nous rappellerons encore ici que les ph&#233;nom&#232;nes de nature sociale sont eux-m&#234;mes b&#226;tis sur un support biologique et doivent donc int&#233;grer ses variables, tout comme notre cerveau cortical fonctionne avec le cerveau limbique et le cerveau reptilien sur lesquels il a &#233;merg&#233; progressivement (Mac Lean, Guyot, 1990).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-10' id='nb2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] M. Liu nous dit concernant le mod&#232;le des groupes semi-autonomes qu'&#224; l'inverse du mod&#232;le taylorien, ces syst&#232;mes fonctionnent comme r&#233;ducteurs d'erreurs, la probabilit&#233; pour qu'une erreur soit r&#233;percut&#233;e au niveau du groupe concern&#233; &#233;tant de trois cas sur dix mille environ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-11' id='nb2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Ici par exemple, en effectuant la mise en place d'un dispositif interne de &#171; gestion des ressources humaines b&#233;n&#233;voles &#187; incluant des dispositifs de gestion pr&#233;visionnelle et de transfert et de renouvellement des comp&#233;tences sur le mod&#232;le d&#233;j&#224; existant (ce qui faciliterait son ancrage dans les habitudes et la culture de l'organisation via un processus de changement par apprentissage).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-12' id='nb2-12' class='spip_note' title='Notes 2-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Un &#233;tat physiologique au sens ou l'entend Canguilhem pour l'individu (Canguilhem, 1972)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-13' id='nb2-13' class='spip_note' title='Notes 2-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Cette ali&#233;nation du syst&#232;me &#224; l'imaginaire rel&#232;ve d'un m&#233;canisme que l'on interpr&#233;terait comme quasi psychotique chez un individu. Selon Castoriadis, l'autonomie de l'individu est d&#233;finie par la domination du conscient sur l'inconscient. Il compl&#232;te cette d&#233;finition par celle de son contraire : &#171; Si &#224; l'autonomie, la l&#233;gislation ou la r&#233;gularisation par soi m&#234;me, on oppose l'h&#233;t&#233;ronomie la l&#233;gislation ou la r&#233;gularisation par un autre, l'autonomie c'est ma loi, oppos&#233;e &#224; la r&#233;gulation par l'inconscient qui est une loi autre, la loi d'un autre que moi &#187;. Pour gagner de l'autonomie il faut donc que le moi prenne la place de l'autre, de &#171; ce discours &#233;tranger qui est en moi et me domine &#187; de cet autre qui renvoie aussi &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; son histoire. &#171; Domin&#233; par ce discours, le sujet se prend pour quelque chose qu'il n'est pas (qu'en tout cas il n'est pas n&#233;cessairement pour lui-m&#234;me) et que pour lui, les autres et le monde entier subissent un travestissement correspondant &#187;, c'est l&#224; que &#171; le sujet est domin&#233; par un imaginaire v&#233;cu comme plus r&#233;el que r&#233;el, quoique non su comme tel, pr&#233;cis&#233;ment parce que non su comme tel &#187;. Un imaginaire trop autonomis&#233; chez un individu s'appropriera &#171; la fonction de d&#233;cider pour le sujet et la r&#233;alit&#233; et son d&#233;sir &#187; (Castoriadis 1975, pp151-2).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Alter N&lt;/strong&gt; (2003), &lt;i&gt;L'innovation ordinaire&lt;/i&gt;, PUF (Paris), &#233;dition quadrige.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Baillet J &lt;/strong&gt;(2003),&lt;i&gt; Hom&#233;ostasie&lt;/i&gt;, p456 in Encyclopaedia Universalis, Corpus n&#176;11&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Boulding K.,&lt;/strong&gt; (1956) &lt;i&gt;General system theory - The skeleton of science ,&lt;/i&gt; pp197-208, Management Science, Vol 2&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cannon W.B.&lt;/strong&gt;,(1946) &lt;i&gt;La sagesse du corps&lt;/i&gt;, Editions de la nouvelle revue critique (Paris) &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Castoriadis C.&lt;/strong&gt; (1975) &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, &lt;/i&gt;Seuil (Paris), coll. Points (1999)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Canguilhem G. &lt;/strong&gt;(1966) &lt;i&gt;Le normal et le pathologique&lt;/i&gt;, PUF (Paris), &#233;dition quadrige (2005).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Dawkins R.&lt;/strong&gt; (1989) &lt;i&gt;L'horloger aveugle&lt;/i&gt;, Robert Laffont (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Davenport H. W. &lt;/strong&gt;(1970), &lt;i&gt;Abc de l'&#233;quilibre biochimique acido-basique&lt;/i&gt;, Masson &amp; Cie (Paris), coll. M Et Cie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Illich I. &lt;/strong&gt;(1973) &lt;i&gt;La convivialit&#233;&lt;/i&gt;, Seuil (Paris), coll. Points (1999)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Koestler A.&lt;/strong&gt; (1968) &lt;i&gt;Le cheval dans la locomotive, le paradoxe humain&lt;/i&gt;, Calmann Levy, (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Laborit H.&lt;/strong&gt; (1991), &lt;i&gt;La nouvelle grille&lt;/i&gt;, Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le Boterf G.&lt;/strong&gt; (2002), &lt;i&gt;Ing&#233;nierie et &#233;valuation des comp&#233;tences&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;, &lt;/strong&gt;Les &#233;ditions d'organisation (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Liu M. &lt;/strong&gt;(1983), &lt;i&gt;Approche socio-technique de l'organisation&lt;/i&gt;, Editions de l'organisation (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Liu M. &lt;/strong&gt;(2002a) &lt;i&gt;System Dynamics and Organization Dynamics : state of the art and issues, &lt;/i&gt;AFSCET, Internet &lt;a href='http://www.afscet.asso.fr/resSystemica/Crete02/Liu.pdf' class='spip_out'&gt;http://www.afscet.asso.fr/resSystemica/Crete02/Liu.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Liu M.&lt;/strong&gt; (2002b) &lt;i&gt;Etudes des cultures&lt;/i&gt;, Document de travail CERSO, Universit&#233; Paris Dauphine&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;MacLean P., Guyot G.&lt;/strong&gt; (1990) &lt;i&gt;Les Trois Cerveaux de l'Homme&lt;/i&gt;. Robert Laffont (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Mayer P. &lt;/strong&gt;(1995),&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le sympt&#244;me organisationnel et la gestion d'une organisation&lt;/i&gt;, pp 199-227 in Des &lt;i&gt;savoirs en action, contributions de la recherche en gestion&lt;/i&gt;, L'harmattan (Paris), coll. Logique de gestion&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Mayer P.&lt;/strong&gt; (2003) &lt;i&gt;Challenger, ou les ratages de la d&#233;cision, chroniques d'une catastrophe annonc&#233;e&lt;/i&gt;, PUF (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Morin E. &lt;/strong&gt;(1977)&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;La nature de la nature&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; La m&#233;thode, tome 1,&lt;/i&gt; Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Nunez E.A.&lt;/strong&gt; (1996) &lt;i&gt;Strategies of adaptation of man to his environnement : cr&#233;ative and evolutive projection outside the body of human psycho cognitive and body functions.&lt;/i&gt; pp675-680, Acts of the Third UES Congress, Rome, Ed. Kappa.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Nunez E.A&lt;/strong&gt;. (2003) &lt;i&gt;L'&#233;volution s'inscrit dans un continuum bio-sociologique induit par le changement.&lt;/i&gt; Actes du V&#232;me congr&#232;s europ&#233;en de syst&#233;mique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Reinberg A.&lt;/strong&gt; (1998) &lt;i&gt;Le temps humain et les rythmes biologiques&lt;/i&gt;, Editions du Rocher (Monaco)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Rosnay (de) J&lt;/strong&gt;. (1977)&lt;i&gt;Le Macroscope&lt;/i&gt;, Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Rosnay (de) J&lt;/strong&gt;. (2000) &lt;i&gt;L'homme symbiotique, regards sur le 3e mill&#233;naire&lt;/i&gt;, Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Selye H&lt;/strong&gt;. (1974) &lt;i&gt;Stress sans d&#233;tresse&lt;/i&gt;, La Presse (Montr&#233;al)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Simmel G&lt;/strong&gt;. (1897) &lt;i&gt;Comment les formes sociales se maintiennent, &lt;/i&gt;Internet &lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;a href='http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/philo/textesph/simmel_formes_sociales.pdf' class='spip_out'&gt;http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/philo/textesph/simmel_formes_sociales.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;West G.B., Brown J.H., Enquist B.J., &lt;/strong&gt;(1997), &lt;i&gt;A General Model for the Origin of Allometric Scaling Laws in Biolog&lt;/i&gt;y, pp122-126 in &lt;i&gt;Science&lt;/i&gt; n&#176;276 &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Zadeh L. &lt;/strong&gt;(1965) &lt;i&gt;Fuzzy sets&lt;/i&gt;, pp338-53 in&lt;i&gt; Information and control&lt;/i&gt;, n&#176;8&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
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