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	<title>CEDREA - Dynamiques sociales et recherche-action</title>
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	<description>Site du r&#233;seau CEDREA, publications scientifiques de sciences humaines, working papers et retours d'exp&#233;riences autour de la d&#233;marche de recherche-action d'inspiration lewinienne.</description>
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		<title>CEDREA - Dynamiques sociales et recherche-action</title>
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		<title>Internet et la d&#233;professionnalisation</title>
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		<dc:date>2009-01-16T21:16:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin GRASSINEAU</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Questions-et-debats-">Questions et d&#233;bats</category>

		<dc:subject>R&#233;seaux coop&#233;ratifs</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233; d'expression</dc:subject>
		<dc:subject>Convivialit&#233; (Illich)</dc:subject>
		<dc:subject>Wikipedia</dc:subject>
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		<dc:subject>Logiciels libres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'article porte sur les relations entre le d&#233;veloppement d'Internet et le processus de d&#233;professionnalisation.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.cedrea.net/IMG/arton64.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='116' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:116px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Internet est aujourd'hui consid&#233;r&#233; comme un outil de communication convivial, au sens d'Ivan Illich. Libre et ouvert, il est cens&#233; renforcer la transparence au sein des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques, assurer la production et la diffusion en r&#233;seau d'informations citoyennes et scientifiques et permettre aux citoyens de se prot&#233;ger du contr&#244;le qu'exercent les institutions politiques et marchandes &#224; leur endroit [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour Illich, &#171; l'outil est convivial dans la mesure o&#249; chacun peut (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Il rejoint donc de pr&#232;s l'utopie des Lumi&#232;res qui voulait d&#233;mocratiser la science pour en faire un contre-pouvoir citoyen. Mais cette vision concorde-t-elle avec les faits ? Sommes-nous en passe de r&#233;aliser l'utopie ? Peut-on par exemple r&#233;ellement affirmer que le d&#233;veloppement massif d'Internet conduit &#224; un accroissement de l'autonomie des citoyens vis-&#224;-vis des professions &#233;tablies, au d&#233;veloppement de &lt;i&gt;r&#233;seaux du savoir&lt;/i&gt; et &#224; l'&#233;mergence d'une &lt;i&gt;recherche conviviale&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon Ivan Illich, la &#171; recherche conviviale &#187; est une activit&#233; de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Internet comme outil convivial.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Essentiellement, quatre propri&#233;t&#233;s d'Internet font de lui un outil convivial qui favorise le rel&#226;chement du contr&#244;le, voire du monopole, qu'exercent les professions &#233;tablies sur les &#171; outils &#187;, au sens g&#233;n&#233;ral du terme.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Tout d'abord, Internet peut offrir un &lt;i&gt;surplus d'autonomie&lt;/i&gt; &#224; ceux qui y ont acc&#232;s. Il facilite en effet l'acc&#232;s aux informations n&#233;cessaires (recettes, manuels, entraide, etc.) &#224; l'utilisation des outils (outils m&#233;caniques, outils &#233;lectroniques, etc.). En ce sens, il permet de s'affranchir, au moins partiellement, de la mainmise des professions sur l'usage de certains outils, ou sur le contr&#244;le des informations relatives &#224; cet usage.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; N&#233;anmoins, cela n'est vrai que si l'information demeure en libre-acc&#232;s, &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; si l'information pertinente peut &#234;tre &#171; trouv&#233;e &#187; et interpr&#233;t&#233;e facilement. Or, pour cela, il faut que les informations sur un sujet donn&#233; soient diverses et vari&#233;es, afin de pouvoir &#234;tre adapt&#233;es &#224; la personne qui d&#233;sire les acqu&#233;rir. Ceci nous am&#232;ne au deuxi&#232;me aspect. L'accessibilit&#233; &#224; des informations vari&#233;es et contradictoires, n'est garantie pleinement que s'il y a une &lt;i&gt;ouverture de la publication&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Rappelons que la publication ouverte ne concerne pas l'acc&#232;s aux (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Mais, de ce point de vue, Internet offre au citoyen un potentiel jamais &#233;gal&#233; auparavant. Il laisse par exemple un espace d'expression complet &#224; des courants politiques, id&#233;ologiques, religieux, jusqu'alors quasiment ignor&#233;s. Les forums, les blogs, les sites personnels sont donc autant d'outils communicatifs pouvant &#234;tre dits conviviaux, dans la mesure o&#249; ils offrent &#224; n'importe quel individu la possibilit&#233; de s'exprimer et de confronter ses id&#233;es sur les sujets les plus divers. Ils peuvent &#234;tre facilement appropri&#233;s par les acteurs sociaux. La cons&#233;quence en est qu'Internet est devenu une mine d'informations pr&#233;cieuses pour un nombre consid&#233;rable de sujets &#8211; des plus anodins aux plus s&#233;rieux, et aux plus utiles. Et surtout, il permet d'aborder certains sujets, comme les sujets scientifiques, de mani&#232;re interactive et ouverte, selon des finalit&#233;s et des modalit&#233;s que les internautes choisissent eux-m&#234;me.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;me propri&#233;t&#233;, Internet favorise la &lt;i&gt;d&#233;sinterm&#233;diation dans l'&#233;change de biens immat&#233;riels&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Mais aussi de plus en plus des biens mat&#233;riels, puisqu'il favorise la (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]. En effet, l'&#233;change de fichiers musicaux, d'informations, de recettes, de photos, se fait de plus en plus ind&#233;pendamment des interm&#233;diaires professionnels. Ou du moins, si ces interm&#233;diaires existent, ils n'influent pas sur l'horizontalit&#233; de l'&#233;change. Dans le &#171; WEB 2.0 &#187; par exemple, m&#234;me si les internautes s'appuient sur des outils ou des structures qui sont souvent professionnelles, celles-ci n'ont qu'une influence limit&#233;e sur la nature de l'&#233;change, la valeur des biens &#233;chang&#233;es, le choix des personnes qui entrent dans l'&#233;change, la valeur des personnes qui &#233;changent, etc. Le plus souvent, ce sont les internautes eux-m&#234;mes qui d&#233;terminent collectivement ces param&#232;tres.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quatri&#232;me propri&#233;t&#233;, Internet, dans sa structure, est, ou du moins &#233;tait jusqu'&#224; une date r&#233;cente, un &lt;i&gt;outil pouvant facilement &#234;tre appropri&#233;, construit et g&#233;r&#233; par les utilisateurs eux-m&#234;mes&lt;/i&gt;. Les standards ouverts, les logiciels libres, l'architecture ouverte du r&#233;seau, avec notamment la possibilit&#233; de se connecter facilement au r&#233;seau, et l'ouverture relative des instances de r&#233;gulation d'Internet, facilitent la prise en main de cet outil par les internautes, et offrent une large libert&#233; en ce qui concerne la circulation des contenus sur le r&#233;seau. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, le d&#233;veloppement d'Internet a donc conduit &#224; l'&#233;mergence de &lt;i&gt;r&#233;seaux du savoir&lt;/i&gt; qui,&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; sont caract&#233;ris&#233;s par un effacement des hi&#233;rarchies,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; demeurent ouverts aux nouveaux entrants, sans discrimination,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; att&#233;nuent le contr&#244;le des professions sur les outils et assurent, gr&#226;ce &#224; la transmission libre et horizontale de l'information, une lib&#233;ration du partage des comp&#233;tences,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; permettent aux individus de s'exprimer librement sur divers sujets gr&#226;ce &#224; la publication ouverte, &lt;/li&gt;&lt;li&gt; permettent aux individus de s'agr&#233;ger et de se mettre en relation en fonction de leurs affinit&#233;s, pour construire ainsi une finalit&#233; &#224; leur action, et se soutenir mutuellement pour entreprendre des actions collectives et civiles&lt;/li&gt;&lt;li&gt; laissent aux individus la possibilit&#233; de choisir et de ma&#238;triser, de mani&#232;re assez d&#233;mocratique, l'architecture technique sur laquelle ils vont mat&#233;rialiser le r&#233;seau.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Sous ces aspects-l&#224;, Internet est donc un moteur de la d&#233;professionnalisation. D&#233;professionnalisation des activit&#233;s immat&#233;rielles : il permet de court-circuiter les interm&#233;diaires professionnels dans l'&#233;change de biens immat&#233;riels. D&#233;professionnalisation des &#171; activit&#233;s mat&#233;rielles &#187; : il att&#233;nue le contr&#244;le que les professions exerce sur l'information n&#233;cessaire &#224; l'usage et &#224; l'&#233;change des biens et des outils par les citoyens. Ce qui implique que le &#171; mod&#232;le Internet &#187; constitue l'antith&#232;se du &#171; mod&#232;le scolaire / professionnel &#187; qui forme la base communicative, r&#233;gulative et productive de la soci&#233;t&#233; industrielle. [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce qui rejoint les r&#233;flexions d'Ivan Illich qui a soulign&#233;, tout au (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'exemple de la recherche conviviale.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Pour prendre un exemple, certaines exp&#233;rimentations sociales apparues r&#233;cemment sur Internet, ouvrent des perspectives in&#233;dites en mati&#232;re de recherche conviviale. En effet, les exp&#233;riences communautaires sur Internet, ont g&#233;n&#233;r&#233; des proc&#233;dures de filtrage, d'&#233;valuation, d'acquisition et de production de la connaissance, qui sont fond&#233;es en partie sur les principes d'une recherche conviviale. C'est le cas d'exp&#233;riences collaboratives comme le projet d'encyclop&#233;die libre et ouverte Wikip&#233;dia ou le projet d'une universit&#233; libre, collaborative et ouverte &lt;a href='http://fr.wikiversity.org/wiki/Accueil' class='spip_out'&gt;Wikiversit&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notons que ces exp&#233;riences ont &#233;t&#233; rendues possibles, d'une part par la diffusion de certaines innovations technologiques, et d'autre part, par l'appropriation et le contr&#244;le de ces innovations par les citoyens - et non par les institutions marchandes ou &#233;tatiques. En effet,&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Le cout de l'acquisition, de la publication et de la diffusion de la connaissance a &#233;t&#233; consid&#233;rablement r&#233;duit au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. Il est devenu aujourd'hui peu couteux de stocker et diffuser de l'information &#224; grande &#233;chelle.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Certains outils de traitement de l'information sont aujourd'hui accessibles au plus grand nombre &#8211; logiciels statistiques par exemple. Ce faisant, il est m&#234;me possible d'envisager un partage accru d'outils r&#233;els, avec par exemple des syst&#232;mes de pilotage d'outils scientifique &#224; distance.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des outils permettant l'&#233;valuation, la production et la diffusion des connaissances de mani&#232;re conviviale et collaborative, ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; du logiciel libre. Tels les wikis. Ces outils ont le potentiel n&#233;cessaire pour demeurer conviviaux au sens strict, puisqu'ils peuvent &#234;tre utilis&#233;s par les acteurs pour leur usage personnel et de mani&#232;re autonome, et aussi pour un partage collaboratif et &#233;galitaire des informations.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;C'est donc tout un ensemble d'outils, de pratiques, qui se sont d&#233;velopp&#233;s au cours des derni&#232;res ann&#233;es, et qui peuvent apparaitre pr&#233;cieux pour le d&#233;veloppement de la recherche conviviale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, on notera ici que, dans la sph&#232;re virtuelle, le mouvement n'a eu jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'un impact limit&#233;. Les plate-formes wiki permettant un travail scientifique collectif, collaboratif et horizontal, n'en sont par exemple qu'&#224; un stade tr&#232;s embryonnaire. Pire, ce qui s'est principalement d&#233;velopp&#233;, ce sont les syst&#232;mes de publication en libre-acc&#232;s et non les syst&#232;mes de publication scientifique ouverte. Il existe certes des plateformes d'archives ouvertes. Mais elles sont r&#233;serv&#233;es aux scientifiques professionnels qui souhaitent diffuser gratuitement leurs travaux. De plus, ces syst&#232;mes de publication en libre-acc&#232;s ou d'archivage, n'ont pas grand chose &#224; voir avec de v&#233;ritables outils conviviaux de publication ouverte. En fait, ils tendent m&#234;me &#224; servir d'outils de classement hi&#233;rarchique. Ils se positionnent alors en bas du classement des revues universitaires, et les professionnels les utilisent pour &#171; prot&#233;ger &#187; leurs travaux, avant de les proposer &#224; des revues plus prestigieuses, qu'elles soient en libre acc&#232;s ou non. Autant dire qu'il n'y a donc rien de convivial dans de tels outils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, s'agissant de la &#171; sph&#232;re r&#233;elle &#187; et des institutions existantes, il n'y a pas de changements notables allant dans le sens d'une ouverture. Certes, il y a une intrusion r&#233;cente dans le d&#233;bat politique d'organisations id&#233;ologiques pr&#244;nant le contr&#244;le d&#233;mocratique sur la science et les institutions existantes (le mouvement pour la science citoyenne). Mais il ne s'agit pas &#224; proprement parler de mouvements visant au d&#233;veloppement d'une recherche conviviale. Car ces organisations militent seulement pour la prise en compte de principes &#233;thiques. Et il n'est nullement question de d&#233;velopper, par exemple, des outils facilitant la recherche et la diffusion de la science effectu&#233;e par des amateurs. Ou de d&#233;velopper une v&#233;ritable recherche conviviale qui assurerait un libre acc&#232;s aux instruments de l'enseignement et de la recherche (production, diffusion et acquisition) et un partage &#233;galitaire et non contraignant des connaissances et des croyances.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;appropriation de l'outil Internet par les acteurs &#233;conomiques et politiques traditionnels et les nouveaux interm&#233;diaires.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Ce constat mitig&#233; montre que le le mouvement de d&#233;professionnalisation, initi&#233; par l'essor spectaculaire d'Internet et des NTIC, est aujourd'hui contrebalanc&#233; par plusieurs tendances contraires. Trois semblent aujourd'hui d&#233;terminantes.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Premi&#232;re tendance, la d&#233;professionnalisation se heurte &#224; un encadrement r&#233;glementaire contraignant et &#224; l'influence croissante du march&#233; et des institutions sur les nouveaux espaces d'&#233;change et de publication&lt;/i&gt;. Trois vecteurs de contr&#244;le et d'influence sont utilis&#233;s. &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;Juridique&lt;/i&gt;. Un cas fr&#233;quent concerne les situations o&#249;, m&#234;me quand l'information n&#233;cessaire &#224; l'accomplissement d'une activit&#233; est librement accessible, il n'est pas possible, d'un point de vue l&#233;gal, d'accomplir cette activit&#233; sans recourir &#224; des professionnels (distillation d'alcool, services m&#233;dicaux, fabrication d'armes, fabrication et usage de produits m&#233;dicaux, construction, r&#232;glements de litiges, etc.).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;M&#233;diatique&lt;/i&gt;. Les professionnels pratiquent aujourd'hui une publicit&#233; plus ou moins &#171; agressive &#187; pour dissuader les individus de produire leurs biens et services eux-m&#234;mes, et de b&#233;n&#233;ficier de biens et services issus de l'&#233;conomie non-marchande et donc de se passer des services professionnels [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Agressive dans le sens o&#249; cette publicit&#233; cherche &#224; influencer directement (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]. D&#232;s lors, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t qu'il y a &#224; recourir &#224; des services ou biens non-marchands, &#224; qualit&#233; &#233;gale on constate que le recours aux biens et services marchands est nettement plus important. Par exemple, l'utilisation du syst&#232;me d'exploitation Linux, qui est pourtant gratuit, de tr&#232;s bonne qualit&#233; et qui est un outil convivial, est extr&#234;mement basse, par rapport &#224; celle des syst&#232;mes d'exploitation propri&#233;taires. &lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;Scolaire et culturelle&lt;/i&gt;. Il y a de bonnes raisons de penser qu'il existe aujourd'hui un vide &#233;ducatif et des barri&#232;res culturelles limitant la d&#233;professionnalisation. En effet, l'apprentissage de savoirs-faire &#171; manuels &#187;, essentiels pour pratiquer certaines activit&#233;s, ou bien d'un esprit et d'une attitude critique vis &#224; vis des institutions, et des professions et des firmes dispensant des biens et services marchands, sont incontestablement d&#233;faillants dans le syst&#232;me &#233;ducatif actuel. Par ailleurs, des freins culturels peuvent aussi intervenir, puisque le recours aux professionnels et &#224; l'&#233;change marchand s'appuie sur un ensemble de pr&#233;dispositions culturelles, tels par exemple, le d&#233;ni de l'&#233;conomie non-marchande (l'adage populaire dit par exemple &#171; &#224; tout travail m&#233;rite salaire &#187;) ; les croyances relatives &#224; la division du travail et au prestige du m&#233;tier, rendant plus ou moins incongrue la pratique de certaines professions en amateur et rendant presque obligatoire le recours &#224; des professionnels ; le classement hi&#233;rarchique qui peut exister entre les diff&#233;rentes activit&#233;s (certains travaux apparaissent d&#233;gradants), etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Deuxi&#232;me tendance, dans le domaine de la diffusion et de la production des biens immat&#233;riels, les professions tentent de plus en plus de se r&#233;approprier les outils existants&lt;/i&gt;. C'est frappant notamment dans l'informatique libre, qui est sans cesse menac&#233;e par l'informatique propri&#233;taire [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='L'informatique propri&#233;taire est l'informatique fond&#233;e sur des (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]. Les professions employant des mesures l&#233;gislatives pour prot&#233;ger leur monopole sur certains outils &#8211; les brevets logiciels par exemple. Mais c'est vrai &#233;galement dans la publication scientifique, dans la Recherche sur Internet, dans la diffusion de divers contenus culturels (photos, musique&#8230;), et dans d'autres domaines. Certes, on observe des r&#233;actions de &#171; d&#233;fense &#187;, par exemple le projet GNU, les &lt;a href='http://www.fdn.fr/' class='spip_out'&gt;FAI associatifs et coop&#233;ratifs&lt;/a&gt;, les r&#233;seaux &lt;a href='http://www.wireless-fr.org/' class='spip_out'&gt;sans fil communautaires libres et gratuits&lt;/a&gt;, les licences libres et les licences Creative Commons, les sites de publication ouverte, les moteurs de recherche collaboratifs, etc. Mais dans certains domaines, ce &#171; Web alternatif &#187; est de plus en plus cantonn&#233; &#224; la &#171; marginalit&#233; &#187;, l&#224; o&#249;, autrefois, il occupait une position pr&#233;pond&#233;rante.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Troisi&#232;me tendance, ces outils conviviaux peuvent &#234;tre rattrap&#233;s par une institutionnalisation &#171; interne &#187;&lt;/i&gt;. De plus en plus, en effet, des forums, des sites de publication ouverte, des projets open source &#171; ferment leurs portes &#187;, se hi&#233;rarchisent et se calquent sur des mod&#232;les institutionnels traditionnels. Les principes d'ouverture, d'&#233;galit&#233; et de libre-acc&#232;s, signifiants chez les premiers acteurs d'Internet, semblent donc c&#233;der du terrain au profit de formes d'appropriation des outils plus &#171; classiques &#187;, et ind&#233;niablement moins conviviales.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Ces trois tendances conduisent &#224; l'&#233;mergence et &#224; l'affirmation de trois principaux acteurs dans les activit&#233;s immat&#233;rielles.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Les anciennes professions et institutions, fonctionnant selon une logique de contr&#244;le, de monopole et d'expansion, qui tentent de conqu&#233;rir ces nouveaux espaces d'&#233;change (les pouvoirs publics, les anciens monopoles de la communication, les majors, les revues scientifiques classiques, etc.).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des citoyens et les membres de mouvements plus ou moins &#224; la marge, qui profitent de ces outils conviviaux et tentent de les maintenir conviviaux (le mouvement pour le logiciel libre, par exemple).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Enfin, &#171; entre les deux &#187;, une classe de nouveaux interm&#233;diaires qui bouscule les pouvoirs des institutions et des professions &#233;tablies, et constitue ind&#233;niablement une nouvelle force active de l'&#233;conomie des biens immat&#233;riels (les acteurs marchands du Web 2.0, par exemple, ou encore, les Think-Thank).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;On peut se demander, pour conclure, si ces nouveaux interm&#233;diaires seront r&#233;ellement une &#171; chance &#187; pour l'expression et l'autonomie des citoyens. Ne risquent-ils pas de creuser encore davantage le foss&#233; entre les citoyens et les institutions &#233;tablies ? On peut h&#233;las le craindre. Car d'une part, ces nouveaux interm&#233;diaires peuvent se ranger, en fonction de leurs int&#233;r&#234;ts, aussi bien du c&#244;t&#233; d'une soci&#233;t&#233; conviviale que du c&#244;t&#233; des professions &#233;tablies. Et d'autre part, on voit mal pourquoi ils se transformeraient spontan&#233;ment en organisations &#233;thiques valorisant l'ouverture, la parole &#233;galitaire, la transparence et la parole d&#233;mocratique ; surtout dans la mesure o&#249; ils sont astreints &#224; de lourdes contraintes de survie dans un march&#233; de la publication de plus en plus concurrentiel, o&#249; l'expertise scientifique, les dipl&#244;mes, la r&#233;putation (voire le Web Ranking), deviennent les seuls gages de cr&#233;dibilit&#233; vis &#224; vis des institutions politiques ou &#233;conomiques &#233;tablies - notamment les institutions qui les financent ? Il para&#238;t donc fort probable que le d&#233;veloppement de ces nouveaux interm&#233;diaires ait pour principal effet d'accro&#238;tre la marchandisation de certaines &#171; activit&#233;s politiques &#187; (telles que la prise de d&#233;cision, la r&#233;flexion sociale, l'&#233;valuation, la recherche d'id&#233;es, la th&#233;orisation), jusqu'ici davantage fond&#233;es sur un mod&#232;le bureaucratique. Ce qui ne fera donc que renforcer, ou &#224; d&#233;faut, d&#233;placer, les in&#233;galit&#233;s au sein de la soci&#233;t&#233; industrielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Texte de Benjamin Grassineau&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Copyright &lt;a href='http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/fr/' class='spip_out'&gt;Creative Commons Licence BY (Paternit&#233;).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Pour Illich, &#171; &lt;i&gt;l'outil est convivial dans la mesure o&#249; chacun peut l'utiliser, sans difficult&#233;, aussi souvent ou aussi rarement qu'il le d&#233;sire, &#224; des fins qu'il d&#233;termine lui-m&#234;me. L'usage que chacun en fait n'empi&#232;te pas sur la libert&#233; d'autrui d'en faire autant. Personne n'a besoin d'un dipl&#244;me pour avoir le droit de s'en servir ; on peut le prendre ou non. Entre l'homme et le monde, il est conducteur de sens, traducteur d'intentionnalit&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Selon Ivan Illich, la &#171; recherche conviviale &#187; est une activit&#233; de recherche libre, et donc inscrite dans des r&#233;seaux du savoir qui r&#233;pondent &#224; quatre exigences. 1. &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer l'acc&#232;s aux choses en abolissant le contr&#244;le que des personnes priv&#233;es et les institutions exercent sur leur valeur &#233;ducative&lt;/i&gt; &#187;, 2. lib&#233;rer le partage des comp&#233;tences. 3. redonner &#224; &#171; &lt;i&gt;la personne individuelle le pouvoir d'appeler &#224; des r&#233;unions ou &#224; les tenir&lt;/i&gt; &#187;. 4. &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer l'individu de l'obligation de modeler ses esp&#233;rances conform&#233;ment aux services que peuvent lui offrir les professions &#233;tablies&lt;/i&gt; &#187;. Cette recherche conviviale devrait donner naissance &#224; une &lt;i&gt;&#171; science par l'homme, et non plus pour l'homme &#187;&lt;/i&gt;. C'est &#224; dire une science ouverte &#224; tous, accomplie par ceux qui le souhaitent, et dont les finalit&#233;s ne sont pas syst&#233;matiquement &#233;loign&#233;es des situations concr&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Rappelons que la publication ouverte ne concerne pas l'acc&#232;s aux informations, mais l'acc&#232;s aux outils permettant la publication individuelle ou collective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Mais aussi de plus en plus des biens mat&#233;riels, puisqu'il favorise la rencontre de personnes partageant les m&#234;mes centres d'int&#233;r&#234;t, l'&#233;change horizontal de biens mat&#233;riels sans contre-partie, etc. Voir sur ce sujet le site &lt;a href='http://http:/fr.freecycle.org/accueil/' class='spip_out'&gt;Freecycle&lt;/a&gt;, qui permet &#224; des personnes d'&#233;changer ou de donner des biens gratuitement sans contre-partie, et sans obligation de recevoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Ce qui rejoint les r&#233;flexions d'Ivan Illich qui a soulign&#233;, tout au long de son &#339;uvre, le r&#244;le central de la professionnalisation des activit&#233;s immat&#233;rielles et des institutions qui contr&#244;lent l'information dans la gen&#232;se, le maintien et l'expansion de la soci&#233;t&#233; industrielle. C'est le cas notamment de l'&#201;cole, qui, selon lui, &#171; &lt;i&gt;dissimule un programme par lequel il s'agit d'initier le citoyen au mythe de l'efficacit&#233; bienveillante des bureaucraties &#233;clair&#233;es par le savoir scientifique. Et, partant, l'&#233;l&#232;ve en vient &#224; croire qu'une production accrue est seule capable de conduire &#224; une vie meilleure. Ainsi s'installe l'habitude de la consommation des biens et des services qui va &#224; l'encontre de l'expression individuelle, qui ali&#232;ne, qui conduit &#224; reconna&#238;tre les classements et les hi&#233;rarchies impos&#233;es par les institutions.&lt;/i&gt; &#187;. C'est aussi le cas de la Recherche et D&#233;veloppement qui &#171; &lt;i&gt;mutile l'imagination&lt;/i&gt; &#187;, et contraint le citoyen &#224; abdiquer &#171; &lt;i&gt;tout pouvoir en faveur de l'expert, seul comp&#233;tent&lt;/i&gt; &#187;. Ou encore du Droit, qui fait des organes l&#233;gislatifs, des tribunaux et de la police, &#171; &lt;i&gt;un outillage au service de l'Etat industriel&lt;/i&gt; &#187;, et qui g&#232;le le jeu d&#233;mocratique en emp&#234;chant les citoyens de s'approprier leurs &#171; &lt;i&gt;outils&lt;/i&gt; &#187;, d'assurer leur autonomie et de s'investir pleinement dans les d&#233;cisions politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Agressive dans le sens o&#249; cette publicit&#233; cherche &#224; influencer directement le consommateur, sans qu'il ait demand&#233; &#224; recevoir l'information (c'est donc une consommation obligatoire), et/ou cherche &#224; d&#233;nigrer les produits concurrents non-marchands&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] L'informatique propri&#233;taire est l'informatique fond&#233;e sur des licences propri&#233;taires, par opposition &#224; celle qui est fond&#233; sur des licences libres. Pour une d&#233;finition de la licence libre, voir &lt;a href='http://gnu.org/' class='spip_out'&gt;http://gnu.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Publications libres, publications ouvertes et publications obligatoires </title>
		<link>http://www.cedrea.net/Publications-libres-publications</link>
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		<dc:date>2008-11-27T20:28:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin GRASSINEAU</dc:creator>

<category domain="http://www.cedrea.net/-Working-papers-">Working papers</category>

		<dc:subject>Libert&#233; d'expression</dc:subject>
		<dc:subject>Convivialit&#233; (Illich)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La fa&#231;on dont l'information peut circuler, &#234;tre produite, d&#233;truite et utilis&#233;e dans les prises de d&#233;cision individuelles et collectives, est l'un des aspects fondamentaux des activit&#233;s organis&#233;es. Aussi, &#224; l'heure o&#249; l'information est en train d'&#234;tre privatis&#233;e, alors m&#234;me que paradoxalement, son co&#251;t de reproduction et de diffusion a chut&#233; consid&#233;rablement, de nombreux enjeux se posent sur sa r&#233;gulation, tant sur le plan politique que sur le plan &#233;pist&#233;mique. Cet article aborde ces questions en se penchant sp&#233;cifiquement sur les contraintes qui p&#232;sent sur la libert&#233; d'expression et sur l'instauration parall&#232;le d'un cadre politique d&#233;mocratique et participatif.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.cedrea.net/-Working-papers-" rel="directory"&gt;Working papers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Liberte-d-expression-+" rel="tag"&gt;Libert&#233; d'expression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cedrea.net/+-Convivialite-Illich-+" rel="tag"&gt;Convivialit&#233; (Illich)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article en cours de r&#233;ecriture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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