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	<title>CEDREA - Dynamiques sociales et recherche-action</title>
	<link>http://www.cedrea.net/</link>
	<description>Site du r&#233;seau CEDREA, publications scientifiques de sciences humaines, working papers et retours d'exp&#233;riences autour de la d&#233;marche de recherche-action d'inspiration lewinienne.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>CEDREA - Dynamiques sociales et recherche-action</title>
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		<title>Etude syst&#233;mique du changement d'organisation du travail en entreprise.</title>
		<link>http://www.cedrea.net/Etude-systemique-du-changement-d</link>
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		<dc:date>2006-04-03T15:53:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sandrine SOJECKI</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-">Recherches et r&#233;sultats acquis</category>

		<dc:subject>Sciences des syst&#232;mes</dc:subject>
		<dc:subject>Dynamiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Changement</dc:subject>

		<description>Face aux &#233;volutions de leur environnement, les entreprises s'adaptent en modifiant leur organisation du travail. Les mod&#232;les matriciels, les projets transversaux, les groupes semi-autonomes visent &#224; r&#233;pondre aux besoins de r&#233;activit&#233;, d'efficacit&#233; par un meilleur partage des ressources. Ces &#233;volutions reposent sur une multiplicit&#233;, dans le temps et dans l'espace, d'interfaces entre acteurs individuels ou collectifs qui induisent un d&#233;veloppement des &#233;changes (...)

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-et-resultats-acquis-" rel="directory"&gt;Recherches et r&#233;sultats acquis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Changement-+" rel="tag"&gt;Changement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face aux &#233;volutions de leur environnement, les entreprises s'adaptent en modifiant leur organisation du travail. Les mod&#232;les matriciels, les projets transversaux, les groupes semi-autonomes visent &#224; r&#233;pondre aux besoins de r&#233;activit&#233;, d'efficacit&#233; par un meilleur partage des ressources.&lt;br /&gt;
Ces &#233;volutions reposent sur une multiplicit&#233;, dans le temps et dans l'espace, d'interfaces entre acteurs individuels ou collectifs qui induisent un d&#233;veloppement des &#233;changes transversaux au d&#233;triment des rapports hi&#233;rarchiques.&lt;br /&gt;
L'analyse syst&#233;mique des relations entre groupes de travail fonctionnant comme des syst&#232;mes distincts et organis&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;renci&#233;e, l'un reposant sur une forte division verticale des t&#226;ches, l'autre s'apparentant plus un groupe semi-autonome, permet de mettre &#224; jour les attributs, vecteurs du changement et facilitateurs de leur diffusion temporaire ou permanente &#224; l'int&#233;rieur de chaque syst&#232;me concern&#233; et de l'entreprise dans son ensemble.
L'analyse de la dynamique fonctionnelle r&#233;sultant des fr&#233;quentes interactions entre les groupes, leur adaptation organisationnelle, l'autonomie croissante dans les prises de d&#233;cisions facilite l'identification de potentielles modifications au niveau des caract&#233;ristiques du syst&#232;me, notamment des r&#233;gulations et des modes de gouvernance&lt;/p&gt; &lt;p&gt;To answer the evolutions of their environment, the companies adapt by modifying their organization of work. The matrix structures, the transverse projects, the semi-autonomous groups aim at meeting the needs for reactivity, of effectiveness by a better sharing of the resources.&lt;br /&gt;
These evolutions rest on a multiplicity, in time and space, of interfaces between individual or collectives actors which induce a development of the transverse exchanges to the detriment of the hierarchy.&lt;br /&gt;
The systemic analysis of the relations between differentiated working groups, one with a strong vertical division of the tasks, the other like a semi-autonomous group, makes it possible to update the attributes, vectors of the change and facilitators of their temporary or permanent diffusion inside each system concerned and of the company as a whole.&lt;br /&gt;
The analysis of functional dynamics resulting from the frequent interactions between the groups, their organisational adaptation, increasing autonomy in the decision-makings facilitates the identification of potential modifications on the level of the characteristics of the system undertaken, in particular of the regulations and the modes of governance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3&gt;1 - Introduction :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La r&#233;activit&#233;, l'adaptabilit&#233; aux &#233;volutions toujours plus en attente de l'insertion du tableau, cf fichier pdf de la communication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un environnement &#224; fortes contraintes, de type bureaucratique, nous pouvons voir &#233;merger deux groupes aux caract&#233;ristiques diff&#233;renci&#233;es du reste de l'organisation.&lt;br /&gt;
Ces diff&#233;rences peuvent s'expliquer par les &#233;l&#233;ments suivants. ACP et SAI sont pr&#233;sents depuis peu dans l'organisation. Ils poss&#232;dent des comp&#233;tences que n'ont pas les autres groupes. Leurs produits sont atypiques. Les proc&#233;dures SA ne peuvent s'appliquer directement &#224; leurs activit&#233;s. ACP est localis&#233; sur le site de SA, pas ACL. Cela leur conf&#232;re une position d'&#233;lectron libre. Ces diff&#233;rences sont &#224; la fois des ressources mais aussi des contraintes. Les deux groupes et tout particuli&#232;rement ACP doivent &#234;tre l&#233;gitim&#233;s dans leur expertise. Mais ces diff&#233;rences leur permettent d'&#233;chapper &#224; la standardisation des proc&#233;d&#233;s de travail.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt; 2 - Interfaces entre groupes de travail :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous allons &#233;tudier les interactions de ces trois groupes de travail aux diff&#233;rents modes d'organisation (ACP, SAI s'apparentent aux groupes semi-autonomes, ACL &#224; une organisation bureaucratique), la nature des interfaces entre ces groupes, leurs effets sur leur propre organisation, sur le syst&#232;me en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Interfaces ACP/ACL :&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les missions n&#233;cessitant des comp&#233;tences localis&#233;es dans les deux entit&#233;s, les missions de grandes envergures sont pilot&#233;es par ACL. Les responsabilit&#233;s d'organisation, de planification, de r&#233;partition des r&#244;les en fonction du niveau de classification, de contr&#244;le rel&#232;vent du pouvoir du chef de mission qui est nomm&#233; par la direction de l'entit&#233; AC. Les r&#232;gles et proc&#233;dures en place sont celles de ACL. La participation d'ACP est requise pour apporter les comp&#233;tences manquantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons l'exemple d'une mission Hygi&#232;ne et S&#233;curit&#233; pour un grand groupe industriel. La mission est pilot&#233;e par ACL. Elle fait appel aux comp&#233;tences des ergonomes relevant de l'autorit&#233; d'ACP. En d&#233;but de mission, les ergonomes ont fait remonter au chef de mission des pr&#233; requis pour mener &#224; bien le diagnostic command&#233;. Certaines de ces remarques n&#233;cessitent une remise &#224; plat du protocole standard d'intervention. Face &#224; la pression des ergonomes, le chef de mission convoque tous les consultants de la mission pour une r&#233;union de cadrage dans les locaux d'ACP sous la direction des responsables de l'entit&#233; AC. Auparavant, aucune r&#233;union de cadrage n'avait lieu entre les deux groupes. Les remarques d'ordre technique ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es par le chef de mission dans le d&#233;roul&#233; de la mission, pas les remarques li&#233;es aux conditions d'intervention ou de gestion de la mission. Durant la mission, ACP se conforme aux proc&#233;dures formelles d'ACL. ACP entretient des nombreux contacts informels avec ACL notamment pour faire avancer la mission ou obtenir des informations suppl&#233;mentaires. Les d&#233;cisions et la validation des &#233;tapes sont centralis&#233;es par le chef de mission.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Interfaces ACP/SAI :&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les acteurs du groupe SAI ne poss&#232;dent pas les comp&#233;tences requises en ressources humaines et en organisation pour remplir une mission ARTT (am&#233;nagement et r&#233;duction du temps de travail) qui leur a &#233;t&#233; command&#233;e. Ils rentrent alors directement en contact avec ACP pour cr&#233;er un partenariat.
Le chef de mission &#224; l'initiative de cette coop&#233;ration spontan&#233;e a une faible anciennet&#233; dans l'entreprise. Il r&#233;alise une r&#233;union de cadrage avec les acteurs des deux groupes concern&#233;s. Une &#233;quipe projet voit le jour. Les r&#244;les sont r&#233;partis selon les champs de comp&#233;tences et non selon les niveaux de classification. Il n'y a pas de supervision directe du travail individuel mais des r&#233;unions de suivi r&#233;guli&#232;res. Les membres des deux groupes &#233;changent expertises, portefeuille clients, m&#233;thodes de travail&#8230; Les interactions sont spontan&#233;es. Celles li&#233;es au suivi de la mission sont formalis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt; 3 - Analyse de la dynamique fonctionnelle : passage d'un syst&#232;me pyramidal vers un syst&#232;me semi autonome&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous allons analyser les effets de ces interfaces sur les groupes concern&#233;s puis sur l'ensemble de l'organisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Au niveau local, les effets des changements sont les suivants :&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Les effets du changement sont diff&#233;rents selon les normes et les r&#232;gles de fonctionnement de chacun des groupes. Les impacts diff&#232;rent eux aussi.&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Analyse des interfaces ACP/ACL :&lt;/strong&gt;&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;ACP et ACL sont deux groupes de travail diff&#233;renci&#233;s que ce soit au niveau g&#233;ographique, organisationnel et culturel. Le premier rel&#232;ve d'une logique de type semi-autonome, le second, reflet de la culture d'entreprise, est de type pyramidal.
Nous pouvons constater de prime abord l'influence de ACL sur ACP. Le poids des proc&#233;dures et des r&#232;gles en vigueur standardise les relations formelles de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;gulations sociales entre ces deux groupes sont de types contr&#244;le. [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='REYNAUD JD (1993), Les r&#232;gles du jeu, l'action collective et la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]
ACP s'adapte aux pratiques et r&#232;gles d'ACL. Mais cette adaptation est localis&#233;e dans le temps et dans l'espace. Elle est momentan&#233;e, relative aux &#233;changes formels de cette mission. Le groupe de travail ne les incorpore pas dans ses propres normes de fonctionnement. ACP entretenant d'autres interfaces avec d'autres groupes, notamment SAI avec lequel il applique ses propres normes.
Il ne s'agit pas d'un changement durable. Plut&#244;t d'une perturbation.
Si effet d'apprentissage il y a, il semblerait que ce soit d'ACP vers ACL.
ACP communique sur ses m&#233;thodes de fa&#231;on informelle par le biais des contacts r&#233;guliers et amicaux .Ces contacts sont bas&#233;s sur la confiance et le partage de l'expertise. Ils serviront de vecteurs et de facilitateurs du changement. Le suivi client, les r&#233;unions de pilotage, la mutualisation des expertises, les ajustements mutuels en cours de mission, l'autonomie sont des attributs du changement que les membres d'ACL suscitent aupr&#232;s de leur hi&#233;rarchie (chef de mission et responsable d'entit&#233;).&lt;br /&gt;
Malgr&#233; les r&#233;gulations de contr&#244;le, il y a un effet d'int&#233;gration de certaines caract&#233;ristiques d'ACP vers ACL qui viennent bouleverser l'&#233;quilibre ambiant et le syst&#232;me d'autorit&#233;. Ces modifications sont plut&#244;t bien accueillies. La direction AC nomme un animateur r&#233;seau dans chaque groupe pour favoriser et cadrer les prochaines missions transversales. Mais l'animateur ACP rencontre de nombreuses difficult&#233;s &#224; organiser des missions pilot&#233;es par son groupe.&lt;/p&gt; &lt;h5&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Analyse des interfaces ACP/SAI :&lt;/strong&gt;&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;SAI &#233;volue dans un univers tr&#232;s taylorien. Il se d&#233;marque des autres groupes par son expertise sectorielle, sa faible anciennet&#233;, le profil de ses salari&#233;s, la nature des missions qui sont diff&#233;rentes du reste de SA et n&#233;cessitent de nouvelles comp&#233;tences, son organisation de type semi-autonome. Ces caract&#233;ristiques intrins&#232;ques forment comme une sorte de bulle de protection face &#224; la standardisation massive des m&#233;thodes de travail.&lt;br /&gt;
Les interactions sont &#224; l'initiative des acteurs SAI, hors protocole op&#233;ratoire. SAI tisse des interfaces de type partenariat avec ACP. Ils s'organisent selon leurs besoins et non selon les proc&#233;dures en vigueur, les ordres hi&#233;rarchiques.
Le fonctionnement de ce groupe mixte reprend les caract&#233;ristiques des deux groupes. Les r&#233;gulations sociales entre ces deux groupes sont de type r&#233;gulations inter-groupes autonomes.&lt;br /&gt;
Les interfaces favorisent la construction commune. Par ce biais ACP transmet &#224; SAI ses normes de fonctionnement, ses valeurs culturelles, son expertise. Mais ACP s'adapte en m&#234;me temps aux r&#232;gles et proc&#233;dures de SA qui encadrent les productions de SAI.&lt;br /&gt;
Les r&#233;gulations inter-groupes autonomes sont de r&#233;els vecteurs du changement puisqu'elles permettent de co-construire de nouvelles normes de fonctionnement &#224; partir des caract&#233;ristiques des deux entit&#233;s en pr&#233;sence. L'autonomie, l'organisation du travail, la responsabilit&#233;, les valeurs culturelles, la confiance sont les attributs partag&#233;s des interactions.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Au niveau de l'organisation&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Nous pouvons faire les remarques suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dynamique fonctionnelle &#233;tudi&#233;e s'apparente &#224; la phase de d&#233;veloppement de l'organisation. Elle repose sur une &#233;tape d'adaptation des &#233;l&#233;ments du syst&#232;me &#224; l'&#233;volution de l'environnement gr&#226;ce aux multiples interactions. Ces interactions favorisent par leur occurrence l'apprentissage du changement.
Nous aurions pu &#233;mettre l'hypoth&#232;se que le poids des r&#233;gulations de contr&#244;le dans une organisation fortement centralis&#233;e pousse &#224; la standardisation des normes et pratiques de fonctionnement de tous les groupes. Mais des impacts non pr&#233;vus, des effets t&#233;l&#233;onomiques vont rejaillir sur la strat&#233;gie du syst&#232;me dans sa globalit&#233;.&lt;br /&gt;
En effet, les micro-innovations qui r&#233;sultent d'un ph&#233;nom&#232;ne d'adaptation &#224; l'&#233;volution de l'environnement du syst&#232;me ont une certaine port&#233;e sur le reste de l'entreprise.&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que les interactions transversales favorisent la transmission des pratiques d'ACP au reste de l'organisation, notamment par le biais de SAI qui fonctionne en marge du syst&#232;me mais qui a une position reconnue dans le syst&#232;me ainsi qu'une comp&#233;tence non ma&#238;tris&#233;e. Ces interactions servent de transmetteur, de vecteur du changement en direction des autres groupes aux pratiques standardis&#233;es.&lt;br /&gt;
Les modifications des caract&#233;ristiques des &#233;l&#233;ments du syst&#232;me d&#233;pendent de la position de ces &#233;l&#233;ments dans le syst&#232;me et du processus d'int&#233;gration, diff&#233;renciation dus aux interactions. ACP poss&#232;de une expertise m&#233;tier qui la place hors d'atteinte des proc&#233;dures SA.&lt;br /&gt;
Par les interfaces lat&#233;rales, les groupes d&#233;couvrent, partagent d'autres fa&#231;ons de travailler, d'autres valeurs et portent ces micro-innovations vers le reste de l'organisation. En les mettant &#224; leur tour en oeuvre, ils les l&#233;gitiment et par l&#224; m&#234;me l&#233;gitiment ACP.&lt;br /&gt;
Ces innovations se transmettent via les r&#233;gulations intergroupes autonomes, la coop&#233;ration, la confiance, l'autonomie. Les pratiques locales se transforment. Il y a apprentissage du changement.&lt;br /&gt;
Or, les r&#233;gulations intergroupes autonomes d&#233;rogent aux r&#232;gles qui structurent l'organisation. Et pourtant, elles g&#233;n&#232;rent des effets impr&#233;vus qui &#233;chappent au contr&#244;le avant d'&#234;tre r&#233;appropri&#233;s par la direction.&lt;br /&gt;
La direction de l'entreprise consciente des &#233;volutions d&#233;cide de lancer plusieurs projets de modernisation pour int&#233;grer certaines de ces pratiques &#224; l'ensemble du syst&#232;me. Elle met un place au niveau de la direction un groupe projet r&#233;unissant de nombreux acteurs d&#233;cisionnaires pour penser la r&#233;organisation de l'entreprise. A plus court terme, un projet ressources humaines vise &#224; red&#233;finir les r&#244;les et les responsabilit&#233;s de chacun non plus selon une logique pyramidale mais selon une logique comp&#233;tences.
Nous pouvons noter un effet d'encastrement des caract&#233;ristiques de fonctionnement des groupes semi-autonomes sur l'ensemble du syst&#232;me bureaucratique par le biais d'un tiers, SAI. Ses caract&#233;ristiques, appartenance &#224; SA qui lui octroie une l&#233;gitimit&#233;, organisation de type semi-autonome qui lui permet d'&#233;changer avec ACP pour ensuite afficher ses pratiques en font un facilitateur du changement.&lt;br /&gt;
Une organisation informelle existe en parall&#232;le de l'organisation prescrite. Elle remet en cause le principe de division verticale de l'organisation et la gouvernance classique au profit d'une organisation plus flexible bas&#233;e sur des interactions transversales et reposant sur un mode de gouvernance plus participative. Les r&#233;gulations transversales, autonomes mettent &#224; mal la subsidiarit&#233; en place. Il ne s'agit plus de se r&#233;f&#233;rer au niveau sup&#233;rieur en cas de difficult&#233;s mais de tisser des partenariats locaux pour r&#233;sorber les manques de comp&#233;tences. La division verticale du travail, le syst&#232;me d'autorit&#233;, de contr&#244;le s'en trouvent boulevers&#233;s. Les valeurs culturelles propres &#224; la culture de gestion de l'entreprise sont impact&#233;es. La subsidiarit&#233; active permise par le d&#233;veloppement des interfaces transversales de type r&#233;gulation autonome intergroupe permet alors de passer :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; d'une logique de moyens &#224; une logique de r&#233;sultat,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d'une organisation hi&#233;rarchique &#224; une organisation en r&#233;seau,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d'une logique d'autorit&#233; &#224; une logique de comp&#233;tence m&#233;tier.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;La gouvernance devient plus participative. Les groupes occupent une place plus importante dans le processus organisationnel.&lt;br /&gt;
Cependant le d&#233;veloppement des relations transverses ne pourra se g&#233;n&#233;rer &#224; l'ensemble de l'organisation, m&#234;me avec le soutien de la direction, que si le syst&#232;me de valeurs de l'organisation &#233;volue &#224; son tour.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;4 - Conclusion :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le passage d'une logique pyramidale o&#249; les groupes sont distincts et se juxtaposent vers une logique semi-autonome o&#249; les groupes coop&#232;rent, fonctionnent en r&#233;seau repose sur le d&#233;veloppement des r&#233;gulations autonomes intergroupes et du syst&#232;me de valeurs culturelles. Ces r&#233;gulations remettent en cause les principes de gouvernance classique au profit de l'autonomie, de la coop&#233;ration horizontale, propres &#224; la gouvernance participative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] REYNAUD JD (1993), Les r&#232;gles du jeu, l'action collective et la r&#233;gulation sociale, Paris, Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dynamiques et cadres organisationnels dans les activit&#233;s sociales</title>
		<link>http://www.cedrea.net/Dynamiques-et-cadres</link>
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		<dc:date>2006-03-26T16:34:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin GRASSINEAU</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-">Recherches en cours </category>

		<dc:subject>Dynamiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux coop&#233;ratifs</dc:subject>
		<dc:subject>Convivialit&#233; (Illich)</dc:subject>
		<dc:subject>Logiciels libres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une r&#233;flexion sociologique sur les dynamiques dans les activit&#233;s sociales, et notamment dans les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-" rel="directory"&gt;Recherches en cours &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Dynamiques-sociales-+" rel="tag"&gt;Dynamiques sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Reseaux-cooperatifs-+" rel="tag"&gt;R&#233;seaux coop&#233;ratifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Convivialite-Illich-+" rel="tag"&gt;Convivialit&#233; (Illich)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Logiciels-libres-+" rel="tag"&gt;Logiciels libres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : Partant de l'id&#233;e que les activit&#233;s sociales &#233;taient mues par un syst&#232;me de dynamiques, nous avons observ&#233; que les propri&#233;t&#233;s de ce syst&#232;me d&#233;terminaient la nature des cadres organisationnels dans lesquels une activit&#233; allait se d&#233;rouler. L'&#233;tude des activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels, nous a &#233;galement permis de montrer que ces propri&#233;t&#233;s d&#233;coulaient des interactions entre les acteurs qui cherchent &#224; influer sur le cours de ces dynamiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : Social activities take place in a complex collection of dynamics which are interplaying. Consequently, they are moved by a system of dynamics. Those system's dynamic properties are resulting of interplays between actors trying to influence their direction. While observing cooperatives networks, it appears that organisational pattern's in which activities are made, are determined by this system's dynamic properties.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La progression des r&#233;seaux coop&#233;ratifs dans des secteurs d'activit&#233;s traditionnellement domin&#233;s par la r&#233;gulation marchande ou institutionnelle a &#233;t&#233; l'un des faits marquants de ces derni&#232;res d&#233;cennies. &#192; l'oppos&#233;, certains secteurs d'activit&#233;s, autrefois r&#233;gul&#233;s sur le mode du r&#233;seau coop&#233;ratif, se sont profond&#233;ment marchandis&#233;s ou institutionnalis&#233;s. Cette &#233;volution dans le partage des activit&#233;s productives questionne le chercheur sur un sujet qui est longtemps demeur&#233; inexplor&#233; en sciences sociales. Comment est-il possible qu'au sein d'un m&#234;me contexte culturel et technologique, une activit&#233; puisse se pratiquer au sein de diff&#233;rents cadres organisationnels ? Et, questions qui se rattachent &#224; celle-ci. Comment se r&#233;partissent ces diff&#233;rents cadres ? Comment leurs fronti&#232;res fluctuent ? Comment se constituent-ils et comment interagissent-ils entre eux ? Nous allons proposer ici un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; ces questions, en montrant que la nature des dynamiques et des relations entre les dynamiques qui traversent une activit&#233;, d&#233;termine en partie les cadres organisationnels dans lesquels cette activit&#233; va se pratiquer.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Syst&#232;me de dynamiques&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Une organisation, un syst&#232;me ou un secteur d'activit&#233;, sont travers&#233;s en permanence par une multitude de dynamiques : dynamiques financi&#232;res, communautaires, d'innovation, de r&#233;gulation, d'observation, d'ouverture, de destruction, etc. Il y a donc potentiellement tout un champ d'exploration dans l'&#233;tude de ces dynamiques. Toutefois, il faut bien reconna&#238;tre que le sens du terme est relativement incertain. Pour le clarifier, nous avons &#233;tudi&#233; la fa&#231;on dont l'expression &#171; une dynamique &#187; est employ&#233;e dans son sens courant. Il appara&#238;t alors qu'une dynamique se caract&#233;rise de six mani&#232;res (les exemples sont tir&#233;s d'une recherche Internet) :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;le domaine dans lequel elle se d&#233;roule&lt;/i&gt;. On parle ainsi d'une dynamique fiscale, locale, mondiale, internationale, territoriale, spatio-temporelle, interne, externe, foresti&#232;re, scientifique&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;la nature des changements observ&#233;s ou vis&#233;s&lt;/i&gt;. Par exemple, une dynamique de progression, d'innovation, d'ouverture, de fermeture, de diversification, de paix, de recul, d'&#233;croulement, de fonctionnement&#8230; ; une dynamique de concertation, de r&#233;flexion, de n&#233;gociation&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;ses qualit&#233;s intrins&#232;ques&lt;/i&gt;. Une dynamique peut &#234;tre positive, forte, constructive, durable, in&#233;luctable, permanente, complexe, stochastique, pervertie, contraire, r&#233;versible, irr&#233;versible&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;l'&#233;tat du processus&lt;/i&gt;. Une dynamique se retrouve en panne, en &#233;chec, en cours, elle s'essouffle, est lanc&#233;e, relanc&#233;e, d&#233;butante, confirm&#233;e, se poursuit, s'&#233;tend, s'att&#233;nue, se r&#233;pand&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;son action et les effets qu'elle induit&lt;/i&gt;. Une dynamique peut en effet agir, soumettre, induire, cr&#233;er, modifier, obliger, d&#233;truire, avoir un impact sur&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par &lt;i&gt;l'action ou l'attitude qu'on peut avoir envers elle&lt;/i&gt;. On va mettre en oeuvre, impulser, rechercher, s'inscrire dans, maintenir, subir, renforcer, &#234;tre pour, critiquer une dynamique&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de ces donn&#233;es, esquissons &lt;i&gt;la d&#233;finition d'une dynamique&lt;/i&gt;. Une dynamique est une succession de faits, d'actes ou de changements, qui affectent un syst&#232;me selon une certaine temporalit&#233;, et qui se d&#233;roulent sur un ou plusieurs &lt;i&gt;niveaux&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Individuel ou collectif, endog&#232;ne ou exog&#232;ne, local ou global, court-terme (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;] et &lt;i&gt;domaines&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Discours, pratiques, r&#232;gles d'organisation sociale, r&#232;gles de (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;] donn&#233;s. Elle suit en outre une &lt;i&gt;trajectoire&lt;/i&gt; : les faits s'encha&#238;nent d'une certaine mani&#232;re et peuvent &#234;tre ordonn&#233;s. Sa &lt;i&gt;fronti&#232;re&lt;/i&gt; d&#233;pend des niveaux, domaines ou syst&#232;mes o&#249; les changements ont lieu. Enfin, une dynamique produit des &lt;i&gt;effets&lt;/i&gt; sur le syst&#232;me, sur son environnement et sur d'autres dynamiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes alors en pr&#233;sence d'&#233;l&#233;ments (les dynamiques) qui interagissent entre eux, et qui concourent en s'appliquant &#224; un syst&#232;me social &#224; produire des effets sur lui. Pour &#233;tudier leurs &lt;i&gt;interactions&lt;/i&gt;, il est alors commode d'introduire la notion de &lt;i&gt;syst&#232;me de dynamiques&lt;/i&gt;. Les limites de ce syst&#232;me &#233;tant fix&#233;es par l'observateur qui s&#233;lectionne les dynamiques qui lui semblent pertinentes dans l'ensemble des dynamiques observables.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Influence et contr&#244;le des dynamiques&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Dans une situation donn&#233;e, il existe un ensemble de &lt;i&gt;trajectoires possibles&lt;/i&gt; dans lesquelles une dynamique peut s'engager. En outre, une m&#234;me trajectoire produit plusieurs effets qui sont les &lt;i&gt;effets d'une trajectoire&lt;/i&gt;. Toutes ces trajectoires r&#233;unies peuvent alors produire, avec une probabilit&#233; plus ou moins grande, un grand nombre d'effets qui forment en commun un &lt;i&gt;ensemble d'effets possibles&lt;/i&gt;. L'obtention de ces effets ob&#233;it &#224; certaines contraintes : un m&#234;me effet ne peut &#234;tre atteint que par certaines trajectoires qui composent ainsi un &lt;i&gt;ensemble d'alternatives&lt;/i&gt; ; une m&#234;me dynamique ne peut suivre simultan&#233;ment qu'une seule trajectoire (ce qui implique une contrainte de choix) ; certaines trajectoires et certains effets sont plus &#171; difficiles &#187; que d'autres &#224; suivre ou &#224; atteindre. &#192; partir de ces consid&#233;rations, nous d&#233;finissons &lt;i&gt;l'influence&lt;/i&gt; ainsi : une dynamique A influe sur une dynamique B lorsque les effets de A modifient, ou rendent plus, ou au contraire moins difficiles &#224; atteindre, la trajectoire effective, l'ensemble des effets possibles, ou l'ensemble des trajectoires possibles de B.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;cisons maintenant la &lt;i&gt;fa&#231;on&lt;/i&gt; dont les dynamiques interagissent. Les relations entre les dynamiques peuvent &#234;tre class&#233;es en fonction de diff&#233;rents crit&#232;res :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Signe de la relation&lt;/i&gt;. A et B sont dans des relations de convergence (ou congruence), de divergence (opposition) ou de neutralit&#233; (qui concernent par exemple les finalit&#233;s de A et B).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Relation quantitative ou qualitative&lt;/i&gt;. A peut influer sur la trajectoire de B de diff&#233;rentes mani&#232;res. Elle peut la ralentir, l'acc&#233;l&#233;rer, la modifier, la cr&#233;er&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Relation &#171; ensembliste. &#187;&lt;/i&gt; A est incluse dans B : les variations qui composent A entrent dans la composition de B. Une dynamique individuelle est ainsi incluse dans une dynamique collective.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Co-influence&lt;/i&gt; : c'est le cas o&#249; A influe sur B et B influe sur A. Ainsi, une relation de contr&#244;le de B par A est une relation de co-influence, car A modifie sa trajectoire en fonction de celle de B.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;D&#233;pendance&lt;/i&gt; : B d&#233;pend de A dans le cas suivant. Si A ne suit pas une certaine trajectoire alors B ne peut pas suivre une ou plusieurs trajectoires.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Exclusion/interdiction&lt;/i&gt; : les effets de A sur B font que B ne peut pas suivre une certaine trajectoire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Obligation&lt;/i&gt; : les effets de A sur B font que B ne peut pas ne pas suivre une certaine trajectoire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Facilitation&lt;/i&gt; : les effets de A font que B peut suivre une trajectoire plus facilement.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Infl&#233;chir sur le cours des dynamiques est l'une des pr&#233;occupations majeures des acteurs sociaux. Ceux-ci vont en effet sans arr&#234;t impulser des dynamiques pour modifier la trajectoire des dynamiques qui les entourent. Mais ces dynamiques vont &#233;galement les influencer. Supposons alors qu'un acteur X (individuel ou collectif) suive une dynamique A. Il y a trois situations distinctes.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;X &#171; porte &#187; la dynamique B&lt;/i&gt;. Sa dynamique A influe sur B (cr&#233;ation, modification, maintien, suppression de B), et ceci avec plus ou moins de r&#233;ussite.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;X &#171; est port&#233; &#187; par B&lt;/i&gt;. B influe sur A. X va alors accepter l'influence de B (r&#233;signation) ou s'y opposer : il suit alors une trajectoire alternative (retrait) ou une &#171; contre-dynamique &#187; (r&#233;sistance).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;X &#171; est ext&#233;rieur &#187; &#224; B&lt;/i&gt;. A n'influe pas sur B et r&#233;ciproquement, B n'influe pas sur A. X a alors deux alternatives : il reste ext&#233;rieur &#224; la dynamique, il tente de l'influencer [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Prenons quelques exemples. Cas 1 : X commande un groupe avec plus ou moins (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Notons que ces situations se compliquent si A est incluse dans B. Car m&#234;me si X est port&#233; par B, il porte &#233;galement B. Cependant, la relation est souvent asym&#233;trique. En ce sens que si l'influence de A sur B est quasi-nulle, celle de B sur A est en revanche particuli&#232;rement forte. Examinons alors les situations o&#249; un acteur X tente par la dynamique qu'il porte d'influencer la dynamique que porte un autre acteur Y. Il existe quatre configurations possibles.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1 : Types d'influence en fonction des interactions individuelles ou collectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_20 spip_documents'&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L500xH145/Tableau1-2-f8c13.png' width='500' height='145' alt=&quot;&quot; style='height:145px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;Lorsque les dynamiques prennent place dans un environnement social, il existe une difficult&#233; suppl&#233;mentaire : la subjectivit&#233; des acteurs va intervenir. Pour int&#233;grer d'une mani&#232;re pragmatique cette dimension dans l'analyse, nous allons &#234;tre oblig&#233;s d'adopter une hypoth&#232;se relativement forte. Nous allons admettre qu'il est possible de distinguer les &lt;i&gt;effets objectifs&lt;/i&gt; des &lt;i&gt;effets subjectifs&lt;/i&gt;. Les effets objectifs [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Il existe sommairement deux types d'effets objectifs. Les effets (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;] sont tous ceux qui peuvent &#234;tre th&#233;oriquement observ&#233;s par un observateur ext&#233;rieur &#224; la situation. Les effets subjectifs sont ceux qui concernent l'int&#233;riorit&#233; d'un acteur, ils ne peuvent &#234;tre observ&#233;s. Ces effets &#233;tant tr&#232;s complexes, il est commode de les scinder en plusieurs cat&#233;gories.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;. Le cas le plus simple est celui o&#249; la dynamique produit directement sur l'acteur, par l'interm&#233;diaire de la perception, une &#233;motion, une aversion, une g&#234;ne ou des effets plus complexes : une r&#233;flexion, une qu&#234;te, etc.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;. Ensuite, il faut aussi prendre en compte le fait que l'acteur est capable de se repr&#233;senter les effets objectifs d'une dynamique. Il peut les anticiper, les d&#233;crire et les attribuer &#224; une dynamique en d&#233;voilant un lien de causalit&#233;. Il y a alors deux difficult&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;. La repr&#233;sentation qu'il va se faire des effets objectifs, et du lien entre les effets objectifs et les dynamiques sera incompl&#232;te, et parfois m&#234;me biais&#233;e. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;b&lt;/strong&gt;. Malgr&#233; cela, une dynamique peut influencer le comportement d'un acteur par l'interm&#233;diaire de cette repr&#233;sentation. Par exemple, l'anticipation des effets de A par X suffit &#224; ce qu'il modifie la trajectoire de sa dynamique. Il ne tient donc pas compte des effets objectifs de la dynamique, mais des effets qui vont probablement advenir. Et il peut &#233;galement tenir compte d'effets qui ne se sont pas r&#233;ellement produits [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Un acteur ne conna&#238;t pas n&#233;cessairement tous les effets objectifs de ses (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Mais dans tous les cas, ce sont les effets subjectifs, et non les effets objectifs d'une dynamique que l'acteur prendra en compte. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;L'introduction des effets subjectifs dans l'analyse permet &#233;galement de tenir compte des diff&#233;rents vecteurs par lesquels une dynamique agit sur un autre : mati&#232;re, corps, r&#232;gles, langage, &#233;motions, que l'on peut classer par &lt;i&gt;niveaux de complexit&#233;&lt;/i&gt;, en adoptant par exemple, la classification de Boulding (1956). Suivant ces niveaux de complexit&#233;, l'influence n'aura pas le m&#234;me &lt;i&gt;niveau de coercition&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce niveau va mesurer dans quelle proportion les effets d'une (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;] et ne provoquera pas les m&#234;mes effets. On peut alors distinguer deux cas.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;X agit &#171; physiquement &#187; sur Y&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Directement&lt;/i&gt; : d&#233;placements forc&#233;s, exclusions, empoisonnements, mutilations&#8230; ; ou &lt;i&gt;indirectement&lt;/i&gt; en modifiant son environnement : fronti&#232;res territoriales, emprisonnements, canaux de circulation, subventions, gels des ressources, fermeture de l'acc&#232;s &#224; certains biens ou services, vols, &#233;puisement des ressources, impacts environnementaux, etc. Ces proc&#233;d&#233;s, loin d'&#234;tre secondaires, sont tr&#232;s r&#233;pandus. Notons qu'ils ne n&#233;cessitent pas l'intervention des effets subjectifs.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;X utilise des proc&#233;d&#233;s &#171; symboliques &#187;&lt;/i&gt;, qui eux, n&#233;cessitent les effets subjectifs. Il y a deux cas, soit &lt;i&gt;ils engagent implicitement des &#233;l&#233;ments physiques&lt;/i&gt; : menaces de sanctions physiques, promesses de gratification, consommation ostentatoire, contestation de la propri&#233;t&#233;&#8230; Soit &lt;i&gt;ils ne s'appuient que sur une influence psychologique&lt;/i&gt;. Celle-ci est alors &lt;i&gt;directe&lt;/i&gt; (elle tend &#224; obliger Y &#224; agir d'une certaine mani&#232;re) : ordres, persuasion, pression de la communaut&#233;, honte, jugements de valeur, harc&#232;lement moral, chantage affectif,&#8230; ; ou &lt;i&gt;indirecte&lt;/i&gt; : imitation, accord, adh&#233;sion de plein gr&#233;, acculturation, etc. Sur ce dernier point, remarquons que le simple fait d'agir d'une certaine mani&#232;re, de prof&#233;rer une id&#233;e, suffit souvent &#224; influencer autrui. Un acteur peut donc &#234;tre influenc&#233; par autrui simplement en l'observant. Ce qui implique que tout acte non dissimul&#233; engage la responsabilit&#233; de son auteur.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Motifs de l'influence et dynamiques de convergence&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sent&#233; comment les acteurs influaient sur les dynamiques, nous pouvons d&#233;sormais nous demander pourquoi ils vont chercher &#224; le faire. En fait, comme l'influence peut ob&#233;ir &#224; des motifs tr&#232;s divers, nous allons proc&#233;der &#224; quelques simplifications. La premi&#232;re va &#234;tre de supposer que les acteurs cherchent &#224; infl&#233;chir les dynamiques qui entrent en divergence avec les leurs. (divergence en terme de finalit&#233;, d'acc&#232;s aux ressources, etc.) Les acteurs essaient ainsi d'&#233;viter les &lt;i&gt;effets ind&#233;sirables&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Les effets sont jug&#233;s ind&#233;sirables pour diverses raisons : aversion morale, (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;] en s'opposant aux dynamiques qui les produisent, et favorisent au contraire les dynamiques qui produisent sur eux des effets d&#233;sirables. Prenons un exemple : un groupe de personnes joue aux cartes. Subitement, le joueur X, qui s'appr&#234;te &#224; perdre la partie, d&#233;cide d'arr&#234;ter. Comme il existe une relation de d&#233;pendance et d'inclusion entre sa dynamique individuelle et la dynamique collective, le cours de cette derni&#232;re est interrompu, ce qui provoque un effet ind&#233;sirable sur les comparses. Il y a alors divergence entre la dynamique collective et la dynamique individuelle. Et il est probable que les joueurs de cartes s'&#233;vertueront &#224; convaincre X de poursuivre la partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Supposons alors que nous soyons en pr&#233;sence de deux acteurs X et Y, qui sont des acteurs collectifs ou individuels. X, par la dynamique A qu'il porte, produit un effet sur Y et sur lui-m&#234;me (effet sur X). Nous avons indiqu&#233; dans le tableau 2 quelles pouvaient &#234;tre les diff&#233;rentes situations d'interaction qui en r&#233;sultent, et les cadres organisationnels apparaissant quand la m&#234;me configuration concerne deux ou plusieurs acteurs qui cherchent &#224; obtenir une convergence entre leurs dynamiques. L'id&#233;e est que les divergences, qu'elles soient anticip&#233;es ou en cours, g&#233;n&#232;rent des dynamiques de r&#233;gulation collective qui visent &#224; restaurer, &#224; maintenir ou &#224; cr&#233;er une convergence entre les dynamiques. Bien entendu, il se peut aussi que des acteurs restent dans des relations mutuellement ind&#233;sirables ou asym&#233;triques, ou cessent l'activit&#233; faute d'avoir r&#233;ussi &#224; trouver un accord.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2 : Quatre situations d'interaction dans le cas d'une dynamique &#224; deux effets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_21 spip_documents'&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L500xH144/Tableau2-e891d.png' width='500' height='144' alt=&quot;&quot; style='height:144px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p&gt;Pour &#233;clairer ces diff&#233;rentes configurations, nous allons les examiner dans le cas o&#249; la dynamique en question correspond &#224; la r&#233;alisation d'une activit&#233; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Une activit&#233; sociale est un ensemble d'actes et de pratiques que les (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation1&lt;/strong&gt;. Les acteurs sont dans une situation o&#249; ils accomplissent une activit&#233; qui les satisfait mutuellement. Ils &#233;tablissent alors un ensemble de &lt;i&gt;r&#232;gles constitutives&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour la d&#233;finition d'une r&#232;gle constitutive, voir Searle (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;] qui leur permettent de coordonner leurs actions, d'&#233;changer les produits de leurs activit&#233;s et leurs savoir-faire. L'application de ces r&#232;gles n'a pas besoin d'&#234;tre assur&#233;e par une autorit&#233; &lt;i&gt;centralis&#233;e&lt;/i&gt;, puisque les acteurs gagnent &#224; les respecter spontan&#233;ment et perdent &#224; ne pas le faire. Les acteurs doivent simplement conna&#238;tre ces r&#232;gles et &#234;tre capables de les appliquer. Il s'en suit que les relations interindividuelles sont peu &lt;i&gt;coercitives&lt;/i&gt; et que le contr&#244;le de l'activit&#233; peut &#234;tre &lt;i&gt;d&#233;centralis&#233;&lt;/i&gt;. C'est une situation de &lt;strong&gt;r&#233;seau coop&#233;ratif&lt;/strong&gt;. Une des caract&#233;ristiques de ces r&#233;seaux, est qu'ils gagnent &#224; avoir de plus en plus de participants, puisque par hypoth&#232;se, ils produisent des effets d&#233;sirables : il n'y a donc pas &#224; priori de &lt;i&gt;fermeture de la participation&lt;/i&gt; &#224; l'activit&#233; et de &lt;i&gt;fermeture de l'acc&#232;s aux produits&lt;/i&gt; de l'activit&#233;. En fait, cette ouverture ne peut se r&#233;aliser que sous trois conditions.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Premi&#232;rement, les co&#251;ts qui gr&#232;vent l'activit&#233; ne doivent pas cro&#238;tre avec le nombre de participants.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Deuxi&#232;mement, les ressources, en entr&#233;e et en sortie de l'activit&#233;, ne doivent pas &#234;tre des ressources rares. Dans le cas contraire, &#224; partir d'un certain seuil, les acteurs retombent dans la situation 2, car ceux qui pratiquent l'activit&#233; cr&#233;ent des effets ind&#233;sirables sur les autres en &#233;puisant les ressources disponibles. Dans les faits toutefois, les acteurs tenteront g&#233;n&#233;ralement d'accro&#238;tre le volume des ressources pour continuer &#224; exercer leur activit&#233; librement. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;mement, il faut distinguer deux types de r&#233;seaux coop&#233;ratifs, ceux o&#249; &lt;i&gt;les dynamiques individuelles doivent &#234;tre coordonn&#233;es pour produire une dynamique collective&lt;/i&gt; ayant des effets d&#233;sirables : il faut des &#233;changes nombreux et complexes entre les acteurs et il y a une forte d&#233;pendance entre les dynamiques individuelles ; &lt;i&gt;ceux o&#249; les effets collectifs sont plus ou moins &#233;mergents&lt;/i&gt; : les transferts de technologie ou de savoir dans le r&#233;seau se font principalement par imitation, et il y a peu de d&#233;pendance entre les dynamiques individuelles (c'est le cas dans la pratique du skate par exemple). Le deuxi&#232;me type de r&#233;seau ne pose pas de probl&#232;me particulier ; en revanche, le premier suppose qu'il y ait une structure assurant la coordination des activit&#233;s. Deux sous-cas sont alors envisageables. &lt;i&gt;Si la coordination est consentie par les acteurs&lt;/i&gt;, on reste dans un r&#233;seau coop&#233;ratif, mais une hi&#233;rarchie fonctionnelle se met en place. Dans le cas contraire, on &#233;volue vers une institution ou vers la situation 2 [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='footnote' title='En effet, il est peu probable que les orientations individuelles convergent (...)' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;]. Pour rem&#233;dier &#224; cela, les acteurs peuvent cr&#233;er des organisations alternatives pour exercer leur activit&#233; librement. Et les am&#233;liorations technologiques ou organisationnelles migreront alors sans restriction d'une organisation &#224; une autre. C'est cette dynamique &#171; concurrentielle &#187; qui assure la continuit&#233; du r&#233;seau coop&#233;ratif.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation2&lt;/strong&gt;. C'est une situation de domination, de concurrence ou de g&#234;ne. Il y a deux cas.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cas 1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;La situation est structurellement asym&#233;trique&lt;/i&gt;. Si X accomplit l'activit&#233; suivant une certaine trajectoire, il exclut Y de cette m&#234;me trajectoire, et c'est ce qui cr&#233;e les effets ind&#233;sirables : par exemple, si X occupe le poste qui est hi&#233;rarchiquement le plus &#233;lev&#233;, Y occupe un poste moins &#233;lev&#233;. C'est le cas pour une activit&#233; qui utilise une ressource rare avec rivalit&#233; d'usage (Laffont, 1988). Il n'y a alors pas de convergence possible, un des deux acteurs est forc&#233;ment l&#233;s&#233;. Cette situation asym&#233;trique est typique d'un classement hi&#233;rarchique. Elle peut d&#233;boucher sur une &lt;strong&gt;institution hi&#233;rarchis&#233;e&lt;/strong&gt;. Le groupe dominant X essayant de conserver son autorit&#233; sur le groupe domin&#233; Y, pour exercer l'activit&#233; au d&#233;triment de Y.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cas 2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;La situation est sym&#233;trique&lt;/i&gt;. Par exemple, X pollue Y et Y pollue X. Il y a deux possibilit&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans une situation d'influence interindividuelle&lt;/i&gt;, Y emp&#234;che X d'agir, et r&#233;ciproquement. Ils passent donc un contrat mutuel interdisant la pratique n&#233;faste. Mais en cas de fraude, une telle situation d&#233;g&#233;n&#232;re en conflit (situation 4). Une solution pour eux est alors de recourir &#224; un arbitre et donc de &lt;i&gt;centraliser&lt;/i&gt; le &lt;i&gt;contr&#244;le&lt;/i&gt; de l'activit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;b&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans la situation o&#249; Y est un acteur collectif&lt;/i&gt;, on d&#233;bouche sur une &lt;strong&gt;institution &#233;galitariste&lt;/strong&gt;. En effet, une situation sans contr&#244;le est instable : un acteur peut transgresser la r&#232;gle commune pour en retirer des effets d&#233;sirables, et les autres subissent alors les effets ind&#233;sirables sans pouvoir riposter, puisqu'ils respectent la r&#232;gle. Il faut donc imposer par un &lt;i&gt;moyen externe et coercitif&lt;/i&gt; (qui rel&#232;ve d'une autre activit&#233;), le respect de la r&#232;gle &#224; &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; les personnes concern&#233;es. G&#233;n&#233;ralement, pour &#233;viter les situations conflictuelles, il y a &lt;i&gt;centralisation&lt;/i&gt; des moyens de r&#233;gulation : les acteurs d&#233;l&#232;guent &#224; une autorit&#233; le pouvoir de r&#233;guler leurs activit&#233;s communes (agence de r&#233;gulation, planificateur, autorit&#233; intellectuelle&#8230;) Dernier point, les acteurs sont amen&#233;s &#224; fermer la participation &#224; l'activit&#233;. Pourquoi ? Car en limitant les entr&#233;es, ils &#233;vitent qu'un acteur ext&#233;rieur n'ait un comportement opportuniste. Nous avons l&#224; le rudiment de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e : pour &#233;viter le vandalisme ou des effets ind&#233;sirables caus&#233;s par une mauvaise pratique de l'activit&#233;, les acteurs ferment l'acc&#232;s &#224; l'activit&#233; ou aux ressources qui permettent de l'accomplir.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation3&lt;/strong&gt;. Plusieurs cas peuvent &#234;tre discut&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;Cas 1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans une situation d'influence interindividuelle&lt;/i&gt;, la convergence ne peut &#234;tre atteinte que par un &#233;change qui permet de compenser les d&#233;sagr&#233;ments li&#233;s aux effets de l'activit&#233;, et donc de la rendre d&#233;sirable. Pour comprendre la logique qui se cache derri&#232;re cet &#233;change, il faut remarquer qu'une activit&#233; se d&#233;compose g&#233;n&#233;ralement en plusieurs sous-activit&#233;s qui sont d&#233;pendantes entre elles et qui produisent des effets diff&#233;rents. Tr&#232;s souvent en effet, une activit&#233; inclut une sous-activit&#233; qui cr&#233;e des effets ind&#233;sirables, &lt;i&gt;la production ou la pr&#233;paration &#224; l'activit&#233;&lt;/i&gt;, et dont d&#233;pend la r&#233;alisation d'une autre sous-activit&#233;, parfois diff&#233;r&#233;e dans le temps, qui cr&#233;e des effets d&#233;sirables : &lt;i&gt;la consommation&lt;/i&gt;. Lorsque X supporte seul la charge de l'activit&#233; dans le cadre d'une activit&#233; hors-&#233;change, il n'y a pas lieu de faire une analyse sp&#233;cifique. En revanche, si Y peut profiter des effets de X, il y a deux cas polaires.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Si il y a possibilit&#233; d'exclusion d'usage&lt;/i&gt;, alors X est enclin &#224; prot&#233;ger les effets de sa production, ceci d'autant plus si il y a rivalit&#233; d'usage. Il instaure donc un contr&#244;le de l'acc&#232;s &#224; la consommation. Ce qui est une nouvelle source de propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Par cons&#233;quent, si Y veut b&#233;n&#233;ficier de la production de X (ce qui le d&#233;leste de la production), il doit le r&#233;tribuer. Nous sommes en pr&#233;sence d'un &lt;strong&gt;march&#233;&lt;/strong&gt; puisqu'il y a propri&#233;t&#233; priv&#233;e et &#233;change volontaire. Si le march&#233; est concurrentiel, il n'y a pas, th&#233;oriquement, besoin de r&#233;guler l'activit&#233;. La r&#233;gulation se fait par &lt;i&gt;la concurrence d&#233;centralis&#233;e&lt;/i&gt;, et par &lt;i&gt;l'accord entre le producteur et le consommateur&lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, pour &#233;viter les comportements opportunistes, une institution &#233;galitariste est g&#233;n&#233;ralement n&#233;cessaire au bon fonctionnement du march&#233;. Notamment parce que le respect des droits de propri&#233;t&#233; s'appuie sur un accord collectif.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;b&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Si il n'y a pas de possibilit&#233; d'exclusion d'usage&lt;/i&gt;, alors on est dans la situation d'un bien public et il y a un probl&#232;me de compensation. &#192; priori, l'activit&#233; ne peut se r&#233;aliser autrement que par un accord mutuel, par une subvention externe, ou par son rattachement &#224; une autre activit&#233; rentable. Mais pour faire respecter un accord, les acteurs doivent utiliser la contrainte. On tombe alors dans une situation institutionnelle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cas 2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Dans une situation o&#249; X est un acteur individuel et Y un acteur collectif&lt;/i&gt;. Trois probl&#232;mes vont se poser : le partage des produits de l'activit&#233; collective, le partage des t&#226;ches, la r&#233;gulation des activit&#233;s individuelles. Il se peut en effet que les acteurs n'arrivent pas &#224; mesurer l'impact respectif des dynamiques individuelles sur la dynamique collective. Comment alors effectuer un partage &#233;quitable ? En g&#233;n&#233;ral, ils adoptent une solution mutualiste ou collectiviste : Y prive les individus du fruit de leur activit&#233; et le redistribue. Mais il risque d'y avoir une in&#233;galit&#233; dans le partage et un probl&#232;me d'incitation qui est li&#233; au fait que X est d&#233;poss&#233;d&#233; des fruits de son activit&#233;. De plus, un acteur peut b&#233;n&#233;ficier du partage sans participer au travail (c'est le probl&#232;me du passager clandestin). Ce qui conduit &#224; une fermeture et &#224; un contr&#244;le de l'activit&#233;, car le partage des b&#233;n&#233;fices suppose qu'ils ne profitent qu'&#224; ceux qui ont particip&#233; &#224; l'effort collectif. Enfin, la r&#233;alisation de la dynamique collective n&#233;cessite que les dynamiques individuelles suivent une certaine trajectoire. Pour r&#233;tablir la convergence, les acteurs vont donc mettre en place un accord, des r&#232;gles communes, qui imposent aux dynamiques individuelles de conserver une trajectoire favorable &#224; la dynamique collective.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation4&lt;/strong&gt;. Il y a deux cas. Si les effets ind&#233;sirables sont li&#233;s au fait que les dynamiques de X et Y sont en co-influence, alors la convergence est possible par le retrait des parties. Par exemple, deux musiciens qui jouent ind&#233;pendamment l'un de l'autre au m&#234;me endroit, se g&#234;nent mutuellement. Pour que leurs dynamiques convergent, il suffit qu'ils s'&#233;loignent l'un de l'autre. A l'inverse, si les effets ind&#233;sirables sont produits quelque soit le lien entre les deux dynamiques, alors la convergence est impossible. L'activit&#233; cesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Une activit&#233; (A) est donc travers&#233;e par deux dynamiques fondamentales : la &lt;strong&gt;dynamique de marchandisation&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;dynamique d'institutionnalisation&lt;/strong&gt;. Cette derni&#232;re correspond &#224; un accroissement de la fermeture et du contr&#244;le de (A) qui s'inscrit dans trois dimensions : &lt;i&gt;1&lt;/i&gt;. L'acc&#232;s aux produits de (A). &lt;i&gt;2&lt;/i&gt;. L'acc&#232;s aux ressources qui entrent dans (A) : cr&#233;ation de droits d'exploitation. &lt;i&gt;3&lt;/i&gt;. La participation &#224; (A) : mise en place d'un syst&#232;me de statuts et de r&#244;les qui contr&#244;lent l'entr&#233;e de (A) et qui r&#233;gulent (A). &#192; cette dynamique d'institutionnalisation s'ajoute une dynamique de marchandisation. Elle tient en trois points : une dissociation de (A) en deux sous activit&#233;s, la &lt;i&gt;production&lt;/i&gt; (P) et la &lt;i&gt;consommation&lt;/i&gt; (c) ; une dynamique de convergence s'appuyant sur l'&#233;change ; un contr&#244;le externe de (P) par (c). Les deux dynamiques suivent des logiques expansionnistes et monopolistiques. En effet, comme une institution doit emp&#234;cher l'intrusion des tricheurs et des opportunistes, elle se m&#233;fie d'une institution concurrente qui pourrait l&#233;gitimer leurs actions. Elle est donc conduite &#224; &#233;tendre toujours plus son activit&#233; de r&#233;gulation. Quant &#224; la dynamique de marchandisation, la concurrence force les producteurs X &#224; trouver toujours plus de d&#233;bouch&#233;s pour assurer ou augmenter la rentabilit&#233; de (P). Les producteurs X vont par cons&#233;quent tenter d'accro&#238;tre (c) en influen&#231;ant les consommateurs Y ou en les excluant de (P). Le march&#233; conduit donc &#224; des comportements opportunistes. Il n'est alors pas exclu qu'une situation de r&#233;seau coop&#233;ratif &#233;volue en march&#233;. Dans ce cas, nous observerons que les dynamiques de marchandisation et d'institutionnalisation vont se soutenir l'une et l'autre. La fermeture de (P) par X emp&#234;che Y de profiter des effets d&#233;sirables de (P). Elle rend donc Y &lt;i&gt;d&#233;pendant&lt;/i&gt; de X : Y doit r&#233;tribuer X si il veut profiter des effets d&#233;sirables de (P). Notons qu'il faut alors tenir compte du co&#251;t que Y supporte en cessant (c). Si cela provoque des effets ind&#233;sirables sur lui, alors la d&#233;pendance est plus forte, et X a encore plus de chances de b&#233;n&#233;ficier d'une r&#233;tribution de Y.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Dynamique des effets subjectifs&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;	Mais l'analyse que nous venons de faire est incompl&#232;te, car elle n&#233;glige deux points essentiels (m&#234;me si le probl&#232;me est sugg&#233;r&#233; implicitement dans l'&#233;tude de la situation 4) : &lt;i&gt;les effets subjectifs ne sont pas n&#233;cessairement stables, et ils ne sont pas ind&#233;pendants d'un acteur &#224; un autre&lt;/i&gt;. En effet, d&#232;s lors que X entre en interaction avec Y, la fa&#231;on dont il per&#231;oit ou anticipe les effets de son activit&#233; va certainement &#234;tre modifi&#233;e. Ainsi, une t&#226;che p&#233;nible &#224; effectuer seul, sera accomplie avec plaisir en situation de co-influence. Par cons&#233;quent, la nature de la relation d'&#233;change entre diff&#233;rents acteurs a un impact notable sur l'appr&#233;ciation de l'activit&#233;. Et une activit&#233; n'aura pas les m&#234;mes effets sur une personne lorsqu'elle l'accomplit sous la contrainte, librement ou dans un but marchand. En d'autres termes, &lt;i&gt;l'incitation &#224; l'action et la r&#233;gulation sont interd&#233;pendantes&lt;/i&gt;. Une activit&#233; peut produire des effets d&#233;sirables sur une personne tant qu'elle l'accomplit librement, mais devenir ind&#233;sirable d&#232;s qu'elle la r&#233;alise sous le contr&#244;le d'une tierce personne, sous la contrainte, ou qu'elle est priv&#233;e des fruits de son activit&#233; (Bunge, 1986). Cette constatation, qui peut sembler triviale, a des cons&#233;quences th&#233;oriques importantes.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Premi&#232;rement, elle implique que les dynamiques de convergence institutionnelle ou marchande, ont parfois un effet contraire &#224; l'effet recherch&#233;. Elles accroissent la divergence au lieu de la r&#233;duire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Deuxi&#232;mement, elle remet en cause un postulat classique en micro-&#233;conomie qui voudrait que le travail soit une corv&#233;e. De toute &#233;vidence, cette th&#232;se est particuli&#232;rement fragile. D'une part, il est d&#233;sormais av&#233;r&#233; qu'une grande partie des acteurs appr&#233;cient leur activit&#233; professionnelle, d'autre part, la plupart des activit&#233;s r&#233;mun&#233;r&#233;es ont aujourd'hui leur &#233;quivalent dans le tissu associatif, et il existe toujours des individus qui les accomplissent par plaisir, sans en esp&#233;rer une quelconque compensation. En fait, l'appr&#233;ciation d'une activit&#233; d&#233;pend de nombreux facteurs culturels et biologiques, et du cadre organisationnel dans laquelle elle se d&#233;roule. Par cons&#233;quent, cette appr&#233;ciation varie d'un contexte et d'une personne &#224; l'autre. Soulignons que le rejet de la th&#232;se du travail-corv&#233;e n'entra&#238;ne nullement le rejet des th&#232;ses suivantes : la r&#233;mun&#233;ration est parfois une source de prestige et de reconnaissance, la pratique d'une activit&#233; a &lt;i&gt;toujours un co&#251;t d'opportunit&#233;&lt;/i&gt;, et par cons&#233;quent, &#224; &lt;i&gt;situations identiques&lt;/i&gt;, un acteur pr&#233;f&#233;rera en g&#233;n&#233;ral &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;mement, cette instabilit&#233; des effets subjectifs a aussi pour cons&#233;quence d'entra&#238;ner les acteurs dans des strat&#233;gies de n&#233;gociation ou de manipulation psychologique qui visent &#224; modifier l'attitude de leurs cong&#233;n&#232;res, et &#224; assurer ainsi une convergence des dynamiques. Plus g&#233;n&#233;ralement, la perception des effets d'une activit&#233; par un acteur est fortement affect&#233;e par celle de son voisin, car il existe une sorte de &#171; contagion &#187; des effets subjectifs. Par exemple, lorsqu'un acteur s'engage dans une activit&#233; qui produit certains effets qu'il juge d&#233;sirables, les autres sont enclins &#224; les trouver d&#233;sirables, et &#224; les produire &#224; leur tour. Un leader parvient ainsi &#224; dynamiser son entourage. Autre exemple, dans la situation 2, la connaissance des effets objectifs d'une dynamique est en principe imp&#233;rative pour qu'ils soient consid&#233;r&#233;s comme des effets ind&#233;sirables ; X est alors tent&#233; de les dissimuler. Dans la plupart des situations sociales, il y a donc une &lt;i&gt;dynamique des effets subjectifs&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les dynamiques dans les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La cons&#233;quence de cette dynamique des effets subjectifs est qu'elle rend les interactions entre les dynamiques individuelles et collectives suffisamment instables et diverses pour laisser la place, au sein d'une activit&#233; sociale, &#224; diff&#233;rents cadres organisationnels. Nous allons l'illustrer en analysant les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels : science, art, langage, musique, &#233;dition. L'int&#233;r&#234;t d'&#233;tudier sp&#233;cifiquement ces activit&#233;s, c'est que d'une part, on y trouve c&#244;te &#224; c&#244;te les quatre principaux cadres organisationnels (march&#233;, institution, r&#233;seau coop&#233;ratif, activit&#233; hors-&#233;change), avec m&#234;me une pr&#233;dominance des r&#233;seaux coop&#233;ratifs, et que d'autre part, les fronti&#232;res entre ces activit&#233;s sont plus ou moins poreuses : ce qui en affecte une, affecte souvent les autres. Quels facteurs assurent l'&#233;mergence des r&#233;seaux coop&#233;ratifs dans ces activit&#233;s ? Nous en avons retenu sept.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Ces activit&#233;s produisent des effets d&#233;sirables sur ceux qui les accomplissent de leur plein gr&#233;&lt;/i&gt;. &#192; la limite, certaines sont m&#234;me plus ou moins &#171; addictives. &#187; C'est particuli&#232;rement frappant dans la programmation logicielle et la cr&#233;ation encyclop&#233;dique dans Wikip&#233;dia (les wikip&#233;diens parlent de Wikip&#233;diholisme pour d&#233;signer cette addiction !) Par cons&#233;quent, il est normal que les acteurs ne r&#233;clament pas de r&#233;mun&#233;ration - m&#234;me si ils esp&#232;rent b&#233;n&#233;ficier de r&#233;mun&#233;rations indirectes ou directes qui compensent le co&#251;t d'opportunit&#233; - &#233;tant donn&#233; qu'il n'y a pas de probl&#232;mes d'incitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Ces activit&#233;s donnent lieu &#224; des liens communautaires et coop&#233;ratifs forts qui ont un r&#244;le dynamisant sur l'activit&#233;&lt;/i&gt;. Ces liens peuvent aussi &#234;tre comp&#233;titifs et donner lieu &#224; des classements (ce qui ne conduit pas forc&#233;ment &#224; une hi&#233;rarchie dans le contr&#244;le de l'activit&#233;), et la r&#233;putation dans ces r&#233;seaux joue alors un r&#244;le central. Cela implique des interactions horizontales tr&#232;s fr&#233;quentes, dont l'intensit&#233; cro&#238;t au fur et &#224; mesure qu'on progresse vers le &lt;i&gt;noyau&lt;/i&gt; de la communaut&#233;. Les acteurs prennent plaisir &#224; communiquer sur des sujets ou des th&#233;matiques qui les int&#233;ressent, &#224; se comparer et &#224; coop&#233;rer, de telle sorte que l'&#233;change est mutuellement avantageux. De plus, les dynamiques individuelles et les dynamiques collectives convergent puisque les contributions individuelles b&#233;n&#233;ficient &#224; la communaut&#233; (m&#234;me si ce b&#233;n&#233;fice n'est pas intentionnel).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Les co&#251;ts d'acc&#232;s &#224; l'activit&#233; sont relativement faibles, il n'y a donc pas lieu de fermer l'activit&#233;&lt;/i&gt;. Notons qu'il existe trois principaux co&#251;ts : &lt;i&gt;le co&#251;t d'opportunit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le co&#251;t d'apprentissage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;le co&#251;t de pratique de l'activit&#233;&lt;/i&gt; (les investissements fixes et courants). Dans la plupart de ces activit&#233;s, la charge du co&#251;t d'apprentissage revient aux individus ou &#224; des institutions et organisations qui sont ext&#233;rieures au r&#233;seau. Quant aux deux autres, ils sont souvent support&#233;s par les acteurs, dont les investissement fixes servent &#224; plusieurs emplois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;. Tant qu'il n'y a pas marchandisation, &lt;i&gt;ces activit&#233;s ne sont pas dans une relation de d&#233;pendance ou d'obligation vis &#224; vis d'autres activit&#233;s&lt;/i&gt;. Ceci implique notamment que la mauvaise pratique de ces activit&#233;s n'a pas de cons&#233;quences graves, ce qui all&#232;ge d'autant plus le contr&#244;le de l'activit&#233; qui peut alors &#234;tre souple et d&#233;centralis&#233; (l'erreur y est admise&#8230;) En fait, m&#234;me dans les situations o&#249; l'activit&#233; se scinde en activit&#233;s de consommation et de production, il y a convergence entre les dynamiques de production et de consommation. Par exemple, dans les projets de logiciels libres ou Open-Source, il y a une coop&#233;ration avantageuse entre les d&#233;veloppeurs et les utilisateurs qui, par leur rapports de bugs, signalent aux premiers des d&#233;faillances dans la conception des logiciels. Dans l'encyclop&#233;die Wikip&#233;dia, la dynamique d'ouverture de la production a eu un effet encore plus significatif gr&#226;ce aux pages Wiki, car l'activit&#233; de production co&#239;ncide d&#233;sormais avec l'activit&#233; de consommation. Le contr&#244;le du contenu &#233;ditorial est alors plus efficace que dans une encyclop&#233;die classique o&#249; consommation et production sont dissoci&#233;es et peinent &#224; entrer en ad&#233;quation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Les biens immat&#233;riels ont des propri&#233;t&#233;s particuli&#232;res&lt;/i&gt;. La plupart sont durables, reproductibles et &#233;changeables &#224; peu de frais, am&#233;liorables, parfois publics, et les techniques relatives &#224; leur fonctionnement, &#224; leur production, &#224; leur usage, et &#224; leur &#233;change sont disponibles (elles sont parfois &#171; incluses &#187; dans le bien), ce qui facilite le transfert des technologies et des innovations. Ces caract&#233;ristiques permettent aussi de b&#233;n&#233;ficier des effets externes d'autres activit&#233;s (dont certaines sont rentables) qui produisent ces biens immat&#233;riels : produits externes des SSLL, innovations organisationnelles et conceptuelles, innovations juridiques, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Le secteur est concurrentiel&lt;/i&gt;. Cela emp&#234;che une d&#233;rive institutionnelle. Si les conditions au sein d'un groupe d&#233;g&#233;n&#232;rent, les acteurs constituent ou int&#232;grent un autre groupe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Les dynamiques qui traversent les r&#233;seaux coop&#233;ratifs convergent entre elles et cr&#233;ent un cercle vertueux&lt;/i&gt;. En effet, outre la convergence entre les dynamiques individuelles et collectives que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, il existe une convergence assez marqu&#233;e entre les dynamiques internes et externes aux r&#233;seaux coop&#233;ratifs. Ainsi, une dynamique d'am&#233;lioration de la qualit&#233; des biens va, par ses effets sur l'activit&#233; en question et sur les autres activit&#233;s connexes, induire une dynamique du discours qui cr&#233;e une dynamique d'accroissement de la visibilit&#233; des biens (le bien devient connu et r&#233;put&#233;). Cette derni&#232;re provoque une dynamique positive de la diffusion du bien qui entra&#238;ne une dynamique de croissance des effectifs du r&#233;seau, l'utilisateur d'un bien immat&#233;riel &#233;tant potentiellement un producteur. Celle-ci a pour cons&#233;quence d'accro&#238;tre la qualit&#233; des biens, soit parce qu'elle augmente et am&#233;liore la main d'&#339;uvre, soit parce qu'elle accro&#238;t la diversification et l'adaptabilit&#233; du bien, soit parce qu'il se peut qu'un bien gagne en qualit&#233; lorsqu'il est utilis&#233; par d'avantage de personnes. Par exemple, plus une langue est parl&#233;e, plus elle autorise des &#233;changes nombreux et vari&#233;s. De m&#234;me, sur Wikip&#233;dia, plus les utilisateurs sont nombreux, plus le contr&#244;le du contenu &#233;ditorial est efficace. Autrement dit, plus les effectifs du r&#233;seau sont &#233;lev&#233;s, plus l'activit&#233; produit des effets d&#233;sirables sur ceux qui les accomplissent. La dynamique d'am&#233;lioration de la qualit&#233; des biens est en convergence avec la dynamique de croissance des effectifs du r&#233;seau. Dans le cas contraire, il risquerait d'y avoir une fermeture de l'activit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Nous voyons ici comment, en affectant les effets subjectifs ou l'ensemble des trajectoires possibles d'une activit&#233;, la nature du syst&#232;me de dynamiques influe sur celle des cadres organisationnels. Mais si cette th&#232;se s'av&#232;re exacte, pourquoi les r&#233;seaux coop&#233;ratifs n'occupent-ils pas l'int&#233;gralit&#233; du champ de ces activit&#233;s ? Il y a diff&#233;rentes raisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Tout d'abord, les cadres organisationnels une fois constitu&#233;s ont une forte inertie. Si bien que les dynamiques technologiques ou culturelles qui affectent un syst&#232;me d'activit&#233;s vont mettre un certain temps &#224; produire leurs effets, et ne vont pas se r&#233;pandre de fa&#231;on homog&#232;ne dans une activit&#233;. Les acteurs ne s'engageront pas tous avec autant de &#171; ferveur &#187; dans ces dynamiques. Ensuite, comme nous l'avons vu, l'appr&#233;ciation de l'activit&#233; varie en fonction des contextes, mais aussi en fonction des individus. Il se peut que certains acteurs appr&#233;cient l'activit&#233;, d'autres non. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e, il faut noter que l'&#233;volution des activit&#233;s s'inscrit toujours dans le prolongement d'une &lt;i&gt;histoire&lt;/i&gt;, o&#249; le contr&#244;le par les acteurs des dynamiques joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. Par exemple, l'ouverture des codes-sources au cours des ann&#233;es 90 dans le secteur de la programmation informatique, qui visait &#224; contre-balancer la pouss&#233;e de la dynamique de marchandisation, s'est faite &#224; la suite d'un long processus historique qui a engag&#233; des acteurs &#171; politiquement &#187; tr&#232;s actifs au sein de leur communaut&#233; (dans le sens o&#249; ils tentaient de contr&#244;ler ou de s'opposer aux institutions et organisations qui dominaient l'activit&#233;). Ces acteurs ont mis en place des contre-pouvoirs qui ont facilit&#233;s l'&#233;mergence des r&#233;seaux coop&#233;ratifs dans l'industrie des softwares. Mais cette ouverture qu'ils ont plus ou moins pilot&#233;e, s'inscrivait dans une temporalit&#233; donn&#233;e et se heurtait &#224; de nombreuses contraintes. Les dynamiques du discours, organisationnelles, juridiques &#233;taient assujetties &#224; des contraintes temporelles, physiques et culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La &lt;strong&gt;dynamique d'ouverture&lt;/strong&gt; d'un secteur d'activit&#233; progresse donc, &#224; l'instar des dynamiques de marchandisation et d'institutionnalisation, &#224; un rythme qui lui est propre, int&#233;grant progressivement des acteurs en son sein. Et c'est ce qui rend possible la coexistence de plusieurs cadres organisationnels au sein d'une activit&#233;. Enfin, nous remarquerons que les cadres organisationnels qui vont se constituer dans les activit&#233;s ne sont pas &#224; l'abri d'un changement d'&#233;tat. Ainsi, il peut arriver qu'un r&#233;seau coop&#233;ratif entre dans une dynamique d'institutionnalisation sous la pression d'une r&#233;gulation interne ou externe. Et au contraire, un secteur marchand peut s'affaiblir sous l'effet d'un choc technologique qui met en cause sa rentabilit&#233;. Il sera alors concurrenc&#233; par les r&#233;seaux coop&#233;ratifs. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui se produit aujourd'hui dans les activit&#233;s de production des biens immat&#233;riels.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Boudon Raymond, (1977), &lt;i&gt;Effets pervers et ordre social&lt;/i&gt;, PUF (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Boulding Karl, (1956), &lt;i&gt;General Systems Theory - The Skeleton of Science&lt;/i&gt;, p. 197-208, Management Science, Vol 2.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bunge Mario, (1986), &lt;i&gt;Consid&#233;rations d'un philosophe sur l'&#233;conomique du n&#233;o-conservatisme (n&#233;o-lib&#233;ralisme)&lt;/i&gt;, p 7, Les classiques des sciences sociales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Laffont Jean-Jacques, (1988), &lt;i&gt;Fondements de l'&#233;conomie publique. Vol 1. cours de th&#233;orie micro-&#233;conomique&lt;/i&gt;, p. 40-42, Economica (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Searle John, (1998), &lt;i&gt;La construction de la r&#233;alit&#233; sociale&lt;/i&gt;, Gallimard (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Strauss Anselm, (1978), &lt;i&gt;A Social World Perspective&lt;/i&gt;, p. 119-128, Studies in Symbolic Interaction, Vol. 1, N. K. Denzin (Cambridge).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Individuel ou collectif, endog&#232;ne ou exog&#232;ne, local ou global, court-terme ou long-terme&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Discours, pratiques, r&#232;gles d'organisation sociale, r&#232;gles de production, d'&#233;change, et d'utilisation des biens, r&#232;gles de vie commune, r&#232;gles informelles, environnement physique, secteur, technologies, id&#233;es, affects, psychisme, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Prenons quelques exemples. Cas 1 : X commande un groupe avec plus ou moins de succ&#232;s. Cas 2 : X est contraint de suivre le mouvement d'une foule, un choc inflationniste d&#233;pr&#233;cie son &#233;pargne&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Il existe sommairement deux types d'effets objectifs. Les effets individuels, qui d&#233;coulent de dynamiques individuelles et uniquement d'elles, et les effets collectifs qui d&#233;coulent de l'agr&#233;gation de dynamiques individuelles. Parmi ces derniers, on &#233;tablit g&#233;n&#233;ralement une distinction entre les effets &#233;mergents qui r&#233;sultent de l'agr&#233;gation non-intentionnelle de dynamiques individuelles, et les effets r&#233;sultant de la coordination intentionnelle des dynamiques individuelles en vue d'obtenir ces effets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Un acteur ne conna&#238;t pas n&#233;cessairement tous les effets objectifs de ses actes et il peut se tromper sur leur compte (biais de mesure, surestimation&#8230;) Il peut &#233;galement m&#233;conna&#238;tre le lien entre les actes et les effets objectifs : il fait une erreur d'attribution, il n'est pas s&#251;r qu'un acte produise bien les effets voulus, il peut ignorer quel acte r&#233;aliser pour produire un effet donn&#233;, etc. Ceci s'explique par le fait que les actes ont des effets multiples, et produisent des dynamiques non anticip&#233;es et non ma&#238;tris&#233;es, comme les effets pervers (Boudon, 1977). De plus, certains effets peuvent &#234;tre contradictoires. Par exemple, un effet &#224; long terme (gain financier) peut diverger avec un effet &#224; court-terme (travail p&#233;nible). Enfin, si les acteurs modifient souvent le cours des dynamiques en fonction des effets subjectifs (ce qui caract&#233;rise l'intention), ce n'est pas toujours vrai (r&#233;flexe, acte irr&#233;fl&#233;chi, erreur, effet externe, etc.) Beaucoup d'actes sont donc accomplis alors que l'acteur ignore ou ne prend pas en consid&#233;ration leurs effets. Ou encore, il tient compte d'effets non objectifs. Ce qui est bien loin d'une conception rationaliste de l'action humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-6' id='nb2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Ce niveau va mesurer dans quelle proportion les effets d'une dynamique A r&#233;duisent (intentionnellement ou non) l'ensemble des trajectoires possibles d'une dynamique B, en l'infl&#233;chissant dans une trajectoire donn&#233;e (relation d'obligation), ou en lui emp&#234;chant de suivre certaines trajectoires (relation d'interdiction). Ainsi, si l'influence concerne tous les actes d'un acteur, ou tous les actes requis pour accomplir une t&#226;che donn&#233;e (elle d&#233;finit les actes et le r&#233;sultat), l'ensemble de ses opinions et une ou plusieurs conditions dans lesquels les actes doivent se d&#233;rouler (temps, qualit&#233;, style, rigueur, s&#233;quence&#8230;), le niveau de coercition sera tr&#232;s &#233;lev&#233;. &#192; l'oppos&#233;, si elle ne concerne qu'un projet (le r&#233;sultat doit &#234;tre atteint sans contrainte de quelque ordre), ce dernier sera nettement plus faible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-7' id='nb2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Les effets sont jug&#233;s ind&#233;sirables pour diverses raisons : aversion morale, douleur physique ou psychologique, atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; individuelle, aux droits de propri&#233;t&#233; (vol, crime, etc.), d&#233;g&#226;ts environnementaux, etc. La notion peut sembler simpliste mais elle est pourtant tr&#232;s intuitive et fait sens dans de nombreuses situations sociales. Notons qu'il va de soi que les effets d&#233;sirables ou ind&#233;sirables sont des effets subjectifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-8' id='nb2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Une activit&#233; sociale est un ensemble d'actes et de pratiques que les acteurs rangent sous une m&#234;me cat&#233;gorie : faire du surf, programmer, cuisiner, parler, vendre&#8230; Elles peuvent &#234;tre accomplies en diff&#233;rents lieux, par diff&#233;rentes personnes, individuellement ou collectivement, et de diff&#233;rentes mani&#232;res. Elles s'accomplissent au sein d'un secteur (lieux, ressources), utilisent certains outils et technologies, s'effectuent suivant certaines r&#233;gularit&#233;s et temporalit&#233;s, et produisent des effets sur leur environnement : d&#233;veloppement de techniques, production de biens mat&#233;riels, &#233;puisement des ressources environnementales, etc. La pratique commune d'une activit&#233; a aussi pour effet de cr&#233;er des liens communautaires. Il y a ainsi des communaut&#233;s de gens de mer, de collectionneurs, de d&#233;veloppeurs, etc. Dans ces communaut&#233;s se d&#233;veloppent et s'accumulent des pratiques, des rites, des technologies (qui sont selon Strauss (1978) des mani&#232;res h&#233;rit&#233;es d'accomplir une activit&#233;), des id&#233;es, des connaissances, des opinions, des classifications (ex : en skate, les figures de style), un langage, des mythes, une histoire officielle, des &#171; stars &#187; (personnalit&#233;s c&#233;l&#232;bres au sein de la communaut&#233;), des lieux de rencontre et de pratique, des r&#232;gles, des statuts, des organismes de contr&#244;le, etc., dont la somme forme un &lt;i&gt;patrimoine communautaire&lt;/i&gt;. D'autre part, les dynamiques qui traversent une activit&#233; influencent les autres activit&#233;s par divers vecteurs : observation par un tiers, biens mat&#233;riels, id&#233;es, information, technologies, pratiques communautaires, impacts sur le secteur&#8230; Les activit&#233;s ont alors entre elles diverses relations : fonctionnalit&#233;, d&#233;pendance, incompatibilit&#233;, compl&#233;mentarit&#233;, inclusion, ressemblance, domination, obligation, hi&#233;rarchie, opposition,&#8230; Par cons&#233;quent, ces activit&#233;s, lorsqu'elles interagissent entre elles, forment un &lt;i&gt;syst&#232;me d'activit&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-9' id='nb2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Pour la d&#233;finition d'une r&#232;gle constitutive, voir Searle (2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-10' id='nb2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] En effet, il est peu probable que les orientations individuelles convergent syst&#233;matiquement vers un m&#234;me objectif. La dynamique collective va donc diverger avec celle d'une partie des acteurs (il y a concurrence entre les minorit&#233;s et la majorit&#233; pour d&#233;terminer la direction de l'activit&#233;). De plus, le partage des t&#226;ches peut limiter l'acc&#232;s &#224; certaines places. Il y a alors exclusion d'usage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mise en oeuvre dans la d&#233;marche holistique</title>
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		<description>La mise en &#339;uvre du changement au sein de la d&#233;marche holistique se heurte &#224; des paradoxes qu'il convient de lever. De ce fait, la m&#233;thodologie de la conception et de la r&#233;alisation d'un projet n'est pas la m&#234;me que celle qui pr&#233;vaut pour la construction d'un objet. Elle doit se transformer en d&#233;marche dans laquelle la conception et la r&#233;alisation sont li&#233;es. La conception ne peut plus &#234;tre exhaustive, mais doit se faire par d&#233;termination de sp&#233;cifications (...)

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Approche-Holistique-+" rel="tag"&gt;Approche Holistique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre du changement au sein de la d&#233;marche holistique se heurte &#224; des paradoxes qu'il convient de lever. De ce fait, la m&#233;thodologie de la conception et de la r&#233;alisation d'un projet n'est pas la m&#234;me que celle qui pr&#233;vaut pour la construction d'un objet. Elle doit se transformer en d&#233;marche dans laquelle la conception et la r&#233;alisation sont li&#233;es. La conception ne peut plus &#234;tre exhaustive, mais doit se faire par d&#233;termination de sp&#233;cifications critiques, tandis que la r&#233;alisation r&#233;sulte de la mise en &#339;uvre de processus d'apprentissage et d'exp&#233;rimentation en milieu ouvert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Implementing social changes within the holistic research process generates paradoxes which have to be solved. Hence, social design cannot follow the same methodology as technical design. Social design will be based on identification of the critical specifications which allow the social system to evolve towards the desired aim. Social realization takes forms from learning processes and experimentations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3&gt;1. LA R&#201;ALISATION D'UN PROJET DANS LA D&#201;MARCHE HOLISTIQUE&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1. Les paradoxes li&#233;s &#224; la r&#233;alisation&lt;/strong&gt;
Un Sujet qui d&#233;cide de mettre en &#339;uvre un Projet se trouve confront&#233; &#224; trois paradoxes qui s'expriment sous la forme d'une triple impossibilit&#233;. La premi&#232;re, qui est aussi la plus fondamentale, est qu'en d&#233;finissant un projet, le Sujet se place dans une situation paradoxale car il cherche &#224; imposer &#224; d'autres personnes humaines d'agir comme lui l'entend, c'est-&#224;-dire de lui &#234;tre soumises, alors qu'il veut respecter leur libre-arbitre. Dans la quasi-totalit&#233; des cas, ces personnes ne manqueront pas de lui manifester leur m&#233;contentement et leurs r&#233;ticences &#224; &#234;tre ainsi trait&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me paradoxe r&#233;side dans le fait que pour agir le Sujet doit tenir compte de toutes les caract&#233;ristiques de la situation, or celles-ci sont ind&#233;nombrables et si l'on tient compte des &#234;tres humains appartenant &#224; la situation, un grand nombre d'entre elles sont de l'ordre de l'inconscient, ou r&#233;actives, c'est-&#224;-dire inatteignables avant leur manifestation. Le sujet devrait donc &#234;tre omniscient, ce qui n'est pas possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, pour agir sur les choses et sur les &#234;tres, le Sujet, m&#234;me s'il dispose des moyens d'influence n&#233;cessaires, sait que la transformation de ces entit&#233;s d&#233;pend de temporalit&#233;s diff&#233;rentes qu'il ne peut faire varier &#224; volont&#233;. Par ailleurs, ces transformations sont reli&#233;es au sein de la situation, le changement de l'une d'elles va avoir des r&#233;percussions sur toutes les autres. Il en r&#233;sultera des effets inattendus, voire des effets pervers. Le Sujet devrait &#234;tre omnipotent pour ma&#238;triser la dur&#233;e et l'extension des transformations qu'il souhaite entreprendre, ce qui constitue le troisi&#232;me paradoxe qu'il devra affronter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Sujet en se pla&#231;ant dans une d&#233;marche holistique g&#233;n&#232;re ces paradoxes qu'il lui faut accepter et r&#233;soudre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2. Le projet partag&#233;, solution du premier paradoxe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour r&#233;soudre le premier paradoxe, le Sujet n'a que deux voies : soit renoncer &#224; utiliser la d&#233;marche holistique et imposer son projet aux autres &#234;tres humains qui sont concern&#233;s (nous les d&#233;signerons sous le terme g&#233;n&#233;rique : &#171; d'utilisateurs du projet &#187;), soit chercher &#224; obtenir leur adh&#233;sion. Examinons les avantages et les inconv&#233;nients de ces deux voies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re suppose l'utilisation d'une forme de coercition, ce qui demande que le Sujet d&#233;tienne un pouvoir sur les utilisateurs et qu'il poss&#232;de des moyens de sanctions en cas d'insoumission. Cette voie est tr&#232;s majoritairement suivie actuellement car elle est reconnue institutionnellement (lois, contrat de travail). Ses avantages et ses inconv&#233;nients sont bien connus. Aussi nous contenterons-nous de les pr&#233;senter dans le tableau 1.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_14 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L496xH183/tableau1_avantages-d0d26.jpg' width='496' height='183' alt='JPEG - 60.2 ko' style='height:183px;width:496px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1 : &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Avantages et inconv&#233;nients de la m&#233;thode coercitive
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;Ce tableau montre que les avantages l'emportent d'autant plus que le projet est purement technique, ind&#233;pendant de la situation et des utilisateurs ou lorsque ces derniers sont soumis ou indiff&#233;rents. Appliqu&#233; &#224; des projets socio-techniques complexes, les inconv&#233;nients sont tels qu'ils interdisent tout succ&#232;s &#224; long terme du projet. Cette voie est donc non seulement incompatible avec une d&#233;marche holistique, mais elle est en outre inefficace, voire inapplicable lorsque le rapport des forces entre le Sujet et les utilisateurs n'est pas fortement en faveur du premier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'adh&#233;sion de tous les utilisateurs au projet passe par une participation effective de chacun selon ses capacit&#233;s et son d&#233;sir. Cette participation r&#233;sout le premier paradoxe en permettant &#224; l'ensemble des utilisateurs de faire jouer leur libre-arbitre au sein du projet. Lorsque le nombre de personnes est &#233;lev&#233;, il est utopique de penser que tous s'enthousiasmeront pour le projet, mais dans la mesure o&#249; la participation est effective, ouverte et continue, on peut raisonnablement tabler sur l'engagement d'une large majorit&#233; d'utilisateurs qui deviendront actifs dans la mise en &#339;uvre. Les autres auront des participations moins intenses, mais pourront &#224; tout le moins y exercer leur esprit critique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette participation demande un certain nombre de conditions pour s'&#233;tablir : a) le Sujet doit s'attendre &#224; ce que son projet soit modifi&#233; par les points de vue, les int&#233;r&#234;ts et les critiques des autres acteurs, il lui faut donc accepter que la d&#233;finition du projet soit remise en cause et que sa conception soit participative, b) les acteurs (Sujet et utilisateurs) doivent &#234;tre capables de formuler un projet commun. Ces conditions, qui sont en grande partie li&#233;es &#224; la subjectivit&#233; des partenaires, sont d&#233;sign&#233;es sous le terme d'attitudes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une attitude se d&#233;finit comme &#171; une pr&#233;disposition de la personne, profond&#233;ment acquise et int&#233;gr&#233;e, &#224; penser, sentir, percevoir et agir d'une certaine mani&#232;re par rapport &#224; un &#234;tre ou &#224; un &#233;v&#233;nement &#187;1. L'attitude d'une personne se manifeste dans sa mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; une sollicitation. Cette r&#233;ponse r&#233;v&#232;le une stabilit&#233; et une permanence qui montrent une coh&#233;rence dans les comportements et manifestent les pr&#233;f&#233;rences de cette personne. Une attitude est de l'ordre de l'&#234;tre, elle poss&#232;de les trois dimensions cognitive, affective et conative. Les attitudes sont des savoir &#234;tre qui pr&#233;disposent les acteurs &#224; se conduire d'une mani&#232;re qui leur permet d'exprimer leur autonomie, tout en s'ajustant aux interactions en cours. Elles d&#233;pendent de la culture et peuvent se d&#233;velopper par apprentissage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;marche participative facilite en outre la r&#233;solution des deux autres paradoxes. En effet, si un grand nombre d'utilisateurs s'engagent dans la r&#233;alisation du Projet, le volume des informations disponibles pour la r&#233;solution des difficult&#233;s qui se pr&#233;sentent, sera beaucoup plus grand que celui dont disposerait le Sujet s'il &#233;tait seul. Par ailleurs, si tous les utilisateurs s'int&#233;ressent au projet, on peut esp&#233;rer qu'ils d&#233;ploieront leur vigilance et susciteront des interactions pour que les erreurs aux cons&#233;quences les plus lourdes soient &#233;vit&#233;es. Il en va de m&#234;me pour le troisi&#232;me paradoxe, le fait que les acteurs soient nombreux mettra en &#339;uvre davantage de forces directes pour la r&#233;alisation du projet et suscitera les synergies n&#233;cessaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois ces aspects favorables ne s'&#233;tablissent pas automatiquement, mais demandent des conditions que nous allons examiner ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.3. L'apprentissage, r&#233;solution du deuxi&#232;me paradoxe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me paradoxe est celui qui na&#238;t du nombre infini de variables qui interviennent dans la mise en &#339;uvre d'un projet et de l'impossibilit&#233; pour un individu et m&#234;me un collectif social de les conna&#238;tre toutes. Sa r&#233;solution implique d'abord l'acceptation d'agir en situation d'ignorance partielle. Cette posture implique des risques, mais la d&#233;marche holistique indique que ces risques peuvent &#234;tre r&#233;duits &#224; un niveau acceptable. Elle stipule en effet que l'esprit humain peut reconna&#238;tre une forme sans pour autant en ma&#238;triser tous les d&#233;tails et qu'il peut atteindre un niveau de pr&#233;cision souhait&#233;e dans la connaissance de cette forme pourvu qu'il fasse l'effort n&#233;cessaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet effort pour atteindre un niveau de risque jug&#233; acceptable, devient naturel dans la mesure o&#249; la mise en &#339;uvre du projet est con&#231;ue comme un processus d'apprentissage, o&#249; chacun consid&#232;re cette mise en &#339;uvre comme une situation qui contient de l'inconnu et comme une occasion d'apprentissage. Plus g&#233;n&#233;ralement, une telle attitude se d&#233;veloppe dans la mesure o&#249; les &#233;v&#233;nements de la vie quotidienne sont tous consid&#233;r&#233;s comme des occasions d'apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La mise en place des dispositifs d'apprentissage et le d&#233;veloppement de l'attitude correspondante ne vont pas de soi. La premi&#232;re suppose la connaissance de savoirs bas&#233;s sur la recherche et sur l'exp&#233;rimentation et une capacit&#233; de transfert pour adapter ces savoirs &#224; une situation qui est toujours singuli&#232;re. La seconde demande aux individus une curiosit&#233; et une volont&#233; de progression, qui reposent sur une capacit&#233; &#224; remettre en cause ses connaissances acquises et &#224; &#233;valuer ses actes et les &#233;v&#233;nements v&#233;cus. L'&#233;laboration des crit&#232;res pour effectuer cette &#233;valuation repr&#233;sente un effort individuel non n&#233;gligeable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet apprentissage conduit &#224; l'acquisition de comp&#233;tences individuelles et collectives. Les comp&#233;tences collectives r&#233;sident dans l'acquisition de capacit&#233;s telles que : l'invention d'interactions efficaces et accueillantes, la contribution &#224; cr&#233;er des climats socio-&#233;motifs gratifiants et stimulants, l'adoption de normes souples et pertinentes aux situations v&#233;cues, la capacit&#233; &#224; d&#233;finir des buts collectifs porteurs d'avenir, le partage de valeurs signifiantes et l'ouverture &#224; des dialogues et &#224; des cultures nouvelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.4. L'autonomie et la coop&#233;ration, r&#233;solution du troisi&#232;me paradoxe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le troisi&#232;me paradoxe est celui qui est ressenti comme le plus limitant, il provient du constat des difficult&#233;s et des lenteurs des changements n&#233;cessaires et de celui de leur urgence. Il est renforc&#233; par l'impossibilit&#233; de contr&#244;ler les relations multiples qui naissent du changement lui-m&#234;me, ou qui proviennent des &#233;v&#233;nements inattendus et des effets conjoncturels. Ce paradoxe se r&#233;sout en transformant la r&#233;alisation du projet en une exp&#233;rimentation continue effectu&#233;e &#171; dans la vie courante &#187;, en vraie grandeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme pour les deux r&#233;solutions pr&#233;c&#233;dentes, celle-ci implique des structures collectives construites et le d&#233;veloppement d'attitudes chez les individus. Les structures sont celles d'un dispositif exp&#233;rimental, elles sont constitu&#233;es pour pouvoir mener &#224; bien des exp&#233;riences, pour en suivre l'&#233;volution et pour en &#233;valuer les effets de mani&#232;re aussi continue que possible. Les attitudes n&#233;cessaires d&#233;duites des le&#231;ons du pass&#233; demande le d&#233;veloppement conjoint de l'autonomie et de la co-op&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autonomie n'est pas l'ind&#233;pendance, bien que ces deux notions impliquent fondamentalement la libert&#233; de la personne. La premi&#232;re y ajoute la prise en compte des contraintes et des ressources de la situation pour mettre en &#339;uvre les actions de cette libert&#233;. Elle conjugue libert&#233; et responsabilit&#233;, cette derni&#232;re n'&#233;tant pas limit&#233;e strictement aux actions individuelles, mais assumant toutes les cons&#233;quences du projet auquel on participe. L'Histoire nous a appris que rien n'est plus facile ni plus pernicieux que de rejeter sur une suj&#233;tion hi&#233;rarchique ou sur le collectif, les effets d&#233;l&#233;t&#232;res d'un projet2. Cette responsabilit&#233; globale exige une lucidit&#233; et un courage que les cultures d'entreprise actuelles sont loin de favoriser. Enfin, l'autonomie demande l'&#233;galit&#233; entre les &#234;tres humains, car elle est difficile &#224; exercer lorsque l'on se consid&#232;re inf&#233;rieur &#224; un autre individu, et l'on ne la tol&#232;re pas chez les autres lorsque l'on se consid&#232;re sup&#233;rieur &#224; eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La co-op&#233;ration entre individus autonomes ne peut se r&#233;duire &#224; des comportements conformistes et uniformes. Elle appelle la prise en compte des diff&#233;rences individuelles, n&#233;cessaire pour que s'&#233;panouissent les individus et que se manifeste la synergie au sein des activit&#233;s communes en phase de conception comme en phase de r&#233;alisation. Elle repose sur une solidarit&#233; et sur une capacit&#233; de confrontation, ces deux attitudes &#233;tant indispensables pour &#233;viter les oppositions d'int&#233;r&#234;ts, les conflits et l'indiff&#233;rence d'une part, l'aveuglement fusionnel, le conformisme, et le corporatisme qui remplace l'&#233;go&#239;sme individuel en &#233;go&#239;sme collectif d'autre part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.5. Les conditions de la faisabilit&#233; des projets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Remarquons en premier lieu que les solutions apport&#233;es pour la r&#233;solution des trois paradoxes se renforcent l'une l'autre. La participation de tous les usagers est un &#233;l&#233;ment favorable &#224; leur implication dans un processus de formation car ils sont tous concern&#233;s par le projet et doivent r&#233;soudre les difficult&#233;s li&#233;es &#224; sa r&#233;alisation, ils seront donc motiv&#233;s par un apprentissage dont ils per&#231;oivent l'int&#233;r&#234;t et l'utilit&#233; imm&#233;diate. Le processus d'apprentissage peut s'appuyer sur l'exp&#233;rimentation directe et celle-ci peut mobiliser les &#233;tudiants dans la r&#233;alisation de ses activit&#233;s. Par ailleurs le d&#233;sir d'apprendre augmente avec la recherche de nouvelles solutions et l'exp&#233;rimentation profite de cette motivation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour les attitudes qui constituent un ensemble coh&#233;rent et synerg&#233;tique : la libert&#233; respect&#233;e et reconnue par la participation favorise le d&#233;veloppement de l'autonomie, tandis que la composante responsabilit&#233; que cette derni&#232;re rec&#232;le favorise la participation. La co-op&#233;ration apporte la preuve de la r&#233;alit&#233; de la participation. La lucidit&#233;, l'engagement, la capacit&#233; d'&#233;valuation demand&#233;s par l'apprentissage sont des attitudes qui sont indispensables tant pour &#233;tablir une participation r&#233;elle que pour d&#233;velopper des individus autonomes et co-op&#233;rants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette coh&#233;rence poss&#232;de une signification importante pour le changement : d'une part, elle indique que le projet r&#233;alis&#233; par le changement sera consistant et unifiant, d'autre part, elle exprime aussi qu'il est total et radical, donc qu'il sera long et difficile &#224; obtenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les modes de r&#233;solution de chacun des paradoxes pr&#233;sentent une similitude : ils font appel &#224; la mise en place d'interactions sociales sp&#233;cifiques (participation, apprentissage, exp&#233;rimentation) qui demandent chacune un mode d'organisation particulier et des attitudes d&#233;finies. Il reste &#224; d&#233;finir une pratique pour assurer leurs mises en &#339;uvre.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;2. LA D&#201;TERMINATION DES SP&#201;CIFICATIONS CRITIQUES&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1. La faisabilit&#233; dans la d&#233;marche holistique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La faisabilit&#233; d'un projet d&#233;pend de la mise en place de structures sociales (organisations apprenantes, dispositifs d'exp&#233;rimentation, p&#233;dagogies, &#8230;) anim&#233;es par des dynamiques fond&#233;es sur le d&#233;veloppement d'attitudes. Nous n'examinerons pas les modes de r&#233;solution des trois paradoxes successivement, ni a fortiori de techniques et de modes op&#233;ratoires applicables &#224; certaines cat&#233;gories de situations, mais proposerons une d&#233;marche de faisabilit&#233; holistique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette d&#233;marche est diff&#233;rente de celle qui pr&#233;vaut dans le cadre de l'approche analytique et que nous appellerons : &#171; la construction m&#233;canique &#187;. Elle s'inspire des modalit&#233;s de la croissance organique. Les diff&#233;rences de nature entre ces deux processus sont indiqu&#233;es dans le tableau 2. Elles sont claires et explicites, nous ne les commenterons pas davantage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;marche holistique diff&#232;re de la d&#233;marche analytique, la conception et la r&#233;alisation se font en demandant la participation de tous les usagers et en s'appuyant sur la d&#233;termination de param&#232;tres critiques, ce qui permet de mettre en &#339;uvre un processus d'apprentissage et d'exp&#233;rimentation &#224; partir du recueil d'un nombre d'informations limit&#233;. Les traits principaux de cette d&#233;marche sont indiqu&#233;s dans le tableau 3, la comparaison avec la d&#233;marche analytique les rend explicites.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_15 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L495xH262/tableau2-027bd.jpg' width='495' height='262' alt='JPEG - 180.4 ko' style='height:262px;width:495px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2 : &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Comparaison entre modes de r&#233;alisation
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2. Les sp&#233;cifications critiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les connaissances obtenues &#224; partir des recherche-action effectu&#233;es depuis plus de cinquante ans ont montr&#233; que les sp&#233;cifications critiques n&#233;cessaires pour agir en situation socio-technique se d&#233;finissent &#224; partir de trois cat&#233;gories de variables : a) les probl&#233;matiques de situation, b) les param&#232;tres critiques, c) les attitudes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les probl&#233;matiques de situation permettent de suivre l'&#233;volution d'une situation, elles d&#233;crivent la forme d'une situation, en tenant compte des processus qui s'y d&#233;roulent et de leurs interactions. Elles se d&#233;finissent &#224; partir d'une situation et d'un projet de transformation de cette situation. Les probl&#233;matiques se construisent &#224; partir d'un diagnostic de la situation. Ce sont des repr&#233;sentations qui int&#232;grent les questions que le sujet se pose : a) pour comprendre les dynamiques en &#339;uvre dans cette situation, b) pour d&#233;finir son projet et concevoir les actions &#224; mettre en &#339;uvre pour atteindre la finalit&#233; poursuivie, c) pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes qu'il per&#231;oit. Ces probl&#233;matiques permettent la d&#233;finition d'objectifs pertinents &#224; atteindre pour faire &#233;voluer la situation selon une option possible souhait&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les param&#232;tres critiques sont :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;des &#233;tats de fait ou des entit&#233;s (g&#233;ographie, climat, histoire, culture, structures sociales, personnalit&#233; des individus)
des ressources et des contraintes (temps, comp&#233;tences, finances)
des processus (conflits, coop&#233;rations)
des conjonctures (&#233;v&#233;nements, opportunit&#233;s, menaces) qui existent ou qui surgissent dans une situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils peuvent &#233;galement &#234;tre des combinaisons des &#233;l&#233;ments pr&#233;c&#233;dents. Les param&#232;tres critiques appartiennent aux domaines physique, technique, &#233;conomique, institutionnel, l&#233;gislatif, social et humain. Dans les sciences de l'homme, il n'existe pas de lois d&#233;terministes, ni de programme g&#233;n&#233;tique qui dirige les actions des individus ou l'&#233;volution des institutions sociales. Il appartient donc &#224; l'homme de constituer d&#233;lib&#233;r&#233;ment, en s'appuyant sur les connaissances et les exp&#233;riences accumul&#233;es, un programme d'action pour mener &#224; bien son projet. Ce programme doit pouvoir se r&#233;aliser dans des conditions locales donn&#233;es, et &#234;tre aussi &#224; m&#234;me de s'adapter &#224; leurs variations. Les param&#232;tres critiques constituent donc des ressources &#224; rassembler ou des conditions &#224; maintenir pour qu'un projet puisse aboutir. Les param&#232;tres critiques vont faciliter la d&#233;termination des ressources existantes pour atteindre les objectifs, ils souligneront &#224; travers les difficult&#233;s &#224; les r&#233;unir, les principales contraintes auxquelles se heurte la r&#233;alisation.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_16 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L492xH356/tableau3_demarchesdeconceptionetderealisation-aeb39.jpg' width='492' height='356' alt='JPEG - 295.8 ko' style='height:356px;width:492px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Tableau 3 : &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;D&#233;marches de conception et de r&#233;alisation.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; d&#233;fini les attitudes et montr&#233; leur r&#244;le essentiel dans la r&#233;solution des paradoxes de la faisabilit&#233;. Le d&#233;veloppement d'attitudes chez ceux qui pilotent le projet leur permet de r&#233;pondre aux demandes multiples et inattendues auxquelles ils auront &#224; faire face, car elles les lib&#232;rent des habitudes et les autorisent &#224; adopter ou &#224; inventer des comportements originaux. Il n'est pas souhaitable que les autres acteurs au sein du projet aient des r&#233;actions st&#233;r&#233;otyp&#233;es face aux sollicitations, car ils doivent pouvoir donner des r&#233;ponses pertinentes et &#224; la hauteur de la situation. C'est pourquoi le d&#233;veloppement d'attitudes chez tous les acteurs est recherch&#233; dans un changement social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les probl&#233;matiques de situations, les param&#232;tres et les attitudes sont appel&#233;s des sp&#233;cifications critiques, pour indiquer un dernier principe de la d&#233;marche de r&#233;alisation. Sur le terrain, il est souvent difficile de distinguer les variables qui sont d&#233;terminantes pour la r&#233;ussite du projet de celles qui ne le sont pas. Aussi le principe heuristique, qui pr&#233;side au choix de ces variables, est-il de ne retenir que celles qui concernent les enjeux incontournables et d'en garder le nombre minimal. C'est pour cette raison qu'elles sont qualifi&#233;es de &#171; critiques &#187;, parce que, d'une part leur absence interdirait la r&#233;alisation de l'action, et d'autre part &#233;tant en nombre minimal, elles d&#233;finissent une situation o&#249; les degr&#233;s de libert&#233; pour l'&#233;volution sont nombreux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la pratique, d&#232;s que les probl&#233;matiques de situation ont indiqu&#233; les enjeux importants, que les param&#232;tres ont d&#233;fini les ressources et les contraintes indispensables, et que les attitudes favorisant les interactions n&#233;cessaires ont &#233;t&#233; identifi&#233;es, la d&#233;marche de r&#233;alisation commence de mani&#232;re participative, par apprentissage mutuel, en vue de la mise en &#339;uvre d'une premi&#232;re exp&#233;rimentation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3. La d&#233;marche holistique et le changement de culture.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En &#233;tablissant des interactions nouvelles &#224; travers la participation, l'apprentissage et la coop&#233;ration, la d&#233;marche holistique modifie la socialit&#233; des individus engag&#233;s dans un m&#234;me projet. En impliquant ces individus dans des processus d'apprentissage, elle contribue &#224; leur fournir des repr&#233;sentations et des savoirs nouveaux, ce qui &#224; terme modifiera leurs modes de pens&#233;e/action, la d&#233;marche holistique change donc leur symbolique partag&#233;e. En construisant des modes d'action et des proc&#233;dures pour r&#233;aliser la coop&#233;ration et l'exp&#233;rimentation, la d&#233;marche holistique les introduit dans une technologie modifi&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;marche holistique lorsqu'elle vise la faisabilit&#233; transforme la socialit&#233;, la symbolique et la technologie de l'entit&#233; sociale que forme l'ensemble des usagers. Or il s'agit l&#224; des trois dimensions qui d&#233;finissent une culture. Il est ais&#233; d'en conclure que la d&#233;marche holistique lorsqu'elle vise la r&#233;alisation d'un projet partag&#233;, transforme la microculture de l'entit&#233; que forment tous ceux qui sont concern&#233;s par ce projet lorsqu'une telle entit&#233; existe d&#233;j&#224;, ou contribue &#224; cr&#233;er un lien social entre des individus qui ne se connaissaient pas auparavant, en leur demandant d'inventer une microculture commune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le potentiel d'adaptation et de r&#233;sistance au stress des organisations </title>
		<link>http://www.cedrea.net/Le-potentiel-d-adaptation-et-de</link>
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		<dc:date>2006-02-12T17:19:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc RIEDEL</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-">Recherches en cours </category>

		<dc:subject>Individuation</dc:subject>
		<dc:subject>Dynamiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Capacit&#233; tampon</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;silience sociale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Version mise &#224; jour de la communication faite au VI congr&#232;s europ&#233;en de sciences des syst&#232;mes. (Communication originale mise en t&#233;l&#233;chargement au format PDF)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Recherches-en-cours-" rel="directory"&gt;Recherches en cours &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Individuation-+" rel="tag"&gt;Individuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Dynamiques-sociales-+" rel="tag"&gt;Dynamiques sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Capacite-tampon-+" rel="tag"&gt;Capacit&#233; tampon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Resilience-sociale-+" rel="tag"&gt;R&#233;silience sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre communication se voudra un r&#233;sum&#233; d'une &#233;tude de sociologie des organisations (relevant d'une d&#233;marche syst&#233;mique) men&#233;e par nos soins au sein de la &lt;strong&gt;F&lt;/strong&gt;&#233;d&#233;ration des &lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt;ssociations &lt;strong&gt;G&lt;/strong&gt;&#233;n&#233;rales &lt;strong&gt;E&lt;/strong&gt;tudiantes (&lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/FAGE' class='spip_glossaire'&gt;FAGE&lt;/a&gt;) [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette abr&#233;viation sera reprise tout au long de ce qui suivra.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Face &#224; la menace que repr&#233;sente le turn-over massif et rapide de ses cadres associatifs et au risque d'une perte de comp&#233;tences [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous retiendrons pour cette notion la d&#233;finition suivante (Le Boterf, (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;] et de culture associ&#233;, la FAGE a d&#233;velopp&#233; une politique de formation importante afin de maintenir sa propre &#171; hom&#233;ostasie &#187;. Lors de notre &#233;tude, nous avons pu observer quelques dispositifs faisant partie de ce qui nous semble &#234;tre au coeur de la &#171; physiologie &#187; des organisations : la mise en place, le maintien ou le d&#233;veloppement d'une ou plusieurs zones de tol&#233;rance. Ces zones tampons d&#233;finissent un &#171; espace temps &#187; sp&#233;cifique dans lequel une ou plusieurs variations des composantes de l'environnement sont &#171; amorties &#187;, soit par une r&#233;gulation de type structurel mettant en jeu la forme particuli&#232;re de l'organisation, soit par une r&#233;gulation m&#233;tabolique correspondant &#224; un maintien forc&#233; de l'hom&#233;ostasie de l'organisation, intervenant d&#232;s que la premi&#232;re est d&#233;pass&#233;e. Nous proposerons donc ici un essai de mod&#233;lisation inspir&#233; par certains m&#233;canismes issus des sciences biologiques, mais qui tient compte des niveaux de complexit&#233; syst&#233;mique, des &#233;mergences et autres particularit&#233;s relatives aux syst&#232;mes sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Our aim is to communicate a summary of our research in sociology of organizations deriving from a systemic approach) carried out within the French students' non-profit organizations national board (FAGE). Facing the threat made by the massive and quick turn-over of its executives and by the risk of a loss of skills and culture, the FAGE have developed important politics of training to maintain its own homeostasis. During our study, we were able to observe some devices being a part of what seem to us to be in the heart of the &#171; physiology &#187; of organizations : the installation, the preservation or the development of one or several buffer zones. These zones define a specific space-time in which one or several variations of the constituents of the environment are deadened, by a structural regulation involving the particular shape of the organization (example of the sociotechnic structures), or by a metabolic one corresponding to a sustained regulation of the organization's homeostasis despite the need for evolution (a short term solution), occurring when the first one is exceeded. We shall thus propose here an attempt of design, certainly inspired by biologic sciences, but which take care of complexity levels, emergences and the other particularities relative to social systems.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3&gt;Introduction : parler d'un syst&#232;me social comme d'un syst&#232;me vivant.&lt;/h3&gt;
Tout au long de notre &#233;tude, nous avons consid&#233;r&#233; la FAGE comme un syst&#232;me vivant. Pourtant le bon sens commun attribue plus commun&#233;ment le vivant aux biologistes ou aux m&#233;decins, alors pourquoi un doctorant en sociologie des organisations s'en m&#234;lerait-il ? &lt;p&gt;Tout d'abord car le support de l'organisation sociale est indissociable de l'&#234;tre humain, relevant lui-m&#234;me de ce statut de &#171; syst&#232;me vivant &#187;. Mais cela ne suffit pas &#224; expliquer cette d&#233;marche, car associer le biologique au social pourra sembler &#224; ceux qui passeront rapidement sur la question comme relativement &#171; r&#233;ductionniste &#187;, si ce n'est pas ill&#233;gitime, voir m&#234;me dangereux : l'alarme sonnera in&#233;vitablement lorsque l'on approchera des concepts d'&#233;volution et de s&#233;lection naturelle (les exemples malheureux de notre histoire l&#233;gitimant cette juste r&#233;action&#8230;). Nous pensons toutefois qu'il est possible d'int&#233;grer sans heurts les lois biologiques lorsque l'on sait y associer les &#233;mergences relatives aux syst&#232;mes sociaux et faire le lien entre les deux sans cons&#233;quences dommageables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les approches et interpr&#233;tations des niveaux de complexit&#233; syst&#233;miques ne manquent pas et c'est sans doute le c&#233;l&#232;bre article de Boulding (Boulding, 1956) qui nous viendra le plus facilement &#224; l'esprit. Qu'il s'agisse de &#171; niveaux d'organisation &#187; (Laborit, 1991) de &#171; holons &#187; (Koestler, 1968) ou encore de &#171; bulles fractales d'espace temps &#187; (De Rosnay, 2000), il existe une constante dans ces repr&#233;sentations : le fait que chaque niveau se distingue par des m&#233;canismes complexes, des formes ou mod&#232;les qui lui sont propres mais dont le but reste la conservation de l'&#233;nergie n&#233;cessaire &#224; la propagation de l'information [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Notre lecteur pourra en trouver une illustration int&#233;ressante dans (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque niveau sup&#233;rieur de complexit&#233; qui &#233;merge de diff&#233;rents niveaux subalternes contient les arrangements de ceux sur lesquels il s'est construit [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#8220;High level owns all the processes of all the lower levels. A higher (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;], les niveaux inf&#233;rieurs servant souvent &#171; d'archives &#233;volutives &#187; aux niveaux sup&#233;rieurs (Dawkins, 1989), tout en faisant leur synth&#232;se et en ajoutant leur propre fragrance d'&#233;mergence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en consid&#233;rant ces niveaux de complexit&#233; syst&#233;mique qu'il est possible de concevoir &#171; l'ouverture &#187; du syst&#232;me sur un plan informationnel [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='On le distinguera d'un syst&#232;me ouvert thermodynamique : (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Cette ouverture lui donne l'opportunit&#233; de s'adapter &#224; l'&#233;volution de son environnement [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous emploierons le mot &#171; environnement &#187; au sens large. Il s'agit (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;] par acquisition et traitement de l'information que lui procurent les niveaux sous (ex : informations endog&#232;nes) et sus-jacents (ex : informations exog&#232;nes).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette adaptation induite par l'ouverture du syst&#232;me n&#233;cessite tout de m&#234;me une relative stabilit&#233; de la structure ayant pour fonction le traitement de l'information. Le syst&#232;me cherchera donc &#224; maintenir de mani&#232;re simultan&#233;e, au mieux et le plus longtemps possible, son hom&#233;ostasie (du grec &lt;i&gt;homoios&lt;/i&gt; : similaire &lt;i&gt;stasis&lt;/i&gt; : position) [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Les &#234;tres vivants sup&#233;rieurs constituent un syst&#232;me ouvert pr&#233;sentant de (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui concerne notre approche, la notion d'hom&#233;ostasie est &#224; prendre au sens large : nous la d&#233;finirons comme la capacit&#233; qu'aura le syst&#232;me &#224; maintenir le plus longtemps possible son organisation dans le cadre d'un &#233;quilibre dynamique, son information-structure (Laborit, 1991 pp35-38), ou &#224; propager cette information &#224; des fins de r&#233;plication ou de reproduction. Cette capacit&#233; permet d'&#233;viter &#224; son identit&#233; informationnelle de se fondre totalement dans son environnement, et se faisant maintient son autonomie pour un temps (Dawkins, 1989, p25-6). C'est gr&#226;ce au flux d'informations qui le traverse, &#224; l'information circulante (Laborit, 1991) que le syst&#232;me vivant maintient sa propre organisation &#224; un niveau &#233;lev&#233;, ce qui revient &#224; dire que l'organisme de ce syst&#232;me se maintient (De Rosnay, 1977).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Vivre de mort, mourir de vie &#187; nous rappelle Edgar Morin en citant H&#233;raclite (Morin, 1977, pp297-8) ; l'ouverture du syst&#232;me est la cause m&#234;me de sa &#171; mortalit&#233; &#187; in fine, mais c'est elle &#233;galement qui lui permet de maintenir et propager son &#171; identit&#233; informationnelle &#187; dans le temps, l'information-structure et circulante qu'il a r&#233;uni &#224; partir d'&#233;l&#233;ments &#233;pars de son environnement et &#224; qui il attribue un sens, une forme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un syst&#232;me vivant est donc un syst&#232;me ouvert dans lequel il existe un &#233;quilibre entre forces constructrices et destructrices (on pourrait parler d'anabolisme et de catabolisme), &#233;quilibre dynamique qui a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence au niveau social par Georg Simmel lorsqu'il parle d'&#233;volution et de conservation des &#171; formes &#187; (Simmel, 1897). Nous sommes donc bien dans le cas ou o&#249; ces &#233;volutions se compensent [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='L'exemple classique de la baignoire qui se vide et se remplit (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;], et dans lequel la structure et la fonction du syst&#232;me se maintiennent temporairement dans un &#233;tat apparemment stable (la stabilit&#233;, l'&#171; &#233;quilibre &#187; est pour nous synonyme de disparition de la capacit&#233; de maintien de l'information structure, ce que l'on pourrait assimiler grossi&#232;rement &#224; la notion de Mort).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il semble donc opportun de consid&#233;rer un syst&#232;me social comme un syst&#232;me vivant et d'utiliser certains mod&#232;les biologiques comme bases afin d'imaginer des mod&#232;les similaires au niveau social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'oublions pas toutefois que, actionn&#233;es par l'homme et pour l'homme, les &#171; formes sociales &#187; sont plus pertinentes &#224; &#233;tudier au niveau des m&#233;canismes de nature sociale [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Citons ici Georg Simmel, qui dans son m&#233;moire &#171; Comment les formes sociales (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;] et que ces structures sociales doivent &#234;tre soumises &#224; la r&#232;gle bio&#233;thique fondamentale impliquant le respect de l'Homme et de la Nature dans leurs dimensions biologique, psycho-cognitive et affective sous peine de dispara&#238;tre (Nunez, 2002 ; Nunez, 1996). C'est en cela que leur &#233;tude en tant que syst&#232;me vivant rel&#232;ve de la sociologie (Simmel, 1897) et que notre doctorant en sociologie des organisations, au demeurant marginal s&#233;cant puisque privil&#233;giant une approche transdisciplinaire, trouve sa place au sein de ce paradigme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En se servant de cette &lt;i&gt;nouvelle grille&lt;/i&gt; dans le cadre de nos travaux, nous avons pu mettre en &#233;vidence l'existence de zones de tol&#233;rance au stress provoqu&#233; par le changement. L'exemple le plus frappant, car nous avons pu l'observer au cours d'un laps de temps relativement concis au sein d'une organisation de taille cons&#233;quente, est celui de la F&#233;d&#233;ration des Associations G&#233;n&#233;rales Etudiantes.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Le terrain d'observation :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La FAGE est depuis maintenant pr&#232;s de 16 ans, la premi&#232;re organisation &#233;tudiante ind&#233;pendante par la taille de son r&#233;seau et par l'&#233;tendue de ses activit&#233;s. Outre le maintien de la coh&#233;rence des organisations ind&#233;pendantes d'&#233;tudiants autour de valeurs fortes (ind&#233;pendance, solidarit&#233;, fraternit&#233;), elle repr&#233;sente les &#233;tudiants dans les instances pr&#233;vues &#224; cet effet et y d&#233;fend leurs int&#233;r&#234;ts aupr&#232;s des institutions. La FAGE s'est b&#226;tie suite &#224; la loi du 10 juillet 1989 dont l'article 13 pr&#233;cise que :&lt;br /&gt;
&#171; sont regard&#233;es comme repr&#233;sentatives les associations d'&#233;tudiants qui ont pour objet la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et moraux des &#233;tudiants, et &#224; ce titre, si&#232;gent au Conseil National de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche (CNESER) ou au conseil d'administration du Centre National des &#338;uvres Universitaires et Scolaires (CNOUS) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;rations de ville (anciennes AGE) et f&#233;d&#233;rations mono-disciplinaires nationales de l'&#233;poque se sont regroup&#233;es pour cr&#233;er une structure f&#233;d&#233;rative afin de demeurer repr&#233;sentatives des &#233;tudiants localement mais aussi au niveau national. La FAGE n'est donc pas une structure mont&#233;e autour d'un projet m&#251;ri, mais une organisation dont la constitution a &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;e par la contrainte de son environnement et le refus d'adh&#233;rer &#224; l'engagement politis&#233; et centralis&#233; des syndicats &#233;tudiants. Elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e &#224; ce titre comme une structure encore un petit peu instable (mais n&#233;anmoins efficace).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evoluant dans un environnement effervescent, ayant son r&#233;seau &#233;parpill&#233; sur tout le territoire fran&#231;ais, et soumise &#224; un tr&#232;s fort turn-over de ses membres d&#251; &#224; sa nature associative (structure et culture de type d&#233;mocratique), la FAGE est contrainte de mobiliser une grande partie de ses ressources dans le maintien de son identit&#233;, de la coh&#233;rence de son r&#233;seau, de sa culture et de ses valeurs (ce qui fait son identit&#233; organisationnelle, son information-structure) dans un d&#233;s&#233;quilibre qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, avait &#233;t&#233; compens&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dynamique acc&#233;l&#233;r&#233;e de cette jeune organisation de taille institutionnelle nous a permis d'observer des ph&#233;nom&#232;nes plus malais&#233;ment discernables au sein d'autres institutions plus rigides, aux dynamiques plus &#171; visqueuses &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Une structure de type d&#233;mocratique avec diff&#233;rents niveaux de complexit&#233; et d'autonomie : &lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Si nous &#233;tablissons une image simplifi&#233;e du fonctionnement interne du r&#233;seau (&lt;i&gt;Fig 1, infra&lt;/i&gt;), on constate qu'il existe diff&#233;rents niveaux de repr&#233;sentation et de participation en interne. C'est lors des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales (AG) et autres r&#233;unions de Conseils d'Administration (CA) que les diff&#233;rents &#171; niveau de complexit&#233; &#187; de l'organisation se rencontrent et peuvent partager de visu leurs savoirs-faire, et que la plupart voire la totalit&#233; des formations sont effectu&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_28 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.cedrea.net/local/cache-vignettes/L407xH375/fage-6081c.jpg' width='407' height='375' alt='JPEG - 120.9 ko' style='height:375px;width:407px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Figure 1&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Sch&#233;ma simplifi&#233; des niveaux de complexit&#233; et d'autonomie du r&#233;seau FAGE et de ses flux d'informations (synchronisation)
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si les contacts informels hors r&#233;unions sont nombreux, les Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales du r&#233;seau ou les conseils d'administration restent des moments privil&#233;gi&#233;s de partage de l'information car regroupant une grosse majorit&#233; des &#171; t&#234;tes de r&#233;seau &#187; des diff&#233;rentes f&#233;d&#233;rations &#233;parpill&#233;es sur tout le territoire fran&#231;ais. Ces regroupements sont &#233;galement un moment privil&#233;gi&#233; pour faire le point sur l'&#233;tat de r&#233;alisation des diff&#233;rentes missions et fonctions de structure au travers les rapports moraux des diff&#233;rents &#233;lus. Globalement, chaque f&#233;d&#233;ration r&#233;alise ce rapport &#224; son niveau, ce qui en affranchit les Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales de la FAGE qui peuvent se centrer alors sur ses propres actions de garant de l'hom&#233;ostasie du r&#233;seau. Ceci nous pousse &#233;galement &#224; consid&#233;rer la FAGE comme un syst&#232;me &#171; &#224; ouverture variable &#187; ; plus les f&#233;d&#233;rations sont autonomes, plus la FAGE doit faire d'efforts pour maintenir sa structure. Il existe donc un &#233;quilibre dynamique de gestion de l'organisation oscillant entre autonomie et r&#233;gulation institutionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci rapproche la FAGE d'une structure sociotechnique de type semi-autonome (dite aussi de &#171; d&#233;mocratie industrielle &#187;), structure ayant la capacit&#233; d'absorber les cons&#233;quences d'une variation, d'une erreur sans la propager dans tout le r&#233;seau (Liu, 1983, p43) [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Liu nous dit concernant le mod&#232;le des groupes semi-autonomes qu'&#224; (...)' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;] et &#224; filtrer l'information gr&#226;ce au &#171; tamis &#187; de ses diff&#233;rents niveaux de complexit&#233; (De Rosnay, 2000, pp242-3). Rien d&#233;tonnant &#224; cela si l'on consid&#232;re que les &#233;volutions de la culture et de la structure de l'organisation sont li&#233;es (Liu, 2002b).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette forme d'organisation est particuli&#232;rement bien adapt&#233;e &#224; l'acceptation et &#224; la ma&#238;trise du changement puisqu'elle donne &#171; le droit &#224; l'erreur &#187; et l'opportunit&#233; de fonctionner de mani&#232;re heuristique. Le groupe semi-autonome poss&#232;de en effet un syst&#232;me de r&#233;gulation qui lui est propre, ou chaque unit&#233; de travail traite de &#171; ses pr&#233;occupations locales &#187;. Ceci lui donne une opportunit&#233; d'autocorrection par apprentissage, de production sans contr&#244;le ext&#233;rieur, et globalement d'adaptation (Liu, 1983, p57).
Cet aspect met en &#233;vidence la capacit&#233; de r&#233;sistance que peut avoir la FAGE face aux agressions et aux variations de son environnement. Nous avons qualifi&#233; cette disposition de capacit&#233; tampon structurelle.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Le syst&#232;me de transfert et de renouvellement des comp&#233;tences&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Du fait de sa structure et de sa culture d&#233;mocratique, d'un environnement &#233;tendu et dynamique, et de la double implication associative et universitaire de ses acteurs, la FAGE a vu se succ&#233;der un bon nombre de g&#233;n&#233;rations d'&#233;lus &#233;tudiants en son sein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce renouvellement fait &#224; la fois la force et la faiblesse de la FAGE. Ce turn-over est non seulement un moyen de renouveler la vigueur de l'organisation, de contrer la &#171; d&#233;tresse &#187; ou la &#171; lassitude des acteurs &#187; (Alter, 2003, pp236-250 ; Selye, 1974, pp43-4) au niveau organisationnel. Il est &#233;galement un fort vecteur d'innovation (Alter, 2003) et d'adaptation (Selye, 1974) mais il peut repr&#233;senter un risque r&#233;el pour la stabilit&#233; de la structure s'il n'est pas suivi par un important dispositif de transmission de l'information, formel ou informel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le temps de chevauchement des g&#233;n&#233;rations y est extr&#234;mement r&#233;duit (entre un an et deux ans en moyenne) ce qui amoindrit la qualit&#233; de la transmission de l'information par la diminution du temps d'apprentissage, et par la m&#234;me le potentiel de r&#233;sistance de la forme sociale (Simmel, 1897).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors de l'analyse du syst&#232;me institutionnel d'apprentissage de la FAGE, les formations propos&#233;es (essentiellement des cours magistraux) nous avaient sembl&#233;es insuffisantes pour maintenir seules l'hom&#233;ostasie de toute l'organisation, d&#233;veloppant plus les ressources des individus isol&#233;s que la mani&#232;re de les utiliser, et ne privil&#233;giant ainsi qu'un aspect du processus permettant d'agir avec comp&#233;tence en situation de travail (Le Boterf, 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons donc suppos&#233; que la FAGE savait rep&#233;rer les comp&#233;tences d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;es chez ses adh&#233;rents afin de se les approprier. Il nous a alors &#233;t&#233; donn&#233; d'observer les m&#233;canismes d'un compagnonnage informel, emmenant vers les postes &#224; responsabilit&#233; les apprentis rep&#233;r&#233;s et reconnus par &#171; les anciens &#187; comme &#233;tant capables de conserver la structure et les valeurs de l'organisation. Ce dispositif met en jeu les forces vives de la FAGE et leur volont&#233; de sauvegarde de la forme sociale qui leur est attach&#233;e, mais il est pratiqu&#233; &#224; un niveau quasi-individuel et de mani&#232;re plutot isol&#233;e. Il ne tient donc pas compte de la globalit&#233; de l'information dont pourrait disposer la FAGE pour se faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le renouvellement des comp&#233;tences n&#233;cessaires au bon fonctionnement de la FAGE n'est donc pas favoris&#233; sur le long terme, meme si ce processus conserve pour un temps la capacit&#233; de l'organisation &#224; se maintenir et &#224; r&#233;sister aux changements de son environnement. Il n'intervient ni sur sa structure ni sur sa culture [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Ici par exemple, en effectuant la mise en place d'un dispositif (...)' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;], ce qui pourrait lui permettre de garder &#224; terme les comp&#233;tences qui lui sont n&#233;cessaire. Ce m&#233;canisme ne correspondrait donc pas &#224; une adaptation perenne, mais bien plus &#224; un &#171; sursis &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'observation de ce m&#233;canisme, de l'&#233;tude de certains mod&#232;les de compensation de d&#233;s&#233;quilibres biologiques (Davenport, 1970) nous avons assimil&#233; ce type de processus &#224; une capacit&#233; tampon &#171; m&#233;tabolique &#187; puisqu'il met en jeu au-del&#224; d'un certain seuil des suites d'actions et de d&#233;cisions usant &#171; l'&#233;nergie d'adaptation &#187; (Selye, 1974) des acteurs de l'organisation et introduisant la notion de fatigue du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Risques et pathologies associ&#233;s : une ali&#233;nation de l'organisation &#224; l'imaginaire.&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Lors de notre analyse, la FAGE venait de subir le plus grand revers &#233;lectoral de son histoire. Sous un aspect toujours convivial et souriant, chacun tire un peu la couverture &#224; soi, le r&#233;seau ne r&#233;pond plus vraiment aux sollicitations de la structure m&#232;re. L'identit&#233; de l'organisation est alors remis s&#233;rieusement en question (un audit sur l'image de l'organisation dans son propre r&#233;seau est alors en cours, les groupes de travail du conseil d'administration cherchent &#224; red&#233;finir des valeurs f&#233;d&#233;ratrices pour le r&#233;seau de la FAGE qui r&#233;pond mal aux appels de mobilisation).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; tampon de la structure a entra&#238;n&#233; ici la cr&#233;ation d'une &#171; bulle &#187; dans laquelle la repr&#233;sentation et la perception que les acteurs ont de l'&#233;tat de sant&#233; [&lt;a href='#nb2-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Un &#233;tat physiologique au sens ou l'entend Canguilhem pour (...)' id='nh2-12'&gt;12&lt;/a&gt;] de leur organisation, est alt&#233;r&#233;e et correspond &#224; une illusion ou une mauvaise interpr&#233;tation de l'information provenant du milieu externe [&lt;a href='#nb2-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette ali&#233;nation du syst&#232;me &#224; l'imaginaire rel&#232;ve d'un (...)' id='nh2-13'&gt;13&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Associ&#233; &#224; &#171; l'oubli &#187; progressif des comp&#233;tences, ce m&#233;canisme a induit un ralentissement de l'activit&#233; de maintien de l'hom&#233;ostasie de l'organisation. Les g&#233;n&#233;rations qui se sont succ&#233;d&#233;es n'ont pas ou peu r&#233;alis&#233; les changements n&#233;cessaires pour compenser l'accumulation des d&#233;s&#233;quilibres. La &#171; fermeture &#187; progressive du syst&#232;me bloque peu &#224; peu son adaptation et son d&#233;veloppement strat&#233;gique &#224; long terme. Il y a donc eu dissociation entre le rythme d'&#233;volution de la FAGE et celui de son environnement, entre la demande des membres en termes de valeurs, d'actions, et l'offre de la FAGE qui restait identique depuis quelques g&#233;n&#233;rations de cadres associatifs. Alors que le but de la FAGE est de repr&#233;senter son r&#233;seau et de le f&#233;d&#233;rer, ses actions commen&#231;aient progressivement &#224; produire l'effet inverse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'ayant conscience que du sympt&#244;me organisationnel et non pas de la cause relative &#224; sa gestion m&#234;me (Mayer, 1995), les dirigeants de la FAGE initient alors, sans s'en rendre compte, une cascade de r&#233;gulation tampon de type m&#233;tabolique, allant de plus en plus se r&#233;fugier dans l'action de court terme. En maintenant des rites rassurants pour l'organisation afin de gagner un peu de temps, ils cr&#233;ent ainsi un cercle vicieux. L'utilisation du temps et de l'&#233;nergie des acteurs de l'organisation &#224; des fins de sauvegarde des apparences ou de l'imaginaire et ce jusqu'aux &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales suivantes est assimilable &#224; un ph&#233;nom&#232;ne de &#171; contre productivit&#233; paradoxale &#187; (Illich, 1973).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fonctionnement est devenu pathologique (Canguilhem, 1962) : le rapport &#224; l'&#233;volution des normes de l'environnement est &#233;vanescent, la capacit&#233; de gestion d'information du syst&#232;me diminue, la capacit&#233; de tol&#233;rance aux changements et aux agressions se restreint &#233;galement.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Propositions pour l'&#233;tablissement d'un mod&#232;le utile &#224; la gestion du changement organisationnel.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;cisons ici tout d'abord que ce mod&#232;le ne pr&#233;tend pas &#234;tre exact, et qu'il continuera &#224; s'affiner chemin faisant au travers de l'&#233;volution de nos travaux universitaires.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Principes et fondements : &lt;/h4&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; d'un syst&#232;me &#224; maintenir dans le temps une information-structure inadapt&#233;e &#224; son environnement &#224; des fins d'adaptation est assimilable &#224; ce que nous appellerons la capacit&#233; tampon du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette derni&#232;re est la r&#233;sultante des diff&#233;rentes zones tampon composant le syst&#232;me, de leur organisation dans l'espace et dans le temps (de la synchronisation de leurs activations respectives). Chaque zone est relative &#224; une fonction particuli&#232;re intervenant dans le maintien de l'hom&#233;ostasie du syst&#232;me, due &#224; un (ou plusieurs) types de variation de l'environnement.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Deux types de capacit&#233;s tampons identifi&#233;es :&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Il existe &#224; notre sens deux grands types de capacit&#233;s tampons observables :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La capacit&#233; tampon structurelle&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; o&#249; l'on trouve une r&#233;gulation de l'information &#171; par la forme &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;c'est la structure du syst&#232;me elle-m&#234;me qui permet de &#171; filtrer &#187; les agressions auxquelles le syst&#232;me est soumis &#224; la mani&#232;re d'un tamis, et qui en &#171; neutralise &#187; de ce fait une partie. Elle ne met pas en jeu de m&#233;canismes utilisant directement de l'&#233;nergie. Cette capacit&#233; tampon est limit&#233;e par la facilit&#233; qu'aura la structure du syst&#232;me &#224; changer sa configuration en peu de temps, &#224; s'adapter aux exigences du contexte dans lequel elle &#233;volue. Si les variations stressantes pour le syst&#232;me sont trop fortes ou durables, qu'elles ne laissent pas le temps &#224; la structure de s'adapter alors la capacit&#233; du tampon structurel est d&#233;bord&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La capacit&#233; tampon &#171; m&#233;tabolique &#187;,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; correspondant &#224; un maintien forc&#233; de l'hom&#233;ostasie, prend le relais de la capacit&#233; structurelle lorsqu'elle est d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle autorise un sursis suppl&#233;mentaire permettant &#224; l'organisation de s'ajuster pour r&#233;pondre au mieux aux stimulations de son environnement. Pour cela elle utilise directement l'&#233;nergie propre du syst&#232;me via l'activation d'un ou plusieurs processus de r&#233;gulation. Son activation, son efficacit&#233; d&#233;pend de la capacit&#233; du syst&#232;me &#224; percevoir et &#224; traduire les informations que lui procure son environnement en fonction de ses actions sur ce dernier, plus particuli&#232;rement celles &#171; filtr&#233;es &#187; naturellement par sa structure et retransmises jusqu'au centre de prise de d&#233;cision de niveau de complexit&#233; &#233;quivalent. A titre d'exemple, ces m&#233;canismes sont &#224; rapprocher des principes de l'intelligence &#233;conomique appliqu&#233;e &#224; un syst&#232;me social. L'enjeu de ce type de r&#233;gulation est tel au niveau social que le risque d'une mauvaise transmission et/ou interpr&#233;tation peut conduire &#224; la crise ou au d&#233;sastre (Mayer, 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous assimilons l'activation d'une de ces zones tampons au niveau social &#224; une r&#233;action non sp&#233;cifique du type de celle mise en &#233;vidence au niveau individuel par Hans Selye (Selye, 1974). Ce syndrome organisationnel de l'adaptation peut &#234;tre assimilable &#224; un disfonctionnement des processus de gestion de l'organisation eux-m&#234;mes li&#233;s aux capacit&#233;s cognitives des acteurs dans le contexte donn&#233; (Mayer, 1995 et 2003), expliquant la non adaptation de cette derni&#232;re et son manque d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons donc que le seuil d'activation de la capacit&#233; tampon m&#233;tabolique vis-&#224;-vis de la capacit&#233; structurelle se fait en fonction du niveau d'efficacit&#233; requis pour &#171; survivre &#187; dans une situation donn&#233;e et donc d'une certaine mani&#232;re &#224; la &#171; comp&#233;tence &#187; du syst&#232;me et aux comp&#233;tences des individus qui le composent. Ceci positionne les activit&#233;s aff&#233;rentes &#224; l'organisation du travail, la gestion des ressources humaines et des comp&#233;tences comme &#233;minemment strat&#233;giques au c&#339;ur d'un syst&#232;me social intelligent.&lt;/p&gt; &lt;h4&gt;Bornes d'une capacit&#233; tampon, chevauchement, synergie et potentialisation :&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; tampon serait donc born&#233;e, limitant l'adaptabilit&#233; du syst&#232;me &#224; une intensit&#233; de variation ou de complexit&#233; &#233;quivalente. Le spectre de variation tamponn&#233; peut &#234;tre assimil&#233; &#224; un ensemble de probabilit&#233;s : un &#233;v&#233;nement E se produisant va t-il faire partie de la variation tamponn&#233;e par la capacit&#233; observ&#233;e ? Comme I. Zadeh (Zadeh, 1965) nous supposons qu'il est int&#233;ressant de consid&#233;rer cet ensemble comme un ensemble flou. Rappelons &#224; cet &#233;gard qu'un ensemble flou est un ensemble pour lesquels il semble plus naturel de consid&#233;rer deux seuils de d&#233;cision s1&lt;s2 aux bornes du domaine pour consid&#233;rer l'appartenance &#224; celui-ci plut&#244;t qu'un seul, tel que la r&#232;gle d'appartenance s'applique parfaitement en de&#231;&#224; du seuil s&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; et ne s'applique plus du tout au-del&#224; de &lt;strong&gt;s2&lt;/strong&gt;. Entre ces deux bornes, les degr&#233;s d'appartenance sont donc interm&#233;diaires. Ceci &#233;vite les classifications disjointes et donne ainsi un autre droit &#224; l'erreur dans la r&#233;partition des appartenances, ceci permet &#233;galement de consid&#233;rer l'interp&#233;n&#233;tration des syst&#232;mes les uns dans les autres ainsi que le chevauchement des zones tampons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cadre d'un syst&#232;me complexe, plusieurs zones tampons peuvent agir de mani&#232;re synergique sur une m&#234;me variation. Parfois elles se potentialisent, se compl&#232;tent, se chevauchent, (parfois elles sont oppos&#233;es car elles sont elles-m&#234;mes encastr&#233;es dans diff&#233;rents autres syst&#232;mes de mani&#232;re parall&#232;le). Ce chevauchement permet d'affiner la r&#233;gulation en tamponnant une variation aux bornes d'activation de tampons m&#233;taboliques ou en permettant de faire le lien entre deux zones sans rupture ni d&#233;pense d'&#233;nergie dommageable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons que la qualit&#233; de cette synergie fait l'efficacit&#233; de la capacit&#233; tampon globale du syst&#232;me. Capacit&#233; d'autant plus efficace si les syst&#232;mes de r&#233;gulation structurels et m&#233;taboliques fonctionnent de mani&#232;re harmonieuse c'est-&#224;-dire que leurs seuils se chevauchent de mani&#232;re ad&#233;quate (or cela n'est pas tout le temps le cas).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la gestion de cette synergie&lt;/strong&gt; qui fait l'efficacit&#233; de la r&#233;gulation des &#233;quilibres dynamiques au sein d'un syst&#232;me et la p&#233;rennit&#233; de son hom&#233;ostasie. Le point central en est l'&#233;change d'informations. &lt;br /&gt;
Ici r&#233;side l'int&#233;r&#234;t de la diversit&#233; de ces zones tampons : bien synchronis&#233;es elles autorisent une r&#233;gulation plus fine. Elle augmente toutefois la complexit&#233; de la r&#233;gulation. Ce type de r&#233;gulation &#233;vite les ruptures brutales, et les adaptations qui &#171; tranchent un peu plus dans le vif &#187; car plus grossi&#232;res, et moins &#233;conomiques en terme d'&#233;nergies d&#233;pens&#233;e par le syst&#232;me. Elle permet de diminuer l'intensit&#233; des efforts &#224; fournir pour &#233;voluer en augmentant la fr&#233;quence des &#171; petites &#187; adaptations.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Conclusion :&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il est bien rare qu'on admette obtenir un r&#233;sultat en laissant les choses se faire &#171; naturellement &#187;. Il n'est pas tr&#232;s valorisant de se dire que les choses se font toutes seules et qu'on ne sert pas &#224; grand-chose en fin de compte. Notre &#171; amour-propre &#187; n'est &#224; vrai dire pas vraiment confort&#233; par une telle proposition. Aussi sommes-nous plut&#244;t enclins &#224; penser que dans notre soci&#233;t&#233;, c'est le m&#233;decin qui induit la gu&#233;rison et que le chercheur invente de nouvelles th&#233;ories&#8230; Or le malade se gu&#233;rit &#171; seul &#187; dans de tr&#232;s nombreux cas : le m&#233;decin oriente et renforce des syst&#232;mes naturels pr&#233;existants, il potentialise et catalyse les m&#233;canismes de d&#233;fense et de r&#233;paration du corps humain. De m&#234;me le chercheur, le plus souvent, n'invente rien. Il collecte, trie, met en forme &#233;largie pour &#171; (re)d&#233;couvrir &#187; des informations importantes et lib&#233;rer la quintessence des choses. Il &#233;tablit des liens entre des informations &#233;parses, banales, et les transforme par croisements successifs en informations pr&#233;cieuses &#224; haute valeur ajout&#233;e, puis s'en sert &#233;ventuellement pour am&#233;liorer la transformation de l'existant. Nous pensons donc que les meilleurs r&#233;sultats s'obtiennent en essayant de r&#233;v&#233;ler les syst&#232;mes naturels de r&#233;gulation m&#251;ris par des milliers d'ann&#233;es d'&#233;volution et notre communication veut ici en faire l'&#233;cho.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; tampon que nous venons de mettre en valeur au niveau social permet de donner du temps afin de se pr&#233;parer aux changements &#224; venir, transmettre ses valeurs, ses comp&#233;tences. Exploit&#233;e dans ce but elle devient un v&#233;ritable potentiel d'adaptation pour l'organisation, et peut fournir des rep&#232;res dans le temps pour qui veut harmoniser sa gestion. Ce mod&#232;le place donc la question du temps et de la synchronisation des activit&#233;s du syst&#232;me social au centre de la probl&#233;matique du changement organisationnel, de la gestion des comp&#233;tences et de l'innovation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Cette abr&#233;viation sera reprise tout au long de ce qui suivra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Nous retiendrons pour cette notion la d&#233;finition suivante (Le Boterf, 2002). On reconna&#238;tra qu'une personne
sait agir avec comp&#233;tence si elle sait :
combiner et mobiliser un ensemble de ressources pertinentes (endog&#232;nes et exog&#232;nes telles que des connaissances, savoir-faire, qualit&#233;s, personnes et r&#233;seaux de ressources&#8230;)
pour r&#233;aliser, dans un contexte particulier, des activit&#233;s selon des modalit&#233;s d'exercice adapt&#233;es
et ce, afin produire des r&#233;sultats satisfaisants &#224; l'&#233;gard des crit&#232;res de performance de l'environnement dans lesquels elles sont exerc&#233;es.
TCette d&#233;finition sera reprise tout au long de ce qui suivra &#233;galement&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Notre lecteur pourra en trouver une illustration int&#233;ressante dans l'article de West, Brown et Enquist (West G.B., Brown J.H., Enquist B.J., 1997), article d&#233;crivant un syst&#232;me d'&#233;chelles de transfert de ressources &#233;nerg&#233;tiques et informationnelles chez les &#234;tres vivants&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &#8220;High level owns all the processes of all the lower levels. A higher level has more complex processes than a lower one&#8221; (Liu, 2002a)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] On le distinguera d'un syst&#232;me ouvert thermodynamique : l'information a besoin de la masse et de l'&#233;nergie comme support, mais ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; ces deux &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-6' id='nb2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Nous emploierons le mot &#171; environnement &#187; au sens large. Il s'agit pour nous du &#171; non soi &#187; du syst&#232;me, ce qui ne rel&#232;ve pas de son identit&#233; informationnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-7' id='nb2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &#171; Les &#234;tres vivants sup&#233;rieurs constituent un syst&#232;me ouvert pr&#233;sentant de nombreuses relations avec l'environnement. Les modifications de l'environnement d&#233;clanchent des r&#233;actions dans le syst&#232;me ou l'affectent directement, aboutissant &#224; des perturbations internes du syst&#232;me. De telles perturbations sont normalement maintenues dans des limites &#233;troites parce que des ajustements automatiques, &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me, entrent en action et que de cette fa&#231;on sont &#233;vit&#233;es des oscillations amples, les conditions internes &#233;tant maintenues &#224; peu pr&#232;s constantes. Les r&#233;actions physiologiques coordonn&#233;es qui maintiennent la plupart des &#233;quilibres dynamiques du corps sont si complexes et si particuli&#232;res aux organismes vivants qu'il a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; qu'une d&#233;signation particuli&#232;re soit employ&#233;e pour ces r&#233;actions : celle d'hom&#233;ostasie &#187;. (Cannon, 1946 cit&#233; par Baillet, 2003)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-8' id='nb2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] L'exemple classique de la baignoire qui se vide et se remplit simultan&#233;ment pour finalement garder un niveau d'eau stable&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-9' id='nb2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Citons ici Georg Simmel, qui dans son m&#233;moire &#171; Comment les formes sociales se maintiennent &#187; publi&#233; dans l'ann&#233;e sociologique (Simmel, 1897) nous rappelle que la force vitale et de r&#233;sistance que pr&#233;sentent les groupes sociaux est selon lui la cons&#233;quence ou la r&#233;sultante de ph&#233;nom&#232;nes de nature sociale. Nous rappellerons encore ici que les ph&#233;nom&#232;nes de nature sociale sont eux-m&#234;mes b&#226;tis sur un support biologique et doivent donc int&#233;grer ses variables, tout comme notre cerveau cortical fonctionne avec le cerveau limbique et le cerveau reptilien sur lesquels il a &#233;merg&#233; progressivement (Mac Lean, Guyot, 1990).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-10' id='nb2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] M. Liu nous dit concernant le mod&#232;le des groupes semi-autonomes qu'&#224; l'inverse du mod&#232;le taylorien, ces syst&#232;mes fonctionnent comme r&#233;ducteurs d'erreurs, la probabilit&#233; pour qu'une erreur soit r&#233;percut&#233;e au niveau du groupe concern&#233; &#233;tant de trois cas sur dix mille environ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-11' id='nb2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Ici par exemple, en effectuant la mise en place d'un dispositif interne de &#171; gestion des ressources humaines b&#233;n&#233;voles &#187; incluant des dispositifs de gestion pr&#233;visionnelle et de transfert et de renouvellement des comp&#233;tences sur le mod&#232;le d&#233;j&#224; existant (ce qui faciliterait son ancrage dans les habitudes et la culture de l'organisation via un processus de changement par apprentissage).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-12' id='nb2-12' class='spip_note' title='Notes 2-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Un &#233;tat physiologique au sens ou l'entend Canguilhem pour l'individu (Canguilhem, 1972)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-13' id='nb2-13' class='spip_note' title='Notes 2-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Cette ali&#233;nation du syst&#232;me &#224; l'imaginaire rel&#232;ve d'un m&#233;canisme que l'on interpr&#233;terait comme quasi psychotique chez un individu. Selon Castoriadis, l'autonomie de l'individu est d&#233;finie par la domination du conscient sur l'inconscient. Il compl&#232;te cette d&#233;finition par celle de son contraire : &#171; Si &#224; l'autonomie, la l&#233;gislation ou la r&#233;gularisation par soi m&#234;me, on oppose l'h&#233;t&#233;ronomie la l&#233;gislation ou la r&#233;gularisation par un autre, l'autonomie c'est ma loi, oppos&#233;e &#224; la r&#233;gulation par l'inconscient qui est une loi autre, la loi d'un autre que moi &#187;. Pour gagner de l'autonomie il faut donc que le moi prenne la place de l'autre, de &#171; ce discours &#233;tranger qui est en moi et me domine &#187; de cet autre qui renvoie aussi &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; son histoire. &#171; Domin&#233; par ce discours, le sujet se prend pour quelque chose qu'il n'est pas (qu'en tout cas il n'est pas n&#233;cessairement pour lui-m&#234;me) et que pour lui, les autres et le monde entier subissent un travestissement correspondant &#187;, c'est l&#224; que &#171; le sujet est domin&#233; par un imaginaire v&#233;cu comme plus r&#233;el que r&#233;el, quoique non su comme tel, pr&#233;cis&#233;ment parce que non su comme tel &#187;. Un imaginaire trop autonomis&#233; chez un individu s'appropriera &#171; la fonction de d&#233;cider pour le sujet et la r&#233;alit&#233; et son d&#233;sir &#187; (Castoriadis 1975, pp151-2).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Alter N&lt;/strong&gt; (2003), &lt;i&gt;L'innovation ordinaire&lt;/i&gt;, PUF (Paris), &#233;dition quadrige.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Baillet J &lt;/strong&gt;(2003),&lt;i&gt; Hom&#233;ostasie&lt;/i&gt;, p456 in Encyclopaedia Universalis, Corpus n&#176;11&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Boulding K.,&lt;/strong&gt; (1956) &lt;i&gt;General system theory - The skeleton of science ,&lt;/i&gt; pp197-208, Management Science, Vol 2&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Cannon W.B.&lt;/strong&gt;,(1946) &lt;i&gt;La sagesse du corps&lt;/i&gt;, Editions de la nouvelle revue critique (Paris) &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Castoriadis C.&lt;/strong&gt; (1975) &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, &lt;/i&gt;Seuil (Paris), coll. Points (1999)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Canguilhem G. &lt;/strong&gt;(1966) &lt;i&gt;Le normal et le pathologique&lt;/i&gt;, PUF (Paris), &#233;dition quadrige (2005).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Dawkins R.&lt;/strong&gt; (1989) &lt;i&gt;L'horloger aveugle&lt;/i&gt;, Robert Laffont (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Davenport H. W. &lt;/strong&gt;(1970), &lt;i&gt;Abc de l'&#233;quilibre biochimique acido-basique&lt;/i&gt;, Masson &amp; Cie (Paris), coll. M Et Cie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Illich I. &lt;/strong&gt;(1973) &lt;i&gt;La convivialit&#233;&lt;/i&gt;, Seuil (Paris), coll. Points (1999)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Koestler A.&lt;/strong&gt; (1968) &lt;i&gt;Le cheval dans la locomotive, le paradoxe humain&lt;/i&gt;, Calmann Levy, (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Laborit H.&lt;/strong&gt; (1991), &lt;i&gt;La nouvelle grille&lt;/i&gt;, Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le Boterf G.&lt;/strong&gt; (2002), &lt;i&gt;Ing&#233;nierie et &#233;valuation des comp&#233;tences&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;, &lt;/strong&gt;Les &#233;ditions d'organisation (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Liu M. &lt;/strong&gt;(1983), &lt;i&gt;Approche socio-technique de l'organisation&lt;/i&gt;, Editions de l'organisation (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Liu M. &lt;/strong&gt;(2002a) &lt;i&gt;System Dynamics and Organization Dynamics : state of the art and issues, &lt;/i&gt;AFSCET, Internet &lt;a href='http://www.afscet.asso.fr/resSystemica/Crete02/Liu.pdf' class='spip_out'&gt;http://www.afscet.asso.fr/resSystemica/Crete02/Liu.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Liu M.&lt;/strong&gt; (2002b) &lt;i&gt;Etudes des cultures&lt;/i&gt;, Document de travail CERSO, Universit&#233; Paris Dauphine&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;MacLean P., Guyot G.&lt;/strong&gt; (1990) &lt;i&gt;Les Trois Cerveaux de l'Homme&lt;/i&gt;. Robert Laffont (Paris).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Mayer P. &lt;/strong&gt;(1995),&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le sympt&#244;me organisationnel et la gestion d'une organisation&lt;/i&gt;, pp 199-227 in Des &lt;i&gt;savoirs en action, contributions de la recherche en gestion&lt;/i&gt;, L'harmattan (Paris), coll. Logique de gestion&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Mayer P.&lt;/strong&gt; (2003) &lt;i&gt;Challenger, ou les ratages de la d&#233;cision, chroniques d'une catastrophe annonc&#233;e&lt;/i&gt;, PUF (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Morin E. &lt;/strong&gt;(1977)&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;La nature de la nature&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; La m&#233;thode, tome 1,&lt;/i&gt; Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Nunez E.A.&lt;/strong&gt; (1996) &lt;i&gt;Strategies of adaptation of man to his environnement : cr&#233;ative and evolutive projection outside the body of human psycho cognitive and body functions.&lt;/i&gt; pp675-680, Acts of the Third UES Congress, Rome, Ed. Kappa.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Nunez E.A&lt;/strong&gt;. (2003) &lt;i&gt;L'&#233;volution s'inscrit dans un continuum bio-sociologique induit par le changement.&lt;/i&gt; Actes du V&#232;me congr&#232;s europ&#233;en de syst&#233;mique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Reinberg A.&lt;/strong&gt; (1998) &lt;i&gt;Le temps humain et les rythmes biologiques&lt;/i&gt;, Editions du Rocher (Monaco)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Rosnay (de) J&lt;/strong&gt;. (1977)&lt;i&gt;Le Macroscope&lt;/i&gt;, Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Rosnay (de) J&lt;/strong&gt;. (2000) &lt;i&gt;L'homme symbiotique, regards sur le 3e mill&#233;naire&lt;/i&gt;, Seuil (Paris)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Selye H&lt;/strong&gt;. (1974) &lt;i&gt;Stress sans d&#233;tresse&lt;/i&gt;, La Presse (Montr&#233;al)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Simmel G&lt;/strong&gt;. (1897) &lt;i&gt;Comment les formes sociales se maintiennent, &lt;/i&gt;Internet &lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;a href='http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/philo/textesph/simmel_formes_sociales.pdf' class='spip_out'&gt;http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/philo/textesph/simmel_formes_sociales.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;West G.B., Brown J.H., Enquist B.J., &lt;/strong&gt;(1997), &lt;i&gt;A General Model for the Origin of Allometric Scaling Laws in Biolog&lt;/i&gt;y, pp122-126 in &lt;i&gt;Science&lt;/i&gt; n&#176;276 &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Zadeh L. &lt;/strong&gt;(1965) &lt;i&gt;Fuzzy sets&lt;/i&gt;, pp338-53 in&lt;i&gt; Information and control&lt;/i&gt;, n&#176;8&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
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